Hier soir, en revenant de la Brasserie de la Gare, nous avons rencontré des bénévoles de la croix Rouge- agence locale de St Pierre- qui étaient en service sur le front de mer.
Leur véhicule était garé le long de la rue Hubert Delisle et des nécessiteux avaient droit à un repas.
Nous avons bavardé avec les bénévoles qui nous expliquaient qu’ils étaient « en maraude * trois fois par semaine (le lundi, le mercredi et le vendredi). Le nombre d’indigents serait en nette augmentation. De plus en plus de femmes sont aidées.
Le champ d’action de la Croix Rouge est vaste : ils agissent à Grands Bois, à Terre Sainte, Bassin Plat, au Tampon, à St Pierre. On se relaye. Ainsi l’une des présentes nous confie qu’elle est là le lundi et que la Croix Rouge non seulement est sur le terrain pour apporter une aide alimentaire, mais elle collecte aussi des vêtements…
Le seul nom de bénévole que nous ayons pu connaître était celui du responsable : Michel. Les autres agissent en toute discrétion. Tout honneur à eux.
Bravo à ces braves qui donnent de leur temps pour venir en aide à leurs semblables.
*maraude : à la Réunion, on appelle ainsi les déplacements des organisations humanitaires en quête de public nécessiteux.
Ce soir, avec Zaza, je pars assister au coucher de soleil au port de Saint Pierre. Le vent souffle sur la digue.
De nombreux touristes sont là pour attendre le rougeoiement du ciel si fréquent ces derniers jours et qui serait lié à l'éruption des îles Tonga.
Le flamboiement des cieux n'est pas au rendez-vous. Le spectacle est malgré tout fabuleux : les éléments sont déchaînés et les vagues écumantes déferlent sur la plage !
Les bateaux sont ballotés dans le port et on entend siffler dans les haubans...
Au cours de la randonnée avec « les Jolis Pas », Chantal et René nous ont fait découvrir des goûts que les marmailles lontan connaissaient bien.
Ainsi, dans la Forêt des Bois de Nèfles au-dessus des Canots, Chantal a cueilli un épi de longose et a prélevé des fleurs pour en sucer la sève. Elle a proposé à tous les randonneurs de l’imiter et effectivement, c’est très sucré. Cela me fait un peu penser à ce qu’on faisait en Lorraine avec la primevère…
Plus loin, René qui nous attendait a ouvert une boîte pour en sortir des morceaux de canne-bonbon et les partager… Encore un goût juteux et sucré qui plaît !
Dans ces randonnées avec les Jolis Pas, les Créoles ont toujours à cœur de nous faire découvrir leurs « madeleines de Proust ». Merci à eux !
Un soir, alors que nous nous promenons, nous apercevons non loin de la route un boug du Tampon et son fils en train de "casser" (cueillir) des mangues vertes avec un cueille-fruit. Comme les grappes sont haut perchées la récupération semble difficile.
Aussitôt notre ami Yoland grimpe comme un singe sur le manguier. Pieds nus, il progresse avec agilité. Je crains le pire quand il s’approche de branches plus fines. Mais il est à l’aise et compte bien participer à la cueillette.
Il récupère le cueille-fruit et attrape les mangues les moins accessibles. Tous sont ravis ! et le butin sera partagé. Du beau travail !
Emmanuel, le Tamponnais, va pouvoir en faire profiter 3 familles et Yoland lui aussi rêve déjà aux bons rougails qu’il va pouvoir préparer. Comme quoi, on sait encore partager et avoir du plaisir à grimper dans les arbres à la Réunion.
Le long de l’ancienne Nationale qui remonte vers le Tampon, travaille toujours un « capitonneur ». Il doit être un des derniers de l’île à s’être spécialisé dans ce savoir-faire.
Christian HUET a été initié à ce métier par son père. Cela fait 40 ans qu’il exerce cette profession.
On fait appel à lui de toutes parts : les concessionnaires automobiles, pour remettre des sièges à neuf, des praticiens hospitaliers pour faire la réfection de tables de consultation, des kinésithérapeutes pour réparer leur mobilier, mais aussi des particuliers pour couvrir des divans, des fauteuils… Ces derniers clients plus souvent lui apportent la matière dont ils souhaitent voir couverts leurs sièges…
Son atelier est un fouillis de chutes de cuir, de mousse… Il travaille sur deux machines à coudre avec une dextérité peu commune.
L’homme est important, car même l’arrêt des cars qui a été installé un peu plus haut s’appelle « Arrêt Capitonneur ». Souhaitons à M. Huet de travailler encore de longues années sinon il faudra débaptiser l’arrêt de bus et surtout se passer d’un artisan habile.
Tout le monde connaît cet endroit non loin de l’ancien Jumbo Score à Saint Pierre où on avait coutume de se procurer des fruits et des légumes de saison, même la nuit venue…
Aujourd’hui ces stands ont fait place à des kiosques blancs. L’ensemble est joli, mais perd en visibilité car on ne voit plus les promotions des fruits depuis la route. Et les possibilités de se garer à proximité ont diminué comme peau de chagrin. La clientèle s’est fortement réduite…
Ce qui n’a pas changé en revanche, c’est le présence permanente d’embouteillages… Un problème récurrent et qui s’amplifie de jour en jour à St Pierre ! et sur l’île !
Les Réunionnais catholiques font traditionnellement la tournée des 9 crèches au mois de janvier. Or, ce n’est pas forcément dans les églises qu’on trouve les plus belles. La preuve : à Montvert chez Nathalie, on tombe en arrêt devant une surface de 6 mètres carrés aménagée dans son salon.
Au fil des années sa crèche n’a cessé de s’agrandir et de se perfectionner. Désormais l’étable où est né l’enfant Jésus est entourée d’autres abris où se côtoient de superbes santons. Elle a aménagé des escaliers, créé un puits, un lavoir, un bassin et même une rivière où coule de l’eau en continu. Le sol est tapissé de mousses ; fougères et lianes y croissent… Jardinière, bricoleuse très adroite, Nathalie a les pouces verts. Rien ne la rebute et elle relève souvent des défis incroyables pour construire, réparer… Elle a aussi le souci du détail. Bernard, son mari, consent à déplacer chaque année les meubles pour pouvoir installer ou démonter la crèche et lui prête main-forte. Dommage que cette œuvre ne soit vue que par les proches de l’artiste ! Elle mériterait qu’on la diffuse largement.
Dans la forêt de Piton Monvert pousse un arbrisseau aux propriété étonnantes.
Cet arbre aux feuilles vert foncé brillantes que le Créole appelle « bois de rongue ». Une déformation de l’expression « bois de ronde » ! On l’utilisait pour fabriquer les torches qui servaient à éclairer le chemin de ronde…
Les veilleurs pour faire leur ronde de nuit et surveiller les rues se munissaient de torches qui brûlaient bien : le bois est huileux ce qui explique son utilisation comme objet d’éclairage.
Ce bois porte le nom de « flambeau » à Maurice.
Son nom latin est « erythroxylum laurifolium ». Il aurait des vertus diurétiques, antispasmodiques ( lutte contre coliques néphrétiques, calculs urinaires) et son fruit serait purgatif.
Il est à parier que les maisons créoles détruites feront bientôt place à des immeubles à étages, comme c’est le cas le plus fréquent sur le front de mer à Saint Pierre. L’authenticité, la couleur locale disparaît au profit d’établissements impersonnels, comme ceux qu’on trouverait dans n’importe quelle ville… Dommage !
En quelques années, les « cases péi » caractéristiques ont été rasées. Saint Pierre-de-la-Réunion n’est plus ce qu’elle était !
Le Piton Monvert est un formidable terrain d’exploration pour les amateurs de botanique. Nicole a proposé ce dimanche à une bande d’amis de découvrir l’endroit géré par l’Omdar.
Que de changements depuis que le site a été reconnu d’intérêt public !
Les plantes endémiques ont prospéré grâce aux semis ; les plantes invasives comme les goyaviers ont été coupées, les vues sur le littoral sont désormais imprenables grâce à l’éclaircissement de la futaie, et les endroits pour s’asseoir en bois de goyavier jalonnent le parcours. Les trois chemins qui y montent sont bien entretenus.
Nicole nous a fait goûter des fleurs de zépis bleus, découvrir les vertus médicinales de l’avocat marron, observer les feuilles composées du bois de gaulette, les fruits du natte que nous avons redonnés à la nature.
Elle nous a expliqué la nature de trois lianes, fait identifier les troncs du bois de judas, du bois de rempart, du change-écorce… et surtout repérer l’orchidée Camaron qui pousse à l’abri des regards et que malheureusement des individus braconnent…
Elle en a profité pour nous montrer comment on aide à la fécondation de la fleur.
Une belle sortie ! Merci à cette passionnée qui sait faire partager son amour de la Nature !