Dans le petit musée lontan de Grand Bois, un espace particulier a été réservé à une personnalité importante qui a œuvré dans la localité
Les descendants de Mme Martin, née Pothin (1892-1977) ont offert récemment au petit musée les objets que l’infirmière utilisait lors de ses tournées.
Le 5 janvier 1972, elle obtient « la médaille d’honneur du travail » , décernée par le Ministère du travail de l’emploi et de la population. Elle décède sept ans plus tard.
Dans le musée une étagère est réservée au matériel médical collecté…
Descendre à Grand Bassin depuis le belvédère de Bois-Court est une belle aventure, plutôt sportive : le dénivelé est important et la quiétude méritée en arrivant dans le hameau se mérite. Le plaisir serait moindre si on pouvait y descendre en télécabine. Et le charme serait rompu.
Par conséquent seuls les visiteurs sportifs et amateurs de nature peuvent s’y rendre, ce qui réduit l’afflux de touristes… et à mon humble avis, c’est tant mieux !
Passer une nuit dans un gîte, profiter du bassin de la cascade, un beau programme ! Mais on peut prolonger la marche pour descendre par la rivière et découvrir d’autres lieux insoupçonnés.
Dans l’article précédent étaient décrits tous les métiers exercés par Ti Jilien, un ancien de Grand Bois, lequel possédait une faculté d’adaptation phénoménale et ne rechignait pas devant la multiplicité des tâches qui lui étaient proposées.
Dans le musée de Grand Bois, un texte explique en quoi consistait le travail de « gardien canal » de Julien Abriel (1911-1981) Je vous livre tel quel ce texte visible au musée de Grand Bois :
« À cette époque il n’y avait pas encore d’eau courante dans la plupart des maisons, la population s’en approvisionnait aux fontaines publiques. Quelques foyers, les plus aisés étaient connectés au réseau d’eau courante mais n’en disposaient que par séquences.
La mission du Gardien Canal consistait alors à faire deux tournées quotidiennes où à l’aller il ouvrait alors les vannes des foyers reliés à l’eau courante pendant deux à trois heures puis les refermait en faisant le parcours en sens inverse. Il devait parallèlement s’assurer que l’eau arrivait bien dans les canalisations. Si celle-ci n’arrivait pas il devait alors aller nettoyer le filtre de la crépine. Cette épreuve s’appelait « débouche tamis ». (Voir l’histoire du Canal Saint Etienne) »
Plan réalisé par Baïry - Jeannick et Abriel Jean Paul
Dans le petit musée de Grand Bois, on trouve des portraits d’anciens ayant marqué le "quartier Grand Bois", mais aussi parfois des biographies qui les présentent.
Ainsi Julien ABRIEL, dit GROS Jilien (1911-1981) a droit à un hommage particulier. C’est d’ailleurs le père de Jean Paul ABRIEL, lequel a initié la création de ce lieu de mémoire situé près de la cheminée restaurée de l’usine. Tous les objets collectés par le fils Abriel et son épouse Nicole sont désormais exposés ici !
Voilà le portrait de Jilien présenté par son fils, d’où la présence d’expressions réunionnaises visant à donner davantage d’authenticité au personnage.
« Plus connu sous le sobriquet de Gros Jilien, ou Jilien MIETTE, il fut tour à tou journalier agricole ( travailleur « Bitasyon »*) puis travailleur à l’usine (travailleur « Tabisman »* d’où il fut licencié suite à un mouvement de grève.) Il devient alors « becqueur d’clés » et fera plein d’autres petits boulots pour des particuliers, casseur de macadam…
Il fut entre autres « piqueur marron* » A cette époque il n’y avait pas encore d’infirmier dans le village. La récompense était alors un « ti monnaie » ou plus souvent un « ponylé brèdes ou bien iin ti volaille pour faire cari ».
On le sollicitait aussi pour « arrache un dent », « perce un clou, tire l’ail dann z’aux. Il était « grand plucheur dans les services malbars, « séneur de chiens, chats, cochons, enfin tout animal domestique mâle qui avait le malheur de porter ses attributs en dehors de son ventre. Il était en sorte le « rebouteux » du quartier.
Plus tard il fut embauché à la commune de Saint Pierre, sous la mandature de M. Raymond HOAREAU. Il devient « Gros jilien, gardien canal », ce qui l’amène à sillonner tous les jours au moins quatre fois le village, le mettant ainsi en contact permanent avec la population. Vu aussi son aptitude à rendre de multiples services il devint rapidement une figure incontournable et fut l’avant dernier « gardien – canal » avant Mamy BESSON. »
(à suivre)
*Bitatyon (habitation) zone cultivée
*Tabisman (établissement) ou usine
*Piqueur marron : infirmier (qui pique avec des seringues) non déclaré
Les lieux ont été profondément modifiés depuis 2025.
Dans la salle d’embarquement, en attendant son vol, on peut se restaurer, s’allonger, accéder à des boutiques, faire des achats de fruits ou de souvenirs avant le décollage. On peut y commander les derniers samoussas de l’île et de la bière locale par exemple !
Le trafic progresse et l’an passé (2025) 2,7 millions de passagers ont été accueillis à l’aéroport Roland Garros.
De nombreux vols au départ de la métropole atterrissent sur le tarmac qui lui aussi s’est agrandi. On passe par Saint Denis pour se rendre à Mayotte, à Maurice et Madagascar… La Thaïlande et l’Afrique du Sud sont aussi des destinations prisées par les Réunionnais…
Roland Garros, que beaucoup de locaux appellent toujours « Gillot » se devait de se moderniser. Le seul bémol est le manque de personnel…
Après la floraison, des gousses énormes pendent aux branches de cet arbre. Vertes puis brunes, elles peuvent mesurer 50 cm…
Séchées, parfois on les utilise comme instruments de percussion ! On frotte les gousses sèches l’une contre l’autre… Ce sont des hochets à percuteur interne dont la sonorité est très intéressante.
Dans les créations, ces gousses sont aussi très appréciées : confection de bijoux, décorations murales, arrangements floraux…
On peut aussi les poser dans un aquarium pour le décorer ou pour offrir une cachette aux crevettes et poissons.
Floraison du Flamboyant devant le CHU en mars 2026
Le chef - lieu de la Réunion perd progressivement toutes ses vieilles cases créoles. Les seules qui ont eu droit à une rénovation sont celles qu’ont achetées des personnes fortunées ou des institutions capables d’injecter beaucoup d’argent dans ces bâtiments.
Les belles cases de la Rue de Paris ou d'autres rues du Centre en sont témoin. On peut les admirer même si parfois elles sont cachées par des murs et des portails.
Aucun projet de conservation des petites cases n’a été mis à l’ordre du jour, et il n’existe pas d’association dans l’île qui recenserait les cases à préserver absolument !
Il existe bien l’APPER « Association pour la Protection du Patrimoine et de l’Ecologie à la Réunion » qui accorderait beaucoup de valeur à la notion de « patrimoine ». On lit sur le site de l’APPER que le patrimoine « se décline sous une pluralité de formes. Il est aussi bien culturel, historique, naturel, artisanal, qu’architectural. Une grande partie de nos activités porte sur l’environnement (la nature, l’élevage, l’agriculture biologique).
Ce qu’il conviendrait de faire, c’est de donner à chaque conseil municipal le pouvoir de recenser ces cases témoins du passé et de créer des partenariats avec des promoteurs ou architectes soucieux de redonner vie à ces cases, et éventuellement de mettre un véto à leur destruction…
Saint Denis se métamorphose : certains quartiers en profitent comme celui du BUTOR. Sa piscine va être réhabilitée, une bonne nouvelle pour les Dionysiens.
Il faut savoir que dans le chef-lieu, il n’existe aucun port, aucune plage, et la barrière de corail est absente, donc la baignade n’est pas possible.
Les habitants du Nord et de l’Est prennent le chemin des plages de l’Ouest le week-end. Parfois ils vont patauger dans les bassins de l’Est, (bassin bleu ou bassin mangue de St Benoît, Bassin la Mer et Bassin la Paix à Bras Panon…mais ces baignades ne sont pas sans danger en raison des chutes de pierres après les pluies …
La preuve qu’on peut construire des piscines sans toucher à la biodiversité.
A Petite Ile, dans le Sud de l''île, on aurait aussi pu trouver une solution pour construire une piscine dans la localité, au lieu de détruire la biodiversité du lagon à Grand Anse. Les décideurs n’ont pas toujours raison. La preuve, les Réunionnais attachés au patrimoine et à la biodiversité, même soutenus par les associations de défense de l’environnement n’ont pas eu de poids face aux élus dont le seul but est de rentabiliser…
Entre Etang Salé et Saint Leu, il est une ravine qui se déverse vers l’océan sur le sable noir ! C’est la Ravine Ruisseau. Un petit parking a été aménagé, c’est là que des pêcheurs à la gaulette ou des promeneurs garent leur voiture.
Derrière nous, dans l’arrière-pays, Etang-Salé-les-Hauts avant l’orage !
On traverse une zone végétalisée, arborée, et on débouche sur une vaste plage de sable noir (issue de roches volcaniques), où il vaut mieux ne pas s’aventurer pieds nus avec des semelles fines quand il fait chaud : le sable est brûlant.
D’ici on a une vue sur la baie de l’Etang Salé. Non loin de là, il y aurait des bassins pour patauger : des amis avaient coutume d’y aller avec leurs enfants autrefois, ou de s’y promener avec leur chien. Comme la barrière de corail est absente, il est vivement déconseillé de s'y baigner... Courants et risque requin non négligeables...
La Réunion aime les couleurs vives ! Et les murs laids en crépi gris se métamorphosent heureusement en tableaux pittoresques grâce à des graphistes de talent. Si la Nature est mise à mal pour les constructions envahissantes, dans de nombreux endroits de l’île, on s'emploie à l’honorer et à la reproduire sur les façades ou murets.
Cela rappelle le mouvement Art Nouveau qui a pris naissance au début du XXe pour recréer la Nature pendant la Révolution Industrielle en Europe. Les sujets minéraux et végétaux apparaissaient alors en architecture mais aussi dans le mobilier … pour effacer la grisaille liée au développement de l’industrie. Les taggeurs réunionnais n’ont pas la prétention d’artistes comme Daum, Gruber… mais ils contribuent à leur façon à embellir leurs villes…