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25 janvier 2025 6 25 /01 /janvier /2025 14:27

C’est inconcevable en 2025, mais dans les années 60 les situations racontées ci-dessous étaient courantes en métropole et à la Réunion.

L’enfant se trouvait responsabilisé très vite, il devait s’occuper des siens pour prêter main forte à la famille. Parfois pour s’occuper de la fratrie (récit de Marie – Ange), parfois pour s’occuper des parents (récit de Dauphin)

L’éducation incluait les valeurs chrétiennes de charité … mais il est vrai que ça arrangeait bien les adultes, et rendait les « marmailles » fiers de participer. Cela devait aussi peser aux marmailles car cette occupation limitait leur temps de jeu.

« Comme j’étais la plus grande, je devais m’occuper de la fratrie… Très jeune, on m’a confié la tâche de m’occuper de mes frères et sœurs, comme j’étais l’aînée. Maman s’occupait des repas, mais moi je devais faire la lessive, laver les enfants, les habiller… À l’âge de 14-15 ans j’avais déjà l’habitude de m’occuper de bébés. » (M. Ange)

« En 1952, ma grand-mère J. était assise sur un petit banc dans sa petite cuisine près du feu et nous préparait du café quand elle a fait un AVC. Elle était seule, j’ai réagi immédiatement et ai appelé les secours. Mais elle est restée paralysée. Pendant que ma mère partait travailler, j’avais sa garde et celle de mes petits frères. Je n’avais que 6 ans ! Je faisais à manger, je nettoyais la cour… » (Dauphin)

7 décennies plus tard Marie Ange s’occupe toujours des siens, moins de la fratrie, mais cette fois-ci davantage des enfants, petits-enfants et arrière-petits enfants. Son plaisir est de cuisiner pour eux…et Dauphin est devenu infirmier libéral avant de prendre sa retraite.

Des vies consacrées aux autres… mais aussi à la musique et aux amis !

 

 

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23 janvier 2025 4 23 /01 /janvier /2025 14:26

Nous n’avions pas l’eau courante. Il fallait traverser toute la cour pour chercher au robinet situé au bord de la route, l’eau destinée aux repas, à la toilette, à la lessive…

On se baignait dans des bassines. Plus tard, papa nous a installé un tuyau à l’extérieur et on prenait ainsi une douche.
Nous avions de la chance par rapport à nos familles habitant dans les écarts. Les enfants allaient chercher de l’eau avec des « fers blancs » qu’ils posaient sur la tête. Ils mettaient d’abord une galette de vacao sur leur crâne et portaient ainsi le précieux liquide.

Moi je les accompagnais mais ne rapportais qu’un fer blanc que je tenais à la main. On ne se plaignait pas. C’était comme ça, et on était heureux !

Très jeune, on m’a confié la tâche de s’occuper de mes frères et sœurs, comme j’étais l’aînée. Maman s’occupait des repas, mais moi je devais faire la lessive, laver les enfants, les habiller…

Ce que je trouvais très pénible c’était cette corvée d’eau : pour « charroyer « l’eau, on devait se rendre au bout de la cour dans la rue où se trouvait un robinet. On remplissait les arrosoirs, on redescendait et versait le contenu dans de grands bacs situés dans la cour.

Photo extraite du livret « la Vie Lontan » réalisé par Pêcheurs Golet

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23 janvier 2025 4 23 /01 /janvier /2025 14:23

Dans cet épisode la Saint Pierroise raconte l’importance des petits commerces chinois, déjà dans les années 60 !

« On se procurait les balles de riz dans la boutique au coin de la rue, chez M. et Mme Amouk. Dans le carnet, les commerçants notaient nos dépenses et toujours papa venait payer notre ardoise.

Dans cette « boutique chinois »  on achetait de l’huile, de la morue, du grain, des conserves, du sucre, du café…

S’il manquait des pâtes, on y retournait et on faisait marquer le débit dans le carnet…

 

Autrefois il n’y avait que des « boutiques chinois » et on donnait des « ti noms » (surnoms) aux propriétaires

Dans la rue des Bons Enfants par exemple il y avait « Ti têt ». Un autre s’appelait « Vilain Manière » parce qu’il était grognon et il « avait une mine ». Il y avait aussi « Ti Kon », « Mme Léon »…

Une petite anecdote :

 Enfants, nous avons fait une « niche » (farce) dans une « boutique chinois ». Voilà comment ça s’est passé.

Un jour, les marmailles ont mis en commun toutes les petites pièces de cuivre. Puis la bande est entrée dans la boutique de « Ti Têt », chacun a choisi un petit produit (pas grand-chose …), et on a jeté sur le comptoir toutes les petites pièces… le temps que Ti Têt réagisse et lève les bras au ciel, toute la petite troupe s’était envolée, comme une volée de moineaux. »

                                               Boutique chinois dans les années 50 - Réunionnais du Monde

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17 janvier 2025 5 17 /01 /janvier /2025 12:51

Pour faire un lien avec l'article du blog publié hier, (cf blog 2025/01/16) qui concernait le raisin, parlons un peu de vigne ! Peu de gens savent qu’autrefois on produisait du vin au Tampon. 

Noé Rivière, originaire de Bras Sec, écart de Cilaos avait quitté le cirque de Cilaos pour s’installer au Tampon où il a planté des vignes sur l’actuel parking de la grande surface de la Châtoire.

La première fois que je l’ai rencontré, en 2016, Noé m’a emmenée dans sa cave où était stockée une foule d’objets datant de cette époque : bonbonnes, bouchons, pressoirs, tonneaux, écouvillons… 

Puis, de son bar, il a extrait une bouteille qui atteste l’existence de cette vigne !

Voilà un extrait du roman autobiographique que j’avais écrit pour lui, avec lui, avant qu’il ne décède.

                   Des Vignes au Tampon de 1974 à 1990

« Je plante des vignes. Je suis déjà installé, et mes vignes produisent quand Paul Badre, maire de l’époque classe la propriété en « zone verte ». Les ceps poussent en partie à l’endroit investi actuellement par la ZAC de la Châtoire. Quelques pieds d’Isabelle mais surtout des plants hybrides couvrent une surface de 10 000 mètres carrés.

Là est installé un chai de 500 mètres carrés où sont entreposés pas moins de 80 tonneaux que j’ai fait descendre de Cilaos ! La vigne donne annuellement 8000 bouteilles de vin ! Je possède aussi un terrain devant l’école militaire, terrain occupé aujourd’hui partiellement par un parking de supermarché.

L’élection d’un nouveau maire au Tampon en 1983 sonne le glas de cette activité viticole. La municipalité décide en 1990 de m’exproprier.

Après avoir perçu un dédommagement (qui me rembourse la clôture, les tuteurs, la récolte, les tuyaux, et tous les autres investissements …) , je quitte les lieux, le cœur gros. Auparavant, il me faudra, lors du passage de deux agents de la Répression des Fraudes vider 8 barriques de vin de ma récolte.  Et cela, le jour de mon anniversaire ! La presse a compati et plusieurs articles intitulés « les Raisins de la Colère ».

Dans ma cave, au Tampon, sont encore entreposés les vestiges de cette époque révolue : des tonneaux (dont un énorme de 600 litres), un pressoir, des dames -jeannes … 

Je suis nostalgique quand je revois les bouchons à l’effigie des « Rivière » et cet écouvillon en a rincé des bouteilles… »

 

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15 janvier 2025 3 15 /01 /janvier /2025 13:20

Ceux qui ont encore un petit lopin de terre à la Réunion aiment y planter des piments, parfois de la patate douce et du thym mais aussi des arachides ou « pistaches », qui leur rappellent leurs jeunes années.

Enfant, Dauphin avait coutume d’aider sa maman qui récoltait des pistaches pour un propriétaire à la Ravine du Pont, au -dessus de Petite Ile. Voilà ce qu’il m’avait confié quand nous avons écrit le récit de son enfance ;

« Trier les pistaches était un emploi réservé aux femmes.  Maman faisait ce travail. Je me souviens bien, elle était payée à « la balle » c’est à dire au « goni ». On arrachait les arachides, puis on les faisait sécher à même le sol. Une fois sèches, les pistaches étaient chargées sur un camion et déversées dans la cour du propriétaire. Là, elles effectuaient le tri des gousses et les conditionnaient dans des sacs en toile de jute. »

Quelques années ont passé, mais notre ami plante désormais des pistaches pour sa consommation personnelle. Après la récolte et le tri, il récupère les fruits qui germent pour les replanter…

 

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4 janvier 2025 6 04 /01 /janvier /2025 02:08

« Soulié verni

Dan marmit’ »

 

(Soulier verni

Dans marmite)

Réponse : la bringelle

 (Bringelle ou aubergine) A la Réunion on achète plutôt des « bringelles » au marché. Le terme « aubergine » n’est guère employé. On consomme beaucoup de ce légume à la Réunion et on l’ apprécie particulièrement le « cari bringelles » ou le « boucané bringelles »

 

La peau brillante  du légume rappelle le verni du soulier.

Il faut se souvenir que ces devinettes ont été imaginées à une époque où le soulier était un objet de luxe. Certaines amies me racontent qu’autrefois les gens allaient à l’église pieds nus et ne mettaient que les chaussures en entrant à l’office :  pour ne pas les salir ou les user on les chaussait rarement sur les chemins non revêtus de macadam.
Comme sur le continent, la mode est aujourd’hui aux baskets. Mais les anciens mettront toujours des chaussures cirées pour aller chez le médecin ou aux courses. Question de politesse !

 

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20 décembre 2024 5 20 /12 /décembre /2024 19:13

Défilé rue Hubert Delisles sur le front de Mer à Saint Pierre. C'était il y a déjà 8 ans !  

C'est le rendez-vous des associations de la ville, et l'occasion de transmettre un message de paix !  

 

Souvenirs :  Défilé du 20 dézemb en 2016 à St Pierre
Souvenirs :  Défilé du 20 dézemb en 2016 à St Pierre
Souvenirs :  Défilé du 20 dézemb en 2016 à St Pierre
Souvenirs :  Défilé du 20 dézemb en 2016 à St Pierre
Souvenirs :  Défilé du 20 dézemb en 2016 à St Pierre
Souvenirs :  Défilé du 20 dézemb en 2016 à St Pierre
Souvenirs :  Défilé du 20 dézemb en 2016 à St Pierre
Souvenirs :  Défilé du 20 dézemb en 2016 à St Pierre
Souvenirs :  Défilé du 20 dézemb en 2016 à St Pierre
Souvenirs :  Défilé du 20 dézemb en 2016 à St Pierre
Souvenirs :  Défilé du 20 dézemb en 2016 à St Pierre
Souvenirs :  Défilé du 20 dézemb en 2016 à St Pierre
Souvenirs :  Défilé du 20 dézemb en 2016 à St Pierre
Souvenirs :  Défilé du 20 dézemb en 2016 à St Pierre
Souvenirs :  Défilé du 20 dézemb en 2016 à St Pierre
Souvenirs :  Défilé du 20 dézemb en 2016 à St Pierre
Souvenirs :  Défilé du 20 dézemb en 2016 à St Pierre
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12 décembre 2024 4 12 /12 /décembre /2024 13:52

Dans deux articles de ce blog, datés du 26.11 et du 5.12, je faisais déjà allusion à la collaboration de deux chercheurs réunionnais, Marcel HUNEZ et Jean Claude PIERIBATTESTI pour perfectionner les alambics et imaginer des extracteurs dernier cri dans les années 1980.

Les inventeurs avaient associé à leurs projets les classes d’un lycée professionnel : le Lycée Amiral Lacaze de Ste Clotilde. Avec les élèves, ces passionnés avaient réalisé des plans et procédé à la fabrication de ces objets révolutionnaires. Les compétences techniques de M. Hunez, professeur de chaudronnerie et de Pieribattesti, universitaire, ont été mises au service de ce projet.

Armande Hunez, épouse de Marcel, aujourd’hui disparu, m’a permis d’immortaliser ces instants en prélevant dans son album-photo les images et documents de presse de ces moments inédits pour les lycéens.

Il est à parier que certains de ces élèves se reconnaîtront dans ces photos datant de 40 ans…

 

Le lycée professionnel Amiral Lacaze mis à contribution.
Le lycée professionnel Amiral Lacaze mis à contribution.
Le lycée professionnel Amiral Lacaze mis à contribution.
Le lycée professionnel Amiral Lacaze mis à contribution.
Le lycée professionnel Amiral Lacaze mis à contribution.
Le lycée professionnel Amiral Lacaze mis à contribution.
Le lycée professionnel Amiral Lacaze mis à contribution.
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8 décembre 2024 7 08 /12 /décembre /2024 16:10

Des fours à chaux, on peut toujours en voir à Saint Leu, à Manapany-les-Bains, et même à Grand Anse. Ces structures qui occupaient tout le littoral ont disparu au fil du temps comme l’activité. Trop coûteuse, cette industrie qui nécessitait la déforestation (besoin de bois pour chauffer le corail et obtenir la chaux) a été abandonnée. Chapeau à ceux qui ont su préserver ces vestiges pour raconter le passé de leur île !

Dans certaines villes comme St Pierre existent encore des rues rappelant cette industrie : qui ne connaît pas « la rue des fours à chaux » ?
Les coraux, qu’on utilisait autrefois pour faire de la chaux, et qu’on trouve toujours le long de l’océan, sont désormais protégés des prédateurs : nombre de touristes emportaient ces coraux blancs comme des trophées dans leurs valises. D’ailleurs on vous rappelle cette interdiction sur les vols à l’arrivée et au départ de la Réunion.

 

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24 janvier 2022 1 24 /01 /janvier /2022 10:23

Au cours de la randonnée avec « les Jolis Pas », Chantal et René nous ont fait découvrir des goûts que les marmailles lontan connaissaient bien.

Ainsi, dans la Forêt des Bois de Nèfles au-dessus des Canots, Chantal a cueilli un épi de longose et a prélevé des fleurs pour en sucer la sève. Elle a proposé à tous les randonneurs de l’imiter et effectivement, c’est très sucré. Cela me fait un peu penser à ce qu’on faisait en Lorraine avec la primevère…

Plus loin, René qui nous attendait a ouvert une boîte pour en sortir des morceaux de canne-bonbon et les partager… Encore un goût juteux et sucré qui plaît !

Dans ces randonnées avec les Jolis Pas, les Créoles ont toujours à cœur de nous faire découvrir leurs « madeleines de Proust ». Merci à eux !

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