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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 18:07

 

Que faire si ce n’est s’armer de patience et attendre les bus. Mamy en a fait l’expérience hier. Comme nous étions au travail, elle a décidé de faire une escapade seule en ville, et la ville est à 40 minutes à pied de notre quartier. Le bus tardait… Alors elle a pris un des taxis publics qui passent dans la rue Baudelaire pour un montant de 1,50 euro. Déposée à la gare routière, elle est remontée à pied vers le Centre Ville. Shopping dans les magasins de vêtements. Tentative d’entrer dans l’église qui était hélas fermée.

                                Tampon rue delisle

                                            La Rue Hubert - Delisle ( rue commerçante du Tampon)

Assise à l’intérieur du  Restaurant  « le  Bongo »,  - pas sous le store, car il faisait trop chaud- elle a bu son jus de tomates en attendant de manger.  Elle a été séduite par la gentillesse du patron et elle a pu  assister à la préparation des cuisiniers qui s’activaient là, devant elle.

Encore quelques achats puis elle a tenté devant la mairie de prendre le bus de 14h qui n’est jamais venu.

               Tampon hotel de ville

                                                    L'hôtel de ville

Elle a  donc essayé de prendre un taxi, mais là les prix étaient prohibitifs ( 30 euros la course !)Retour à la gare rouière.Patiente, elle guettait le départ du bus de 15  heures 30 – à destination du Bras de Pontho- qui était là sans chauffeur et sans passagers,  et qui tout à coup, vers 15 heures,  s’est mis en route. Au bruit du moteur, mamy a foncé et a réussi à le prendre. 1, 30 euros le trajet ! Elle aurait dû avoir la carte « gramouns » pour ne pas payer le transport et prendre le « Car Jaune » – mais les cars jaunes ne desservent pas les arrêts de Trois Mares. Sur l’île, les gens âgés de plus de 60 ans ne payent pas le déplacement en Car Jaune !

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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 20:12

cilaos tunnel 1En allant à Cilaos samedi, nous avons traversé les trois tunnels. Le premier est le plus court et le plus large.
Mais c’est toujours une expédition dans les deux derniers tunnels, parce qu’il n’y a de place que pour une voiture, et c’est à celui qui a allumé ses phares le premier – par conséquent, celui qu’on aperçoit en premier de l’autre côté- que revient le droit de passer d’abord. Si tu oublies de les allumer et que tu es déjà engagé, c’est la galère… faut repartir en marche arrière ! Et tant pis pour ceux qui sont derrière toi !

Il paraît que ces passages ont été creusés au pic et non à l’explosif. D’ailleurs  leur plafond est de la roche brute et l’eau suinte de partout. Pas de ventilation, pas de lumière !

Après le deuxième tunnel, un petit parking et un arrêt de bus. On a une vue sur la route ilet a calebasselaissée derrière nous  et la vallée du Bras de Cilaos et devant, on distingue un petit hameau  ou « îlet »(prononcez «  ilette ».) Une dame qui vendait là, aux touristes de passage, des beignets de patates douces et des beignets crabe-carottes, nous explique qu’elle vient de cet îlet qui compte une vingtaine de familles. Elle y est née. Il s’agit de l’Ilet à  Calebasses. On y vit cultive toujours  la lentille et on récolte la pêche. Il faut traverser Palmiste Rouge pour rejoindre ce petit havre de paix.

Le troisième tunnel a été creusé en 1938 comme l’atteste une inscription.
cilaos tunnel 2 

A la sortie de ce tunnel, large de 3 mètres,  la vue est grandiose : on reste pantois devant l'amplitude du paysage ! Devant nous,  Ilet à Cordes, un village auquel on n'accédait aurefois qu'à l'aide de cordes.  Au loin se découpent le Taïbit (qui a la forme d'une tête de chien),les trois Salazes, le Grand Bénare... cilaos tunnel 3plus haut les premières maisons de Mare Sèche, enfin à droite, on distingue Bras Sec.

 Il faudra encore redescendre jusqu’au bout de la ravine et remonter vers Cilaos. C’est cette dernière montée que redoutaient les curistes qui y allaient à pied.

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 14:55

Dans le cadre du "récit autobiographique", j'ai envoyé mes élèves de 3e interroger leurs gramouns sur la vie lontan*. C'est un de ces témoignages, celui du grand-père de Thomas Fontaine, - avec l'aimable autorisation de l'auteur -  que je vous propose de découvrir ci-dessous.

Un jour de rentrée en 1945 au Tampon

          J’ai interrogé mon grand-père qui a 70 ans et vit au Tampon. Il s’appelle Jean – Baptiste.

 


«  A six ans, je suis allé à l’école pour la première fois. La veille, ma mère m’avait acheté une paire de savates* neuves, un short et une chemise, parce qu’à cette époque on n’avait pas de chaussures. On vivait très modestement, sans eau courante, ni électricité.

Le jour de la rentrée, ma mère m’a réveillé à six heures du matin pour que je fasse la corvée d’eau : il fallait aller chercher l’eau à 200 mètres de la maison, au robinet public. Ensuite j’ai pris mon petit déjeuner qui était constitué de lait et de patate douce bouillie. Puis je me suis préparé : on faisait la toilette, le nettoyage du nez, qui était noir à cause de la fumée que dégageait la lampe à pétrole.

Mon école se situait à 3 kilomètres de la maison. On devait y être pour 8 heures, on nous mettait en rang par deux, et après l’appel, on entrait en cours. A la récréation, on jouait aux billes et les filles à la marelle. A midi ,on mangeait à la cantine. Les cours reprenaient à 2 heures et finissaient à 4 heures. Rentrés à la maison, on faisait nos devoirs et il fallait chercher du bois pour alimenter le feu du dîner. »

                                                                                        FONTAINE Thomas 3e10
lontan * d'autrefois
savates *chaussures plates à deux lanières (tongues)

 



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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 19:50

mars palmiersUne période que j’apprécie particulièrement : les avocats, j’adore ça. . Ce soir, au retour de notre balade au Parc des Palmiers du Dassy, où mamy Hortense et moi avons croisé  une foule de joggeurs, nous nous sommes installées sous la varangue. Une voisine s'est arrêtée devant notre maison et nous a remis un sachet en expliquant que son avocatier donnait bien et que les fruits risquaient de mûrir trop vite. Et mars avocatselle nous a offert quatre beaux spécimens et une énorme main de bananes.  A la Réunion, on donne volontiers au voisinage le surplus de récolte. On ne s’étonnera donc pas de trouver sur son muret une papaye, ou des chouchoux… C’est de bon cœur… Une pratique sympathique.

Rien à voir avec les sorts qu’on jette à ceux qu’on maudit ! La banane piquée, elle, - rite vaudou- ne laisse rien présager de bon… pour ceux qui y croient.

Donc,  au menu du dîner "avocats frais – thon-mayonnaise." Un repas improvisé, et quel délice ! Rien à voir avec les fruits qui arrivent à maturité à l’ombre, ou dans des serres. Les petits Réunionnais aiment les manger, saupoudrés de sucre. Pour qu'ils mûrissent plus vite, il faut les laisser à proximité de bananes... Le romarin, paraît-il active aussi leur mûrissement.

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 11:46

 Eh oui ! Ces thermes existent toujours !

 

Découvertes en 1816, les sources ne sont que très peu exploitées avant 1848, car un voyage de trois jours est nécessaire depuis Saint Denis.
Au bord du Bras des Etangs jaillissent deux sources d’eau chaude. On creuse dans le sable des baignoires dans lesquelles on s’allonge en famille et les baigneurs apportent leur propre rideau. Au départ les thermes sont des paillottes et des cabanes en bois plantées à proximité des sources. Cilaos se développera moins vite que Salazie. On construira un chemin à flanc de falaise entre 1842 et 1845. Malgré les à-pics vertigineux, les curistes affluent. En 1932 on construira la nouvelle route.

 broderie 45

                                 Dessin  d'Antoine Roussin : les thermes en 1848

Voilà un court extrait du texte de L. Héry  publié dans l’Album de l’île de la Réunion, article intitulé 
« Les eaux thermales de Cilaos en 1847 »

 

   « Les sources chaudes jaillissent de terre tout près les unes des autres. Le degré de chaleur varie de 29 degrés à 31,5 degrés. Une seule, isolée et plus bas placée, donne 38° de calorique. L’eau, ferrugineuse, de saveur salée et légèrement acidulée, est beaucoup plus chargée de matières minérales que celle de Salazie. Le goût en est nauséabond et flatte infiniment peu le palais. Mais en revanche, quel délice en arrivant de la pénible ascension, qu’un bain chaud, dans les sources thermales ! Comme on s’y plonge avec volupté ! Comme on s’y câline nonchalamment ! Les membres, roidis par la fatigue, se détirent et s’assouplissent mollement, et vous sortez de là, aussi fort, aussi ravivé qu’Antée quand il avait touché la terre. » p.84

 

        Le docteur Mac Auliffe, affecté à la gestion des Thermes en 1900, fera la promotion  de Cilaos grâce à la publication de son guide « Cilaos pittoresque et thermal ». Cet ancien médecin de marine a contribue à  la réputation scientifique des eaux et sa fille, Angèle,  lance la mode des « Jours de Cilaos » qui permettront aux familles de Cilaos de mieux vivre.

 

L’établissement s’est modernisé , des baignoires modernes sont abritées sous un bâtiment de 32 mètres sur 7,mais sa situation à proximité du Bras Rouge l’expose aux crues. Les curistes occupent leur temps entre les ablutions, les jeux de société, le farniente et les randonnées : on suit les sentiers créés par les Noirs marrons pour transpirer, jusqu’au Piton des Neiges par exemple…

 

Petite incursion dans les Thermes (mars 2010)

broderie 40 broderie 42

J’ai poussé mes investigations jusque dans le hall d’accueil, parce que l’accès aux salles de soins était interdit.

Dans une pochette posée sur le comptoir de l’accueil, on peut avoir les détails des forfaits proposés.  Il existe des forfaits pour deux jours, trois jours, cinq jours.

 

Forfait  2 jours :

jour 1  (70 minutes) sauna, hydromassant, fauteuil shiatsu et vario trainer,
jour 2  enveloppement d’algues, hydromassant et relaxation manuelle(ou douche au jet).

Forfait 3 jours :

Jour 1 (55 minutes) sauna/bertholaix, hydromassant aux huiles, fauteuil Shiatsu

Jour 2 (45 min) hydromassant aux huiles, douche au jet et relaxation manuelle

Jour 3 (75 min) hydromassant aux sels, enveloppement d’algues et vario trainer.

 

Il existe aussi l’ abonnement douceur comportant 2 soins : un soin hydromassant pour la 1ère séance  et au choix pour la 2e séance douche au jet, ou fauteuil, ou sauna ou bertholaix (entre 30 et 40 min)

3 séances reviennent à 63 €, 5 séances à 95 €, 10 séances à 160 €


Au total il existe 3 formules : avec un choix entre deux séances

La formule détente -  la relaxante (65 min) ) le vivifiant (65 min) 38 euros  

La formule forme : la tonifiante (60 min) la sportive (80/90 min 45 euros

La formule silhouette :  la détoxifiante (90 min) la grande forme (75 min).60 euros

Quelques variantes dans les formules : dans le « vivifiant » on a le « hammam », dans la « sportive » on a du « stepps », dans la grande forme « la sudation »

broderie 43 broderie 41

 

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 22:41

 Si en métropole, il y a pléthore de Martin et Dupont, ici ce n’est pas le cas ! Les patronymes les plus fréquents sont HOAREAU (HOARAU-WARO) DIJOUX, TECHER,  PAYET (Prononcez Payette !)  Puis arrivent les FONTAINE, ROBERT, RIVIERE...

Petite anecdote sur la prononciation des noms terminés par ET. Premier  jour de classe, je fais connaissance avec ma classe.
J’apostrophe l’élève HUET (en prononçant Huais)… Tous se mettent à rire ! Non, madame, on dit « Huette ». D’accord, le message est entendu.  Je lis  Payet (que je prononce Paillais) Non, Madame, on dit «  Payette ». Bon, ça va, j’ai compris … Quand j’interroge l’élève MALET, je ne tombe plus dans le piège, et je dis « MALETTE » Fou rire général ! Ah non madame ! Là, on dit Malais (sinon on confond avec la malette où se trouve le cahier de texte de la classe). Là, j’abandonne…

J’apprends aussi aujourd’hui  que  l’Etat Civil exige que les enfants nés HOARAU aient deux prénoms, pour éviter les confusions. C’est dire le nombre de Hoareau qui naissent sur l’île !

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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 16:09

 

Jeudi 18 mars : dernier jour du stage de broderie

Comme il a bien plu cette nuit, une quantité incroyable de cascades dévalent les pentes abruptes des falaises entourant Cilaos. "Mais au fil des heures on n'y verra plus grand chose", m'explique-t-on.
broderie 38
Je conduis l’ami Jacques aux Thermes en faisant un petit crochet par la Mare à Joncs,  et rejoins Suzanne Maillot à la Maison de la Broderie. Elle est déjà en train de travailler. Aujourd’hui,  on finit le remplissage des lancers : trois fleurs (des fraises) et deux escargots. Points noués pour les gastéropodes et points de reprise pour les pétales des fleurs. Ne pas oublier la marionnette entre chaque fleur : la marionnette est un petit carré de 6 points de reprise.

broderie 35a                                 Les "jours anciens" de Cilaos

                             

Pluie battante pendant une heure puis le soleil est de retour !

 

A midi, je vais manger « chez Nénesse ».

Le restaurant est une grande pièce avec une énorme table familiale recouverte de toile cirée. Une armoire année 50 avec des photos de fanfares. Sur une petite table au fond, deux étuis de cuivres : une trompette et un trombone. La porte de la chambre à coucher est ouverte. On a l’impression de faire partie de la famille. La gramoune édentée coiffée d’un bob, est celle qui prépare le repas. Elle est toute souriante quand elle apporte le plateau avec les carottes râpées, le boucané aubergines avec deux morceaux de poulet, du riz et des pois du Cap. Elle m’apporte une cruche d’eau de source. Le tout pour 10 euros. Copieux et très bon. Quand les anciens cuisinent, ça ne peut être que bon !

Pendant le repas, je fais la conversation avec M. Lasanté, gendre de la patronne : il a un ordinateur portable devant lui… Il a beaucoup voyagé grâce à son père qui était diplomate. Nous avons une conversation intéressante sur son séjour à Maison Alfort et ses 10 ans passés en Belgique. Il connaissait le quartier des diamantaires d’Anvers. Son beau – frère, Nénesse, fait partie d’un groupe de 5 musiciens qui jouent du maloya dans toute l’île.

La gramoune me raconte qu’elle n’a pas voulu apprendre à broder et que c’était un sujet de dispute avec sa maman. Elle, elle préférait travailler aux champs. « Je n’avais pas la patience ! ni l’envie. »

Retour à la Maison de la Broderie.

broderie 36   détails du motif : la fraise et l'escargot

Je termine mes pétales et un escargot.  Je reprends mon tambour et il me faut maintenant faire le même motif. Suzanne me demande de revenir pour qu’on fasse la finition (l’ourlet)

Je règle le prix du stage (244 euros) Cette somme était due pour 20 heures sur 4 jours, mais j’ai bien passé 28 heures sur cette broderie… J’ai eu une chance inouïe : un professeur pour moi toute seule ! Et quelle patience !

Alors qu’il pleut  sur toute l’île, à Cilaos il fait beau aujourd’hui. Je m'arrête à plusieurs reprises pour photographier le paysage, comme ici la vue sur Mare Sèche.
broderie 39
 Mais je ne serai rassurée qu'après avoir franchi les trois tunnels et être passée à l'îlet Furcy. Pas de chutes de pierres...

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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 11:01

Mercredi  17 mars

Aujourd’hui  je peux aller plus tard à mon travail de brodeuse, parce que Suzanne Maillot a pris le car pour St Pierre (elle a une consultation chez son ophtalmo). Il paraît que les cars partent déjà vers 5 heures du matin.

Un petit détour par les thermes de Cilaos

On m’attend pour 9 heures. Je prends mon petit déjeuner quand Mme Gardebien me demande un petit service : comme sa fille –qui devait emmener le monsieur à la cure- est en retard, elle me demande si je peux le conduire aux Thermes. Aussitôt dit, aussitôt fait : je traverse le village et remonte derrière l’église vers la route de Bras Sec et tourne à gauche vers le petit complexe qui n’ouvre ses portes qu’à 8 heures.


broderie 29  broderie 28

broderie 27Je fais la conversation avec un autre monsieur âgé originaire de Bérive qui m’explique les raisons de cette cure, heureusement prise en charge par la caisse. Il n’avait pas eu la chance d’être reconnu handicapé parce qu’il n’avait pas été déclaré pour le travail qu’il faisait, il avait des broches dans le bras et dans la jambe et ne pouvait plus reprendre son travail de maçon à la suite de l’accident de voiture, alors que ses passagers ont bien été indemnisés. Il a d’affreuses cicatrices à l’avant – bras et souffre encore souvent. La cure thermale le soulage. Le monsieur de Sainte Marie quant à lui souffre terriblement des deux jambes pour un mal qui n’a pas été soigné à temps.

En y regardant de près il n’y a pas que des gens souffrants à la cure. Ici on propose des prix à la séance ou des forfaits pour des soins, massages, remises en forme.

Comme il me reste encore du temps avant l’ouverture de la Maison de la Broderie, broderie 30j’envisage de descendre vers Ilet à Cordes. C'est un endroit où on n'accédait qu'à l'aide de cordes autrefois.

 Oh là là ! ça descend sec, la route est étroite en lacets et vertigineuse : 11 km comme ça, je ne suis pas près d’arriver, tout compte fait après quelques photos, je rebrousse chemin en remettant mon expédition à plus tard.

broderie 31Tant qu’à faire, comme on n’est pas loin de Bras Sec non plus, alors c’est parti pour cette destination. Ca grimpe mais la route est confortable. Par endroits, elle est usée, et dans un virage, des ouvriers  construisent un muret de protection. Montée agréable dans la forêt , passage de torrents, un parking pour randonneurs, appelé « le bloc » c’est là le départ pour le Piton des Neiges. Plus loin  une plaine plantée de cryptomérias géants et plus jeunes, et nous voilà à Bras Sec.

broderie 32broderie 33
Retour à Cilaos par la même route. Une oie blanche se dandine devant la voiture.

Le travail progresse grâce aux conseils éclairés de Régine, je termine les festons, mais n’ose pas faire les coins. Elle coupe le tissu qui dépasse à l’arrière, ôte les fils superflus. L’après midi sera consacré aux fleurs et aux escargots.

Midi .

Repas au restaurant « Les Sentiers » Cabri massalé,  (plat à 12 euros, copieux et bien préparé) en dessert glace ( goyavier-mangue- coco) et un verre de vin blanc. J’en ai pour 19 euros. La salle se remplit de randonneurs trempés et de touristes déjà croisés – ils étaient venus à la Maison de la Broderie -Heureusement que Régine m’a prêté un parapluie-. Je retourne au gîte avant de retourner en ville, cette fois-ci en voiture…


broderie 34Mon professeur est de retour, elle n’a pu s’empêcher de faire quelques points pour faire avancer l’ouvrage. Elle est contente d’avoir pu rentrer plus tôt, car avec les trombes d’eau tous les automobilistes redoutent les chutes de pierres près du Petit Serré. Ca promet demain : il paraît que les éboulements ont lieu après les pluies.



Elle m’explique comment faire les pastilles au milieu de la fleur, puis la couronne de broderie 35nœuds et enfin les points de reprise (un au dessus, un au dessous) pour les pétales : sur six lancers faire 12 lignes, puis sur 4 lancers 10 lignes et sur 2 lancers 8 lignes et un petit carré appelé marionnette (carré de 8 lignes) ce qui m’agace le plus, c’est les nœuds  qui se mettent dans  le fil…

Je regarde encore Régine et Jacqueline travailler, puis je les aide à fermer les volets.

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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 19:48

Il est dix-sept  heures ! après 7 heures de broderie, je rentre au gîte de Mme Bertha Gardebien.

broderie 21  Devant la maison un curiste de 73 ans fait des broderie 22mots fléchés, un couple avec une fillette rentrent de promenade, arrivent deux randonneuses parties la veille du Maïdo . Elles avaient dormi dans un gîte à Marla avant de passer le Taïbit pour descendre à Cilaos. La plus jeune était infirmière à Mayotte et sa maman l’avait rejointe et toutes deux venaient faire un séjour  de  10 jours à la Réunion.

L’histoire de ma logeuse

Cette petite dame souvent vêtue d’une robe mauve  a accroché dans l’entrée un diplôme attestant qu’elle avait bien été au Cap Nord. Alors, je lui ai demandé si elle voyageait souvent et si elle parlait l’anglais. Elle m’a dit tout de go : «  Moi, je suis une illettrée, je n’étais à l’école que jusqu’à l’âge de 9 ans. » A Ilet à Cordes, où elle est née, elle devait aider aux champs, semer et récolter les lentilles, pour la famille puis aider le voisinage pour les mêmes tâches. Sa maman brodait pour avoir un petit appoint. Ils élevaient aussi leur volaille.

Son époux travaillait dans le bâtiment : il partait deux semaines et ne rentrait qu’un week-end sur deux. Pendant ce temps, elle élevait ses enfants, tenait la maison. Puis elle a géré le gîte toute seule. Et grâce à cette activité, elle a pu participer à de nombreux voyages organisés : au Brésil, aux Etats – Unis, en Espagne. Celui qui lui a le plus plu était celui qui l’avait conduite au Canada, au Québec ! Son époux n’avait pas le temps de voyager, mais il l’a accompagné les dernières années. Aujourd’hui, elle vit seule dans le gîte mais accueille souvent ses enfants et ses petits enfants.

Il paraît qu’elle était une de premières habitantes de Cilaos à gérer un gîte. Aujourd’hui il en existe une dizaine (en comptant Bras Sec et Ilet à Cordes)

Capacité de ce "gîte de France 1 épi"
Il peut accueillir trois couples et une personne seule. La salle de bain et les toilettes sont communes. Les chambres sont étroites mais les sanitaires sont très propres.

broderie 24 broderie 23
Jardin et varangue

Il est situé à deux pas du centre ville, au n°50 rue Saint Louis. Un arrêt de bus de trouve devant maison et dans la rue parallèle. En face le snack "Chez Nénesse" où on peut manger à condition de réserver. Vue sur le Grand Bénard, le Piton ds Neiges,


broderie 26   broderie 25
                      devant le gîte

Un dîner d’échanges intéressant

Nous avons tous mangé ensemble le soir et Mma Gardebien née Tossam nous avait préparé un dîner succulent : gratin de potiron puis carry de bœuf et tarte aux pommes. Le tout arrosé d’un bordeaux. Punch en apéro et rhum arrangé au faham et écorce d’orange ou rhum arrangé aux fraises de bois.
Le monsieur âgé qui faisait sa cure nous a raconté qu’il était veuf depuis 40 ans, qu’il était retraité de la boulangerie depuis 15 ans et qu’il était originaire de Saint André. Habitant actuellement à Sainte Marie, il est venu en VSL à Cilaos et fait une cure de 3  semaines (de 8 heures à 10 heures du matin) Fatigué, il a quitté la table vers  19 heures.

             Nous autres avons encore discuté jusqu’à 22 heures. Ainsi j’ai appris par la jeune randonneuse, infirmière à Mayotte, qu’il  valait mieux visiter Mayotte en avril – mai, parce qu’en juillet et août soufflent les alizées.  Le couple de Saint Denis qui avait réservé le gîte pour une semaine regrette de devoir habiter le chef-lieu qui n’est pas très attractif. L’homme est pédopsychiatre et travaille en relation avec l’hôpital de Saint Paul et son épouse travaille pour la prévention et de la sécurité dans le domaine commercial  : elle en connaissait un rayon sur la taille des entreprises et le lobby automobile. Selon elle, il n’existe sur l’île que trois grosses entreprises : Ravatte, Caillé et les Chinois (ces derniers ne donnent pas le nom à leur entreprise) . La Réunion est le troisième département en ce concerne l’impôt sur les grandes fortunes.
             La maman de la jeune randonneuse a raconté le désenchantement de sa deuxième fille , responsable chez Manpower. Elle avait été formatée pour trouver des CDI aux demandeurs d’emplois et elle gagnait plus de 2500 euros et depuis la crise, à cause de délocalisation, son salaire est tombé à 1500 euros (elle ne touche plus de primes car elle n’arrive plus à placer les candidats au travail.) Pourtant sa mère l’avait mise en garde sur les limites du système capitaliste enseigné dans les écoles de commerce.

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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 07:42

Stage de broderie : 2e jour à Cilaos

broderie 17

Petit déjeuner avec deux randonneuses qui ont fait la veille Cilaos - le Taïbit - Marla (Aller-Retour) en 7 heures. Tartines à la confiture de papaye, café au lait. Bertha Gardebien, la propriétaire du gîte est déjà dans son jardin à nettoyer les platebandes de rosiers.

broderie 18Je descends à pied à la Maison de la Broderie  en faisant quelques photos de maisons, d’arbres.
Petit détour par le bureau de poste, où les gens font déjà la queue pour des opérations bancaires. J’achète des timbres pour le courrier international (Sénégal et Allemagne) 1 euro le timbre Marianne orange / Pour l’océan Indien, le tarif est plus bas certifie l’employé. Je poste mon courrier et arrive à l’atelier.

Mon professeur, Suzanne Maillot,  est déjà là. Elle fait déjà la poussière, ouvre les volets, aère ...
Suzanne Maillot, cheville ouvrière de l'Association des Brodeuses,  est née dans une famille de 12 enfants, dont deux sont morts en bas âge. Sa maman a connu Angèle Mac Auliffe, qui par ses talents a fait la renommée de Cilaos , elle qui avait introduit cet art qui a permis de faire vivre bien des familles pendant près d'un siècle. Angèle, dont la maman est morte à sa naissance, est enterrée à Saint Denis où elle a terminé ses jours, auprès de son frère, médecin. Mais leur père est enterré à Cilaos.

broderie 15aSuzanne était à l’école jusqu’en classe de 5e. Mais elle a suivi des cours du Greta pour compléter son éducation. De 16 ans à 20 ans elle était aux cours de broderie avec sœur Anastasie, avec une centaine d’élèves. Elle a ainsi préparé et obtenu son CAP de broderie. Ce qu’elle apprenait en formation , elle le restituait dans son foyer où sa maman et sa sœur reproduisaient les  points appris.  A l’époque il n’y avait guère d’autre possibilité pour les filles, soit elles  travaillaient aux champs, soit elles se lançaient dans la broderie, mais pendant leurs années de formation, elles ne gagnaient rien et ne pouvait rapporter aucun de leurs ouvrages, tout était vendu au profit de l’école. La brave soeur Anastasie racontait à qui voulait la croire qu’elle ne pouvait vivre que de la broderie, alors qu’elle était certainement subventionnée par plusieurs organismes.

Le matin avant le travail en atelier, il fallait réciter le chapelet, le silence était de rigueur – on entendait les mouches voler- dans la journée, on avait droit à 10 minutes de pause en tout et pour tout. Mais pendant ces trois années, Suzanne a appris toutes les techniques qu’elle possède désormais.

Pendant 18 ans, elle – même est devenue professeur dans l’école de broderie et en a vu passer des filles. Quarante ans de métier...
Qui prendra la relève à son départ en 2012 ?


Aujourd’hui elle travaille dans l’atelier avec Régine, Jacqueline et Dalida . Cette dernière  aurait dû s’appeler Danita, mais le secrétaire de mairie a mal orthographié son prénom- . C’est Dalida qui accueille les visiteurs et les guide, quand elle n’est pas assise à sa table avec son tambour à broder.

 broderie 14                              Régine et Jacqueline


Si Suzanne est là de 8h à 11h30 et de 13h à 16 heures, les trois autres brodeuses salariées quant à elles, sont là aux horaires d’ouverture au public, c'est-à-dire de 9 heures à 14 heures et de 14 heures à 17 heures. Au total chacune brode 6 heures par jour.

Je continue un peu la petite grille, quand Suzanne me dit d’arrêter vu que le point est maîtrisé. Aujourd’hui, on passe aux choses sérieuses, les fenêtres sont découpées, et les fils sont tirés, on évide aussi les piles.

broderie 10 broderie 11
                     découpe des fenêtres                          premiers lancers

Puis je fais  des surjets pour délimiter le tout, puis j’assemble  dans chaque pile 5 paquets de 4 fils. Puis on commence à faire des lancers avec du coton 50. Jusqu’à présent nous n’avions travaillé qu’avec du 100. Ce sont chaque fois 6 fils par côté.  

              broderie 12 
                             les fils lancés dans les fenêtres

A midi, je vais à la boulangerie et m’achète un sandwich pour 2,30 euros. Petit arrêt à l’Office du Tourisme, où je prends les horaires de bus Saint Louis- Cilaos, ainsi qu’un roman –Rouge  Cafrine -  pour meubler mes soirées.
Et je pars en direction de l’église et m’assieds sur les escaliers du jardin pour manger. Un papillon jaune vient me narguer. Je remonte vers l’usine de conditionnement d’eau de Cilaos, passe devant un ancien hôtel thermal toujours à l’abandon, puis descends des marches le long desquelles coulent deux petites cascades.

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vue sur la rue commerçante depuis l'église           la petite cascade au pied de l'hôtel abandonné

En bas un espace de jeux pour les enfants. Je reviens au gîte pour chercher mes ciseaux et me rafraîchir (il fait très chaud, on transpire à grosses gouttes) puis trouve  un raccourci pour revenir au centre ville : un petite chemin de traverse goudronné avec des escaliers. Je passe devant l’arrêt de bus , la Maison de Chais de Cilaos, le collège Alsace Corré et me revoilà devant mon lieu de travail.

     L’après –midi on poursuit le travail de lancers, on fait les point de nœuds sur les fils broderie 13des piles, puis pour terminer on met un fil de bourrage pour délimiter les points de feston.

Attention au niveau des piles, il faut  remonter la pile, moins serrer le feston et faire un point plus grand, attention aussi au coin, bien veiller à faire un bel arrondi… Comme Suzanne part vers 16 heures je me fais conseiller par Régine.

 

Régine recouvre les tambours pour protéger la broderie des chiures de margouillats… Puis je rentre à pied au gîte de Mme Gardebien. 

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