Le petit restaurant « Les Badamiers », situé Chemin Neuf, au-dessus de Grand Anse, tenu par un couple de Réunionnais est un endroit où j’aime revenir. Depuis la terrasse, certaines tables permettent de voir le littoral. Pendant que M. Maret s’active et transpire derrière les fourneaux, son épouse fait le service. La carte est traditionnelle : cette fois -ci on pouvait choisir entre différents caris : rougail morue, cabri massalé, porc-brèdes, cari coq… des plats toujours bien préparés. Et délicieux ! On ne repart jamais déçus.
Le plus souvent, nous piquons dans le plat des voisins – consentants évidemment- pour goûter le maximum de mets.
Le propriétaire des lieux gère en même temps son petit parking pour permettre au plus grand nombre de se garer sans problème. C’est un classique ! on vous appelle pour avancer ou reculer votre voiture. Ça fait partie du jeu !
En passant à Saint Joseph, j’ai revu Durga et Eric. Ils m’ont proposé un thé et des beignets de bananes.
Il est vrai que cette année, on fait beaucoup de gâteaux aux bananes, de desserts divers aux bananes.
L’année dernière les Réunionnais ont été frustrés de ce fruit devenu rare sur les étals en raison d’une maladie qui avait décimé les régimes.
Mon amie a écrasé les bananes, ajouté de la farine, du sucre vanillé (préparé avec sa propre gousse de vanille) un peu de bicarbonate de soude (pour faire gonfler la pâte). Pas de lait, ni d’eau !
Elle a fait frire cette pâte dans l’huile ! Tout a été saupoudré de sucre fin passé au chinois. Un délice !
Pour ce qui est des caris, Claude en connaît un rayon ! Aujourd’hui, j’ai pu goûter un cari de « bichiques » préparé par ses soins !
Un délice ! Ce plat de fête plutôt coûteux, vu la rareté des « bichiques » était un beau cadeau ! Il a été pensé pour le départ de Noëla pour la métropole.
Les alevins, dont la pêche est très règlementée, pour empêcher la raréfaction des poissons, peuvent être pêchés dans une période bien précise (du 1er septembre au 28 février), et leur quantité est également surveillée…
De plus en plus, les amateurs de ce plat se rabattent sur les bichiques de Madagascar, moins onéreux.
Règlementation de la pêche aux bichiques
Seuls les pêcheurs déclarés et autorisés par les services de l’Etat (DEAL ou DMSOI sont autoriser à pêcher.
« Il existe plusieurs options pour demander une autorisation de pêche :
Les pêcheurs amateurs en eau douce (qui achètent une carte de pêche auprès de l’ADAPAEF et une licence auprès de la DEAL), ou les pêcheurs de loisir en rivière (qui ont déclaré leur vouves à la DMSOI) : chaque pêcheur autorisé peut avoir 2 vouves maximum et pêcher 3 kg maximum par jour, pour une consommation stricte au sein du foyer sans aucun droit à la commercialisation ;
Les pêcheurs professionnels en rivière, qui détiennent un permis de pêche à pied délivré par la DMSOI: chaque pêcheur autorisé peut avoir 4 vouves maximum par pêcheur professionnel. Il a la possibilité de vendre le produit de sa pêche avec des notes de vente ;
Les marins pêcheurs professionnels en mer, qui ont fait vérifier leur filet moustiquaire par la DMSOI, sont également autorisés à vendre le produit de leur pêche avec des notes de vente au nom de leur navire. »
Quand on vous présente du gâteau sur l'île, ce sont la plupart du temps des petits cubes. En général, on cuit la pâte dans des moules rectangulaires et on la découpe à la sortie du four.
On pourra vous proposer du gâteau manioc, du gâteau ti son (maïs), du gâteau patate, (patate douce), gâteau conflore, du gâteau rouroute, ou encore du gâteau chouchou…
Ils sont délicieux, et comme ils sont plutôt « étouffe- chrétiens », c’est à dire très compacts et riches, l’idée de les couper en petites parts s’avère judicieux.
Les pieds de riz nourrissent la famille (cf article précédent). Mais quand on dit d’un Réunionnais qu’il a « un pied de riz », ce n’est pas forcément flatteur ! C’est que l’individu a trouvé quelqu’un, notamment une femme, qui le nourrit. Alors que lui mène joyeuse vie…
Si on veut ne pas être sexiste, on peut aussi dire d’une Réunionnaise qu’elle a trouvé « un pied de riz » quand elle a flairé l’opportunité de se faire entretenir !
Plantation de pieds de riz
Dans une chanson cocasse interprétée par Michel Adélaïde, : « Mon pied d’riz », on raconte le quotidien d’un insulaire qui profite dans vergogne des revenus d’une institutrice.
Le touriste qui déambule pour la première fois entre les rayons des supermarchés à la Réunion, est immédiatement frappé par une spécificité locale : on achète ici le riz par paquet de 10 kg !
"Actuellement, le consommateur réunionnais mange principalement du riz blanchoi (riz de luxe) à hauteur de 62 kg de riz par an et par habitrant contre 4kg par an et par habitant en France métropolitaine. La consommation de riz à la Réunion est relatuivement satble depuis 10 ans (aux alentour sde 50000 tonnes par an)" sources qualireg.org
On ne peut imaginer un mique nique familial sans riz...
Le piment est un incontournable dans la cuisine réunionnaise. Et les « zoreilles » qui ne se méfient pas en ont les larmes aux yeux…
On n'imagine pas manger le riz blanc sec quand on voit cette belle sauce tomate rouge qui vous invite à en napper les grains blancs... Et c'est la gorge en feu et les larmes aux yeux qu'on essaye d'éteindre l'incendie... Conseil : ne pas boire d'eau, aucun effet ! faut préférer un morceau de pain...
On les appelle « brèdes paillaterre » à la Réunion. La déformation des termes d’origine est très courante. Sur l’île. Ici les Petits pois deviennent des « tipois », les choux de Chine on les appelle « choutchines , on pourrait citer bien d’autres exemples…
Jolie l’image de plantes « paille à terre » ! Ces brèdes accompagnent souvent les caris sur l’île. Un jour, Véro et Olivier, mes amis du Tampon ont fait une fricassée de ces brèdes qu’ils avaient cueillies dans le Parc des Palmiers. Il paraît que ces plantes poussent très bien sur le continent. En fricassée cuites avec du beurre et de l’ail, c’est un régal.
Une cuisson à l'eau durant 10 minutes est conseillée pour éliminer les oxalates. Il faut jeter l’eau on peut consommer les feuilles, les pousses et les tiges tendres comme potage, dans les sauces ou les soupes, cuites avec d'autres légumes, avec un plat principal ou seul…
Préparer un ananas est une tâche à laquelle il faut être familiarisé. Les Réunionnais savent ôter les « yeux » de ce fruit, après l'avoir épluché, pour qu’il soit plus facile à consommer. Certains excellent dans cet art, en utilisant un couteau à large lame, d’ailleurs les vidéos sur ce sujet sont légion sur le net ; chacun y va de sa technique.
D’autres achètent des ustensiles plus sophistiqués pour prélever les parties dures du fruit. Vu au marché de Saint Pierre !