Que faire de tous ces fruits ? Le Réunionnais en ferait des rougails succulents.
Pour ma part, je vais essayer d’en faire une confiture, ou plutôt une « marmelade » car sur l’île le mot « confiture » est un faux-ami, il désigne les fruits qu’on confit pour obtenir une espèce de « pâte de fruits ».
Après avoir épluché quelques fruits, je les épépine, coupe la chair en petits morceaux que j’écrase. Puis j’ajoute le sucre et fais cuire le tout ! Voilà ma confiture prête ! Un régal !
En passant dans la Rue du Moulin à Café de la Ravine des Cabris, je reviens des courses et remarque un petit attroupement aux portes du temple indien, fermé en raison du confinement et de l’interdiction de se rendre dans les temples pour honorer les divinités.
Sur la route, devant une petite table remplie de fruits et de pétales de fleurs, un prêtre officie… devant quelques fidèles venus déposer des offrandes. L’un d’eux est en train de couper une noix de coco.
Discrètement je m’informe du pourquoi de cette célébration.
« C’est le Nouvel An Tamoul » m’explique un homme assistant à la cérémonie.
Partout dans le monde les tamouls entrent dans l’ère 5121... le Nouvel An appelé « Le Puthandu », célèbre la création de l’univers par le dieu Brahma et symbolise également le jour du renouveau pour la communauté tamoule. A l’occasion de cette fête religieuse et familiale on remercie les divinités en faisant des offrandes et des bains de purification . Généralement, on reçoit au temple les prévisions du Pandjangam (le calendrier tamoul) pour l’année à venir.
Les Tamouls de la Réunion célèbrent actuellement la nouvelle année « Sârvari » la 5121ème année, la 34ème d’un cycle de 60 ans de l’ère du Kâliyougam comptant elle-même 432 000 années !
Depuis quelques mois, la place jouxtant l'ancienne gare est en travaux. Je découvre le résultat ce matin.
Consternation !
A cette époque où on sait que le réchauffement climatique menace l'humanité et que les arbres sont essentiels pour combattre la chaleur, certaines municipalités privilégient le béton à la Nature.
Il est vrai que huit palmiers ont été plantés. Ils bordent une énorme esplanade grise, proprette, mais démoralisante... Cette esplanade est désertée, non seulement en raison du Covid mais aussi par manque d'ombre.
Cela me rappelle l'article que j'ai écrit concernant les bancs en béton, installés non loin de là, près du centre de secours.
Nos élus semblent ignorer que le béton concentre le chaud... Ils sont pareils à ces paysans qui arrachent tous les arbres qui offraient un abri aux animaux.
Ce nouveau sport de glisse fait de plus en plus d’adeptes. Ce matin, près de la Place de La Liberté, je croise une demi-douzaine de sportifs qui, à Terre Sainte, assemblent leur foil (support fixé sur un surf) et leur voile (wing) qu’ils emportent dans le lagon.
Le vent manque et il faudra sûrement que les plus téméraires s’aventurent plus loin pour profiter de leur engin. L’un d’entre eux, débutant, me confie qu’il ne se sent pas encore le courage d’aller en pleine mer… Il attendra que le vent se lève sur la côte ! Il n’existerait pas d’école de wing foil à la Réunion : les amateurs se forment avec les initiés.
Près de la poissonnerie, où je vais ce matin acheter du thon pour faire un tartare, un pêcheur de Terre Sainte a étalé un grand filet de pêche. Spectacle peu commun ! Le quartier de Terre Sainte n’est plus ce qu’il était et les pêcheurs s’y font rares.
Ali Véliat, l’homme qui recoud son filet me dit que nombre d’habitants des lieux ont vendu leur maison pour aller s’établir dans les hauts, à Bérive, au Tampon... Lui aussi regr
ette le temps où on y croisait les gens du péi.
Le quartier, en quelques années, est devenu un lieu de villégiature et a perdu de son âme.
Je m’étonne de la technique de réparation d’Ali : il utilise des brins de vacoa pour restaurer sa toile. « C’est solide, ça tient aussi… » prétend-il. Technique ancestrale de fortune…
Je suis tellement surprise de le voir ici que je me demande si ce n’est pas la ville de St Pierre qui l’a installé ici pour faire couleur locale… comme une pièce de musée qu’on peut encore relier au passé…
En revenant à la Réunion, j'ai pris le Car Jaune J du dimanche ( le ZO qui relie St Denis à St Pierre et qui emprunte le matin la route des Tamarins n'existe plus les jours fériés..) Le car T qui passe par les plages met quasiment deux heures à rejoindre le Sud par la côte Ouest.
Assise côté mer, j'ai eu tout le loisir de me replonger dans cet univers familier et j'ai remarqué avec étonnement, que l'Antigone, cette liane sauvage de couleur rose colonisait encore la Réunion : elle proliférait dans les buissons, les ravines, les friches... et même chez des particuliers qui savent apprécier sa floraison rose exubérante. On l'appelle aussi "liane de corail" et son nom latin est " antigonon leptotus"
Moi qui croyais qu'elle était en voie de disparition, j'étais ravie de constater qu'elle était encore bien vivante. Avis aux amateurs de belles lianes : ne les laissez pas mourir et offrez leur une petite place dans votre jardin !
Ce qui est remarquable à la Reunion, c’est que sur le même arbre on peut voir au même moment la fleur, la graine et même le fruit.
Ce matin, sur l’ylang ylang qui embaume tout le jardin était perché un cardinal rouge vif. En m’approchant de l’oiseau, je remarque des branches avec des graines bleues de la taille de raisins, et des branches fleuries...
Voyager, c’est apprendre à rester serein… Parfois on attend vainement une valise qui est sur un autre tapis roulant parce qu’on n’a pas pris le temps de regarder en arrivant l’écran qui indique le chiffre de l’arrivée des bagages, ou tout simplement parce qu’il a été décidé en dernière minute qu’il y aurait un changement de tapis.
Il peut aussi arriver que les bagages mettent un temps fou à arriver… et on craint pour sa correspondance. Le pire est d’attendre une valise qui ne viendra pas, parce qu’égarée…
Mais là, ce que j’ai vécu à CDG au vol d’arrivée d’Air Austral passe l’entendement. Le tapis s’est arrêté d’un coup et une cinquantaine de bagages ont été carrément jetés dans un angle à l’extrémité du serpentin.
Les voyageurs eux-mêmes grimpaient sur la bande transporteuse à l’arrêt pour aider des passagers à récupérer leurs bagages. Des valises étaient couchées de travers sur les deux bords du tapis roulant.
Il s’est bien passé une vingtaine de minutes avant que l’incident n’ait été résolu. Et quand la bande s’est remise en marche, et que la compagnie s’est excusée auprès de ses usagers, les valises tombées sur le bord ont été remises, mais l’employé n’a pas jugé utile d’y mettre la cinquantaine de bagages qui avaient été jetés dans l’angle… Aux voyageurs de se débrouiller pour remuer les sacs, paquets et valises, et trouver, seul, ce qui leur appartenait. De quoi devenir fébrile...si on imagine rater le seul TGV de la journée...
On vous impose partout à l’aéroport le mètre de distance avec les autres voyageurs. On fait tout dans les règles, on colle des lignes sur le sol pour vous maintenir à bonne distance à l’embarquement.
Illustration de Jace sur l’écran de l’avion d’Air Austral
Mais c’est d’un ridicule affligeant : tous les sièges dans la salle d’embarquement sont pris d’assaut, on est à 30 cm du voisin. Pas de siège condamné…Il est vrai que tout le monde est masqué. Il faudra d'ailleurs changer 3 fois de masque... ce que personne ne fait !
Ensuite, vous entrez dans l’avion et vous êtes assis juste à côté d’un autre passager : ce jour-là pour gagner de l’argent, un vol a été annulé et le vol du lendemain a été complété au siège près !
Il n’empêche qu’on tient à ce mètre de distance et même dans les déplacements à l’intérieur de l’appareil, il faut éviter de se promener (cf le gouzou qui s’affiche sur les écrans des avions d’Air Austral)
Et heureusement que le ridicule ne tue pas. Arrivés à CDG aéroport où on vient de supprimer un terminal, les voyageurs doivent s’engouffrer dans une navette. Si la distance réglementaire est respectée sur le quai, dans la navette c’est une autre question, on se croit dans un métro parisien aux heures de pointe : on s’entasse…
Eh oui ! J’ai découvert récemment que la petite localité de l’Entre-Deux est désormais équipée d’une station de bus. Celle-ci se situe à main gauche, non loin du stade, avant la montée vers le centre ville.
Elle est flambant neuf et s’est dotée de 5 quais, et de bancs. Et on a même arboré la place. Une bonne idée que cet aménagement ! De là, on peut se rendre facilement à pied au stade, au court de tennis, ou sur le sentier de randonnée de Coteau Sec…