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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 20:44

Nous avons participé aujourd’hui à une visite guidée au Conservatoire National des Mascarins de Saint Leu, parcours qui présentait les plantes endémiques de l’île et expliquait le pourquoi des déforestations successives opérées au fil des siècles.

D’abord, ce sont les plantations de café qui portent un coup à la forêt : la notion de propriété apparaît, et la Compagnie des Indes impose sa loi : elle laisse 1/3 de la récolte aux colons et s’accapare les 2/3 restants. De 1705 à 1810 on exporte le café de Saint Leu.


Puis ce sont les épices qui occupent les terrains. Pierre Poivre, intendant des Mascareignes acclimate les épices : on plantera poivriers, muscadiers, canneliers, girofliers. On cultive aussi la cadamome, le laurier, le kaloupilé, le quatre-épices…

 
             Plants de café au Conservatoire                                                          Quatre-épices et  poivriers au Conservatoire

Une troisième vague de plantations donne le coup de grâce à de nombreuses zones boisées : c’est l’introduction de la canne à sucre.Les champs de canne sont délimités par des arbres appelés bois de chandelle. En 1785 apparaît la première sucrerie et le sucre prend une place capitale dans l’économie réunionnaise à partir de 1815.


Champs de cannes près du Bras de Pontho 2009

Puis au-delà de 1000 mètres, on va introduire vers 1870 le géranium pour le distiller et en faire des huiles essentielles. Cette culture nécessitera aussi un espace important. Il sera planté sur les collines du sud : ainsi la forêt du Tampon disparaît. Si nous étions venus sur l’île avant l’époque du géranium  nous aurions vécu au milieu de bûcherons.   Pour le géranium, il en existe encore de nombreuses parcelles, mais c’est la progression de l’immobilier qui a changé le paysage de cette montagne.

 

champs de géranium au Piton Hyacinthe 2009

70% de la forêt réunionnaise a disparu, 30% sont encore intacts mais menacés aujourd’hui notamment par les pestes végétales comme les goyaviers, la vigne marronne … Les seuls moyens de combattre ce fléau sont la prévention, puis la lutte mécanique, la lutte chimique –avec ses limites et  la lutte biologique.

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12 septembre 2009 6 12 /09 /septembre /2009 22:24

la digue,les rochers et au loin le quartier de Terre Sainte


 
Sur les rochers qui ferment le port de St Pierre – sur l’enrochement du port comme dirait François- nous nous sommes assis vendredi vers 17 heures pour regarder évoluer les surfeurs. Ce soir-là, ils étaient bien une douzaine à attendre la vague dans une eau  à
23 °. On ne se lasse pas de ce  spectacle !

D’où nous étions assis, nous pouvions aussi contempler les bateaux, le front de mer, la mosquée et au fond les hauteurs du Tampon.


A nos pieds, nous avons vu de petits poissons rayés noir et blanc qui sautaient sur les rochers mouillés. En fait, ce sont des poissons qui savent s’accrocher à la roche. Même balayés par les vagues, ils savent revenir sur le caillou. C'est impressionnant, ils doivent posséder un système de ventouse qui leur permet de se fixer ainsi.

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11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 21:12

Nous sommes remontés de Saint Pierre en voiture vers 18 heures, avant le coucher du soleil. Au lieu d’emprunter la nationale, nous avons changé d'itinéraire. Nous avons emprunté à  Bassin Plat la route pour Bérive, une route étroite et inégale zigzaguant au milieu des champs de canne.

Une palette de couleurs pures, lavées…
                        

 La lumière était belle sur ce puzzle de plaques vertes de toutes les nuances,  où les  champs d’ananas rejoignent les plantations de canne, se prolongeant par le vert profond des arbustes des ravines, pour atteindre plus loin des maisons blanches du Tampon  qui se découpent sur les contreforts bleus  du Cirque de Cilaos .

                    Splendide aussi la vue sur St Pierre: alternance de zones sèches (des terrains où les cannes sont déjà coupées) et de champs   verts (de cannes en attente), plus bas les  habitations blanches et au fond  l’océan bleu, si bleu …. et sa barrière de corail !

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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 20:39

C’est une jolie plante semi-grimpante aux fleurs roses à pourpre, ressemblant à de petits pompons. Sur le plateau surplombant la Possession, au Nord-Ouest de l'île, nous en avons vu pour la première fois. On l’appelle  aussi "Trompe-la-Mort, Herbe mamzelle, la Honte, Marie la Honte." Elle est si sensible que lorsqu’on touche ses feuilles, celles-ci se rétractent. Elles retrouvent leur position première un quart d’heure plus tard.

Elle aurait une foule de vertus !  la tisane de ses racines est dépurative et vomitive, elle est bue en cas d’empoisonnement. En infusion toute la plante est fébrifuge, diurétique, apaise les enfants qui font leurs dents, combat l’asthme …La décoction de racines est efficace contre les calculs des reins, les rhumatismes, les douleurs des os et des muscles, en usage externe elle soigne les abcès… Voilà une plante qui mérite bien son surnom de « Trompe-la- mort »

 

Elle se propage uniquement par graines. Son nom latin est le "mimosa pudica". Les planteurs de canne n’aiment pas la rencontrer dans leurs plantations car ses épines  ne facilitent pas l’entretien des champs.

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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 19:57

 

Il nous arrive souvent de voir au bord des routes – près de l’Etang Salé par exemple-  et des sentiers de randonnées  - comme le Chemin des Anglais- un arbre sur les branches duquel pendent de longues et larges  gousses dorées. Les belles gousses couleur -paille qui s'agitent au vent permettent facilement l'identification du Bois Noir !

Le « Bois Noir », il est de la famille des mimosacées. Introduit au XVIII e siècle à la Réunion, cette plante d’origine asiatique  est naturalisée dans les zones sèches, elle se plaît au soleil et peut atteindre 15 mètres.

Son bois est très apprécié et on utilise ses feuilles comme fourrage et même pour accélérer le mûrissement des mangues.

L’arbre aurait été introduit en 1767 pour faire de l’ombre aux caféiers.

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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 18:28

C'est la "vavangue", un joli nom qui peut aussi devenir un verbe !
On la trouve souvent sur les éboulis des ravines, entre 0 et 600 mètres. Ce fruit rond de la taille d’une balle de ping- pong pousse sur des arbrisseaux au feuillage caduc (il paraît que les feuilles sont très larges). Si nous avons pu voir les fruits, c’est que les feuilles étaient tombées, eh oui c’est encore un peu l’hiver ! bien que le thermomètre affiche 26°

Quand les enfants autrefois « vavanguaient, filaient dans les vavangues, ou vanguaient »  , c’est qu’ils n’allaient pas à l’école, c’était une expression pour désigner « l’école buissonnière ». Pas compliquée la conjugaison : mi vavangue, ou vavangue, li vavangue…C’est Huguette Payet, une enseignante réunionnaise, joueuse de banjo dans le groupe instrumental « Vavangue » qui un jour m’a expliqué cette origine.




Alix nous a fait découvrir ce fruit pendant la randonnée


C’est actuellement la période de fructification, elle a lieu de septembre à décembre. Le fruit doit être marron et de consistance molle. Par temps sec, il se dessèche et la pulpe devient spongieuse. Mûr il a un goût acidulé, un  goût  de la compote de pomme. On l’utilise aussi  en raison de sa richesse en tanin, en médecine traditionnelle contre les dysenteries, les hémorroïdes, les diarrhées...


 
la vavangue en septembre, sur le Chemin des Anglais

Aujourd'hui on ne "vavangue" plus, on "bâche" ... mais c'est la même chose !

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 21:47

  Drôle d’idée de nommer des localités «Grande Chaloupe »ou « Petite Chaloupe »!

La raison en est toute simple. Autrefois l’endroit était un petit port de batelage où les marchandises et les voyageurs passaient en chaloupes, car il était très long de passer par la montagne pour rejoindre Saint Denis depuis les quais de débarquement. Aucun chemin terrestre ne contournait la falaise entre le port et la ville de St Denis, il fallait emprunter les chemins des Hauts et la marche durait plus de six heures,  c’était une marche difficile et épuisante : il fallait passer des ravines, c'est-à-dire descendre puis remonter, traverser des ponts en bois... s’ils existaient. Et si on était chargé, cela devenait encore plus problématique. Les voyageurs préféraient effectuer ce trajet de La Possession à Saint Denis  dans les embarcations, même si on partait souvent de nuit et que les courants étaient très forts … On préférait le péril à la fatigue.

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 15:55

             
                 Alix à la recherche du poc-poc ! kossa ... un poc-poc ?
                     un lapin ? un insecte ? un oiseau ?

Grâce à ce sympathique marcheur des Jolis Pas, nous avons découvert le poc poc sur le Plateau  entre la Grande Chaloupe et la Possession.
              

C'est la première fois que nous voyons ce fruit. Il est petit, (25 mm de diamètre ) orange, a la forme d'une petite lanterne et a une enveloppe duveteuse verte. C'est une liane commune à la Réunion. 
 Il s'agit de la passiflore poc-poc ou de la marie-gougeat !
Le fruit est peu consommé, mais il est de saveur agréable, douce et acidulée. On peut le consommer cru, ou transformé en boisson.
                              

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 15:07

Après avoir fait un arrêt à la gare de la Grande Chaloupe, notre groupe de hardis randonneurs s'est dirigé vers les ruines du  Lazaret n° 1, ancien hôpital créé en 1860 conformément à une convention franco-britannique comme lieu de quarantaine pour isoler les engagés mais venus d'Inde mais  aussi les passagers libres. Actuellement cet endroit est en chantier. On aurait pu visiter mais le personnel était absent (route du littoral fermée ce dimanche-là)

De là nous avons entamé l'ascension de la Ravine de la Chaloupe ( un dénivelé de 300 mètres peu ombragé) vers le plateau, une montée très raide, sous un soleil de plomb. Les réserves d'eau ont pris un coup !

 
Au sommet, nous nous sommes reposés et avons pique- niqué ensemble dans la bonne humeur, en échangeant des recettes créoles, des souvenirs de randos...

Nous nous trouvions désormais sur un plateau basaltique "la planèze " désertique, un parcours pas si désertique pour qui sait regarder la flore et la faune : Alix, l'un des Jolis Pas, nous a fait découvrir les vavangues, les sensitives, les pocs-pocs... Des lianes de fleurs magnifiques (mi -gueules de loup-mi-orchidées) s'enroulant autour des agaves nous ont intrigués.
                       
                           Betty et Hélène en admiration devant des fleurs originales

Et la vue sur l'océan est toujours superbe !
Mais cette randonnée est à éviter en été ! Déjà début septembre, le soleil tape... et les dénivelés  importants exigent une bonne condition physique.

Nous avons traversé la ravine de la Petite Chaloupe, puis la Ravine à Malheur (dans laquelle se seraient jetés les esclaves marrons qui ne voulaient pas se rendre) Après cette dernière montée, nous étions au bord du plateau et pouvions déjà voir au loin la ville du Port et ses installations portuaires.


André et François dans la descente vers La Possession

Nous avons rejoint le bus qui nous attendait à la Possession.
Après avoir étanché notre soif, nous sommes revenus au Tampon ! Une belle journée, une organisation sans faille, une randonnée mémorable !

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 14:24

Arrivée à la Grande Chaloupe

Nous voilà bientôt au niveau de l’océan, le chemin descend entre des habitations créoles aux clôtures couvertes de barbe de St Antoine. On entend des rythmes de maloya et des cris d’enfants, dans ces modestes cases en tôle cachées au milieu d’une végétation luxuriante d’ arbres à pain, arbres à pistaches, bois noir, papayers, tamarins. 


Nous poursuivons sur une voie de chemin de fer désaffectée, sur les rares rails qui ont résisté à l’assaut du temps et à l’esprit destructeur de l’homme. Pour avoir été concurrencé par l’automobile, et aussi en raison de choix politiques, le réseau ferroviaire à la Réunion a disparu en 1976 avec l’ouverture de la route en corniche, -qui a d'ailleurs pris la place des rails-…Et la conséquence a été l’engorgement de l’île : embouteillages non-stop ! Une erreur qu’on essaye de réparer actuellement en projetant la construction d’un tram-train.


C’est un dimanche matin pas comme les autres pour les habitants de la Grande Chaloupe, parce que la route (4 voies) du littoral est fermée jusqu’à onze heures en raison de travaux. Pas de bruits de circulation… un bonheur, pour nous aussi,  randonneurs ravis qui laissons exploser notre joie …

Les Jolis Pas sur la route du Littoral !

Devant le bâtiment de la gare de la Grande Chaloupe stationne encore un autorail qui a dû être remis en état depuis peu par « Ti Train lontan » ( traduction : petit train d’autrefois), une association privée.
La Gare de la Grande Chaloupe

Un autorail restauré par Ti Train Lontan

On peut aussi y voir une carcasse de vieux bus, ainsi qu’un « car- courant d’air »
 
le car - courant d'air conduit par Ti' Cafrine


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