Saint-Pierre Patrimoine, pôle du service culturel de la ville de Saint-Pierre, vous propose, dans le cadre du Dipavali 2025, une visite en minibus pour découvrir 4 temples historiques de Saint-Pierre.
L’appellation « cathédrale » pour l’église de Saint Denis (à la Réunion) m’a amusée dès mon arrivée sur l’île. Pas étonnant ! L’image que nous nous faisons d’une « cathédrale » en métropole est celle d’un bâtiment colossal, aux sculptures et mobiliers exceptionnels. Chartres, Reims, Metz, Paris, par exemple, ont des cathédrales somptueuses.
Mais l’architecture gothique est bien absente de l’île et pour cause : la Réunion n’a pas connu de « moyen-âge », vu qu’elle a été habitée bien après !
Si l’église de St Denis s’appelle ainsi c’est que la définition de « cathédrale » est « église épiscopale d’un diocèse ». Eh oui, un évêque, un diocèse, une église et tout est réuni pour que l’édifice mérite ce nom. Il faut faire table rase de nos a priori.
La cathédrale de St Denis au XIXe
P.130,131,132 « Album de l’île de la Réunion » 1878-1883 Ed Orphie
La visite au Cimetière du Père Lafosse réserve toujours des surprises. Si cette nécropole aux croix, symbolisant les esclaves, rend hommage au Père Lafosse, (homme d’église anti-esclavagiste) il est aussi un terrain de vulgarisation de cultures religieuses autres que chrétiennes.
La dernière fois que j’y ai mis les pieds, j’ai découvert qu’on venait de construire, dans l’angle à droite, un petit temple consacré à la religion malgache.
Rien d’étonnant, quand on connaît l’histoire de Saint Louis, une ville où la communauté malgache pendant les temps de l’esclavage et de l’engagisme était très importante.
Le service culturel de la ville de Saint-Pierre vous invite à deux expositions qu'elle programme dans le cadre du Dipavali 2024.
"Les masques du Bal Tamoul" de la collection privée de la famille Manicon exposés dans la salle d'exposition de la Gare Brasserie (ancienne gare de Saint-Pierre)
"Les Temples hindous de Saint-Pierre", expo photos de Line Leclair exposée dans la salle d'exposition du Centre de ressources Pierre Macquart (1 rue de la Gendarmerie)
Si le clocher de l’église de Grand Bois compte déjà trois cloches, on s’interroge sur la présence de deux cloches en bronze supplémentaires entreposées dans le jardin au pied de l’édifice.
À l’entrée de la ruelle qui mène à la Croix des pêcheurs, à Terre Sainte, un panneau annonce « une ruelle d’art » Dans la montée des tableaux originaux retracent le chemin de croix ( qu’on appelle ici « Somin en krwa »)
15 tableaux de 150cm X 200 cm composés de carreaux de céramique jalonnent ce parcours. Ils sont l’oeuvre de Stéphane Kenkle et du céramiste David Léon Gimenez et ont été installés là en 2020.
Un matin, alors que j’étais au lieu de rendez-vous de Kokopat pour la sortie « Grotte Bleue », je me promenais autour de l’église de Pont d’Yves.
Philippe, un habitant de la localité, qui venait d’aller acheter des poireaux me voit prendre des photos ; il s’arrête et me fait remarquer que sur le mur de l’édifice figurent des initiales, et qu’il en a demandé l’explication à l’évêché. En fait il s’agit de l’abréviation d’Anno Domini suivie de l’année de consécration de l’église.
Puis il m’explique qu’il aime bien cette église et souhaiterait que la vierge surmontant la faitière sur la façade soit colorée… Il en aurait déjà discuté avec le curé de la paroisse…
Rencontre inévitable que celle de Léon, quand on visite ce cimetière situé à une encablure de l’usine du Gol à Saint Louis.
L’homme originaire de Saint Louis, fils de père mauricien et mère Saint louisienne, s’occupe de veiller sur le cimetière depuis 2006. Pour ce retraité, cette activité est bénévole. Ce sont les employés communaux de St Louis qui entretiennent les espaces verts de la nécropole.
Quand on aborde l’homme, il est communicatif. Je pense qu’il voit très peu de gens, le cimetière étant bien caché derrière la piste de kart et le panneau de direction, explique-t-il, a été emporté par le mauvais temps…
Il nous raconte le jour où la chapelle a failli prendre feu à cause d’une bougie placée à mauvais escient près du drap qui recouvrait la tombe.
Le plan du cimetière aurait été dessiné par des enfants de l’école. Selon lui 200 croix sont présentes au cimetière. Il le ferme actuellement tous les soirs à 17h30.
J’ignore si c’est lui qui est à l’origine de tous les écrits placardés au mur, dont des interdictions de faire ses besoins dans cet endroit… Ecriture naïve et surprenante !
Nous lui demandons aussi la nature des fruits ronds et verts vus sur un arbre près de l’allée centrale à quoi il nous répond qu’il s’agit de « vavangues ». Il en trouve un très mûr tombé à terre et nous l’ouvre.
Le moustique se plaît ici. Nous demandons à M. Bundi pourquoi il ne vide pas les récipients où l’eau stagne… Mais il affirme que les moustiques sont là de toute façon à cause d’une mare située à proximité… Nous ne resterons qu’une dizaine de minutes avant de reprendre la piste rejoignant la route de Bel Air.
Il existe des centaines de ravines à la Réunion. Rien que la Route des Tamarins en traverse 120. Il en existe bien d’autres au Nord, à l’Est… Parmi celles-ci, il en est une qui porte le nom d’un Saint, très honoré sur l’île.
Beaucoup de Réunionnais portent aussi son prénom : « Expédit ».
L’oratoire de ce saint très particulier se distingue des autels consacrés à la vierge par sa couleur rouge-sang ! Eh oui, on se recommande à ce « saint » non seulement pour améliorer son quotidien mais aussi pour lui demander de régler ses comptes avec l’ennemi…
L’église aurait longtemps hésité avant de lui reconnaître la qualité de Saint Romain.
Saint Expédit est d’ailleurs représenté avec une armure romaine. Il serait aussi vénéré par l’hindouisme populaire… On lui offre des fleurs, des bougies, mais aussi des pièces de tissu rouge…
Autrefois, on scellait dans le perron de la case une pièce de monnaie. Elle avait le but de conjurer le mauvais sort.
Quand les enfants voulaient s’asseoir sur le pas de la porte, ils en étaient vite chassés. Il ne fallait pas couvrir cet objet protecteur.
Dans d’autres cases, par exemple, dans les Calbanons de la Cafrine, on jetait du sel dans les coins pour éloigner le mauvais œil.
La superstition était légion autrefois, peut-être introduite par les Malgaches. Mais aussi plus tard par les tamouls… N’empêche qu’aujourd’hui encore bion nombre de Réunionnais croient aux sortilèges… notamment au sort malbar ! La religion catholique véhicule aussi des croyances surprenantes et n’essayez surtout pas de les convaincre qu’ils ont tort ou qu’ils sont crédules… On vous regardera de travers !