Après la floraison, des gousses énormes pendent aux branches de cet arbre. Vertes puis brunes, elles peuvent mesurer 50 cm…
Séchées, parfois on les utilise comme instruments de percussion ! On frotte les gousses sèches l’une contre l’autre… Ce sont des hochets à percuteur interne dont la sonorité est très intéressante.
Dans les créations, ces gousses sont aussi très appréciées : confection de bijoux, décorations murales, arrangements floraux…
On peut aussi les poser dans un aquarium pour le décorer ou pour offrir une cachette aux crevettes et poissons.
Floraison du Flamboyant devant le CHU en mars 2026
Avant qu’elle ne démonte sa crèche qu’elle aurait déjà aimé démonter plus tôt, j’ai fait le déplacement à Montvert.
Depuis des années Nathalie agrandit sa crèche qui occupe bien 6 mètres carrés de son salon ! Elle y a construit des routes, des ponts, des cascades, des étables, un lavoir, une cabane, un poulailler…
L’eau circule dans deux bassins. Même un circuit électrique a été pensé pour éclairer cet espace fabuleux. Et sur le mur, un décor réaliste a été peint.
Chaque année de nouveaux santons achetés en Provence, viennent s’ajouter aux existants !
Ce sont des tas cartons qu’il faudra ranger très bientôt après le passage des visiteurs…
On m’avait vivement conseillé d’aller voir cette exposition fabuleuse qui se tient au MADOI, à Saint Louis du 16 novembre 2024 au 28 février 2026. Aucun regret ! C’était une belle aventure !
J’ai bien fait de demander une visite guidée, parce que j’ai eu droit à une foule d’explications géographiques, historiques, techniques sur le sujet !
Ma guide a commencé par commenter les panneaux illustrés entourant la cour du musée : la fabrication de la porcelaine à partir de « petuntse » (feldspath) et de kaolin : l’extraction, l’écrasement, le trempage, le mélange, le séchage, le moulage…
Puis dans le musée une partie était consacrée aux navigateurs, à leur port de départ notamment Lorient (qui doit son nom à L’Orient en rapport avec le commerce avec les contrées orientales). Des vidéos et schémas racontent les chemins de la Soie empruntés par les bateaux.
On y parle des points de chute des différentes compagnies de Indes, la compagnie Française, la Hollandaise … la procédure de débarquement des compagnies à Canton en Chine a été largement expliquée : il arrivait parfois que les négociants attendent six mois dans des bâtiments avant de pouvoir repartir. D’où l’expression « être cantonné ». (rester à Canton)
Sur certaines assiettes sont représentées les navires qui mettaient parfois deux ans à atteindre leur destination.
Tous n’arrivaient pas à bon port en raison de naufrages, maladies, attaques de pirates… Parfois leur cargaison se retrouvait au fond de l’océan. Des plongeurs font encore des découvertes intéressantes…
Une bouteille porte la marque de la Compagnie des Indes Hollandaise « VOC »
Une salle est consacrée aux services à thé et à café….
La porcelaine évolue. Sa coloration ne se limite plus au bleu et blanc mais se teinte de rouge, et d'autres coloris, technique inspirée de la technique dite "imari", procédé japonais.
Un autre espace est dédié au mobilier et à la vaisselle des maisons bourgeoises de la Réunion.
Une collection inédite ! Le Madoi dispose d’un fonds propre très riche mais les collectionneurs participent souvent à ces expositions en prêtant leurs objets, tels que cette bassine pesant 17kg, ce bidet et l’assiette du barbier avec sa découpe pour le menton du client.
N’hésitez pas à y aller ! C’est le dépaysement complet et une découverte mémorable !
Comme on fête la Saint Guillaume aujourd’hui le 10 janvier, on peut consacrer un article à ce nom propre qui est aussi un nom commun !
A la Réunion quand on parle du Guillaume, avec un G majuscule, c’est pour désigner un lieu situé au-dessus de Saint Paul. Près de 19000 habitants y vivraient.
Dans les petits musées de la Réunion, on peut encore trouver des « guillaumes », commençant par un m minuscule : il s’agit de ces outils à main très utilisés qui servant à raboter le bois.
photo archives Pêcheurs Golet (calbanons de la Cafrine)
La feuille du vacoa (ou pandanus) a la particularité de posséder des épines à la nervure centrale et sur les deux côtés.
Les tresseuses qui travaillent cette feuille ont toujours au préalable le devoir d’enlever avec un couteau ou des ciseaux ces épines coupantes pour pouvoir tresser en toute sérénité.
Signification de l'expression "vacoa coupe trois côtés » : on désigne ainsi celui qui mange à plusieurs râteliers.
Un savoir-faire enseigné aux Calbanons par les gramounes de Grand Bois : Marie Rose, Renée, Marie Rose...
Souvent le sol est jonché de graines de filaos au pied de ces arbres qui grandissent sur les plages ou le long des sentiers de rando. Ça fait de jolis parterres. Et la collecte de ces graines est aisée. Et gratuite !
Et ces graines sèches sont du plus bel effet sur une table de fête ! Il suffit de les bomber avec de la peinture dorée ou argentée et de les éparpiller sur les nappes de Noël pour donner une note festive à la table !
On peut aussi les utiliser dans des compositions florales, ou en faire des boucles d’oreilles, des pendentifs... La Nature est un réservoir inépuisable d’idées pour la créativité …
Le travail du bambou est fastidieux. Les tresseuses de vacoa ou de vétiver ont l’habitude de travailler des brins souples et passer au bambou est un défi : le bambou est un végétal dont le brin est très dur.
Après la récolte, les lanières de bambous sont râpées avec un couteau. Une fois que le nombre de lanières émincées est atteint, on commence le tressage. (cf blog article du 7 mars 2024)
Les tresseuses de Manapany les Hauts , familiarisées à cet artisanat, forment des particuliers, des associations et exposent leur savoir-faire dans diverses manifestations, comme ici à la Fête des Lanternes de Saint Pierre au front de mer en mars 2024.
J’ai été accueillie ce mardi pendant une petite heure dans l’atelier de tressage. La responsable était absente : elle coupait des bambous au Relais avec des stagiaires.
Malgré tout, Sylvie, Gillette, Selène et Jean Pierre, des bénévoles, m’ont proposé une chaise et ont bavardé un brin avec moi pendant qu’ils râpaient des lanières de bambou avec de grands couteaux.
La dureté de ces brins est ce qui m’a le plus impressionné : rien à voir avec la souplesse du vacoa, du vétiver, de la tige d’agapanthe, du jonc et même de l’osier (lequel est humidifié). Pendant tout le temps que nous avons causé, tous les quatre amincissaient des lanières de même dimension avec un énorme couteau de cuisine. Près de 8 minutes pour une seule tige… « Il faut 17 de ces brins pour fabriquer un petit panier à fruits », précise Gillette à Selène. Ces bénévoles les mettent en commun et l’une d’entre elle ensuite s’attelle au tressage.
Une autre découverte : leurs genoux étaient protégés par des linges : on se salit facilement, les échardes peuvent entrer dans le vêtement ou le couteau peut déraper ! Jean Pierre a d’ailleurs failli se faire mal et a bien enveloppé sa cuisse d’une serviette doublée…
J’ai eu des informations sur les finitions : les tiges sont repliées et si elles sont trop dures on peut les amincir, me raconte Sylvie en alliant le geste à la parole. Parfois on termine par un ourlet de vacoa…
Gillette m’explique aussi qu’on peut prendre le brin entier avec le nœud mais il faut bien râper dans le sens qui convient. Ce genre de brin sert à faire de plus grands contenants.
Leur atelier a pu partir en métropole et découvrir le tressage de l’osier dans le Sud de la France. Elles ont aimé le contact avec cette matière.
Quand la cheffe est revenue, on m’a gentiment demandé de laisser la place aux stagiaires, et je n’ai pas osé insister alors que je pensais payer mon adhésion et pouvoir participer à un atelier. Dommage ! Mais je n’étais pas là au bon moment. Je peux comprendre la responsable, un ti guiguine surprise de me voir là !
Retour des stagiaires : leurs tiges coupées à la machette seront divisées en deux puis en quatre avant d’être redécoupées en fine lanières… Au boulot ! ou plutôt « au bambou !
Un grand merci à Gillette, Sylvie et Sélène pour leur accueil et ce bon moment de partage !
Cette biographie encore incomplète est née d’un assemblage de toutes les informations glanées sur internet ! (cf sources à la fin de l’article)
Son enfance
Sully fête ses 102 ans. Fils d’une couturière et d’un charpentier, il voit le jour le 7 février 1922 à Saint-André.
Il perd son père à l’âge de 6 ans, et la jeune veuve retourne vivre chez sa propre mère. Il apprend les rudiments de l’écriture et de la lecture dans une petite école non officielle tenue par sa marraine, Blanche Robert, à la Rivière-des-Roches (Bras-Panon). Petit, il aime déjà les livres. "Un livre représente les connaissances. C’est un bel objet, mais aussi un objet qui nous permet d’apprendre. J’aime lire depuis que je suis enfant. Ma marraine m’a appris à lire dans « son école marron » quand j’avais 5 ans." En 1936, il obtient son certificat d’études primaires.
Années d’apprentissage
À 14 ans, il devient apprenti artisan relieur. En 1936, le « Certificat » passé, il faut travailler. Sa mère le confie à M. Vénérosy, un artisan-relieur de Saint-Denis. Le gamin de 14 ans se passionne toujours pour le livre !
Après quatre années d’apprentissage, il se met à son compte. Grâce à la générosité du boulanger Jean Gautier, parrain de sa sœur, il ouvre son atelier de reliure le 4 juin 1940, à la rue du Four-à-Chaux à Saint-Denis.
La guerre
Le monde est en pleine Seconde guerre mondiale, et les Réunionnais ont d’autres préoccupations et d’autres priorités que la reliure. Faute de clients, il met la clef sous la porte et cherche éperdument du travail pour survivre.Il manque de matériel pour travailler. Alors, pour s’en sortir il a dû travailler comme maçon, sur les rails, mais également pour des ouvrages du célèbre Hippolyte Foucque.
Retour à la vie de relieur
Il reprend son activité de relieur dans les années 50. En 1952, le ciel s’étant dégagé dans une île devenue département français depuis 1946, Sully Argand retourne à ses premières amours
Durant toute sa vie de relieur, il a formé un nombre incalculable d’apprentis. Beaucoup d’amoureux des beaux livres reliés ont eu recours à ses services et en gardent le souvenir d’un travail remarquable par un homme exceptionnel.Il redonne vie et beauté aux ouvrages et documents divers ; il est autant artiste qu’artisan dans la dextérité déployée. Il pousse la curiosité à les ouvrir, à les compulser et à s’instruire. Il prend des notes et rédige son livre, de tous les savoirs glanés de La Réunion.
le travail de relieur exige minutioe, soin, précision, patience
La retraite : C’est en 1995 qu’il prend sa retraite.
La reconnaissance de l’Etat
Neuf ans plus tard, le 6 janvier 2004, il reçoit un télégramme du ministère des Outre-Mer qui l’informe qu’il va recevoir la Légion d’honneur, la reconnaissance suprême de la République . C’est René-Paul Victoria, député-maire de Saint-Denis, qui lui remet la croix de chevalier. "Je ne m’attendais pas. J’étais très surpris, mais très touché. Mi té tré fier", laisse-t-il échapper.
"Je n’ai plus une très bonne santé. Je reste à la maison, je lis la bible et je prie. Pour le reste, seul Dieu le sait."Photographie, timbres, généalogie, bibliophile...et plein d’autres plus intéressantes les unes que les autres. Il a publié son ouvrage " Fragments d’une mémoire centenaire", qui retrace plus de cent ans de fragments d’histoire commune. Sa mission était : "Transmettre les valeurs de l’épopée de la France dans l’île lointaine".
Une mémoire intacte
Son voisin le décrit comme un homme vif d’esprit dont la mémoire est toujours intacte. "C’est un passionné de photographie. Il a fait beaucoup de photos de monuments. Il a même immortalisé la venue de Charles de Gaulle sur l’île dans les années 1950. Il collectionne également des timbres et il est aussi un fervent catholique", souligne-t-il.
En plus de sa passion pour redonner un second souffle aux livres, Sully Argand a beaucoup écrit sur sa machine à écrire. Un livre contenant tous ses fragments de vie a été tiré à une centaine d’exemplaires...
Son secret de longévité ? Il nous l’explique par une très bonne hygiène de vie et une croyance inébranlable. Toujours en pleine forme et très bavard, la transmission de l’histoire et de la culture pour les générations futures est primordiale pour lui.
Au marché artisanal de Saint Leu, j’ai rencontré ce dimanche un artisan dont les créations m’ont séduite.
L’homme, Marc B, creuse des calebasses, les laisse sécher puis travaille avec une perceuse pour percer des trous de différents gabarits. Les dessins confectionnés sur la calebasse sont uniques et très variés. Les socles aussi sont originaux.
Marc doit avoir plusieurs cordes à son arc (au vu de son carton de présentation), car vivre de la confection d’abat-jour et de photophores ne doit pas nourrir pas son homme.
Il réalise aussi des sculptures, des bijoux, confectionne des confitures…
Ses réalisations sont visibles dans la Boutik LA KOUR 234 rue du Gal Lambert à Saint Leu. Il est aussi joignable à Saint Paul au 06 93 49 43 12