Au lieu d’aller acheter une dodo dans la tit boutik chinois et de la boire sous les arbres au bord de l’océan, je me suis arrêtée un peu plus loin à Terre Sainte avec Durga chez un glacier, installé là depuis 3 ou 4 ans !
Céline, la patronne, nous propose ses glaces bio préparées par un glacier de Trois Bassins: patate douce-miel-rhum, dachatine-piment, citron péi, vanille bourbon, café, chocolat, goyavier… un grand choix avec des parfums inédits. Nous décidons de nous installer à l’intérieur : à peine quelques tables où nous dégustons notre glace alors que nous aurions tout aussi bien nous asseoir sur un banc sous les banians …
Dans ce petit local, on prépare des petits déjeuners et même des salades. Pâtisseries et pains sont aussi proposés.
Malgré la pluie menaçante, je décide ce jour-là de quitter la ligne des 600 pour accéder à l’antenne relais située en amont évidemment. J’emprunte la petite route qui longe l’épicerie et marche une bonne demi-heure sur la route goudronnée bien abîmée par les intempéries. Ici les cases sont encore de dimension modeste, quelques abris en tôle font office d’abris pour des animaux, des outils de jardin… l’endroit est rural. Mais des voitures il y en a comme toujours beaucoup devant les maisons, ici la camionnette est plus fréquente, sûrement pour le transport des produits maraîchers.
La montée est raide, mais agréable. De la végétation luxuriante colonise les murs, les talus. Les fougères arborescentes se développent avec bonheur depuis que leur espèce est protégée.
A la faveur des conditions pluvieuses, grandissent aussi les feuilles de songe.
Le chouchou est roi… Le bambou que l’on tresse au village y pousse aussi.
Je fais une rapide incursion dans la petite « impasse du relais » laquelle est bordée de fruitiers, -surtout des agrumes- et permet une vue dégagée sur le littoral.
Je reviens sur mes pas et rejoins la petite route pour remonter plus haut et suivre le chemin de terre à droite qui aboutit à l’antenne relais.
Quelques grands arbres remarquables ont encore leur place le long du chemin.
Et c’est le règne du silence, et des oiseaux… cardinal, martins, zoizos blancs, zoizos verts, tec-tecs…Plus on avance vers l’antenne, plus les chants des oiseaux se multiplient.
Un verger de tangors, des champs cultivés à droite et sur la gauche toujours des cultures au pied des massifs montagneux…
D’ailleurs le sentier qui aboutit ici porte bien le nom « sentier des agriculteurs ».
Une table d’orientation a le mérite d’exister ici mais les cannes empêchent de voir le paysage qui y est décrit.
Un panneau donne le descriptif de l’antenne située plus haut !
Vue depuis l'antenne :
Retour à Manapany-les-Hauts sous une petite « farine » accompagnée par le bruit de l’eau qui dévale de la montagne au milieu de galets…
J’aurai marché une petite heure dans la nature ! Que du bonheur !
J’ai été accueillie ce mardi pendant une petite heure dans l’atelier de tressage. La responsable était absente : elle coupait des bambous au Relais avec des stagiaires.
Malgré tout, Sylvie, Gillette, Selène et Jean Pierre, des bénévoles, m’ont proposé une chaise et ont bavardé un brin avec moi pendant qu’ils râpaient des lanières de bambou avec de grands couteaux.
La dureté de ces brins est ce qui m’a le plus impressionné : rien à voir avec la souplesse du vacoa, du vétiver, de la tige d’agapanthe, du jonc et même de l’osier (lequel est humidifié). Pendant tout le temps que nous avons causé, tous les quatre amincissaient des lanières de même dimension avec un énorme couteau de cuisine. Près de 8 minutes pour une seule tige… « Il faut 17 de ces brins pour fabriquer un petit panier à fruits », précise Gillette à Selène. Ces bénévoles les mettent en commun et l’une d’entre elle ensuite s’attelle au tressage.
Une autre découverte : leurs genoux étaient protégés par des linges : on se salit facilement, les échardes peuvent entrer dans le vêtement ou le couteau peut déraper ! Jean Pierre a d’ailleurs failli se faire mal et a bien enveloppé sa cuisse d’une serviette doublée…
J’ai eu des informations sur les finitions : les tiges sont repliées et si elles sont trop dures on peut les amincir, me raconte Sylvie en alliant le geste à la parole. Parfois on termine par un ourlet de vacoa…
Gillette m’explique aussi qu’on peut prendre le brin entier avec le nœud mais il faut bien râper dans le sens qui convient. Ce genre de brin sert à faire de plus grands contenants.
Leur atelier a pu partir en métropole et découvrir le tressage de l’osier dans le Sud de la France. Elles ont aimé le contact avec cette matière.
Quand la cheffe est revenue, on m’a gentiment demandé de laisser la place aux stagiaires, et je n’ai pas osé insister alors que je pensais payer mon adhésion et pouvoir participer à un atelier. Dommage ! Mais je n’étais pas là au bon moment. Je peux comprendre la responsable, un ti guiguine surprise de me voir là !
Retour des stagiaires : leurs tiges coupées à la machette seront divisées en deux puis en quatre avant d’être redécoupées en fine lanières… Au boulot ! ou plutôt « au bambou !
Un grand merci à Gillette, Sylvie et Sélène pour leur accueil et ce bon moment de partage !
Sous l’ Office de Tourisme de Saint Pierre, une salle d’expo a été créé en 2014 : le HANGART.
On y propose du 11 février au 9 mars une exposition réunissant près de 80 artistes et intitulée « Ansanm » (comprenez « ensemble »). Un voyage au milieu de sujets divers et variés et des techniques propres à chaque plasticien.
A voir absolument, mais seulement le samedi et le dimanche… et dire que le 9 mars elle se termine déjà !
Dans plusieurs logements de l’île, notamment à Petite Ile, Manapany les Hauts, j’ai eu la surprise de voir de gros ventilateurs qui rafraîchissaient l’air.
On m’explique qu’on avait droit à la Réunion à ces brasseurs d’air pour 1 euro ! Et tous ont désormais une télécommande qui pilote le courant et le ventilo !
Ceci pour éviter la pose de climatiseurs. Le seul inconvénient de la pose de ces énormes pales était la hauteur des cases : dans les cases à plafond bas ces engins ne pouvaient être installés…
« La Fête des Lanternes » marque la fin des festivités du Nouvel An Chinois.
Sur le front de mer, ce dimanche 3 mars, dans le jardin de la Plage, à la faveur d’un temps clément (jusque vers 11H30) de nombreuses prestations ont eu lieu sur le podium.
Des ateliers proposés par la communauté chinoise ont été pris d’assaut, comme ceux de calligraphie, de mahjong, de peinture, de cerf - volants…
Dans certains stands, on pouvait découvrir l’art du bonzaï, un groupe de musique, des boutiques vendant des lanternes décorées, la généalogie de Bourbon, la technique du calcul avec un boulier, tressage de bambou, ..
Compliqué de passer ou de s’arrêter dans le passage étroit, pire qu’au marché de St Pierre… L’endroit n’est peut-être pas le mieux choisi pour accueillir tant de visiteurs … d’autant que sur l’île ce devait être la seule manifestation de ce genre …
Nous avons quitté ces lieux, craignant que la pluie torrentielle ne gâche notre promenade. Mais c’était très intéressant de constater que la communauté chinoise aime à faire partager sa culture ! Et nous avons eu de très bons contacts avec les animateurs de ces ateliers...
Les enfants faisaient preuve d’imagination autrefois pour créer leurs jouets. Et le recyclage existait déjà ! On n’a rien inventé. Autrefois par exemple, ils fabriquaient leur « loto » (voiture)
La boîte de « sardines Robert » devenait le corps de leur « loto », les capsules de bières se transformaient en roues. On perçait la boîte et un bâtonnet de bois reliait les roues. Parfois on rajoutait un toit pour le conducteur… (vu au petit musée lontan de Grand Bois)
Il fallait aussi penser à accrocher une ficelle pour pouvoir faire avancer l’objet.
Aujourd’hui on interdirait même aux enfants d’y jouer parce que les parties métalliques pourraient les blesser…
N’empêche que les marmailles étaient au grand air, inventaient et s’amusaient ensemble.
Les écrans en 2024 captent l’attention et volent le temps des enfants désormais passifs et de moins en moins créatifs. Quel enfant aujourd’hui construit encore son petit bateau ou sa voiture avec des moyens de fortune ?
À Bourg-Murat, non loin de la maison du Volcan sur la route du volcan, il est une case où on peut acheter des fromages de La Grande Ferme.
Tous sont au lait de vache, lait cru. On en trouve au piment, aux fines herbes, à l’ail, au combava… Certains sont frais, d’autres plus faits. Il y en a pour tous les goûts.
On peut aussi s’asseoir à table, boire un café, manger des gâteaux lontan… banane ananas, ti son, patate douce… ou des crêpes. L’endroit ne paye pas de mine mais l’accueil est charmant. Une petite halte à faire au retour de la visite du Piton de la Fournaise…