C’est sa forme (tête) et l’aspect de sa peau ( hérissé) qui lui valent ces attributs. Une grosse tête pleine de gales, de vésicules ou boursouflures plutôt… c’est ça le « jaque ».
Vert, il se consomme comme un légume, en cari. Plus mûr, on le consomme comme un fruit. Trop mûr, il pue et reste immangeable.
Il a la particularité de pousser tout près du tronc du jaquier…
(Vrai qu’il ressemble même au vecteur de la gale vu au microscope… de quoi couper l’appétit. Mais à l’époque de la création des devinettes, on parlait plutôt de ce qu’on voyait de ses yeux, sans microscope !)
(Bringelle ou aubergine) A la Réunion on achète plutôt des « bringelles » au marché. Le terme « aubergine » n’est guère employé. On consomme beaucoup de ce légume à la Réunion et on l’ apprécie particulièrement le « cari bringelles » ou le « boucané bringelles »
La peau brillante du légume rappelle le verni du soulier.
Il faut se souvenir que ces devinettes ont été imaginées à une époque où le soulier était un objet de luxe. Certaines amies me racontent qu’autrefois les gens allaient à l’église pieds nus et ne mettaient que les chaussures en entrant à l’office : pour ne pas les salir ou les user on les chaussait rarement sur les chemins non revêtus de macadam.
Comme sur le continent, la mode est aujourd’hui aux baskets. Mais les anciens mettront toujours des chaussures cirées pour aller chez le médecin ou aux courses. Question de politesse !
Cuisson d’un plat aux Calbanons de la Cafrine par les Pêcheurs Golet (2016)
Oignons, ail, piment, tomates… On imagine difficilement à la Réunion se passer de ces produits qui entrent dans la composition de la plupart des caris… Et quand le cyclone passe, les prix s’envolent : la spéculation va bon train sur ces produits vu que la demande est forte …
Le maïs était une denrée très consommée autrefois. Il y a encore quelques décennies, l’alimentation locale était très diversifiée : on consommait du maïs, , du manioc, du cambar (igname), du songe, le fruit à pain, du riz… Ce n’est qu’après la Seconde guerre que le riz a concurrencé tous les autres pour obtenir l’exclusivité des tables réunionnaises. On l’importe de Madagascar le plus souvent. Son coût est intéressant car n’est pas taxé comme les autres produits importés. Dans les pique-niques créoles, on peut encore trouver le maïs. On le cultive de moins en moins, (très gourmand en eau) mais il existe de rares irréductibles qui plantent encore du maïs, et le font moudre. Il existe plusieurs textures de maïs moulu. La semoule fine de maïs on l’appelle ici « maï sosso»
Ne vous y méprenez pas ! Quand on parle à la Réunion de « pistaches » il s’agit en fait d’arachides ou de cacahouètes…
Autrefois, raconte Dauphin, à Petite Ile, sa maman récoltait les pistaches pour M. Gonthier, un riche propriétaire : à ce travail fastidieux, long, s’associaient souvent les marmailles.
Les pistaches sont d’abord « tirées » du sol, les plants se détachent relativement bien sauf si de mauvaises herbes s’y sont fixées. On coupe les feuilles vertes pour ne garder que les racines.
Une fois sorties de terre les branches encore remplies de terre sont étalées et on en arrache les fruits.On les étale par terre au soleil pour les faire sécher. Puis on les met en sacs.C’étaient des ballots très lourds de ces fruits qui étaient chargés sur des camions.
Mais aujourd’hui ce n’est qu’un sac que mon hôte a rapporté de son petit terrain où il avait planté les arachides Et assis sur la varangue, à trois, nous séparons les branches des fruits. Une belle récolte !
Le Réunionnais aime manger les pistaches grillées, mais aussi bouillies…
Une partie importante sera réservée aux futures plantations et il faudra les faire sécher au soleil.
Marie Ange en prélève quelques poignées qu’elle jette dans une cocotte-minute remplie d’eau salée et les fait cuire. Un régal ! Toute la famille s’est jetée sur les délicieuses pistaches encore tièdes.
L’orthographe fantaisiste à la Réunion me fait toujours sourire. Mais les autochtones qui ont toujours vu les mots écrits ainsi ne s’en offusquent pas… D’ailleurs, il n’est pas utile de savoir lire pour comprendre ce que sont les légumes ou fruits exposés…
Ainsi les « Pois ronds » qui désignent ce que nous métros appelons « petits pois » ont été réduits au substantif « POIRON »
Voilà un an, mon amie a planté un pied de tomate-arbuste qui atteint déjà la taille humaine.
Ce matin, notre étonnement est grand. L’arbre porte déjà une dizaine de grappes de fleurs qui donneront ces étonnantes tomates arbustes qu’on utilise dans les rougails…