Sur certains arbres de la Réunion, il est courant de voir à la même période le fruit et la fleur. Cette semaine, je me suis arrêtée près d’un carambolier énorme, ici on dit plutôt « pied de carambole ».
Des caramboles innombrables jonchaient le sol. Une randonneuse en choisit quelques-unes Je lève les yeux et aperçois une fleur superbe, je n’avais jamais encore vu celle du carambolier ...
Les rafales de vent générées par le cyclone Belal n’ont pas épargné les grands palmiers de Grand Anse. De nombreuses palmes manquent, un spectacle assez inhabituel. Mais les touristes ne se lassent pas de photographier l’endroit … pour sa beauté.
Et aujourd’hui encore, les branchages s’entassent le long de l’océan, branchages venus de la mer et de la terre…
Le soir du 21 février, il fait encore chaud mais une autre dépression s'approche et le vent redouble, la pluie est imminente.
Ne vous y méprenez pas ! Quand on parle à la Réunion de « pistaches » il s’agit en fait d’arachides ou de cacahouètes…
Autrefois, raconte Dauphin, à Petite Ile, sa maman récoltait les pistaches pour M. Gonthier, un riche propriétaire : à ce travail fastidieux, long, s’associaient souvent les marmailles.
Les pistaches sont d’abord « tirées » du sol, les plants se détachent relativement bien sauf si de mauvaises herbes s’y sont fixées. On coupe les feuilles vertes pour ne garder que les racines.
Une fois sorties de terre les branches encore remplies de terre sont étalées et on en arrache les fruits.On les étale par terre au soleil pour les faire sécher. Puis on les met en sacs.C’étaient des ballots très lourds de ces fruits qui étaient chargés sur des camions.
Mais aujourd’hui ce n’est qu’un sac que mon hôte a rapporté de son petit terrain où il avait planté les arachides Et assis sur la varangue, à trois, nous séparons les branches des fruits. Une belle récolte !
Le Réunionnais aime manger les pistaches grillées, mais aussi bouillies…
Une partie importante sera réservée aux futures plantations et il faudra les faire sécher au soleil.
Marie Ange en prélève quelques poignées qu’elle jette dans une cocotte-minute remplie d’eau salée et les fait cuire. Un régal ! Toute la famille s’est jetée sur les délicieuses pistaches encore tièdes.
Nous laissons les voitures au stade et remontons vers le stade de tennis. La montée dans le sentier rocheux est agréable grâce à l’ombre prodiguée par la forêt.
Arrêt aux endroits aménagés pour les amateurs de dessin (banc, conseil, observation des végétaux). Parfois une trouée permet de plonger son regard sur le village de l’Entre-Deux, le Bras de la Plaine et le Tampon…
La promenade depuis la citerne devient moins agréable sur la route bétonnée qui concentre et réfléchit la chaleur.
Arrêt à un belvédère où un nouveau banc a été installé. Vue sur l’Entre Deux..
On cherche l’ombre, on s’arrête pour chercher des jamblons murs.
Marcher sur la crête peut être dangereux si on s’éloigne de la route : à gauche, c’est le bras de Cilaos et avoir la vue sur l’îlet Furcy nécessite de s’avancer un peu vers la falaise vertigineuse.
Sous un soleil de plomb nous continuons jusqu’à la citerne suivante, empruntons le sentier en terre.
Les randonneuses qui nous ont précédées, sont entrées dans une propriété privée dans la descente et les gens qui vivaient là leur ont expliqué vouloir installer ici une « tisanerie », idée intéressante qui peut plaire aux randonneurs assoiffés après la longue montée sous le soleil…
Nous remontons un peu et apercevons les sentiers du Dimitile…
Puis la descente est amorcée. Galets, racines, nombreux lacets toujours à l’ombre jusqu’au village où nous nous asseyons sous un manguier.
L’une d’entre nous prend la route à droite pour revenir au stade et nous autres continuons pendant un quart d’heure dans le village pour rejoindre le sentier Roselie, deuxième étape de notre randonnée. C’est l’occasion de constater que l’on construit beaucoup et qu’il existe malgré tout encore de nombreuses cases créoles encore préservées, mais les prédateurs sont aux abois et dès qu’une vieille case gêne, au lieu de la réhabiliter on préfère détruire…
Espérons que la municipalité veillera au grain et sauvera ce patrimoine !
Dans le Parc des palmiers du Tampon, sur le parcours « jardin à thèmes » une allée de palmiers bas retient l’attention du promeneur : au milieu de feuilles disposées en cercle, pousse un cœur immense qui au début de sa croissance ressemble à une pomme de pin. Avec les années, ce cœur devient énorme !
Cette plante est un « sagou » ou « cycas du Japon » une plante rescapée des temps géologiques anciens qui ressemble à une fougère arborescente basse. Elle croît lentement ! Mais ce n’est ni une fougère, ni un palmier, elle appartient à l’ordre des gymnospermes (plantes à graines non contenues dans le fruit).
Le cycas serait une plante toxique, mais cela n’enlève rien à sa beauté !
En traversant le village de l’Entre Deux, nous sommes toujours éblouis par la variété des plantes tropicales qui poussent dans les jardins créoles.
Parmi celles-ci il en est une qui mérite bien un article, c’est une plante à grappes roses : la medinilla magnifica. L’arbuste qui aime les emplacements lumineux peut atteindre deux mètres et peut posséder une centaine de fleurs…
Aux Philippines, on l’appelle kapa-kapa, en anglais « chandelier tree, showy melastome, malaysan orchid.
Son nom vient du nom d’un gouverneur de la péninsule des Mariannes du XVIIe siècle : José de Medinilla y Pineda.
Ce dimanche avec Solange, Danièle, Claire et Christiane, nous avons décidé de monter le Côteau Sec, redescendre en ville et rejoindre le sentier Rosélie, faire l’ascension et redescendre à l’Entre Deux.
Voilà le résumé de la deuxième partie de notre expédition. La grimpette du sentier ROSELIE. D’abord, il fallait trouver le début du sentier et son balisage. Pas évident !
Nous accostons un homme du village : ce dernier laisse tomber ses outils et sort de sa cour pour nous indiquer le chemin.
Nous devons remonter la rue Laurent Lauret. Au N°14 un panneau indique « ROSELIE ZEBRE 50 m à droite. Donc, cinquante mètres plus loin, nous trouvons l’embranchement : une pancarte vieillotte illisible est toujours installée là, nous prenons le chemin de gauche et ce sont 100 m de dénivelé qui nous attendent.
Nous laissons derrière nous les plantations maraîchères, passons devant une serre et bientôt commence une montée escarpée dans la forêt ! Il fait très chaud et nos bouteilles d’eau se vident très vite. Balade plutôt sportive et les bâtons sont bien utiles. Heureusement que le terrain est sec. Je pense que détrempé il doit être très dangereux. Nous croisons quelques coureurs qui s’entraînent…
Parfois à travers une trouée nous admirons le paysage de la vallée et des contreforts rocheux du Dimitile.
Au bout de 20 à 25 minutes d’effort, nous voilà à l’embranchement Zèbre-Rosélie et nous décidons de redescendre vers le village par le Sentier Le Bord.
Nous nous asseyons à l’ombre pour pique-niquer avant d’amorcer la descente, là aussi le terrain est très accidenté, très caillouteux, bordé de fougères et de buissons. Nous arrivons au village, passons par la route et longeons de nombreuses villas créoles encore épargnées par la « folie destructrice » des promoteurs de l’île. La commune est relativement privilégiée : les immeubles à étages ne sont pas encore légion.
Ces petits poulets déplumés, aux grands yeux, et à crête rouge qui apparaissent sur les toilettes du terrain Paddock de Grand Bois ou sur le mur d’une dépendance de l’ancienne usine sucrière sont l’œuvre d’un grapheur originaire d’Algérie venu en France à l’âge de 7 ans : Fouad CEET
Ses poulets qu’il a fait naître en Chine en 2002 , et qu’il appelle « les chicanos » sont des parodies des humains, de ceux qui ne peuvent pas voler de leurs propres ailes … de tous ces êtres confinés, dépendant les uns des autres.
Le grapheur veut pousser les hommes à sortir et à voir le monde ! Un message que beaucoup de Réunionnais devraient méditer…
Ces poulets seraient présents dans le monde entier : New York, Pékin, Capt Town, Marrakech, Paris…
Pour aller au travail, aux champs par exemple, on emportait son carri ! Ce récipient a trois étages pour une raison bien précise. On l'appelle ici "garde-manger"
Un étage est réservé au riz, le second aux grains, le troisième au carri ! Ainsi les ingrédients ne se mélangent pas.
Si les anciens étaient en fer blanc, les plus récents sont en inox…
En évoquant cette découverte, j’ai eu un éclairage supplémentaire d’une amie qui a travaillé en Nouvelle Calédonie.
Il existait sur cette île « un service de gamelles », service effectué par des particuliers, des traiteurs, qui préparent les repas pour la semaine et le client va la chercher pour l’emporter au travail, mange son contenu, rapporte "la gamelle" et plus tard reprend la suivante… Et là chaque étage de ce contenant est réservé à l’entrée, au plat principal et au dessert…
On appelait d’ailleurs ce récipient fabriqué par les Chinois « la gamelle ». Ce sont aussi vraisemblablement les Chinois qui ont introduit cette "gamelle" à la Réunion. Plus écologique que les barquettes en plastique qui inondent l'île, c'est sûr !
Au terrain Paddock, non loin des fameux banians, en face de l’ancienne usine sucrière, la ville a eu l’idée géniale d’aménager une zone pour rafraîchir les marmailles.
Le mercredi ça fourmille d’enfant venus profiter des jets d’eau !
Et juste à côté de cette zone, à l’ombre des arbres géants ont été installés quelques tables pour pique-niquer ou se reposer face à l’océan.