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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 11:18

Ne confondons pas « poisson papillon cocher » et « poisson cocher »

Ce matin encore nous sommes allés avant les grandes chaleurs, vers huit heures,  nager à Saint Pierre. L’eau était claire et chaude. A l’extérieur de l’eau 36°, à l’intérieur au moins 28°. Pour la prise de photos sous marines c’était le top. Alors voilà il existe une famille de « cochers » : les chaetodontidae. Ces chaetodontidae comprennent le poisson cocher commun (heniocus diphreutes) et le poisson cocher masqué (heniochus monoceros) mais aussi le poisson papillon cocher (chaetodon auriga)

Poisson cocher commun – heniochus diphreutes-
poisson cocher commun 2


Il peut atteindre 20 cm et évolue au bord des récifs coralliens dans la zone pélagique de la surface jusqu’à au moins 30 cm de profondeur . Sa livrée est à dominante blanche, barrée verticalement de deux larges bandes noires. L’arrière de son corps est jaune sur les nageoires, et il a la particularité de posséder une dorsale prolongée d’un long filament blanc. Il vit principalement en banc, et se nourrit de zooplancton.

Poisson cocher masqué – Heniochus monoceros-
poisson cocher masqué 3
Il peut atteindre 25 cm il vit généralement seul et quelquefois en couple. On le rencontre dans les zones de 20 à 30 mètres de profondeur. Sa nageoires dorsale est ornée d’un filament, et il possède deux excroissances au-dessus des lobes oculaires rappelant la forme de cornes d’où l’appelation « monoceros ». Son nom commun « cocher masqué » vient des répartitions de couleurs sur sa robe et notamment du noir sur l’avant de la tête qui couvre les yeux et la bouche.

Poisson papillon cocher – chaetodon auriga
poisson papillon cocher
Poisson carnivore d’une taille maxi de 23 cm, il a le corps blanc vif sur un peu plus des deux tiers avant. L’arrière est jaune citron. Des nuances brunes et des stries noires apparaissent sur la partie blanche du corps. Ces stries sont orientées différemment sur le dos et le ventre de l’animal. Une ligne noire verticale barre l’œil. Un ocelle noir garnit l’extrémité de la dorsale et un liséré noir borde l’arrière des nageoires dorsale et anale. Dans la nature, les œufs puis les alevins sont pélagiques. Ils passent ensuite une partie de la vie près des côtes, dans les eaux peu profondes avant de gagner les récifs.

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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 17:30


             langevin 6
                                           Les cascades de Grand Galet

     
Nous avons remonté la  Rivière Langevin aujourd’hui,  jusqu’au  petit hameau de Grand Galet. Le lundi, on parcourt aisément les 15 kilomètres  - ce qui n’est pas le cas le dimanche quand toute la Réunion se donne rendez-vous ici pour pique-niquer et nager –

Rive Gauche
Plein d’endroits pour réchauffer les gamelles, des zones abritées, mais le camping y est interdit pour des raisons de sécurité, ce qu’on peut comprendre quand on connaît les caprices de l’eau et la force des pluies…

A droite un petit snack, plus loin une guinguette toujours animée où se retrouvent  ceux qui aiment les danses traditionnelles. Puis au niveau de l’usine électrique et de la conduite forcée, on traverse un petit pont métallique pour continuer à remonter le cours de la Rivière sur la rive droite.
                        langevin 1 


Plus loin une pisciculture, une cressonnière, des bananeraies, deux petits lieux-dits… Puis on arrive au Trou Noir, un panneau bleu situé au niveau d’un petit parking ombragé signale le chemin.

langevin 2 langevin 2b         Un petit sentier étroit mène à un bassin alimenté par des cascades et par la rivière. Malgré la fraîcheur de l’eau de nombreux vacanciers s’adonnent aux plaisirs de la baignade, certains plongent depuis les rochers, d’autres barbotent. On y vient avec le panier de pique-nique…
langevin 3 langevin 4

 En remontant de  300 mètres on peut découvrir un autre endroit idyllique où une bande de jeunes s’est posée pour profiter de l’eau claire et des rochers. Une jeune fille nous conseille de descendre pour photographier le cours en aval. Vrai que l’endroit est pittoresque ! Ce devait être là l’endroit où Thomas, Pierre etc … avaient improvisé un canyoning en avril 2009 ! L’eau y est toujours limpide, mais pas de trace du petit symbole égaré par notre malheureux Pierrot ! J’ai bien regardé…

 

                   langevin 5a       

                    langevin 5 

Retour dans la voiture pour des montées en première, montées escarpées où il faut bien négocier les virages… Nos arrivons aux  superbes Cascades  de Grand Galet. Ce sont des résurgences magnifiques qu’on ne se lasse de photographier sous tous les angles, ou de filmer…

                             langevin 8

Nous poussons jusqu’au petit village de Grand Galet, bien plus grand que Montdidier !Nombreuses petites cases sympathiques, même une épicerie et une chapelle ! Au fond la Grande Ravine dominée par le Morne Langevin.
                          langevin 9

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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 16:23

 3 heures aller-retour

Avec les Jolis Pas, nous avons fait cette randonnée d’environ trois heures qui mène du petit parking dominant la Plaine des Sables au Morne Langevin "à un point de vue sur Grand Galet, Grand Coude et même sur St Joseph"  en longeant le rempart de cette caldeira  vers le Sud Ouest.

galette morne langevin k
Panneau explicatif de l'ONF


De loin,  on apercevait encore un gros nuage  surplombant le piton de la Fournaise et un fin filet de fumée qui rejoignait cette masse en la soulignant d’une couleur jaune. Aucune trace de coulée, la lave s'échappait « à l’intérieur » du cratère… Seuls les veinards  qui avaient chèrement payé leur survol en hélicoptère pouvaient profiter de ce spectacle. Le ballet incessant de ces hélicoptères, ballet très bruyant, mais ô combien lucratif,  rompait la quiétude habituelle des lieux.
galette morne langevin z


petit déjeuner au Pas des Sables sous le nuage surplombant le piton

Nous étions nombreux aujourd’hui à chercher une place de stationnement parce que  l’annonce de l’éruption du Dolomieu a attiré pas mal de curieux vers le volcan, qui plus est nous sommes dimanche, et c’est les vacances pour les petits Réunionnais. Tous les kiosques avaient été pris d’assaut, partout des tentes étaient montées, des bâches étaient tendues au-dessus de piquets plantés dans le sol. On préparait le pique-nique dominical. Le Tampon était encore sous le brouillard alors que les Hauts étaient superbement dégagés. Toute l’île s’était donné rendez-vous sur la Route du Volcan !

 

Au Pas des Sables (2350m) avant la descente en lacets.

Avant de nous mettre en route, nous avons déjeuné  de brioches et de croissants  et bu des jus, du thé ou du café, près du panneau de l’ONF. Les organisateurs avaient tout prévu comme d’habitude.

Rangement, puis  ...

galette morne langevin b  galette morne langevin bb
concentration avant le départ pour Yolan, réglage du bâton de marche.

Puis vers 9h15, les 30 randonneurs des « Jolis Pas » ont traversé la route pour emprunter  le sentier balisé (de  traits jaunes au départ puis plus loin de marques blanches…)

                      galette morne langevin c 
                           Manon, la benjamine  (3 ans) en tête avec son papa, qui l'a portée plus tard sur ses épaules

                   galette morne langevin d
                                       A nos pieds, la Plaine des Sables, devant nous le Chisny et la Fournaise

Jolie vue sur le Piton Chisny, sur les lapillis rouges de la caldeira, au fond la Fournaise. On ne se lasse pas d’admirer le paysage. Le chemin serpente entre des branles verts, des branles blancs, des tamarins ; çà et là des bouquets de marguerite folle. Parfois ce sont des scories qui crissent sous nos pas, parfois il faut escalader des roches.

galette morne langevin de galette morne langevin e

                      galette morne langevin ff
                                         Elisen explique la géologie des lieux

Quand nous arrivons au point de vue du Morne Langevin(2403 m), les nuages ont déjà bien envahi la vallée. La profondeur est malgré tout impressionnante.  Les premiers arrivés avaient une vue plus dégagée : ils ont pu vor le village de Grand Galet au fond de la vallée, ainsi que Grand Coude, et même  St Joseph… Normalement on aurait "tous" dû pouvoir  porter nos regards jusqu’à la mer et les habitations disséminées dans la ravine, si on était arrivé 10 minutes plus tôt.

                     galette morne langevin ee
                                    Vue plongeante depuis le Morne Langevin

Le groupe est revenu sur ses pas. De temps à autre, il « farinait »,  les couleurs étaient lavées, bien plus nettes qu’à l’aller. Deux plantes typiques des lieux :

           galette morne langevin i galette morne langevin l
                  pennisetum caffrum                            psiadia callocephala

                                 galette morne langevin h
Dans les tamarins des tecs-tecs "tec-tequaient" et sautaient de branche en branche.  De retour au parking, nous avons pique-niqué puis « tiré les  rois ». Emilie, 5 ans, la plus jeune marcheuse des Jolis Pas, celle qui avait couvert toute la distance sans ronchonner, a eu le droit de désigner les bénéficiaires de chaque part. Le cidre a été débouché. 


galette morne langevin g 
galette morne langevin f
Claire coupe la galette, Emilie distribue les parts , et les autres les mangent

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2 janvier 2010 6 02 /01 /janvier /2010 17:20

Pour les fêtes de fin d’année, voilà un dessert très apprécié par les petits et les grands à la Réunion. C’est pas sorcier à préparer et c’est croustillant quand c’est frais ! « Bonbon » a le sens de « pâtisserie » ici ! Ces pâtisseries m’ont rappelé les petits gâteaux marocains achetés à Marrakech !
                               noel silnis

Ingrédients : (pour 8 personnes) : 250 g de farine ou de crème de riz, 100g de farine de blé,10 g de levure chimique, une pincée de sel, 200 g de sucre, 200 g de miel, 1 gousse de vanille et des zestes d’orange.
Sirop : mélanger sucre, miel, zestes d’orange, gousse de vanille fendue et envion 60 cl d’eau dans une casserole à fond épais. Laisser frémir , réduire de moitié et laisser refroidir.
Pâte des bonbons : dans un saladier mettre les farines tamisées, la levure, le sel. Ajouter de l’eau froide en fouettant légèrement afin d’obtenir une pâte fluide, ni trop épaisse, ni trop liquide. Laisser reposer 1 heure au moins.
Cuisson :
Dans une poêle faire chauffer de l’huile - au moins 3cm- Verser directement la pâte par un entonnoir dans la friture en formant une spirale fermée. Laisser dorer, retourner et poser sur du papier absorbant. Dès que les bonbons sont égouttés, les tremper encore chauds dans le sirop au miel, laisser égoutter sur une grille. ( Pensez à récupérer le sirop qui s'égoutte, il peut toujours servir, et il est trop bon pour être jeté : ah ! ce goût d'orange et de vanille ! )

                          bonbon miel
             Pas très réguliers mes bonbons, mais pour mon premier essai, je ne suis pas mécontente !

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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 13:51
Nous n'avons pas failli à la tradition locale et pour le Jour de l'An ,en me laissant guider par une Réunionnaise qui avait donné sa recette sur un forum, j'ai préparé un pâté créole , ce fameux pâté qui est un incontournable, mais qu'on trempait aussi dans la liqueur d'anis - ce que nous n'avons pas fait - . Et Voilà le résultat !


                    pâté créole
  Voilà la recette !      

les ingrédients :

800 g de porc, 5 petits oignons, 4 gousses d'ail, 1 cuillère à café de curcuma, 600 g de farine, 5 oeufs, 100 g de graisse de porc, 20 g de levure de boulanger, 1 cuilllère à soupe de sucre roux, sel, poivre, huile.




Pour la pâte :
tamiser la farine, mélanger dans un saladier farine, oeufs et sucere. Ajouter la graisse en remuant puis le sel, puis la levure et pétrir jusqu'à ce que la pâte ne colle plus. Faire une boule , fariner le dessus légèrement et laisser reposer 3 heures..

Pour la garniture : couper la viande de porc en petits morceaux, émincer les oignons, piler ensemble curcuma, ail, sel et poivre. Faire dorer la viande dans de l'huile, ajouter les oignons, laisser roussir deux minutes, ajouter le mélange pilé avec un verre d'eau. Laisser cuire 15 min, laisser réduire la sauce.
Garnir le fond d'un moule à manqué avec la pâte, mettre la garniture, recouvrir de pâte, souder avec de l'eau ou du blanc d'oeuf.  Faire cuire à four chaud 200° pendant 45 minutes. On peut manger ce pâté chaud ou froid !

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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 19:21

 

Que faire le matin du  31 décembre quand le musée  Stella Matutina de Piton saint Leu est fermé ? – entre parenthèses on se demande pourquoi ces endroits touristiques sont fermés quand il y a affluence… -(idem pour l’O.T de Saint  Denis qui est fermé le dimanche. )

Pour ne pas avoir parcouru des kilomètres pour rien, François a emmené son frère  Germain faire un tour au Port de Saint Leu.

Cet abri est sympathique  même s’il est d’accès difficile en bateau. Quand la mer est agitée, il faut savoir prendre la vague. En voiture, c’est bien plus facile, surtout que la circulation s’est considérablement améliorée depuis que les voitures ont déserté l’ancienne nationale qui la traverse pour emprunter la Route des Tamarins.

                      saint leu port 1 

                         saint leu port 2
Là ,ils ont flâné sur le quai, photographié les barques  et  ils ont discuté avec un pêcheur qui venait d’attraper des perroquets.  Ils les aurait piégés avec du crabe.

                    saint leu port 5 

                            saint leu port 3

Iis ont également vu revenir des plongeurs,- un groupe important  de personnes qui venaient de faire leur baptême de plongée - et  se sont divertis en regardant les surfeurs qui s’en donnaient à cœur joie à l’entrée du port.

saint leu port 4
La ville de Saint Leu est accueillante. C'est le rendez-vous des surfeurs, et des parapentiistes. Il doit y faire bon vivre. Mais il y fait plus chaud qu’au Tampon, même un 31 décembre !

Quand nous y allons, nous avons coutume de nous arrêter soit au Palais d’Asie, soit à l’Auberge du Relais, pour y manger.  Et nous aimons prendre un verre, sous le badamier,  à la terrasse du  bar situé à deux pas du port.

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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 09:04

    expliquées par notre ami Gérard Canabady ...

        "
Le grand moment restait le passage de l'année. Ici les rituels familiaux (familles riches ou des classes moyennes) étaient très importants. Chaque chef de famille emmenait sa famille visiter les aînés et réciproquement. Aussi, chaque visite était ponctuée de repas interminables familiaux avec nombre de convives. Il s'agissait de déjeuners qui s'achevaient d'un seul trait en dîner. Le trait marquant est l'omniprésence de la viande, signe de richesse et de réussite. D'une manière ou d'une autre, le porc était central, ou bien on tuait le cochon pour l'année, ou bien on le vendait pour acheter les produits pour fêter l'année. Souvent, on faisait les deux. On tuait un cochon et en vendait un autre ou bien une partie était destinée à la consommation et l'autre à la vente. Chaque famille et surtout chef de famille, montrait sa spécialité au moment du repas. Un tel préparait du fromage de tête, un autre le boudin, un autre le graton, un tel les saucisses, voire le saucisson à l'ail,  un autre les côtelettes et rôtis, mais le clou était le PÂTÉ CRÉOLE. Le meilleur pâté assurait à son cuisinier une réputation qui devait dépasser les générations...

            Evidemment, les volailles avaient aussi leur place sur les tables. Progressivement, des plats de luxe locaux trouvèrent leur place, notamment le palmiste et les galantines (plutôt pour les mariages, baptême ou communions). Le plat de roi était la salade finement "triée" à la main, en général les plus jeunes apprenaient comment faire avec les anciens (euh ça restait tout de même une corvée...). L'alcool qui marquait cette saison de l'année était la "Marie Brisard" dégustée pure et sans glaçon. Le petit verre de liqueur de Marie Brisard dans lequel on pouvait tremper son petit morceau de pâte créole était un plaisir attendu longuement. D'autant plus longuement, qu'il fallait là aussi, respecter une tradition immuable. Une fois la liqueur et le pâté distribués, tout le monde se levait pour se souhaiter une bonne année dans un ordre strict : les plus jeunes vont vers les plus anciens. Une fois les sermons prononcés, les vœux dits, et parfois quelques étrennes distribuées (un petit billet en général pour les plus jeunes), on pouvait apprécier le pâté. Une précision, la plupart du temps on jauge le pâté en main, on le hume, on le repose sur la table et ON EN PARLE... Après seulement, on le mange...

            Une fois le repas terminé, la famille qui rendait visite rentre chez elle et attend les visites des membres de la famille, notamment la famille qui a été visitée. Evidemment, on repartait pour un autre repas que chacun voulait encore plus fastueux et riche en viande... Progressivement, les basse-cours ont eu des volailles. D'abord ce furent des poulets et canards, puis pintades, oies et dindes. Je vous laisse imaginer comment les tables se sont garnies en conséquence en civet (à l'Ile Maurice, l'ancien nom français salmis a été gardé) et rôtis. Précisons que les rôtis n'avaient que peu de choses en commun avec leurs homonymes européens. Les rôtis n'étaient finalement pas rôtis au four (car beaucoup n'avaient pas de four) mais cuits à la marmite et délicieusement farcis d'épices (ail, girofles, muscade, thym,...). Le fin du fin était leur sauce, notamment le fond de sauce que nommé "la marc" (comme le marc de café). A propos de café, il était inévitable, cueilli sur la propriété ou dans le fond de la cour, et grillé souvent par une vieille tante. Il était coulé précieusement et dûment sucré (pour montrer que la récolte avait été bonne).
                        café noel

            Les carris étant plutôt des plats ordinaires, aussi eurent-ils un temps d'absence lors de ces fêtes qui se voulaient une rupture avec le quotidien. Mais ces plats surent quand même se faire une place, notamment l'authentique "carri canard". Evidemment, ces animaux étaient sélectionnés de longue date en avance, on les soignait avec amour et on les dégustait avec non moins...d'amour. Le bien-être animal, cher aux environnementalistes, était apprécié au fond de...l'estomac. Souvent, c'était aussi l'occasion d'un petit pécule puisque plusieurs mois à l'avance les gens (de la ville) venaient choisir leurs animaux et les achetaient au moment des fêtes, une fois bien engraissés (au maïs évidemment et non au rabatto !)

            canard 1  canard 2

           
Toutefois, ces traditions pleines de saveur variaient en fonction du culte de chaque famille. Beaucoup de familles chinoises travaillaient en début d'année car elles se réservaient pour le Nouvel An de leur calendrier. En outre, travailler le 1er de l'An était perçu comme un signe de bon augure et de prospérité. D'autres comme les Hindous choisissaient de laisser passer la première semaine de l'année avant d'ouvrir ces visites festives. Un certain nombre de cérémonies religieuses exigeaient un strict carême incompatible avec cette cascade de victuailles. Leurs repas se trouvaient finalement  enrichis de cabris préparés sous diverse forme. bref, une occasion supplémentaire d'enrichir la table en viande...
          Les desserts traditionnellement sucrés y avaient encore plus droit de tablée, notamment les silnis (connus sous le nom de "bonbons de miel" ou ""bonbons casse-contour"). C'est un beignet en forme de serpentin trempé dans 3 à 5 litres de sirop de sucre (et non miel comme son nom ne l'indique pas) aromatisé de cardamome et d'une gousse de vanille.
                                     noel silnis

            Autant de souvenirs savoureux illustrant les délices des repas traditionnels réunionnais qui ont marqué notre enfance..."

            Amicalement,

                        Gérard Canabady

           

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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 22:13

P1120047 noel                   

 

 

 

Chère Jacqueline,

 

            Voici une description de nos repas et moments traditionnels de fêtes de fin d'année. Evidemment, il sera difficile de ne pas tomber dans la nostalgie du bon vieux temps, néanmoins beaucoup de ces traditions ont finalement assez bien perduré.

 

            Encore une fois, partons de l'agriculture. La "fin de la coupe "marquait la clôture d'une période de travail pénible et intense, mais elle signifiait aussi un revenu déterminant dans les budgets familiaux. Laissons à part les aspects économiques évidents pour se concentrer sur les rythmes familiaux festifs.

            Le tissu socio-ethnique de notre île marque évidemment la façon de vivre les fêtes de fin d'année, toutefois des traits communs sont perceptibles comme la dimension religieuse. Il y a deux ou trois générations, le moment marquant était la période de décembre-janvier et plus précisément de Noël aux deux premières semaines de janvier.  En fonction des religions suivies, la façon de fêter était différente, par exemple les Tamouls de confession hindoue marquaient une période de carême juste à ce moment.

            Noël est longtemps resté une fête religieuse avec pour point d'orgue la messe de minuit. Pour plusieurs raisons, le repas n'était pas celui du réveillon mais celui du lendemain midi. Historiquement, les repas de Noël étaient surtout fêtés par les responsables administratifs de la Colonie qui avaient la nostalgie de leur pays. La tradition de la dinde en est directement issue, tout comme celle du sapin et de la crèche. Mais il ne faut se tromper sur l'impact que cela suppose pour la population locale. Immédiatement, la volonté d'adopter ce modèle est venue et ça a été bien vécu. Le seul obstacle était d'ordre financier, la plupart des familles ne pouvaient se permettre deux fêtes aussi onéreuses en une période aussi courte (Noël et jour de l'An).

            Toutefois, les familles de la bourgeoisie commerciale urbaine et des grandes propriétés cannières ont d'emblée adopté cette tradition du repas de Noël. C'était une occasion de réunir la famille, de faire les comptes et bilans et de distribuer les bénéfices comptables. Les entreprises étant familiales, ça faisait un tout avec l'opportunité d'un repas pantagruélique.

            Les repas étaient particulièrement riches et combinaient les plats locaux et français: salade de palmistes issues des propriétés, galantine de porcs et volailles, dinde et/ou poissons (parfois bichiques, mais surtout les beaux "rouges" pays), desserts à base de sucre (n'oublions pas que les grandes familles en produisaient avec leurs usines) et bien sûr le vin fraîchement importé par bateau pour l'occasion. 

        les "rouges pays"         et le "palmiste" dont on faisait la salade"
 repas de noel 2 repas de noel 1
              


Cette opulence marquait les esprits des familles plus modestes (pas forcément pauvres mais n'appartenant pas à l'aristocratie foncière locale). Le souvenir sera gardé pour des temps plus riches où ce modèle sera reproduit. Ces familles moyennes économisaient donc sur Noël pour fêter quelques jours plus tard le jour de l'an. Voici l'explication de repas traditionnel frugaux de Noël..

Amicalement 
                                             Gérard Canabady 

 




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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 17:19


Nous avons laissé la voiture au parking du Jumbo de Saint Pierre et sommes partis pour deux heures trente de balade (aller-retour) le long de l’Océan jusqu’à l’aéroport de Pierrefonds. Le sentier est superbement aménagé, on y a planté des raisiniers, des palmiers,  les parterres de fleurs sont soignés, des barrières en bois empêchent le marcheur de s’approcher de la falaise qui ne cesse de s’effriter. Trois panneaux neufs mettant en garde contre ce danger ont été installés le long du parcours.

 P1120145 chemin sp P1120148 chemin sp

On constate malheureusement que pendant leurs soirées bien arrosées , certains n’ont aucun scrupule à laisser traîner leurs détritus (cannettes vides, boîtes de carton, sachets…) sur ces chemins que les employés des  municipalités mettent du cœur à entretenir. Pitoyable ! même les kiosques sont parfois dans un état déplorable après le passage des fêtards.

                              P1120152 chemin sp    
                              P1120157 chemin sp

Après la petite chapelle, le ti bon dieu et la grotte rouge de St Expédit , (où se trouve un point d'eau !) on arrive à la Pointe du Diable, où l’ombre se fait plus rare. C’est  un lieu très apprécié par les pêcheurs, on peut aussi y côtoyer à la nuit tombée des demoiselles (rien à voir avec des poissons…) On longe ainsi les roches noires par de petits sentiers où passent  des promeneurs mais aussi des cyclistes, puis on approche d’une plateforme où traîne encore du fer rouillé, ce sont les vestiges de l’ancienne « balance » de Pierrefonds.  On découvre ensuite les restes d’un petit pont de chemin de fer.

                    P1120162 chemin sp 

                    P1120168 sp
Nous grimpons les marches d’un escalier qui nous mène sur un plateau herbacé où trois ouvriers installent une conduite d’eau pour arroser les nouvelles plantations. Puis nous descendons pour emprunter un chemin qui remonte le long de la côte, un vent frais nous rafraîchit. Ici la végétation fait encore défaut. Bientôt nous rejoignons un chemin qui passe à proximité d’un autre pont SNCF, puis nous nous suivons un chemin bordé de gros galets.

                      P1120195 sp

Des margelles en galets remplies de terre attendent des plantations ; ça et là, dans le sable,  il existe déjà des plants qui ne demandent qu’à grandir. Ce sera joli d’ici deux, trois ans ! Bientôt à notre droite, nous  retrouvons le dessin original de Jace qui représente un e évasion.

                      P1120172 sp 
Nous continuons toujours en nous laissant griser par l’air marin et en subissant les rayons brûlants du soleil de 10 heures. François alimente l’un des cairns situés sur le parcours. Un homme sort de l’eau avec ses palmes en tenant dans sa main une flopée de zourites (pieuvres)

Nous avions prévu de retourner sur nos pas après 1h15 de balade, il nous reste encore une vingtaine de minutes  de promenade sur ce parcours aménagé récemment, avant de rebrousser chemin, en longeant cette fois-ci l’aéroport de Pierrefonds, et la base militaire.

P1120201 sp P1120218 sp

                               P1120220 sp
Nous nous retrouvons à notre retour sur un chemin bien damé , qui est l’ancienne voie ferrée.
Cette fois-ci, nous traversons le grand pont, rejoignons la pointe du Diable et longeons la falaise. Au bord de ce sentier, nous avons fait la rencontre de bulbuls, de cardinaux, d’oiseaux tisserins, de lézards à crête qui « lézardaient » au soleil. Et j’ai même pu photographier un papillon !

 P1120217 sp  P1120186 sp

 Finalement si on arrive à l'aéroport, et qu'on ne trouve pas de taxi, rejoindre St Pierre à pied par la côte est jouable, faut compter 1h15 pour un bon marcheur ! En VTT c'est aussi possible et bien plus rapide !

Rectificatif : il paraît qu'il n'existe plus d'accès au chemin du littoral depuis l'aéroport...(info du 3.1.2010)

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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 08:07

Pour ceux qui ne lisent pas les commentaires des articles du  blog, situés sous les textes, j'ai reproduit ici in extenso  le commentaire de Gérard, notre"informateur"

Il nous livre le secret dont Carnot Dijoux était le détenteur...

"Lorsque les techniciens de la CAHEB ont réalisé que leur alambic produisait un tiers moins d'essence de vétyver que les vieux modèles, ils ne savaient que faire. Carnot Dijoux (un vieux Tamponnais amoureux des appareils de musique comme des essences) leur a enseigné une astuce incroyable. Une  fois récupérée l'essence distincte par densité avec l'eau, il restait donc de l'eau... Cette eau était mélangée elle-aussi à l'essence de vétyver! Il fallait donc la récupérer et non la jeter comme le faisait les jeunes techniciens. Au fait comment retirer de l'essence à de l'eau ? Simplement en trempant dans cette eau un morceau de laine. L'imprégnation de la laine séparait l'eau de l'essence de vétyver. Ainsi était résolu le problème du tiers manquant d'essence par rapport aux ancien alambics... "

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