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23 janvier 2025 4 23 /01 /janvier /2025 14:23

Dans cet épisode la Saint Pierroise raconte l’importance des petits commerces chinois, déjà dans les années 60 !

« On se procurait les balles de riz dans la boutique au coin de la rue, chez M. et Mme Amouk. Dans le carnet, les commerçants notaient nos dépenses et toujours papa venait payer notre ardoise.

Dans cette « boutique chinois »  on achetait de l’huile, de la morue, du grain, des conserves, du sucre, du café…

S’il manquait des pâtes, on y retournait et on faisait marquer le débit dans le carnet…

 

Autrefois il n’y avait que des « boutiques chinois » et on donnait des « ti noms » (surnoms) aux propriétaires

Dans la rue des Bons Enfants par exemple il y avait « Ti têt ». Un autre s’appelait « Vilain Manière » parce qu’il était grognon et il « avait une mine ». Il y avait aussi « Ti Kon », « Mme Léon »…

Une petite anecdote :

 Enfants, nous avons fait une « niche » (farce) dans une « boutique chinois ». Voilà comment ça s’est passé.

Un jour, les marmailles ont mis en commun toutes les petites pièces de cuivre. Puis la bande est entrée dans la boutique de « Ti Têt », chacun a choisi un petit produit (pas grand-chose …), et on a jeté sur le comptoir toutes les petites pièces… le temps que Ti Têt réagisse et lève les bras au ciel, toute la petite troupe s’était envolée, comme une volée de moineaux. »

                                               Boutique chinois dans les années 50 - Réunionnais du Monde

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21 janvier 2025 2 21 /01 /janvier /2025 15:02

Marie-Ange, née en 1948 vivait à Saint Pierre. Elle m’explique dans ces lignes comment on faisait la lessive autrefois.

« La lessive, en ce temps-là était un moment pénible. D’abord on faisait tremper le linge dans l’eau qu’on venait de charroyer et on ajoutait du « Bonux » (poudre de lessive). On frottait le linge sur une roche à laver (une plaque). Puis on savonnait.

Le blanc devait être « décrassé », cela signifiait qu’on remettait du savon sur le tissu, on mettait le drap au soleil « pour décrasser » on relavait et on rinçait ». Des lots de bleu » étaient enfermés dans un chiffon et on ajoutait ce bleu au liquide pour blanchir le linge.

  Photo prise au Vieux Domaine (Ravine des Cabris)  reconstitution d'une séance de lessive ( voir blog 2021/03/24)

Après le rinçage c’était au tour du battoir de faire le travail, on « perçait » ou pressait (essorait)

J’accrochais ensuite le linge sur une « corde à laver ».

Cette lessive nous occupait toute la journée. Une à deux fois par semaine, il fallait faire ce travail.

Pour le repassage, on utilisait des « caros » (fers à repasser) remplis de charbon.

                               Photo extraite du livret sur la Vie lontan,  publié par Pêcheurs Golet

Pour gagner « une petite monnaie », je faisais des lessives pour mon tonton Alex, le boucher, pour ma grand-mère… Mon tonton René, le frère de maman qui conduisait des taxis, pour me remercier, me commandait des robes que je choisissais sur le catalogue de la Redoute. »

Marie Ange

 

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20 janvier 2025 1 20 /01 /janvier /2025 13:50

Les Réunionnais nés dans les années 40 sont de véritables bibliothèques. Ils aiment raconter leur enfance si on se donne la peine ou plutôt « la joie » de les écouter… Ainsi Marie Ange née, à Saint Pierre en 1948, m’a laissé écrire ses souvenirs. En voici un passage.

Les transports

« On partait peu souvent. Mais j’ai connu « le car courant d’air ». On l’appelait ainsi parce qu’il n’avait pas de vitres, l’air s’y engouffrait… la pluie aussi. Raison pour laquelle on avait aussi prévu des bâches.

Ce car transportait des gens mais aussi des marchandises. Ainsi, quand on allait acheter des balles de riz, de maïs… et même de la tôle, on chargeait le tout sur le toit du car. Et à chaque halte, le contrôleur montait sur la plateforme pour décharger, ce qui rallongeait évidemment le trajet. C’était un peu pénible !

La compagnie appartenait à Balaya de Grand Bois.

Je prenais le car courant d’air pour me rendre chez la demi-sœur de papa qui habitait Grand Bois, mais aussi pour aller à l’Anse où vivait Marie Antoinette, ma marraine. »

Car courant d’air exposé au Musée Stella Matutina de St Leu

 

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20 janvier 2025 1 20 /01 /janvier /2025 13:24

« Kouto pandiyé »

( Un couteau qui pendille)

C’est un fruit qui pendille : il pousse sur le « tamarin » ou « tamarinier ». C'est le TAMARIN, fruit de l'arbre du même nom  !

Les randonneurs qui s’en vont dans le cirque de Mafate à la Nouvelle depuis le Col des Boeufs, passent inévitablement par « La Plaine des Tamarins », un endroit impressionnant !  Les arbres qui la peuplent séduisent les enfants qui aiment à grimper sur leurs branches, et les marcheurs qui profitent de leur ombre pour pique-niquer …

Le fruit est délicieux quand on ôte sa coque pour prélever le « grain » ou (noyau) pour en sucer la chair. Il est également excellent en jus, il facilite la digestion, régule le transit. Un moyen très naturel pour lutter contre la constipation !

L'arbre : 

 

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17 janvier 2025 5 17 /01 /janvier /2025 16:13

« In bon pé zoli mamzel byen gran, bien mins, sev é dan l’ven, rob en kuir

Kan zot i met fler dan zot sevé, bann bonom’ i vien cherch zot ek camion. »

(Beaucoup de jolies demoiselles bien grandes, bien minces, cheveux dans le vent, robe en cuir.

Quand elles mettent des fleurs dans leurs cheveux, les hommes viennent la chercher en camion.)

Il s’agit d’une plante élancée qui a des « cheveux » et que des camions viennent la chercher quand elle est en fleurs pour l’emporter à l’usine.

Réponse :  la canne à sucre.

Un bémol est de mise : à l’heure actuelle, on plante de plus en plus des cannes qui ne font plus ces fleurs si caractéristiques … qu’on aimait voir flotter au vent !

 

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17 janvier 2025 5 17 /01 /janvier /2025 12:51

Pour faire un lien avec l'article du blog publié hier, (cf blog 2025/01/16) qui concernait le raisin, parlons un peu de vigne ! Peu de gens savent qu’autrefois on produisait du vin au Tampon. 

Noé Rivière, originaire de Bras Sec, écart de Cilaos avait quitté le cirque de Cilaos pour s’installer au Tampon où il a planté des vignes sur l’actuel parking de la grande surface de la Châtoire.

La première fois que je l’ai rencontré, en 2016, Noé m’a emmenée dans sa cave où était stockée une foule d’objets datant de cette époque : bonbonnes, bouchons, pressoirs, tonneaux, écouvillons… 

Puis, de son bar, il a extrait une bouteille qui atteste l’existence de cette vigne !

Voilà un extrait du roman autobiographique que j’avais écrit pour lui, avec lui, avant qu’il ne décède.

                   Des Vignes au Tampon de 1974 à 1990

« Je plante des vignes. Je suis déjà installé, et mes vignes produisent quand Paul Badre, maire de l’époque classe la propriété en « zone verte ». Les ceps poussent en partie à l’endroit investi actuellement par la ZAC de la Châtoire. Quelques pieds d’Isabelle mais surtout des plants hybrides couvrent une surface de 10 000 mètres carrés.

Là est installé un chai de 500 mètres carrés où sont entreposés pas moins de 80 tonneaux que j’ai fait descendre de Cilaos ! La vigne donne annuellement 8000 bouteilles de vin ! Je possède aussi un terrain devant l’école militaire, terrain occupé aujourd’hui partiellement par un parking de supermarché.

L’élection d’un nouveau maire au Tampon en 1983 sonne le glas de cette activité viticole. La municipalité décide en 1990 de m’exproprier.

Après avoir perçu un dédommagement (qui me rembourse la clôture, les tuteurs, la récolte, les tuyaux, et tous les autres investissements …) , je quitte les lieux, le cœur gros. Auparavant, il me faudra, lors du passage de deux agents de la Répression des Fraudes vider 8 barriques de vin de ma récolte.  Et cela, le jour de mon anniversaire ! La presse a compati et plusieurs articles intitulés « les Raisins de la Colère ».

Dans ma cave, au Tampon, sont encore entreposés les vestiges de cette époque révolue : des tonneaux (dont un énorme de 600 litres), un pressoir, des dames -jeannes … 

Je suis nostalgique quand je revois les bouchons à l’effigie des « Rivière » et cet écouvillon en a rincé des bouteilles… »

 

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16 janvier 2025 4 16 /01 /janvier /2025 12:58

« Trant si malbar sir in mans pioch »

( Trente six malbars sur un manche de pioche. )

Réponse : La grappe de raisin

Les trente six malbars représentent les 36 grains noirs du fruit et le manche de pioche, le pédoncule. Le « malbar » à la Réunion est un descendant d’un groupe ethnique indien dont la peau est sombre. Autrefois le raisin qu’on plantait dans les hauts, notamment à Cilaos avait des grains noirs, c’était la variété « isabelle ».

À une époque où il faut se méfier des mots qu’on emploie, on court le risque de gêner certains qui taxeront l’expression de "raciste" …

 Je me rappelle cet événement qui m’a déstabilisée quand j’enseignais le français dans un collège de la Réunion. Je disais à une élève que j’avais du mal à évaluer sa rédaction car la syntaxe était « du petit nègre », je venais d’utiliser là une expression dont je n’imaginais pas la portée.

Levée de boucliers ! j’étais devenue une "enseignante raciste", moi qui étais très proche de Réunionnais de toutes origines, d’horizons divers, dont la couleur de peau ne m’importait absolument pas. Et mes trois enfants ont tous été élevés dans cet esprit de tolérance et de partage. J’ai dû m’expliquer et la polémique n’a pas enflé. Comme quoi il faut peser tous ses mots…

 

 

 

 

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Published by Jacqueline Dallem - dans Langue fruits de la Réunion
15 janvier 2025 3 15 /01 /janvier /2025 13:20

Ceux qui ont encore un petit lopin de terre à la Réunion aiment y planter des piments, parfois de la patate douce et du thym mais aussi des arachides ou « pistaches », qui leur rappellent leurs jeunes années.

Enfant, Dauphin avait coutume d’aider sa maman qui récoltait des pistaches pour un propriétaire à la Ravine du Pont, au -dessus de Petite Ile. Voilà ce qu’il m’avait confié quand nous avons écrit le récit de son enfance ;

« Trier les pistaches était un emploi réservé aux femmes.  Maman faisait ce travail. Je me souviens bien, elle était payée à « la balle » c’est à dire au « goni ». On arrachait les arachides, puis on les faisait sécher à même le sol. Une fois sèches, les pistaches étaient chargées sur un camion et déversées dans la cour du propriétaire. Là, elles effectuaient le tri des gousses et les conditionnaient dans des sacs en toile de jute. »

Quelques années ont passé, mais notre ami plante désormais des pistaches pour sa consommation personnelle. Après la récolte et le tri, il récupère les fruits qui germent pour les replanter…

 

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14 janvier 2025 2 14 /01 /janvier /2025 14:27

« Kas serkey pou manz le mor »

 

( Casse le cercueil pour manger le mort)

 

Réponse : la pistache (cacahuète)

Humour noir ? Non, simplement une image : l’enveloppe de la cacahuète (ou pistache à la Réunion) rappellerait un cercueil, par conséquent le fruit qu’on en extrait est assimilé à un mort. Non grillée, la cacahuète est encore blanche…

N’empêche que ce mort-là, on l’aime bien. Les Réunionnais raffolent de la pistache : ils la cultivent, la récoltent, la grillent et même la font cuire dans l’eau

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14 janvier 2025 2 14 /01 /janvier /2025 14:02

Il est connu que depuis des lustres, pendant l'été austral,  les Réunionnais fuient la côte et les grandes chaleurs  pour se réfugier dans les hauts.

Mais tout le monde ne peut pas se permettre ce dépaysement et  avoir une résidence secondaire ou louer une case dans les Hauts,  et les citadins obligés de rester sur le littoral doivent subir ! A Saint Pierre, on  souffre !

Et voilà qu’on rajoute de la chaleur à la chaleur ! Il est certain que les clims installées dans les immeubles de St Pierre participent à ce réchauffement : la climatisation rafraîchit l’intérieur mais la chaleur générée se diffuse à l’extérieur ! Circuler et vivre en ville devient problématique.

Autrefois, les Réunionnais construisaient des cases avec des varangues et l’air passait de l’arrière du bâtiment vers l’avant ou vice-versa. Une ventilation naturelle… Le bon sens prévalait. Ce qui n’est plus le cas. On pense que l’innovation facilite la vie, à tort !

 

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