Le chef - lieu de la Réunion perd progressivement toutes ses vieilles cases créoles. Les seules qui ont eu droit à une rénovation sont celles qu’ont achetées des personnes fortunées ou des institutions capables d’injecter beaucoup d’argent dans ces bâtiments.
Les belles cases de la Rue de Paris ou d'autres rues du Centre en sont témoin. On peut les admirer même si parfois elles sont cachées par des murs et des portails.
Aucun projet de conservation des petites cases n’a été mis à l’ordre du jour, et il n’existe pas d’association dans l’île qui recenserait les cases à préserver absolument !
Il existe bien l’APPER « Association pour la Protection du Patrimoine et de l’Ecologie à la Réunion » qui accorderait beaucoup de valeur à la notion de « patrimoine ». On lit sur le site de l’APPER que le patrimoine « se décline sous une pluralité de formes. Il est aussi bien culturel, historique, naturel, artisanal, qu’architectural. Une grande partie de nos activités porte sur l’environnement (la nature, l’élevage, l’agriculture biologique).
Ce qu’il conviendrait de faire, c’est de donner à chaque conseil municipal le pouvoir de recenser ces cases témoins du passé et de créer des partenariats avec des promoteurs ou architectes soucieux de redonner vie à ces cases, et éventuellement de mettre un véto à leur destruction…
Quelle tristesse de voir des cases créoles se déglinguer… Forcément, on ne peut pas demander aux collectivités de restaurer toutes les jolies cases de l’Entre Deux, mais ce serait une belle initiative que de donner un coup de pouce à des privés soucieux de remettre en état ces merveilles de l’architecture réunionnaise.
De jour en jour, ces habitats se détériorent, les lambrequins rouillent, s’affaissent, la maison prend l’humidité…
La case Valy a des lambrequins uniques de style art déco : cabosses de cacao, feuilles, fruits divers… Dans combien de temps seront - ils à terre ?
Bonne idée que de mettre des panneaux explicatifs au barreau de ces cases, on y parle du passé de la maison, et on oublie qu’elle pourrait être réhabilitée …
On a beau les classer « monument historique », il n’empêche que ces cases sont vouées à disparaître !
Les boutiques traditionnelles tenues par des familles de Chinois disparaissent comme peau de chagrin. L’île sacrifie ces monuments du patrimoine pour les remplacer par des édifices à étages destinés à la location. Saint Pierre en est un exemple criant !
À Entre-Deux, la petite « boutik chinois » située en face de l’hôtel de ville tient bon.
On aime ces endroits simples où le passé vous saute à la figure. Les murs couverts de tavaillons, la petite porte, l’étroit passage entre le comptoir et l’entrée…
Sur les étagères on trouve de tout : des bonbons, des crayons, des cigarettes (on précise qu’on ne les vend pas à l’unité), des iles, des ampoules, des petits gâteaux, des cartes postales, des boissons fraîches…
Et même si on annonce sur l’affiche de l’entrée qu’on peut y acheter des gâteaux lontan, du sablé en forme de poisson, des galettes safran, des bonbons gras « cravatte », des bonbons manioc, on ne s’offusquera pas de ne pas en trouver tous les jours. C’est l’humeur de la propriétaire qui en décide.
J’y ai malgré tout déniché un paquet de rouroute pour préparer moi-même les bonbons rouroute,- sûrement avec moins de talent que mon ami Yoland- à moins que je garde cette précieuse poudre pour calmer des maux de ventre.
Il est important qu’on maintienne ces boutiques, qu’on les aide à survivre, sinon tout un pan de la culture créole disparaîtra et ce sera regrettable ! À bon entendeur salut !
Imaginez que vous habitiez dans votre petite case avec vue sur un terrain vague herbacé et qu’en quelques mois un grand ensemble d’immeubles s’élève devant votre varangue où vous avez coutume de vous prélasser pour profiter de vos vieilles années.
Aucune séparation et bientôt des locataires se promèneront sur leur balcon et pourront vous observer depuis leur étage !
Eh oui, c’est ce qui arrive à la cousine de mes amis qui habite à Petite Ile et qui a vu son quotidien se transformer sans qu’elle puisse changer quoi que ce soit !
N’existe-t-il pas une loi protégeant les habitants du regard indiscret du voisinage ? Les ouvertures ne sont-elles pas interdites quand elles gênent les autochtones vivant là depuis toujours…
Ce cas ne doit pas être isolé sur l’île car souvent les promoteurs ici n’ont cure de la vie privée et réalisent des plans qui leur conviennent pour des raisons financières évidemment
Cette nuisance date déjà de novembre 2023. J’ignore si la dame qui a vu son quotidien perturbé dans cette petite rue au pied du calvaire a été entendus…
Au 80 Bd Hubert Delisle, près du marché forain de Saint Pierre, il existe encore une ancienne villa créole. A l’heure où les promoteurs détruisent tous les anciennes habitations le long du front de mer pour leur substituer des bâtiments à étages impersonnels, certaines résistent et heureusement !
La villa, entourée d’un parc, est belle et semble toujours bien entretenue. En fait, il s’agit du siège de l’administration de la Fondation du Père Favron.
Cette fondation constitue la plus importante structure privée à but non lucratif de gestion d’établissements médico-sociaux de l’île de la Réunion.