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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 18:17

Hier après-midi, escapade à Saint Denis pour récupérer nos visas pour l’Inde. Cette fois – ci , nous avons bien trouvé la Rue du Maréchal Leclerc et n’avons pas descendu toute la rue piétonne jusqu’à une centaine de pas du front de mer comme il y a dix jours.(Cette artère est immense : plus d’un kilomètre dont la moitié en rue piétonne ). Sous la chaleur, cette descente était un vrai calvaire. D'ailleurs il fait toujours très chaud à Saint Denis !

 En fait, pour trouver le consulat, il est bien plus aisé de venir par le front de mer : il suffit de longer le Barachois direction Saint André et de bifurquer à droite juste avant la gare routière, puis tourner à gauche. Et nous y voilà. Le consulat est situé au n°266, au troisième étage d’un immeuble quelconque.

10-1a 10-1b

 Pour tuer le temps avant l’ouverture des bureaux, nous avons remonté la Rue du 10-1cMaréchal à pied. Ce boulevard de Saint Denis est peu engageant, pas de verdure, pas d’ombre, seulement du béton, des terrains vagues, des immeubles en construction… Beaucoup de circulation et peu de piétons, forcément ! Quelques magasins sympas : tissus, produits indiens, jouets, boutique où on peut faire des photos d’identité…

 

 Nous avons pris à gauche la rue Saint Jacques jusqu’à l’église du même nom. Dans un petit restaurant faisant face à la pension Aïcha, nous avons bu un bon petit café, puis sommes entrés dans l’église.

10-1d

                                             L’église Saint Jacques

Elle est étonnante ! Des bancs devant l’autel, derrière l’autel, et de part et d’autre de l’autel. Cet édifice paraît immense. Il donne aussi l’impression d’être bien entretenu par ses paroissiens.

10-1e 10-1k

                                      une nef profonde                                 

10-1j 10-1f

             un transept de grande dimension

Depuis ce sanctuaire, on domine la rue St Jacques qui dévale en pente douce vers l’océan. Au loin, se profile la tour des pompiers. 

 Et à l'arrière de l'église,  une tour qui fait office de clocher et quelques jolies maisons créoles encore épargnées par la boulimie immobilière. Et sans discontinuer, une circulation très dense.

 10-1h 10-1i

vue de l'ocean depuis les portes de l'église            vue des Hauts de St Denis,clocher

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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 09:49

Le goni, quelle merveille ! On l'utilisait autrefois pour confectionner des sacs pour le fourrage, ou la récolte. On s’entourait les pieds et les jambes de goni pour aller travailler dans les champs de canne, ça vous protégeait des fourmis, et faisait office de chaussure. On en prélevait aussi des habits ( « des linges », comme on dit ici !) Et figurez-vous que le goni servait aussi de porte ! De quoi s’agit-il ?

Le goni, c’est tout simplement de la toile de jute.

 

Les "Savates – goni" de Lucette savates goni zip

Et le goni est aussi utilisé pour la confection de "savates lontan" utiles pour se déplacer dans la case. Avant les deux-doigts, on portait des savates en tissu, dont la semelle était couverte de goni, des savates cousues -main s’il vous plaît.

A Grand Bois, Lucette, la doyenne âgée de 83 ans réalise toujours pour l’association ces petites merveilles pour un prix dérisoire. Je me suis laissé tenter.

 

 

 

savates goni (2)zip  savates goni (3)zip

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 15:58

… Ali Salem, auteur de La FUMEE D’ANTAN LONGTEMPS

 

Ce mois-ci, à la fête de Grand Bois, j’avais acheté un récit autobiographique d’un jeune né ici-même ali salem2en juin 1978. Ali Salem, dans son livre «La Fumée d’antan, longtemps… » paru en juillet 2010,  raconte son enfance à la Réunion. Il y parle de l’usine sucrière, de sa famille, de la coupe de la canne, des jeux, de la musique… autant de sujets qui l’ont marqué. Aujourd’hui, il est dans le monde du spectacle à Paris, il a quitté son île, avec regret, mais il fallait bien travailler pour gagner sa vie et à la Réunion, on est bien limité.

Suite à la lecture de cet ouvrage, j’ai contacté Ali Salem par email, par le biais de la Maison d’édition «  Jets d’encre »  et lui ai demandé l’autorisation de publier le passage concernant « le Bassin 18 », requête à laquelle il a répondu immédiatement très favorablement. Voilà donc  cet extrait :

 

« Le Bassin 18 est situé à l’entrée de Grand- Bois. On peut encore passer par le petit pont. Imaginez-vous dans un bus bondé d’enfants, comme suspendu dans le vide, le spectacle reste impressionant. On a imaginé toutes sortes de grosses bébêtes peuplant ce bassin, qui aussi incroyable et étrange hante toujours nos esprits et semble abriter une vérité. »p.69

Je tiens à vous préciser qu’à  la Réunion, « bébêtes » a le sens de « monstres » et non de « bestioles »

 Dans son courriel, Ali me joint aussi le texte original qu'il avait remis à l’éditeur, un texte d’une cinquantaine de lignes, ô combien plus riche en informations. Mais voilà, la maison d’édition avait bien épuré ce passage. On y apprend par exemple qu’autrefois le niveau du bassin lui semblait plus élevé et que l’eau était plus profonde. Les enfants s’inventaient des pieuvres géantes, des requins « chagrins » assoiffés et des murènes, des trésors cachés par des pirates et surveillés par des monstres marins. Ils imaginaient un gouffre sans fond, un enfer d’où on ne revenait jamais.

Des croix signalent des corps disparus ici, jamais repêchés. Il suffisait d’évoquer les croix aux enfants pour les dissuader de s’y aventurer. Les lieux étaient hostiles : la mer qui se fracassait contre la roche, la falaise escarpée, très haute, l’aspect sauvage …

 

Bassin-18-g.jpg

                         Vue en plongée du Bassin 18, manioc marron au premier plan.

  Le bassin était aussi un bon moyen pour les parents de faire peur à leur progéniture. Quand l’enfant n'était pas sage, les adultes racontaient qu’il n’était pas leur fils, mais qu’ils l’avaient trouvé dans le Bassin 18 ; il arrivait aussi que les parents menacent d’y jeter le « marmaille »  trop turbulent pour le punir. Oté ! lé fini ce temps-là...

  Et si dans certaines contrées, on abordait le tabou de la naissance en disant que les garçons naissaient dans les choux, et  les filles dans les roses, à Grand Bois, on expliquait que l’enfant était venu au monde dans le Bassin 18 ! Et pourquoi pas ?

Alors voilà, le Bassin 18 servait de prétexte : la naissance, la vie et la mort des Grands- Boisiens, tout tournait autour de ce lieu mystérieux, cauchemardesque.  J’ignore ce qu’il en est à l’heure actuelle…

Merci à l’auteur pour toutes ces précisions.

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 22:04

Faut le faire !

jace1On voit ses gouzous « petits bonshommes moutarde » dans les endroits les plus insolites parfois.

Jace, artiste local, doit aimer les acrobaties et ne pas être sujet au vertige pour réaliser des fresques sur des rochers surplombant des précipices.

Là encore, voilà qu’il a décoré un pont de la Route des Tamarins enjambant une ravine, au-dessus de Saint Leu. Depuis l’ancienne RN, on voit bien le fond bleu du dessin, en zoomant voilà ce que cela donne !

Il s’agit maintenant de l’interpréter : rappel de l’océan qui est parallèle à cette quatre-voie, gouzous surfant la vague, impression de vitesse créée par la position des bonshommes se déplaçant au-dessus de l’eau. Opposition statisme- dynamisme : statisme du nageur et de la vache, scotchés par ce qu’ils voient, dynamisme des vagues et du surfeur(debout sur un pétard ? une fusée ? un surf ?… ) L’accent a été mis sur la rapidité. La route des Tamarins a effectivement facilité les déplacements dans l’Ouest de l’île. Et le « bouchon qui saute », quel symbole...

jace4

 

Mais  voilà ! cette « autoroute » n’a pas réglé le problème des bouchons qui asphyxient Saint Paul et Saint Denis, ni ceux de Saint Pierre et de Saint Jo. Les goulets d’étranglement sont toujours là. Et notre président de région pense résoudre le problème grâce aux  bus… il en faudrait des voies supplémentaires pour rendre ce projet réalisable, on est en peine « fiction » !

Jace bouchon                                        un bouchon entre Saint Paul et la Possession

Justement, on pourrait parler de l’embouteillage occasionné aussi ce matin à Saint Pierre. Une seule rue était bloquée par des riverains lassés de la circulation et des excès de vitesse dans leur quartier (une rue perpendiculaire à la RN)  et tous les usagers de la route, même les bus,  ont été piégés. Du rond-point de Grand Bois au rond-point Canabady, en passant par la route de l’Hôpital, on avançait à une allure d’escargot. 40 minutes pour un trajet qui en temps normal dure 15 minutes. Quand on arrive au boulot on a du mal à se dire « bon-jour ! » La réunion de gynécologues du CHR e dû être reportée faute de présents à l’appel.  A quand donc le contournement de Saint Pierre ? A quand l’incitation au covoiturage ?

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 17:06

Encore une appellation saugrenue, me direz-vous. Déjà qu’ici on appelle certains villages le 19e, le 14e… voilà que les bassins ont aussi des matricules ! En fait, un seul bassin a un nom suivi d’un nombre à la Réunion.

Mercredi dernier,quand j’étais à Grand Bois à mon stage de tressage de vacoa, j’ai demandé aux braves dames qui venaient là faire profiter les novices de leur savoir-faire, si elles étaient originaires de la Cafrine. L’une m’a dit, « Je viens de La Ravine des Cafres », l’autre «  Moi, je suis née  à Grands Bois » et une autre « Moi, j’habite à  Bassin 18 ». Ce n’était pas la première fois que j’entendais ce nom.

 

Bassin 18b                                                                    Le Bassin 18
 

Piquée par la curiosité, j’ai demandé à cette dernière l’origine de ce lieu-dit. En fait cette appellation résulterait d’une erreur de transcription :  « Le Bassin des Huîtres » est devenu le Bassin 18 (dix-huit). Le créole ne prononce pas les « r », il dira : « bassin des huit’ » Et voilà, le tour est joué, l’énigme est résolue. Elles me racontent qu’autrefois toutes avaient coutume de fréquenter ce bassin bleu pour chercher des moules et des huîtres, de petites huîtres, pas comme celle qu’on vend en métropole. Elles ajoutent qu’il faut absolument  voir l’endroit rien que pour la couleur de l’eau, une eau turquoise, et m’indiquent comment y accéder : il faut emprunter l’ancienne route qui menait à Grands Bois, depuis l’hôpital, on se dirige vers Grands Bois, mais on bifurque au panneau indiquant « Ravine des Cafres ».

Bassin 18aAu retour d'une promenade, François et moi, nous nous y arrêterons quelques jours plus tard. Avant le pont étroit qui enjambe la ravine, sur la gauche un petit parking. Nous descendons de voiture pour admirer ce lieu sauvage.

 

 

 

bassin 18eUn petit sentier, à droite avant le pont, passe dans une zone herbacée qui couvre la roche noire volcanique résultant de l’éruption du Piton Mont vert (éruption vieille de 20.000 années)

 

 

 

 

 

  

bassin 18 fOn domine le gouffre, qui s’ouvre sur l’Océan. Dans les rochers nichent une foule d’oiseaux. Du bassin situé sous le pont part un ruisseau qui se jette dans la mer au milieu des éboulis de roche friable.

Deux pêcheurs téméraires, au bas de la falaise, surveillent leur flotteur.

  

  

  

  

 

bassin 18cNous apprendrons quelques jours plus tard, par Geneviève, une de nos connaissances, que des légendes circulent au sujet de ce bassin, et qu’on interdisait aux enfants de s’aventurer là. Il est vrai que l’accès n’est aucunement sécurisé, je n’irais pas m’y promener avec des enfants, mais quel bel endroit pour se reposer et méditer ! De là, on voit  vers le sud le rocher de Petite Ile, au nord Saint Pierre, à main gauche la ravine des Cafres et le Piton.

 

 

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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 18:07

Une petite heure, à faire par temps sec.

Piton Mont Vert 0

                                  un chemin de terre mène vers un parking au fond, près d'un champ de cannes

Nous avons recherché sur Clicanoo, l’article décrivant cette rando, et sommes partis ce dimanche matin à la rencontre de ce cratère situé à 10 minutes de Saint Pierre. Mais les explications du journal ne nous ont pas été d’une grande utilité (mauvais fléchages, lieux décrits erronés parfois)

Alors voilà, il faut prendre la route de Mont-Vert les Bas, puis à Montvert suivre la direction de Petite Ile, et quand on voit le conteneur à verres vert, ralentir et prendre le chemin à gauche : panneau- flèche bleu du Conseil Général « Piton Mont-Vert » (parfois couvert par la végétation), puis continuer jusqu’à voir sur la droite « l'allée du Piton Mont-Vert », chemin de terre qui s’enfonce au milieu de champs de canne jusqu’à un petit parking  situé au pied de la balade. – Si votre route goudronnée commence à descendre et que vous avez toujours une vue sur le massif du Piton des Neiges, vous devez rebrousser chemin… et ne pas rater « l’allée du Piton ». Du chemin,  on distingue un grand panneau bleu de l’ONF. On se trouve au milieu du piton qui s’ouvre en forme de croissant. Qui dit « piton » dit « résultat d’une éruption volcanique ». Ce piton – là s’est formé voilà 20000 ans. Les coulées ont recouvert la Ravine des Cafres et celle de l’Anse. Sa forme est celle d’un « cône égueulé ».

Pour plus de détails un livre super-intéressant sur la géologie : "Le Piton de la Fournaise De la Contemplation à la Compréhension" ouvrage édité par la Maison du Volcan.

Piton Mont-Vert

Piton Mont Vert 2  Piton Mont Vert 3

Nous ne sommes pas accompagnés du gestionnaire, mais osons la balade. Ce qui surprend à la Réunion et qu’on met des interdits alors que la presse locale fait le descriptif de la rando pour inciter la population à découvrir… Nous mettrons moins d’une heure à faire le circuit sur ce sentier de terre très étroit au milieu d’une végétation dense, avec de nombreuses pauses – photo !

Piton Mont Vert 7  Piton Mont fougères

troncs rouges fins et lisses des goyaviers                                                                       fougères

Derrière le panneau grimpe un petit sentier, souvent envahi par les fougères, une montée raide  au milieu des vacoas, des goyaviers, du bois de nèfle…De temps à autre des roches nues, des bombes volcaniques. Mais ce qui attire plus le regard est la végétation : les racines fantasques des du pandanus (ou vacoa), le pimpin, fruit de cet arbre, les troncs parfois lisses, parfois tachetés, ou rugueux des arbres, la diversité des fougères. Notre promenade est égayée par les chants des oiseaux. Parfois on entend le bruissement d’un lézard, on voit un papillon.

Piton MV pandanus  PMV pimpin )                         

pandanus (ou "vacoa"                                               le pimpin, fruit du pandanus

 Il doit faire bon se promener ici en été pour échapper à la chaleur. Après la montée, au niveau du col, nous prenons à gauche et amorçons la descente, et arrivons devant un panneau qui met en garde : « sentier glissant ». Là, au dire de l’article de presse,  devait se trouver autrefois un kiosque duquel on avait une vue sur St Pierre, mais un rideau d’arbres empêche de voir au loin. Lors de dette rando, à trois reprises, nous avions une petite fenêtre sur l’océan, une fenêtre… plutôt un soupirail… Dommage !

 

Piton Mont Vert 9

                                                          rares vues sur l'océanPiton Mont Vert 5

La descente est escarpée, mais le sol de terre rouge aujourd’hui est sec, nous nous tenons parfois aux fins troncs orange des goyaviers pour descendre les marches. Nous entendons les aboiements des chiens qui remontent des cases de Mont-Vert. Des bois de couleur...

Piton Mont Vert 8 Piton MV bois de rempart

canne marron ?                                                   Bois de rempart

Quand nous arrivons en vue du parking, nous pensons être au bout du chemin, mais il va falloirPiton MV conflore remonter deux ou trois fois avant de replonger.

Et là, ce ne sont pas des champs de bananiers qu’il faut longer ( il reste une petite zone de bananiers rescapés, mais assez à l'écart du circuit) mais des champs de canne.

Nous photographions dans le champ le conflore, (ou safran marron) des fleurs blanches, ( ageratum riparia) bleues (ageratum conyzoides, ou herbe à bouc ), jaunes…

                                                                              conflore ou safran marron      

                                  

Piton MV ageratina riparia-copie-1 Piton MV 2

ageratina riparia                                                                          herbe à bouc

 

Avons été ravis de découvrir Mont-Vert et son piton !

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 17:43

  Prononcez "goutt un pti boutt"

 

dégustation 0Le 19 septembre, une dégustation de « mets  lontan » ( comprenez « mets d’autrefois ») était proposée aux visiteurs de la Journée du Patrimoine à la Cafrine.

Déjà, de bon matin, on servait dans la varangue du « rizchauffé ».  De larges feuilles de raisiniers (arbre –raisin)  en guise d’assiette, et les doigts à la place de la cuiller.

Betty, que nous avons surprise en train de se régaler de son riz accommodé de rougail, se servait d’une nageoire de morue pour manger.

 

Puis les bénévoles ont joliment décoré une longue table et y ont posé des dégustation1plateaux remplis de mets plus succulents les uns que les autres : du gâteau ti-son, du gâteau – cambar et du gâteau – patate coupés en petits cubes,  des brèdes-manioc,  des bonbons – millet, du collé-pistache ( en fait ce sont des cacahuètes qu’on a fait revenir dans du caramel), des achards … 

 

dégustation2 dégustation4

Comme cela arrive souvent, tous se sont rués sur les plats : ils n’avaient pas tous lu le dégustation 3programme dont cette partie était intitulée « Gout un pti bout ! » Mais personne n’a été lésé,  les filles de l’association sont passées au milieu des visiteurs avec des corbeilles remplies d’échantillons de toutes sortes.

L'opération a été reconduite l'après-midi.

Comme rafraîchissement on nous a proposé, tujours avec le sourire,  du jus de citron, et du jus de tamarin : nous avons goûté les deux, un délice ! Un breuvage sucré, acidulé, bien préparé...

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 18:31

Qu’est-ce qu’un  « tapis – mendiant »  ?

1) Un tapis pour mendiant 

2) Un tapis fait avec des moyens de fortune. 

 Si vous optez pour la deuxième solution, vous avez raison !

C’est une couverture faite de morceaux de tissus (du coton de préférence) découpés,  ( vraisemblablement des chutes de tissu ) cousus à l’arrière puis assemblés. Cette technique est aussi utilisée pour réaliser des coussins, des coussinets, des tapis... Un travail qui exige soin et patience !

Calbanons GB4

tapis mendiant 2  tapis mendiant1

A la Cafrine, lors de la Journée du Patrimoine, deux charmantes dames m’en ont expliqué la technique : l’une réalisait des assemblages d’hexagones, l’autre confectionnait des fleurs en frou-frou.

Aujourd’hui encore des Réunionnaises font ces ouvrages, assises devant la télévision et non plus à la lueur de la bougie. Cette pièce faisait  partie du trousseau de la mariée. On peut voir un "tapis-mendiant sur ce "lit-court-pas"

tapis mendiant

                              lit installé dans une case reconstituée à la fête de la Cafrine

A la maison Folio, nous avions aussi déjà vu ce type de couverture. Là, on nous a raconté qu’on utilisait des capsules en plastique, évidées au centre, on conservait les rondelles pour les recouvrir de fil et on assemblait les cercles colorés. C’était d’un bel effet ! Evelyne, une collègue, m'a raconté aujourd'hui qu'elle a connu cette technique du temps où elle était encore enfant à Cilaos.

tapis mendiant 3  tapis mendiant 5

                   deux  tapis - mendiants de la Maison Folio à Hell-Bourg

 Heureux le mendiant qui peut se permettre de dormir sur un tel tapis ! Sûr qu'un tel tapis remettrait de la couleur dans sa vie.

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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 17:53

Calbanons GB1Non loin de la Ravine des Cafres, se trouve le quartier de la Cafrine : ces deux lieux-dits font partie de Grands-Bois. Le dimanche 19 septembre, nous nous y sommes rendus à l’occasion des Journées du Patrimoine.

La fête avait lieu autour des « calbanons ». Il s’agit là de maisons d’ouvriers qui ont été construites pour héberger les « engagés » et leur famille, vers le milieu du XIXe siècle. Plusieurs associations de Grand(s) Bois et la ville de Saint Pierre s’étaient retrouvées pour animer cette journée.  

Calbanons GB8

                                                     Association : "tress ek nou"

Dans les pièces d’un des  calbanons, des ateliers nous ont permis de dialoguer avec des couturières, une tisaneuse, un monsieur du terroir, des tresseuses de vacoa…  

Calbanons GB4 Calbanons8

couturières                                                                                                tisaneuse

Calbanons GB0

tresseurs de vacoa

L’intérieur d’une cabane a été reconstitué en plein air : des râpes à manioc et un bertel (sac à bretelles en vacoa tressé) étaient accrochées sur l’armature de la cahute ; « un lit  court-pas » (fixé dans le sol) couvert d’une paillasse en goni (toile de jute) et d’une ouverture en tissu très colorée, avait trouvé sa place dans un angle. Au pied de cette couche, une bassine en fer blanc. Plus loin une table et une chaise. Sur la table, la traditionnelle « lampe à pétrole » qui éclairait faiblement et noircissait l’intérieur des narines, des récipients en fer-blanc, une vieille bouteille de dodo. Par terre un chapeau de paille et deux bouteilles de rhum vides, un fourneau rudimentaire.

Calbanons GB7 Calbanons GB6

Sur une autre table devant cet abri de fortune, une dame très souriante avait installé les accessoires dont on faisait usage autrefois : brosse-coco ( pour lustrer les parquets), coton-maïs ( pour frotter « les linges »), bouteille pour écraser les grains de café. Elle nous a fait deviner le nom de fruits contenus dans son van : les vavangues, grenades, papayes, fruit à pain, cerises péi, cœur de bœuf.

calbanons GB5Dans la cour, une machine à griller le café, un engin mu par la main de l’homme, une machine qu’on pourrait étiqueter « développement durable » et sous un arbre étaient assises deux femmes qui préparaient le repas, l’une coupait des mangues vertes, l’autre découpait minutieusement les feuilles de brèdes.  Une autre dame triait les grains de riz dans un "van"(plateau tressé). Plus loin un homme écorçait le manioc et le râpait…Là aussi, tout avec de l’huile de coude, aucun recours à l’électricité.

 

machine à torréfier le café 

Calabanons 6 Calabnons GC7

râpage du manioc                                                            tri du riz

calbanons GB3 calbanons GB2

         l'effeuillage des brèdes                                        hachage des mangues vertes

Une cour très animée par les bavardages des habitants. Il ne manquait que le chant du coq et le caquètement des poules…( à suivre)

 

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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 16:36

Commençons par le commencement : un lazaret, c’est un « établissement de quarantaine». Pour chaloupe4éviter la contamination de la population  par des passagers débarquant sur l’île, on acheminait les nouveaux arrivants  dans ces bâtiments situés à quelque 5 km  au Nord de la Possession, c'est-à-dire très loin des endroits habités. Quand ils débarquaient à Saint Denis, on les amenait ici en chaloupe (ou « canot »), et pour ceux qui arrivaient dans la baie de Saint Paul, c’est par voie ferroviaire qu’ils rejoignaient ces lieux. Ils devaient y rester en quarantaine. Cette quarantaine variait de deux à quarante jours, aucun nouveau venu n’y échappait. Selon le corps social dont on était issu, le confort n’était pas le même. D’ailleurs même sur les bateaux, on triait les passagers en 4 classes.

chaloupe2Les lazarets 1 et 2 situés à la Grande Chaloupe et un débarcadère aujourd’hui disparu, avaient été construits de 1860 à 1865  à l’occasion de l’arrivée massive d’ « engagés ». Comme l’esclavage avait été aboli en 1848, il a bien fallu compenser le manque de main d’œuvre et il a été fait appel à des « engagés », pas toujours volontaires, qui venaient d’Inde, d’Afrique, des Commores, de Chine et même d’Australie. Ces engagés qui signaient un contrat pour cinq ans, cherchaient une vie meilleure, fuyaient parfois un système politique.

En 1859, le choléra ravage l’île, introduit par un navire ramenant des engagés du Mozambique. Une veille sanitaire s’effectue à Saint Denis à bord des bateaux, puis les immigrants sont acheminés à la Ravine à Jacques, puis à la Grande Chaloupe. Ils sont logés par catégories, les plus fortunés étant dirigés vers le lazaret de St Denis.

Chaloupe1

Si les engagés indiens savaient  se défendre contre les pratiques de leur propriétaire, non conformes au contrat, parce que soutenus par le protectorat anglais, il n’en a pas été de même pour ceux venus de Madagascar ou des Commores par exemple.

Lors de la visite guidée qui a eu lieu pendant le Journée du Patrimoine, nous avons eu droit à un topo intéressant sur l’engagisme. Mais nous aurions aimé connaître les conditions de vie de ces engagés dans le lazaret, cet aspect a été négligé malheureusement. Des récits de témoignages auraient également été les bienvenus.

chaloupe5

Sur le site, on voit encore deux longères  – bâtisses rectangulaires très longues-  Dans le troisième bâtiment, l’infirmerie, (qu’on peut visiter), on remarque sur le sol, les noms des salles qui se succèdent en enfilade. Toutes sont vides, et les murs sont tapissés de panneaux explicatifs. Pas de lits, pas d’objets… rien qui rappelle l’existence de ces hommes et femmes isolés du monde. A droite, la chambre du médecin, puis la pharmacie, un dortoir, une pièce partagée par une salle d’attente et une infirmerie, encore un dortoir.

chaloupe planIl existait d’autres lazarets bien avant celui de la Grande Chaloupe, ils ont recueilli des esclaves jusque vers 1820 :

Fin du XVIIIe le lazaret de la  Plaine de la Redoute à Saint Denis . Fin XVIIIe Lazaret de Saint Paul ou « Grande Maison » à Savanna ainsi que le Lazaret de la Rivière des Galets.

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