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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 20:39

Du 15 au 18 mars 2010  Stage de broderie « Jours Anciens » à Cilaos.

 

Lundi 15 mars
En route vers Cilaos 

6h45 départ pour Cilaos. Le Ouaki  est toujours fermé, je passe par Saint Louis pour rejoindre le cirque. Peu de circulation à cette heure. Beaucoup d’eau dans le Bras de Cilaos, quelques roches sur la route, mais rien de bien méchant. Quand j’ai passé les rampes rocheuses, je me sens mieux. Les paysages sont toujours aussi étonnants et je peux m’arrêter quand je veux, la route est à moi. Je passe souvent la première, impossible de  conduire en troisième. J’en profite pour m’arrêter de temps en temps et photographier : d’abord  le rocher de Peter Both, puis  le hameau de Palmiste  Rouge. A la sortie du troisième tunnel, la vue est magnifique. En approchant de Cilaos, la chaussée est humide par endroits, même les tunnels sont humides. Je croise deux bus vers 8 heures du matin. Me voilà arrivée après 1h20 de route - quelques centaines de virages -

Broderie 1 broderie 2
                        Sur la RN3 en direction de Cilaos
broderie 3 broderie 5

Cilaos se situe à 1214 m d’altitude. Je gare la voiture devant la Maison de la Broderie, broderie 5bphotographie la ittoresque Maison de Justice, située juste à côté,  et vais faire un tour dans la rue principale. La poste est déjà ouverte, la gendarmerie aussi : j’en profite pour remplir la procuration pour le 2e tour des élections. Le gendarme craint que le courrier n’arrive pas en métropole en une semaine…  


STAGE DE BRODERIE : ma première journée


A 8h30, Suzanne Maillot est déjà dans l’atelier de broderie, elle m’accueille, c’est un petit bout de femme tout sourire…Je lui tends les carrés de cretonne que j’ai achetés, elle choisit ceux dont l’ourlet est le plus fin.
    
broderie 7bDans un carré de lin blanc elle me fait tirer des fils de contour pour faire la trame : des carrés et des piles.  Avant de fixer le tissu sur le tambour, il me faut coudre mes carrés de cretonne autour de ce lin blanc... Mon professeur me conseille d’ acheter un tambour sans vis dans la boutique de M. Ismael ; en broderie 8attendant elle me prête le sien.Ce tambour de 35 cm de diamètre est fabriqué à Bras Sec. Il est soit en bois de fleur jaune, soit en bois de margousier.
 Une fois le tissu tendu, je tire les fils intérieurs puis elle m’explique le point de petite grille, essentiellement des points noués, le travail demande concentration, minutie, on compte sans arrêt. Pendant la séance des touristes visitent le magasin et s’informent sur les points, les matériaux, le prix des réalisations.


broderie 7On y confectionne des mouchoirs, sous-verres ( objets les plus vendus ) broderie 9napperons,  chemins de table, nappes,  tabliers, robes de baptême, brassières…Ce qui est le plus vendu c'est les sous-verres, sûrement en raison du prix.
Il est vrai que ces ouvrages d'art ne peuvent être bradés : ainsi le  napperon ci-contre qui a demandé une semaine de travail (à raison de 6 heures par jour) se vend 95 euros.
 

 En général, les brodeuses travaillent le lin, parfois la soie. Une vingtaine de brodeuses s’activent chez elles pour l’Association, uniquement sur commande. Dans l’atelier, 4 salariées sont à l’oeuvre : Suzanne, Régine, Jacqueline et Dalida.
Les jeunes, hélas,  ne s’intéressent plus à ce travail.

broderie 6Suzanne Maillot explique que cette Association créée dans les années 83 rencontre actuellement des difficultés. Le chikungunya en 2007 a fait beaucoup de tort à l’atelier, qui voyait défiler avant cette épidémie une centaine de visiteurs par jour. Or le moustique n’a pas sévi à Cilaos. Avant la crise, la préfecture, les administrations commandaient des articles de broderie de Jours de Cilaos, mais rigueur oblige. Suzanne raconte aussi que le bâtiment prend l’eau et aurait besoin d’un coup de rénovation pour être plus engageant : la municipalité leur a mis ce local à disposition, mais n’assure pas régulièrement son entretien. : les néons clignotent et fatiguent les yeux. 
Ce qui attire le touriste, à Cilaos, c’est évidemment la broderie, et la randonnée, et une fois par an la Fête de la Lentille. Mais on délaisse l’artisanat : pas de subvention de la municipalité, ni du Conseil Général. Heureusement que les visiteurs payent 1 euro de prix d’entrée.

L'ex -  député du Tampon aurait bien aidé la Maison de la Broderie. Une femme de chef d'Etat aurait acheté sur ses deniers une nappe et des serviettes  pour une somme très importante, geste qui a marqué l’association.

En bavardant avec Suzanne Maillot, voilà ce que j'ai appris ce jour - là :


"A l’âge de 9 ans, elle a commencé à broder, sa maman et sa sœur brodaient déjà. Son père était cultivateur, il cultivait la lentille, mais avait aussi une basse-cour. Quand c’était la saison de la récolte, toute la famille était à pied d’œuvre. Et quand le voisin commençait à son tour, on prêtait aussi main forte.

Suzanne  s’ est mise très vite à la broderie. Plus tard, elle a formé les brodeuses de Cilaos. Grâce à son talent, elle a eu la chance de voyager. Elle est élevée au Grade de Chevalier dans l’Ordre National du Mérite en 1990 puis obtient le titre de Meilleur Ouvrier de France en 1993

Les gens ne restent pas à Cilaos, ils vendent leur maison. Ils préfèrent descendre avec les enfants et s’installer sur le littoral, bien qu’il y ait des écoles ici. Mais au village, le week-end on ne peut trouver aucun médecin. L’autre problème est la route : souvent elle est coupée et dangereuse et les gens en ont assez de faire  le trajet pour aller au travail. Cela n’empêche que bon nombre de Cilaossiens font la navette, ou restent absents cinq jours, ne rentrant qu’en fin de semaine."

Pause à midi, je vais manger au Randonneur, menu du jour pour 11,50 euros. La terrasse se remplit. Le serveur ne me fait pas payer le litre d’eau. Je retourne à l’atelier à 13 heures.

Je vais me présenter au gîte 1 épi  que j’ai réservé pour 3 nuits au 50 rue Saint Louis, et dépose ma valise. Ce doit être le premier gîte de Cilaos. Mme Gardebien, la propriétaire me montre les lieux.

L’après-midi, je continue à broder la petite grille qui borde le napperon. Pas question de faire d’erreur, sinon on défait l’ouvrage. Et pendant cette activité qui fait oublier le temps, nous continuons à bavarder. Il fait très chaud dans l’atelier, une chaleur peu habituelle pour la saison. On transpire à grosses gouttes.

 

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 11:25

Plus d’un lecteur de ce blog sera surpris d’apprendre que le quartier « Terre Sainte » de Saint Pierre dont il est question ne doit pas son nom à la dévotion de ses habitants.

A l’endroit où ont été bâties les premières demeures poussaient autrefois des arbustes épineux appelés « bois de sinte », des bois servant à faire « cintres ». Les habitants vivaient dans un « karo boidsint »

 On voit aisément l’évolution phonétique du mot « cintre » devenu « cint » puis orthographié par la suite « sainte ». Ce bois souple permettait de faire des hameçons, des canevas, du treillis pour les constructions…
L’appellation « Terre de Sinte » date de la fin du XVIIIe siècle, elle a perdu sa préposition pour devenir « Terre Sainte »

  bois de sinte dos d'âne

Le bois de sinte, on le trouve encore dans les Hauts,  à Dos d'Âne par exemple...

Raymond Lucas dans son  ouvrage  remarquable « Cent plantes endémiques et indigènes de la Réunion », en fait une description intéressante. En résumé, ce bois existait sur l’île avant l’arrivée de l’homme, il vit dans les sous-bois humides à l’état de lianes et en zone exposée sous forme de buisson. Les petites feuilles lisses et brillantes font penser à celles du troène ou de la myrte. Cette plante est malheureusement menacée de disparition en raison de la progression de l’urbanisme et de l’agriculture. Pour sauver l’espèce, il suffit de semer les graines recueillies sur le bois de sinte !

Pour les férus de botanique : le bois de sinte « scutia myrtina » appartient à la famille des Rhamnacées.

terre sainte bois de sainte

lien intéressant
http://www.mi-aime-a-ou.com/bois_de_sinte.php

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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 21:01

Nous arrivons à la crique de Terre Sainte, bordée de banians majestueux.



L'EPI "Moïse Bègue"

Nous voilà donc devant un EPI . Je me demandais s'il s'agissait là d'un nom pour désigner Terre Sainte criquela digue, et n'ai pas osé m'en assurer pendant la visite guidée, mais au retour j'ai vérifié : Epi signifie effectivement "Equipement de Protection Individuelle" A cette barre de béton à gauche, qui se prolonge par une barrière de rochers, on a donné le nom de "Moïse Bègue", enfant du pays. Pourquoi ?

Moïse Bègue, à l’âge de 12 ans est debout sur un canot et  pêche. Il tombe à la mer . Quand on le retrouve, il est toujours vivant, et le fil de sa canne est toujours dans sa main : il n’a pas voulu lâcher sa prise malgré le danger.

Plus tard, il plonge avec son oncle Henri. Ce dernier commet une imprudence en mettant sa main dans un bénitier qui se referme et voilà le malheureux Henri pris au piège, en danger de mort. Le jeune Moïse nage et court chez lui chercher un levier. Le plongeur est sauvé.

Mais les exploits du jeune Moïse ne s’arrêtent pas là ! Sa capacité à rester en apnée et son courage lui valent de sauver 46 personnes à l’occasion de 6 naufrages différents. Raison pour laquelle on a décidé de donner son nom à une installation du port


On ne s'étonnera pas de trouver sur Internet, en entrant le nom de ce héros, au lieu de renseignements sur le jeune homme, ceux concernant une vedette de la SNSM (de Sainte Marie.) Une vedette qui mérite bien le nom de ce brave Moïse !

Les banians


Terre Sainte crique 2Plusieurs banians énormes aux racines aériennes ombragent cette plage, où traînent hélas quelques pneus…Les banians, un nom à expliquer : ce sont les « banians » ou « colporteurs » qui se retrouvaient sous leur feuillage pour y faire leur commerce, qui ont donné leur nom à ces arbres prestigieux. L’arbre n’est pas endémique de la Réunion, il serait originaire d’Inde. La religion hindoue a d’ailleurs fait de lui un symbole, celui de la Vitalité.


Observations à propos de la pêche.

terre sainte crique 3A Maurice ou aux Seychelles, où il n’existe pas de RMI, on voit encore des barques de pêche sur toutes  les plages. On assiste aussi sur ces îles au retour des pêcheurs. A la Réunion, la tradition de la pêche s’essouffle. Quelques bateaux proposent de la pêche au Gros, aux touristes,  à des prix assez exorbitants. On assiste rarement au retour d’une barque de pêcheurs… Pourtant du poisson il y en a sur les étals, en quantité et en variété.

 

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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 15:22

 Tous les habitants de St Pierre connaissent ce vieux  quartier autour duquel s’est développée la ville.

Dans les guides touristiques, on nous met l’eau à la bouche en parlant de « vieux village de pêcheurs » et quand on se promène le long de l’océan, on est déçu par les nouvelles constructions à étage, qui n’ont rien de pittoresque. Et là, les cases typiques se comptent sur les doigts de la main.

        Terre Sainte pêcheEt pour la pêche, les années fastes sont bien loin, c’était voilà 20 ans. Aujourd’hui ce sont quelques pêcheurs occasionnels qui y lancent leurs appâts. Guillaume, Paul et François y ont aussi déjà fait tremper leur ligne. Pas de barque de pêcheur visible dans cette rade… Sur le bord de mer, deux poissonniers sont livrés chaque jour, c’est bien tout !

Grâce à l'Association "Portes du Sud", avec Enis Rockel, nous avons fait un parcours à la découverte de ce quartier.

Il a retracé l’histoire du port de Saint Pierre qui est liée à celle de Terre Sainte. En 1686 Bernardin de Saint Pierre parle déjà d’un estuaire qu’il aurait découvert, estuaire où 10 bateaux de 50 tonneaux pourraient hiberner. Il faudra attendre quelque deux siècles pour que le port soit construit…

Notre guide  nous a conduits  d’abord vers le « Grand cabanon », puis vers la « Croix des pêcheurs », et enfin dans la « baie de Terre Sainte », avant de nous faire revenir à l’Office du Tourisme par la ruelle Charles Prince.

Terre Sainte vue  Terre Sainte escalier

Si on veut se faire une idée plus réaliste de ce qu’était le village avant, il suffit de s’aventurer dans les ruelles qui remontent et on est conquis : un vrai labyrinthe de chemins très étroits où ne passe aucune voiture, des maisons serrées les unes contre les autres. On croit même briser l’intimité des gens qui vivent ici, en passant devant leur cuisine, devant leur salle de séjour… Mais c’est toujours avec le sourire que les habitants nous saluent. Si autrefois toutes les cases étaient blanches (car blanchies à la chaux) aujourd’hui elles sont parfois de couleur vive. On affectionne beaucoup le bleu.

Le Grand Cabanon de Terre Sainte.


Terre Sainte cavanon 2  Terre Sainte cabanon 3Il en reste un énorme mur. Edifiée en 1853, cette immense bâtisse  abritait  130 ouvriers qui travaillaient à la construction du Port de Saint Pierre. Ces ouvriers ont dû, sur ordre du Gouverneur Hubert Delisle, arrêter le chantier de la RN3 – route des Plaines- pour prêter main forte aux autres ouvriers du port dont 497 prisonniers venus de Saint Denis. (Ces derniers eux étaient logés à la prison datant de 1843 situé derrière l’hôtel de ville)

La Croix des Pêcheurs

Terre Siante Chapelle vers Terre Sainte vers Chapelle 2

Terre Sainte Croix des Pêcheurs 2Au point culminant de Terre Sainte, les villageois avaient édifié une chapelle, où ils allaient prier avant de partir en mer.
A l’heure actuelle on y voit encore la grande croix et une petite chapelle dédiée à la Vierge Marie, et devant cet espace des bancs pour les fidèles. Cette croix -ci date de 1955


Vue plongeante vers l’océan et à main droite le port de St Pierre. Quand la Terre Sainte descentemunicipalité décide de  faire sauter à l’explosif cette petite montagne, la population s’indigne et on arrachera la roche tout autour  pour construire le Port et faire passer une voie ferrée ( sur laquelle passaient des wagonnets  de chantier , appelés « trucs », tirés par les chevaux. Enis Rockel raconte que la tempête Gamède a mis à jour une roue de ces wagonnets, à laquelle il conviendrait de donner une place… Nous descendons de ce tertre par un escalier étroit bordé de maisons, traversons la route du littoral et arrivons à la crique bordée de banians.

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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 21:06

Sur les hauteurs de Saint Louis

Après avoir fait quelques courses dans une mercerie et un magasin de tissu à Saint Louis, me voilà partie pour le Musée des Arts Décoratifs de l’Océan Indien, installé en amont de la ville, dans le monument historique de « Maison Rouge », ancienne maison de propriétaires terriens, domaine de 75 hectares.

Ai repéré la flèche bleue du Conseil Général indiquant « Maison Rouge » Je passe devant des cases en tôle, un ti bon dieu, et suis surprise par l’état de cette voie :  la route est défoncée par les dernières pluies, nombreux nids de poule, j’ai même l’impression d’avoir un pneu crevé…

Une équipe d’une dizaine de personnes s’affaire avec des débroussailleuses pour soigner les abords de ce chemin. On s’attend à trouver devant soi, au bout de cette route,  la bâtisse qui est reproduite sur tous les sites web avec ses grands escaliers quelque part. Rien de tout ça.

                        maison rouge 1

 
Alors on s’arrête à tout hasard pour questionner un homme devant un grand bâtiment rouge, bâtiment insignifiant sur le plan architectural, et on se renseigne. C’était bien là ! Je réalise que la petite inscription au dessus de l’entrée « MADOI » doit  signifier « Musée des Arts… » et que si les murs étaient peints en rouge il devait bien y avoir une raison
  maison rouge 2 maison rouge 3

Mais l’homme, c'était un agent de sécurité,  explique : « On ne visite pas, un toit s’est effondré, la maison est en travaux… la réouverture sera annoncée dans les journaux »  Alors bon ! on n’insiste pas. Bien curieuse de savoir ce qui se trouve derrière ces murs rouges … Faudra revenir.


Je pousse donc vers les hauteurs, où on discerne quelques habitations discrètes cachées dans la verdure, puis le chemin semble se perdre dans les cannes.

maison rouge 4


maison rouge 6Redescente ... et là, c’est magique : on prend conscience de la beauté du site : vue sur l’océan, et sur les maisons blanches de Saint Louis, dominées par l’église et le minaret de la mosquée.




maison rouge 5La route descend entre deux allées d’arbres splendides aux fleurs jaunes, qui dégagent un parfum enivrant. Impossible de trouver le nom de ces arbres…ni sur internet, ni dans les nombreux livres consultés.

Cela a l’air d’être une espèce d’acacia. Mais laquelle ?

 

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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 17:47

Un ouvrage à préserver et à regarder.

Il fait partie du paysage, mais on l’oublie. Parfois on passe à côté sans le voir. La preuve : aucun panneau ne signale son existence. Quel dommage que ces vestiges du patrimoine ne soient pas à l’honneur. On parle de « Maison des Civilisations » et on méconnaît les richesses de sa propre civilisation,  qu’on a à sa portée. Les jeunes habitants de St Louis savent –ils d’ailleurs de quoi il s’agit eux qui n'ont pas la chance de connaître ni le Pont du Gard, ni l'aqueduc de Gorze ou celui de Jouy aux Arches ?


Il est heureux qu’on n’ait pas encore détruit les piles de cet ouvrage presque bicentenaire, pour les réutiliser ailleurs… Si j’étais dans le conseil municipal de St Louis, je suggérerais l’achat de panneaux de signalisation (comme celui indiquant la direction de Maison Rouge)  pour  y guider les touristes, ou les écoliers,  je réaliserais un panneau d’information que je planterais sur une petite place arborée…

On aperçoit l'aqueduc en quittant la ville de Saint Louis pour rejoindre la sucrerie du Gol. Après le garage, un pont rouillé duquel on le voit à main droite. Pour faire la photo, je me suis aventurée sur l'allée piétonne de ce pont, tapissée de plaques de métal mangées par la rouille, branlantes et vraiment peu engageantes...
pont-sur-la-ravine-du-gol  aqueduc 1

Si on veut approcher l'aqueduc, il suffit de prendre la route qui monte à droite à l'intersection.

Les piliers maçonnés sont majestueux dans ce décor verdoyant et fleuri où coule une eau brune, venue des Hauts.

aqueduc 4


L’histoire des aqueducs de Saint Louis

Pour irriguer les plantations de canne à sucre dès la 1ère moitié du XIX e siècle, on a creusé des canaux sur  l’île. L’architecte Murat a créé « le canal du Gol » pour les frères Couve. Ce canal prend sa source au lieu-dit « le Gouvernail » dans la Rivière Saint Etienne, traverse St Louis, passe dans un aqueduc  datant de 1817 pour rejoindre la Ravine du Gol. La ville de Saint Louis s’est construite autour de ce canal, où  la population venait se ravitailler en eau. Une aubaine !


En 1835 on abandonne cet ouvrage pour en reconstruire un plus haut. Ce sont des piles de maçonnerie très hautes qui enjambent le lit de la Rivière, et ces piles supportent désormais le canal. Progressivement, on remplacera le canal en bois par un canal en métal.

aqueduc 3 aqueduc 5
La canalisation rejoint la sucrerie du Gol et alimente en eau les machines à vapeur.

En 1985, le canal est fermé, un autre système d’irrigation a pris sa place.

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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 14:02

travaux 3 mares-copie-1A ceux qui travaillent parfois sans…

Faut le faire… pas d’arrêt de travail pour intempéries à la Réunion, même par 34 ° de travaux 3 mares 3chaleur, on découpe, martèle, assemble des plaques, à l’intérieur des maisons et à l’extérieur. On envie les fonctionnaires qui sont en vacances du 10  au 25 mars. Pour les ouvriers de l’île des vacances il n'y en a qu'en décembre. Pas le choix ! toutes les entreprises ont choisi cette formule.

travaux 3 mares 0C’est la raison pour laquelle aussi les travailleurs sont très matinaux : pour l’heure, l’équipe qui oeuvre dans notre maison commence vers 6h 30 pour finir vers 15 heures. Il fait meilleur le matin ! On n’aime pas non plus quitter le maillot à manches courtes ou le troquer contre untravaux 3 mares 2 marcel, sinon, c’est le coup de soleil garanti !

Comme les plafonds fuyaient, il a fallu arracher les arracher, colmater les fuites sur le toit de tôle, refaire par endroit le lattage, et remplacer les plaques humides par des plaques en PVC. Cette matière isole mieux de la chaleur et on entend moins le bruit de la pluie sur la tôle. Plus de deux semaines de chantier (avec tous les inconvénients que ça suppose, déménagement, réemménagement, nettoyage, bruit, poussière....) pour davantage de sécurité et de confort… Il y avait urgence.

Si ces travaux ont occasionné une gêne temporaire, cela nous a permis aussi de constater que la charpente était pour le moins surprenante : des poutres en béton traversent la maison : en cas de cyclone, c’est plus rassurant d’avoir une couverture fixée sur ce genre de support.
travaux 3 mares 4  travaux 3 mares 5
 Mais l’envers du décor était de constater la présence de termites dans certains bois du lattis, fléau que le chef de chantier a essayé d’éliminer à l’aide d’un produit toxique… Les termites sont une véritable plaie dans certaines constructions de l’île !

 

 

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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 19:02
...C'est-à-dire qu’on n’avance pas…

"Circulation" ; l'étymologie prend tout son sens ici , "circulation" vient du mot "cercle", ( On tourne effectivement en rond..)

Malgré la Route des Tamarins,inaugurée en juillet 2009, l’automobiliste a toujours des craintes quand il doit se rendre à l’aéroport Roland Garros par la Route du Littoral. Ainsi mardi soir, nous sommes partis à 18h45 du Tampon pour arriver vers 21 heures à Sainte Marie ! Comme en raison des fortes pluies de la veille et de la journée, une chaussée –celle longeant la falaise- avait été condamnée, on ne roulait que sur une voie ! Les menaces d’éboulement sont très fréquentes et malgré les filets métalliques qui retiennent la roche, on n’est pas à l’abri d’une catastrophe.

RN1 cascades RN1 cascades 2

RN1  Les trombes d'eau génèrent des cascades fragilisant la roche

RN1 cascades 3 RN1 cascades 0


Pour comble de malchance vers 19h un accident s’est produit sur cette voie ! Conséquence : : de la Possession à Saint Denis nous avons dû rouler « au pas » Au lieu de couvrir la distance Le Tampon- aéroport en 1h15, nous en avions pour 2h15… Alors à quoi bon faire des routes ?

Quand se décidera-t-on enfin à mettre un train sur des rails à la Réunion ? Si tous ces personnages politiques, qui refusent aujourd’hui le projet tram-train étaient moins bornés et allaient voir ce qui se passe ailleurs (en Alsace, notamment) ils comprendraient le bien-fondé d’une voie ferrée. Mais ici le lobby de la voiture est très fort, à croire que les gouvernants ont tous des actions dans l’automobile ! Et que l’île soit asphyxiée leur est bien égal… Acheter une voiture à la Réunion, c’est « avoir réussi », même si le crédit court toujours… Et plus la voiture est puissante, plus on croit être considéré. Que d’argent aussi dépensé pour les gadgets qu’on rajoute au véhicule…

RN 1 bouchon

Un bouchon côté falaise en allant vers Sant Denis , pendant qu'on roule côté océan vers le Sud 
Tant pis pour le Nord...
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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 15:30

 Samedi soir, nous avons vu le soleil se coucher sur le petit port de Saint Leu. Il était 18h30. Douceur estivale : 25 ° au thermomètre. Une foule d’enfants s’amusaient à faire des allées et venues sur le quai, à vélo, en trottinette, au milieu des promeneurs de tous âges.  Un trio de gramouns était assis sur le muret, trois pêcheurs taquinaient encore le poisson près de la balise tribord qui clignotait…
saint leu nuitUne animation incroyable…  On aurait dit que toutes les familles du quartier s’étaient saint leu nuit 2donné rendez-vous ici. Des bouts de chou de 3 ans jouaient là, tout près de l’eau sombre, clapotante, sous l'oeil vigilant du grand frère ou de la grande soeur. A 19 heures encore le poissonnier servait sa dernière cliente. Toutes les tables du bar "la Rondavelle" étaient occupées.

La nuit était tombée. Les teenagers à  skate-board remorquant leur bouquet coloré de ballons de baudruche commençaient à déserter l’allée bordée de lataniers qui longe l’océan.
saint leu nuit 3

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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 18:19

 arts galerie stella

Dans le cadre de la Journée Internationale de la Femme, nous avons répondu à  l’invitation de quatre artistes à Stella.

arts A MelladoAntoine Mellado, (ci-contre) Dominique Dijoux (ci-dessous) Pascale Lafargue, Véronique ...  ont exposé une collection  de leurs œuvres dont le thème était « la Femme ».


Femmes dont on mettait en relief la beauté, la maternité, le travail (comme ces femmes allant au puits, la guérisseuse…), arts Dijouxles rencontres ( femmes aux parapluies). Exotisme, regards, couleurs…supports et techniques variés ; pour résumer : le « plaisir des yeux »

Après avoir conversé avec les artistes, nous avons partagé le carry et les gâteaux qu’ils avaient préparés pendant qu’un trio de musiciens bénévoles animait la soirée : au répertoire  chants folks de Moustaki, Brel, Graeme … et chants populaires créoles. Une ambiance bon enfant, en plein air, à la belle étoile  – la voûte céleste était superbement dégagée et on voyait toutes les constellations. -Il faisait doux et  nous avons vécu un moment de grâce. Merci à toute l’équipe d’artistes !

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