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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 08:33

Je suis retournée au lavoir de St Pierre pour remettre les photos promises  à Yolande. J’allais les déposer dans sa boîte aux lettres, comme convenu,  quand je l’ai aperçue dans la petite ruelle, devant les bacs à laver. Elle était de nouveau au lavoir pour bavarder avec une jeune dame qu’elle m’a présentée comme étant sa « commère». J’ai cru comprendre qu’il s’agissait de sa voisine.

 J’en a profité aussi pour « casser un blag' » avec Madeleine, âgée de 69 ans, qui habite aussi à deux pas d’ici. Elle vient régulièrement laver son linge dans ces bacs où coule une eau claire et "potable" précise-t-elle. Parfois même, elle s'y rend trois fois par jour.

Lavoir 2 Madeleine

lavoir Madeleine

C’était aussi l’occasion de faire vivre  à Robin, notre marmaille de 4 ans, un moment exceptionnel. Quel enfant de sa génération  aura encore une  telle occasion ?

                     Lavoir Robin

Ici, la vie se déroule au ralenti, on n’a même pas l’impression d’être dans une ville. Le quartier semble épargné. Les gens y sont souriants, heureux. Un monde attachant !

 Cette fois-ci j’ai arpenté tout le lavoir. Au bout de la rangée de bacs, quatre gramouns bavardent près d’un panneau qui prévient que l’alimentation des bassins est coupée de 18 h à 6 h  pour des raisons d’économie. 

lavoir panneau

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 07:57

Partis de la Pointe du Tremblet, cela fait deux heures que nous marchons.  

 P1120194 P1120195

Là aussi se complaisent les dieffenbachias, qui font de jolies taches vert blanc dans le décor.

                                        P1120180.jpg

Parfois ce sont des herbes hautes qui mouillent le bas de nos pantalons. Bientôt, sur les coulées de laves apparaissent des surfaces de manioc bord de mer (scaevola taccada), qui sont en fleur ou en fruits...

                           P1120199

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Le vert sombre des  feuilles de songe ( colocasia esculenta) se découpe sur l’herbe plus claire. Ces songes-là ne sont pas comestibles.

                               P1120188.jpg

 Plus rarement on aperçoit un latanier.

                         P1120191.JPG

Puis c’est le règne du filao (casuarina equisitifolia), « casuarina » parce qu’il rappelle le « casoar » oiseau australien aux plumes filiformes. Il croît dans les endroits les plus surprenants, dans les anfractuosités de basalte, et même sur mes coulées le plus récentes.

                         P1120214

La traînasse aussi fait partie de ce monde végétal. Je repère à ma droite un bouquet de plantes grasses que je photographie et Lauricourt  de m’expliquer à notre arrivée qu’il s’agit là de la saliette (psiadia retusa) de la famille des asteraceae. 

                          P1120202

A la Pointe de la Table, un  panneau indique qu’1,3 km nous sépare du Puits  Arabe. Le sentier est balisé, des panneaux explicatifs le jalonnent.

Les quarante dernières minutes, le chemin est bien plus confortable, Nous marchons sur la coulée de mars 1986 : des laves de 1000°C se sont déversées dans l’océan, la coulée est devenue une rivière de pierre, elle a agrandi l’île  de 25 ha. La Pointe de la Table s’est avancée de 200 m dans l’océan.

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On marche sur de la lave cordée, filaos et pandanus ombragent le parcours. Sur les roches noires des pêcheurs ont installé leurs cannes. Malgré la violence des vagues qui se fracassent contre la côte, on aime s’asseoir au bord de l’eau en espérant avoir une prise. Le chemin longe des orgues basaltiques  à plusieurs reprises.

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Il fait bon se promener en ce mois de juillet, le soleil est moins chaud. En été à ces heures de la journée, les rayons qui frappent la roche noire rendent la balade pénible. 

Des marches ont été taillées dans le basalte. Nous ne sommes pas loin de notre point de chute.

Les premiers arrivés attendent le reste du groupe sous un kiosque. Puis tous prennent la direction de Mare Longue pour rejoindre le restaurant où l'Association a coutume de se retrouver après les excursions dans le Grand Sud.

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 P1120236

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 14:10

Avant-hier, samedi 28 juillet, j’ai participé à la sortie botanique organisée par l’Association Palmeraie-Union. En dépit des vacances, Thierry Hubert, président, et organisateur de cette journée a réussi à rassembler une quinzaine de personnes dont deux enfants de 6 et 10 ans, tous bons marcheurs.

Récit de cette sortie

Nous nous retrouvons au Puits Arabe vers 9 heures, y laissons plusieurs voitures et nous rassemblons dans 3 véhicules pour rejoindre le Tremblet ( après la Ravine Citron).

palmiste cochon 1

Lauricourt, un des animateurs de la sortie, fait entrer le groupe dans un sous-bois près du parking, où s’élèvent, au milieu de pandanus et de sapotiers,  deux palmiers endémiques de la Réunion : des palmistes –cochons. Deux stipes (troncs) grêles  de couleur grise s’élancent vers la lumière, ils doivent être âgés d’une cinquantaine d’années.  Chaque année, ces palmiers gagnent 50 cm.

                 palmistes cochons

Pourquoi « palmiste-cochon » ? Souvent, à la Réunion, on donne cet attribut aux plantes que l’homme ne pouvait consommer et qui n’était bonne qu’à nourrir les cochons. Qui n’a jamais entendu parler de patate-cochon (cette liane qui pousse sur les plages comme la patate à Durant) ? on a aussi des goyaviers-cochons …Le choix de ce nom vernaculaire selon Karl Telegone aurait une autre origine liée à la forme de sa graine qui présente une petite queue évoquant l’appendice caudal du porc, la pulpe du fruit aurait été consommée autrefois par les enfants. Le palmiste-cochon est aussi appelé « palmiste poison », en rapport avec les vertus vomitives  du chou de palmiste. Son nom latin est « hyophorbe indica ».

Il serait assez commun dans la nature. Si on plante les graines du palmiste-cochon, on peut obtenir des graines de couleurs différentes  (rouges, blanches…) et des fruits de différentes grosseurs. Certains peuvent avoir la taille de combavas.

Nous partons ensuite  sur le sentier du littoral en direction de St Philippe, et une pluie torrentielle s’abat sur le groupe. Malgré la boue, les passages glissants et les petits dénivelés, la joyeuse troupe ne se décourage pas, récompensée par la beauté de la végétation et les vues sur la côte sauvage.

          paysages

On marche au milieu des fougères dont la fameuse « patte de lézard »  dont le nom latin est phymatosorus scolopendria.

On peut aussi observer le « gâte ménage » plus discret   et la ctenitis cirrhosa dont la fronde peut dépasser 1m de long dont le limbe peut posséder jusqu’à 25 paires de pennes.

fougère phymatosorus scolopendria

 Le tabac-bœuf (clidemia hirta)  est omniprésent. Cette mélastomatacée, dont les feuilles luisantes aux nervures bien marquées sont très jolies, aurait été introduite en 1994, une peste végétale !

 Nous progressons  sur des rochers moussus, sur les tapis mous de feuilles humides des vacoas. Vingt minutes après notre départ nous entrons dans une zone colonisée par la nephrolepis abrupta, cette fougère à courtes et larges pennes, qu’on trouve dans les anfractuosités des coulées, même les plus récentes.

fougère nephrolepsis abrupta 1 fougère nephrolepsis abrupta 2

                                nephrolepis abrupta

 Parfois on escalade de gros galets moussus, certains d’entre nous ramassent des goyaviers très mûrs tombés à terre, d’autres hésitent craignant la leptospirose.

                          sentier

goyaviers à terre goyaviers fruitsLes Les troncs rouges tachetés des pieds de goyaviers (psidium cattléianum) jalonnent une grande partie du parcours.

pieds de goyaviers

Les vacoas (pandanus) aux racines aériennes ont des allures parfois insolites.

pandanus

                  sous les vacoas 1 sous les vacoas 2

De temps à autre, on rencontre un bois de natte. A plusieurs reprises, il faut traverser de petites ravines bien alimentées par les pluies récentes.

                   petite ravine 

(à suivre)

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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 19:46

Dans cet article, je vais dire tout haut ce que des milliers de personnes disent tout bas. On dirait que la Réunion ignore ce qui se passe sur le continent. Les décideurs ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.

De plus en plus, on regrette dans les grandes villes l’absence de places de parkings, - à Palerme, à Paris, à Rome…- Pour pouvoir stationner, il faut dépenser des sommes folles.

Saint Pierre manque cruellement de places de stationnement ; on préfère voir s ‘élever des maisons à ces emplacements, c’est plus rémunérateur pour la commune.

Et  voilà que de surcroît, on compte autoriser la construction de salles de cinéma à un emplacement qui permet depuis fort longtemps à tous les baigneurs de se rapprocher de l’océan. Même si la place appartient à un dénommé Harold Cazal, la municipalité a le pouvoir d'accorder ou non un certificat de conformité pour une construction...

Edifier un « multiplex » à cet endroit est à mon avis une « absurdité » : les cinéphiles venus de St Pierre et environs convergeront vers ce lieu et la circulation deviendra carrément impossible. Dans les grandes villes en métropole, on a le recul et on aménage désormais des zones de loisirs à la périphérie, avec des accès fluides.

Les magnifiques bâtiments de l’Ancienne Sucrerie (classés Monuments Historiques) à Pierrefonds, actuellement laissés à  l’abandon, auraient été un endroit idéal : de la quatre voie, qu’on vienne de St Louis, de St Leu, de St Pierre ou du Tampon, il est très facile de rejoindre ce pôle. 

Si le projet du Grand Cinéma sur le parking Albany aboutit, la ville sera définitivement asphyxiée.

 Saint Pierre se transforme. Détruire les petites cases créoles pour édifier à leur place des immeubles à étages n’est pas synonyme de progrès. J’aimais St Pierre pour son front de mer et sa simplicité, son authenticité et son pittoresque, je vais la détester pour les airs de grandeur qu’elle prend progressivement au détriment de  cette authenticité. Que font les élus ?

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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 18:56

Situé 60, rue Victor le Vigoureux à Saint Pierre, l ‘ancien tribunal est classé « Monument Historique » depuis six ans (12 janvier 2006)

Construit de 1858  à 1862, il est désaffecté depuis 1980. A peine un siècle d’existence, et quelle existence. Les murs ont dû en entendre, surtout lors du procès de Sitarane en 1910.

Jusqu’en 1973 on y plaidait.  Dans la salle d’audience, il paraîtrait que les magistrats, les accusés et même les pigeons (les oiseaux évidemment !) se côtoyaient.

ancien tribunal

 

 Depuis le transfert du tribunal rue Archambaud, ce bâtiment rectangulaire à deux niveaux, couvert d’une toiture à deux pans,  attend qu’on lui trouve une destination, mais ce n’est pas pour demain. Pour l’instant ce sont les amateurs de graffitis qui s’en donnent à cœur joie. Des fenêtres semi-circulaires éclairent la salle. Dans la façade se découpent trois portes en plein cintre. Des bureaux et des annexes forment des appentis autour de ce bâtiment de facture néo-classique.

 Bien situé, au centre ville, il aurait peut-être pu  devenir un centre culturel, une salle de théâtre… Pourquoi n’envisage-t-on jamais ces solutions ? Que décidera le Conseil Général, son propriétaire depuis 1946 ?

 Jace ancien tribunal

Dessin de Jace : allusion à la fragilité de l'édifice

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 09:26

A quelques pas de la maison Adam de Villiers , en face, au N°28,rue Marius-Ary Leblond, j’ai découvert ce qui restait d’une maison de style néo-classique. Si Furcy Choppy, son premier propriétaire revenait sur terre, il ne la reconnaîtrait plus. Et pour cause : le bâtiment est en piteux état !

La maison, ses façades, son portail et son jardin ont été classés « Monuments Historiques » en décembre 1984( bientôt 30 ans !)

Si les piliers encadrant le beau portail de fer forgé ont su passer les siècles sans trop de dommage, il n’en est pas de même pour la bâtisse.

 ecole-st-charles-portail.JPG

On ne reconnaît rien de ce que décrit l’ouvrage* réalisé par les Portes du Sud « une façade principale aux proportions élancées, des galeries superposées intégrées au corps de logis, supportées par des colonnes de bois légèrement renflées, son entablement à denticule à la base de la toiture et ses modénatures antiquisantes… » Ce retour à l’antique cher aux architectes à la fin du 18e siècle n’est plus du tout visible, occulté par des planches, des panneaux et des arbres.

ecole-st-Charles-en-peril.JPG 

Cette maison, occupée par Blainville Choppy puis par son fils Charles, était un pied à terre pour ces grands propriétaires de la sucrerie de Grands Bois. Comme Charles Choppy vit en métropole, il permet en 1895 aux frères des Ecoles Chrétiennes chassés de l’ancien gouvernement – actuelle médiathèque- d’installer là leur école. Les Frères pour le remercier donnent le nom de Saint Charles à leur établissement. La papauté pour la même raison confère à Charles Choppy le titre de comte. Cette maison, très dégradée actuellement appartenait depuis 1924 à L’Ordre des Frères Chrétiens  avant de devenir la propriété d’un groupe immobilier-SCI de l’Océan Indien- en 1957 nécessiterait une restauration rapide.ecole-St-Charles-en-peril-2.JPG

 

*Sources :

Monuments Historiques – saint louis/saint-pierre – Patrimoines, préfacé par Anne Marie Papy

NB. J'ignore si cette maison a changé de propriétaire depuis 1957, vu que les Portes du SUD, partenaires de cet ouvrage n'existent plus et s'appellent actuellement "Pôle Valorisation du Patrimoine"

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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 12:32

Ce matin, j’avais l’intention de visiter le Domaine Darchambeaud : le GCEIP du Tampon m’a prévenu que si le portail était ouvert, je pourrais demander au chef d’équipe qui y travaille avec ses agents l’autorisation de m’y promener.

 Me voilà donc partie sur la route de St  Benoît, ravie de revoir les bordures de lanternes chinoises. Mais la plupart de ces épis sont en train de faner et c’est la floraison des poinsettias qui a pris le relais. Vrai que nous sommes en hiver et que c’est à cette époque qu’on vend les Roses de Noël… Mais ici le poinsettias sont des arbres géants, superbes, aux bractées d’un beau rouge vermillon.

poinsettias RN2 poinsettias RN

J’ai suivi le panneau « Domaine Darchambeaud » à main gauche, et bientôt dans une descente à droite, j’ai repéré l’endroit et la grille. Mais tout était désespérément fermé. A travers le grillage, j’ai pris quelques photos, frustrée de n’avoir pu entrer dans ce jardin bien entretenu dominé par une jolie villa, non restaurée.

Domaine Darchambeaud 1 Domaine Darchambeaud 2 

J’ai poursuivi ma route et suis revenue sur la nationale. Et là, je voulais satisfaire une deuxième curiosité : voir où les Pat Jaunes avaient établi leur nouveau quartier. La voiture avale quelques kilomètres en montée et à la sortie du village à main droite j’ai suivi les panneaux signalant le cabaret et un camion chargé de bouteilles de gaz. Ce dernier avait choisi la même destination que moi et il s’arrête devant le cabaret, idéalement situé. De là on a une vue dégagée sur tout le littoral et même sur le Piton des Neiges.

P1120124

Et là, qui vois-je ? Claudine Tarby en personne, la percussionniste et chanteuse du groupe. Je lui demande quelques précisions sur le spectacle « Ticoulitintin et le martin malin » qui aura lieu au théâtre Luc Donat  à partir du 7 août, elle me confirme que les instruments seront sur scène, puis je me renseigne sur les dates du cabaret. Elle m’explique que samedi aura lieu ici à 19h30 un spectacle, et qu’il ne reprendra pas avant le 19 août.

P1120125 P1120127 

Après avoir photographié les vues extraordinaires qu’on a depuis cet endroit (par temps ensoleillé), je redescends vers La Plaine des Cafres et m’arrête sur une petite place (aménagée, kiosque et toilettes publiques) en face de l’église. De là, je photographie l’édifice. On a rarement le temps de la contempler, pris dans le flot des véhicules qui se croisent là.

Kiosque plaine des Cafres Eglise Plaine des Cafres 2 

Enfin, je reprends la route du Tampon, et là aussi je me dis que je vais enfin découvrir la fromagerie annoncée par deux panneaux aguicheurs où figure un joli cabri.J’emprunte à main gauche sur une centaine de mètres la petite route étroite en descente qui débouche sur une grande case. Hélas, les horaires ne correspondent pas, mais aucun client à cette heure. Etrange, la vente a-t-elle lieu à d’autres moments ou la maison a –t-elle déposé le bilan ?

P1120138 2P1120138 

P1120139

Et là, je remarque que depuis la RN on aperçoit bien le Domaine dans lequel je n’ai pas pu entrer.  Je gare la voiture, traverse la route, une dernière photo

Domaine Darchambeaud 5 

et je reprends le chemin de la maison en faisant un détour par le Bras de Pontho : que de virages, ça n’en finit pas. Pourquoi le Bras de Pontho ? parce qu’à la radio quelqu’un a parlé d’une horloge remarquable qui s’y trouverait. Mais, j’ai fait chou blanc, pas d’horloge remarquable.

Malgré toutes les portes qui sont restées fermées, c’était une belle petite expédition sous le ciel bleu de la Réunion…

 

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 15:24

En juillet, l’île est agréable à vivre car on souffre moins des bouchons : quand des centaines de milliers d’élèves sont en congé, le trafic est considérablement réduit. Pas de bus scolaires, pas de parents, pas de profs… qui piaffent d’impatience pour être à l’heure. A Trois Mares, on souffle : les écoles maternelles, primaires, le collège Trois Mares et le lycée Lagourgue drainent une population incroyable en période scolaire. La rue Baudelaire est un long fleuve vers lequel convergent tous les ruisseaux latéraux. Un flot inimaginable de voitures...

 Ces trois premières semaines de juillet, ce n’est pas encore le temps des tracteurs et cachalots qui font des va-et-vient continuels.

 Dès la fin juillet, la circulation reprend progressivement. Aujourd’hui, j’ai croisé quatre tracteurs chargés de canne  et quatre énormes cachalots. Signe que la rentrée des classes est proche et que le retour des embouteillages est imminent.

 Si dans le Nord de l'île on coupe déjà la canne depuis quelques jours, dans le Sud on vient à peine de commencer : les premières cargaisons attendaient ce matin devant la pesée à la balance des Casernes et à celle de Grands Bois. Autre signe que le temps de la coupe est revenu : sur la chaussée, on roule sur des cannes tombées de véhicules. 

 les premiers tracteurs de cannes

Tracteur se dirigeant vers la balance de Grands Bois.

 secteur névralgique

         Google Earth : quartier Trois Mares 

Dans deux semaines, voilà ce qui rythmera Trois Mares : du Chemin Mondon au Rond-Point Charrières, tous les jours 15 à 20 minutes pour couvrir 900 m lors de sorties de classe… Véridique ! Comme le soulignait à juste titre Jolaine, « Pire que la route de St Tropez ! »

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 21:02

Flâner un dimanche matin dans les rues de St Pierre est un pur moment de bonheur.  La ville est déserte, de rares voitures circulent dans des rues où peu de monde stationne. On a l’impression d’être projeté des décennies en arrière, à une époque où la chaussée semblait large et où on entendait chanter les oiseaux des vergers créoles. On imagine là une vie au ralenti dans un quartier agréable.

J’ai donc laissé la voiture dans la rue Barquisseau et suis partie, armée de mon appareil numérique,  à la recherche de cases anciennes classées « monuments historiques ».

Maison Adam de Villiers 5

 A l’angle de la Rue Ary Leblond et de la rue Barquisseau, je me suis attardée devant la  Maison Adam de Villiers, une superbe bâtisse blanche, massive,  en pierres, qui en semaine a l’air assaillie de tous côtés par un flot continuel de véhicules.

Mais aujourd’hui, elle est majestueuse au carrefour de chaussées silencieuses. Elle a même l’air de respirer : la porte d’entrée est ouverte et le vestibule est aéré. Et le jardinet fleuri situé en façade semble désormais entretenu.

Mason A. De Villiers 6

Maison A de Villiers 4

Cette maison construite entre 1770 et 1780  par  H.A Nairac, garde-magasin du roi appartient à la famille De Villiers depuis 1938. Elle a un corps de logis sur deux niveaux : il paraîtrait que les pièces du rez-de-chaussée soient des salles de réceptions et que les chambres mansardées à l’étage soit occupées par des chambres. Des appentis en bois ajoutés à l’arrière et sur le côté Est abritent une varangue fermée.

Maison A de Villiers 2

Le portail et la grille datent des années 1960, la toiture a été restaurée en 1985. C’est le 6 juin 1988 que cette maison est classée « monument Historique »

Cette maison, encore appelée Maison Sanglier,  a été habitée par une douzaine de propriétaires répondant aux noms de Nairac, Lebidan, Olivier, Eudel, Hoareau-Desruisseaux, Caillot, Sanglier et enfin Adam de Villiers. J’aurais bien aimé y vivre dans les années 1800…

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 11:51

Des milliers de voitures passent chaque jour dans la rue Luc Lorion qui descend vers l’océan. Chacun repère la Gare Routière et arrêté devant les feux de signalisation peut regarder à loisir le dessin de Jace à main gauche : un gouzou électrocuté dans un nuage ( de mousse ? ) … dessin non fortuit car derrière ce mur, à l’abri des regards, il est un monument historique incontournable. Pas un vestige du passé, mais un vestige qui continue à vivre ! 

 lavoir casabona 1

125 bacs s’alignent là et l’eau coule toujours. En 1932, ce lavoir de 250 m  de long avait été construit sous le mandat d’Augustin Archambaud,  dans un champ de cannes sur une parcelle très étroite et l’eau était acheminée depuis le canal St Etienne.  

Avant 1945,  le lavoir était à ciel ouvert et les lavandières mettaient leur capeline pour se protéger du soleil.

lavoir casabona

C’est encore aujourd’hui un endroit convivial  abrité par une charpente métallique où se retrouvent les dames de ce quartier : elles y apportent leur linge et le frottent sur la pierre de basalte avec une brosse et le savonnent au savon de Marseille) avant de le tremper dans le grand bac, et de le rincer dans le petit bac d’eau claire attenant. Yolande a connu l’époque où on utilisait encore le coton-maïs pour brosser les vêtements et où on prenait la boule de bleu pour blanchir l’étoffe, époque où on étalait le linge sur l’herbe.  La dame apporte toujours le gros morceau de savon mais la boule de bleu, elle l’a remplacée par l’eau de Javel.

lavoir casabona 2

Désormais des fils ont été tendus sur des supports métalliques. Tout en continuant de frotter son linge, cette St Pierroise, qui habite à deux pas d’ici me raconte qu’elle y vient régulièrement, que beaucoup de gens s’arrêtent pour photographier les lieux et l’activité qui y règne. Les gramounes de 90 ans n’y viennent plus avec leur ballot de linge, parce qu’elles «  i gagnent plus faire », seules quelques jeunes filles, essentiellement des Mahoraises, rejoignent les anciennes du quartier.

P1110963

A ma question concernant le destin de l’eau savonneuse, Yolande m’explique que dans chaque bac, il y a une bonde qui permet de la faire couler.

En me déplaçant le long de ces bassins, je remarque aussi la présence de robinets, une bonne idée pour économiser l’eau.

Quand le prix de l’électricité se sera envolé,  peut-être que ces bacs seront providentiels, surtout pour les retraités (qui ont davantage de temps et moins de lessive)

L’endroit est toujours animé. La preuve : même le dimanche, j’ai pu y rencontrer une lavandière.

Située Ruelle du Lavoir, plus précisément à l’angle de la Rue Lorion et de la rue du Presbytère, cette structure est classée « Monument Historique » depuis le 12 janvier 2006.  

 

 

 

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