Réunion du comité le 28 janvier
Pour être au courant des dernières nouvelles de notre club de rando, cliquez donc sur le lien "Randonnée avec les Jolis Pas" que j'ai créé sur mon blog à votre intention. ( à droite en fin de page)
Réunion du comité le 28 janvier
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A notre arrivée, ils se relayaient sur une balançoire fixée à une branche, mais les constructeurs de la "case – santé" leur ont ravi cette place pour y stocker les pierres, le sable…
Les zazas (enfants) s’amusent avec trois fois rien.
Ils aiment par exemple improviser des jeux sur la plage. Un jour, je les ai surpris à se jeter d’un monticule de sable dans l’eau en faisant des acrobaties incroyables (roues, pirouettes).
Dans les vagues, ils jouaient à laver des baies de natte et à les jeter plus loin, pour aller les récupérer.
D’autres fois, ils grimpaient haut dans les arbres ou se cachaient dans les superbes hibiscus derrière la case-santé.
Un pneu les a occupés plusieurs jours de suite, ils le faisaient rouler, s’asseyaient dessus à 5 et jouaient à conduire cette voiture improvisée. Un spectacle inattendu découvert par Félistine (un petit crapaud dans ce pneu) a attiré les petits curieux.
Une boîte de sardines vide, deux tiges de bois, quatre baies de nattier et voilà : Dara a construit une voiture !
Ils viennent régulièrement emprunter un sachet de petites voitures apportées par M.Claire, vont chercher une natte de joncs et y font circuler les petites cylindrées. Parfois, les petits s’installent sur un rocher pour faire en dévaler les « biles » (automobiles) comme ils les appellent ici. Et à la fin de l’activité, ils rapportent le sachet ! Ces voiturettes en plastique ont déjà vécu 5 ans...
Un ballon de foot est aussi à leur disposition, là ce sont les plus grands qui le prennent – quand ils
ne sont pas l’école- mais il arrive très souvent qu’ils jouent avec les plus jeunes. Les plus âgés veillent sur les petits. Pas de panier de basket, pas de but, rien de tout cela. Pas de télévision non plus pour apprendre les techniques du jeu.
Tatie MC avait aussi dans ses cartons des fils de scoubidous, de la peinture, des fils à broder. Et, tous s’essayent à ces activités encadrées, un peu comme en colonie de vacances.
dessin broderie
scoubidou
La fabrication de comètes les a aussi très intéressés, les morceaux de tissu remplis de sable, assemblés, noués, décorés de rubans a occupé une journée, et chacun a fait tournoyer son engin pour l’envoyer le plus haut possible.
Jean-Paul Choel, ami -randonneur des Jolis Pas, nous a fait parvenir des photos de son caféier qui fleurit toujours, avec le commentaire suivant :
"Je vous envoie une fleur de Bourbon Pointu, prise le 3 janvier. Le pied est à nouveau en fleurs, après une pause de 3 semaines. Cette fois, la floraison est abondante et générale. On voit déjà de petites cerises (grains) de la première floraison. La pluie ne favorise pas la photographie. Ces floraisons successives sont surprenantes, peut-être une bizarrerie de la Nature ?"
Merci Jean- Paul.
Pour la pluie, c'est vrai que nous sommes gâtés depuis quelques jours. Sommes en vigilance "Fortes Pluies" depuis vendredi. Un peu contrariant pour les randos prévues mais bénéfique pour nos jardins...
Imaginez que vous habitiez à Lokaro, à 35 km de Fort Dauphin : le village dans lequel vous pouvez rencontrer un infirmier se situe à 3 heures de marche de votre case, et votre enfant a une plaie au pied. Alors voilà, vous êtes obligé d’accrocher votre enfant sur votre dos, dans un lamba, et vous vous mettez en route qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il fasse une chaleur accablante. Et si votre enfant pèse 35 kg, vous ne pourrez pas aller à l’allure précitée. Voilà le lot de ces habitants !
Quand l’association AAHL arrive, c’est le soulagement. On a de quoi soigner les plaies pour prévenir les infections. Le Dr Abel, médecin habitant Fort Dauphin, arrive à la rescousse très souvent.
Pendant notre séjour, il est venu donner des consultations ; il était assisté de Ligia, son épouse, médecin comme lui.
Chaque mois, il fait le déplacement pour consulter devant une case du village. Il arrive même que les pêcheurs aillent à Fort Dauphin pour le rencontrer, à pied puis en taxi-brousse. Il faut bien compter 5 à 6 heures. Cette fois-ci encore il a dû donner des traitements antipaludéens, des antibiotiques, soigner des plaies, des toux chroniques, des ballonnements... Régulièrement il "vermifuge" ses patients. AAHL fournit des médicaments provenant de dons. Il paraît qu'à Mada, il existe un trafic éhonté de médicaments, il est donc plus prudent de donner ( habits, médicaments...) à des personnes de confiance qui remettent les dons en mains propres. Les colis sont souvent détournés.
Depuis que l’association œuvre, les mamans ont appris à ôter les parachs des pieds, mais souvent elles oublient de désinfecter la zone soignée… On a beau leur dire que l’enfant ne doit pas courir pieds nus dans la saleté, rien n’y fait. Deux mots qu’il convient d’apprendre très vite : « malout » et « madio » (sale et propre) ajoutez à ça « rrranou » et « mafana » (eau chaude) et vous avez déjà bien fait progresser les choses : laver une plaie à l’eau stérilisée n’est pas encore un acte automatique !
prévenir l'infection
soigner la fièvre : écraser le cachet, ajouter de la confiture pour mieux l'ingérer.
un ventre rebondi, signe qu'il faut "vermifuger"
M. Claire a emmené Laurence, une jeune maman, devant un réchaud à gaz pour lui expliquer
comment stériliser le biberon. Le jour, où elle s’est présentée avec sa petite Florencia, âgée de 15 mois, l’enfant était déshydratée, sous-alimentée, faiblarde. Elle nous regardait de ses yeux hagards. Au bout de deux semaines de traitement ( boisson vitaminée, pain d’épice et Vache qui Rit, puis lait ) le bébé était métamorphosé, il avait repris des forces et avait l'oeil pétillant et la maman était radieuse ! Entre 15 et 18 mois , âge critique, où on passe mal du sevrage à l’alimentation, beaucoup de bébés meurent encore (3 enfants sont décédés l’an passé dans le village voisin). Là aussi, il est nécessaire de trouver un traducteur pour expliquer aux mamans que le riz ne suffit pas, qu’il faut ajouter du poisson, des fruits…
Razouazaf, une des mamans, s’est vu confier la responsabilité de gérer une mallette de pommades, d’antiseptique, de pansements… en l’absence de personnel soignant, elle peut intervenir sur des petits bobos.
Les villageois intéressés assistent aux soins d'une plaie : c'est Jean, le chef du village qui se fait soigner
Le lendemain de notre arrivée, nous avons demandé à tous les enfants de venir avec leur bol, et chacun a eu droit à « des vitamines » : des flacons d’une boisson lactée hyperprotidique et hyperénergétique, diluée avec de l’eau qui avait bouilli ( c’est Edwige, la femme du chef qui nous apportait l’eau qu’elle avait stérilisée chez elle. Régulièrement, même avant d’aller en classe, tous les enfants venaient. Un jour, j’ai surpris un petit qui complétait son breuvage avec de l’eau stagnante écopée par terre… Aïe, aïe. Sans le concours des enseignants et des mamans, on aura du mal à leur faire comprendre les dangers que leur fait courir cette eau. MC envisage d’apporter un jour un microscope…
De temps à autre l’association achetait des mangues ou des bananes pour les enfants. Les familles avaient aussi droit de temps en temps, à un capok (une mesure équivalant à une tasse)par personne, de riz. Un jour, nous leur avons aussi distribué des haricots rouges (salamachs). Si les familles se mettaient à planter ces légumes et ces céréales, elles ne souffriraient pas de la faim. Souvent, les villageois se contentent de manioc, le mangent cru. Comme ce tubercule cru est toxique, il faudrait le faire bouillir. Quoi d’étonnant aussi à ce que toutes les dents se déchaussent… La plupart des jeunes femmes sont déjà édentées. Nous avons hâte que les citronniers, goyaviers, papayers et autres arbres donnent leurs premiers fruits.
le manioc cru, une panacée pour calmer la faim ...
Une consultation chez un médecin coûte 3000 ariarys (un peu plus d’un euro) soit le salaire de plus d’une demi-journée de travail, et le médicament vaut aussi ce prix… ce qui dissuade les Malgaches d’aller se faire soigner… alors on fait comme Marie – Angèle, on croit bien faire et on met de la bouse de vache sur une plaie qui suinte, et voilà le mal empire !
Ou on fait comme ce pêcheur de langoustes et de zourites, on souffre d’une plaie laissée par une énorme brûlure, on la laisse à l’air libre, et on va pêcher. Cet homme nous explique qu’il n’a même pas 1000 ariarys pour acheter la plante qui cicatrise… Nous lui avons mis des pansements gras à trois reprises et lui avons donné les coordonnées du Dr Abel qui l’aurait soigné gratuitement, - l’association aurait pris le coût en charge - mais il ne s’est jamais présenté à l’adresse qu’on lui avait donnée.
Le"grand brûlé" soigné par MC.
Beaucoup de gens venaient aussi nous voir pour avoir un sirop contre la toux, mais MC a coupé court : il faut prévenir plutôt que guérir, elle essayait de les convaincre de ne plus faire de feu ou de fumer dans les cases, le mal venait de là !
Le problème est que l'association AAHL qui s'est engagée pour Lokaro, ne peut soigner les habitants de Vaturuk, le village voisin, qui à lui seul compte 300 âmes.(Dans ce seul village, on enregistre 20 naissance por 2010) On consent à intervenir sur les cas urgents seulement. Les finances et les moyens humains ne peuvent suppléer toutes les carences d'un système.
Et si les associations n’étaient pas là pour palier les manquements du gouvernement ?
Dara et Fadina, fiers de leur prise
Pêche à la gaulette
Au village, tous savent pêcher. Avec un fil et un hameçon, on s’installe sur un rocher et on attend que ça morde. Les plus petits savent déjà y faire. Et quand l’hameçon reste accroché, on plonge et on décroche : cette petite pièce de métal est précieuse, pas question de la perdre !
A la pêche aux Crabes
Un soir, j’ai suivi Girnot et Flavine dans les vagues au coucher du soleil : ils étaient armés de grandes tiges de fer et sautaient de rocher en rocher pour piquer de cette arme les crabes imprudents. Girnot fouillait le sable sous les pierres pour déloger les proies. J’ai délesté Flavine de son panier en joncs pour qu’elle puisse mieux chasser les bébêtes. Dans le panier, ça grouillait déjà de monde, et il fallait veiller à ce que ça ne s’échappe pas.
Les deux adolescents ont ensuite rejoint l’autre rivage en contournant la « roche sacrée » et au milieu de gros rochers, le garçon a eu une belle prise qu’il a agitée avec fierté !
Girnot et Flavine, spécialistes de la pêche aux crabes
La pêche des femmes
Un soir, un cri et toutes les femmes et jeunes filles qui sont dans le secteur suivent dans
les vagues Esperance, qu’on surnomme ici « Perrache » et qui agite un filet : c’est une grande moustiquaire ! Toutes se mettent en cercle. Pendant que certaines maintiennent le tissu, les autres rabattent les petits poissons en frappant dans l’eau. On remorque le filet sur la plage et les « anchois » sont jetés dans un gros panier. Les femmes repèrent depuis la plage les zones d’ombre qui se déplacent dans la mer et savent à quel moment il s’agit de se préparer à pêcher.
Elles savent aussi que d’autres bancs de poissons ont investi l’océan, un eu plus loin, et là elles n’hésitent pas à monter dans la pirogue et rament ensemble pour poursuivre leur quête. Elles écaillent ensuite ces petits poissons avec une tige sèche, et les font cuire sur leur « fataper »
Nul besoin de partir à la recherche de poisson : chaque matin des pirogues de pêcheurs passent devant notre case. Parfois, c’est pour aller relever des filets, ou pour aller lancer la ligne au large, d’autres fois, ils s’approchent du rivage en attendant que nous les hélions.
Il leur arrive d’agiter les gros poissons depuis leur pirogue dont la voile (faite d’un sac de riz) se gonfle au vent. Quand ils nous voient sur la plage dans la petite crique, ils s’approchent, et c’est l’attroupement : nous regardons ce qu’on nous propose, et là commence le marchandage « ne malgache »… Faut s’y habituer. Jamais, ils ne repartent sans avoir vendu une partie de leurs prises. Nous déjeunons de gros cabots de fond, de poissons-aiguilles, de dorades roses… et de nombreux poissons dont nous ignorons les noms.
Pour les carris de poissons et les courts-bouillons, c'est Jean-Michel, cuistot de l'AAHL qui s'y colle, mais pour l'écaillage, le découpage et les grillades, c'est BRRuno (ici, on roule les RRR), un gars du pays, le responsable !
D’autres fois, c’est un vieux pêcheur, édenté et malingre, qui arrive, dans l’intention de vendre des huîtres. Le jour de notre arrivée, il est déjà là, avec des huîtres et de petits citrons juteux. Nous lui précisons la quantité que nous souhaitons acheter, il s’assied alors dans le sable, et se met à l’ouvrage : il ouvre les douzaines commandées. Il reviendra et nous lui rachèterons des huîtres mais aussi à deux reprises des moules. Comme ce personnage ne livre ses secrets de pêche à personne, pas même aux siens, il est à parier que bientôt –à sa disparition- on ne se délectera plus de ces coquillages à Lokaro.
Il est aussi dans ce village un habitant spécialisé dans la pêche aux langoustes. Reijak,
plonge profondément, en apnée. A quatre reprises, nous lui achetons ces délicieuses bestioles, qui restent dans l’eau de mer jusqu’à la préparation. Sur le « fataper » ( brasero en métal) nous les cuisinons soit au court-bouillon, soit en carry ou encore tout simplement grillées, c’est cette dernière recette que je préfère ! Un jour, un pêcheur de langoustes du village voisin vient nous proposer sa pêche et là nous découvrons avec horreur qu’il a une énorme brûlure au bras, et malgré cette plaie, datant de deux jours il continuait à sonder les profondeurs…
Un autre mets délicieux : les crevettes. Une dame de Vaturuk vient régulièrement à pied au village avec des paniers remplis de crevettes. On ne s’en lasse pas ! 2500 ariarys ( 1 euro) le kilo, et quand elle trie pour nous donner les plus grosses, le prix est de 3000 ariarys le kilo. Petit rappel : une demi-journée de travail équivaut à 2500 ariarys, soit 1 euro de salaire. Souvent nous les décortiquons et les coupons pour les ajouter à une salade mixte ( ananas, concombres, choux, tomates…) des légumes que nous trempons dans le « permanganate » avant de les consommer…
(à suivre)
Si nous sommes partis à Madagascar pendant trois semaines, c’était pour participer au programme de l’Association d’Aide aux Habitants de Lokaro. François a mis tout son savoir-faire et son énergie au service de la « Case Santé » !
Une case-santé, ce n’est pas un hôpital, encore moins un dispensaire. C’est tout simplement un local aseptisé, répondant à des normes d’hygiène pour qu’on puisse y soigner. Le Dr Abel, de Fort Dauphin, qui intervient quasiment chaque mois bénévolement dans ce village se réjouit de pouvoir bientôt faire ses consultations dans l’intimité. Pour l’instant, il intervient sur la terrasse d’une case, à la vue de tous les patients, assis là, patiemment, sur un rocher, à proximité, en attendant leur tour. Et quand l’endroit sera carrelé et que la douche sera installée, il sera plus aisé de soigner les pieds meurtris par les « parachs », ces vers qui pondent dans les pieds. On pourra aussi y entreposer tous les médicaments acquis par l’association.
La case construite par l'équipe précédente en octobre 2010
Mais construire à Madagascar nécessite une remise en question complète : il faut savoir que le ciment est onéreux, qu’on ne trouve pas toujours le matériau ou les accessoires souhaités, que les entreprises ne sont pas toujours fiables ou que les livraisons sont incomplètes (poutres déformées, fenêtres non vitrées, non traitées…) De plus, il faut envisager de se fournir en matériaux sur place : les femmes iront chercher le sable sur la colline, il faudra casser les rochers, les concasser pour en faire du gravier : l’association rétribuera, à la journée ou à la demi - journée chaque travailleur qui aura droit à une fiche de salaire.
Pour ne pas léser certains ou certaines, il faudra demander à Jean, chef du village et à son épouse Edwige, de mettre en place un roulement. Tous ont envie de gagner des ariarys… c’est bien compréhensible.
Les outils peuvent s’avérer fragiles : ainsi la brouette qui s’est cassée le premier jour a été réparée avec les moyens du bord, le rabot a rendu l’âme, il fallait se satisfaire de pelles vétustes et de seaux en fin de vie. On affûte les lames comme on peut. On pouvait toujours rêver d’une bétonnière…
C’est aussi sans compter qu’il faut parfois charrier le matériel à dos d’hommes sur des kilomètres : le camion de livraison craignant d’être ensablé, a décidé de s’arrêter à quelques kilomètres du village et ce sont 28 hommes de Vaturuk qui ont apporté les tôles, les poutres, les sacs de ciment… et les ont mis sur les pirogues avant de les déposer au village.
Parfois la facture est plus lourde que prévu ! Pour la menuiserie, dans l’urgence aucun devis n’avait été demandé et la surprise a été de taille ! Mais des dons de dernière-minute ont permis de ne pas être débiteurs. Et quand on s’apprête à mettre la touche finale, que les poutres sont posées pour recevoir les plaques de tôle, on remarque que le bois est complètement arqué : les traverses étaient bombées à l’origine… impossible de finir le travail ! Il faudra racheter 3 poutres, et de préférence aller les choisir à Mandjundjung : le Dr Abel nous explique qu’il ne faut pas commander son matériel, il faut se déplacer, le choisir soi-même, pour ne pas être ennuyé ! On en apprend tous les jours…
Etapes de la construction pendant ces trois semaines :
I. Réalisation de la dalle de la case
( François, Yves, Bruno, Gervais, Martin, Donas, Reijak, Richard, Rumbak…)
- décaissage : nettoyage de l’intérieur de la case, désherbage manuel, égalisation du terrain - pose de gros cailloux (hérisson) - prise de mesure des ouvertures etc… - confection d’une planche de niveau - extraction et apport de sable par les femmes du village – concassage manuel des roches ( en 3 étapes) - charriage de mortier (gros) - mortier fin et lissage de la chape
II. Maçonnerie intérieure
(par Justin et son aide)
-Crépis des murs intérieurs de la case, encadrements de fenêtre, de porte - rebords de fenêtres
III. Réalisation de la terrasse de la case
(équipe composée de Donas, Richard, Reijak,Rumbak et François) -
Creusement des fondations - Hérisson ( gros cailloux) - Mortier -- Mise en place des deux poteaux de la ferme -
- Mise en place de la ferme - Hérisson de la terrasse - Dalle de la terrasse - Pose des cales des pannes sur la ferme - Découpe et installation des six bois de charpente

Le matin de notre départ, nous sommes étonnés d’entendre les villageois s’activer à 5h du matin : ils nous ont fait la surprise d’égaliser les tas de terre qui entouraient la case, de nettoyer les dalles. Avec François, le quatuor décoffre encore la terrasse et nettoie les planches. Puis les villageois présents posent pour la photo avec les membres de l’Association devant la Case – Santé !
Lokaro – Bé (Grand Lokaro) se compose de quelques cases de pêcheurs. Ces petites habitations dont les murs sont en nervures de ravenales et le toit en feuilles du même arbre, ne contiennent qu’une seule pièce de dimension modeste, la chambre des parents est séparée par un rideau de tissu. Le sol est couvert de nattes en jonc tressé, les habits sont accrochés à des cintres fixés au plafond.
le ravenale, la base de toutes les constructions
Dans ces maisons, pas d’eau courante, ni d’électricité, ni de salle d’eau, pas de WC non plus. On s’éclaire encore à la bougie ou à la lampe à gaz. On prend l’eau au robinet installé au milieu des huttes pour se laver. La douche et les toilettes sèches installées par les associations n’attirent pas grand monde…
L’école, construite par Zanaky-Lokaro, suscite des convoitises : les enfants des villages voisins y viennent à pied malgré la longueur du trajet. Les instituteurs, M. Patrice et M. Valéry, qui encadrent deux classes d’une quarantaine d’élèves (chacun) ont bonne presse !
L'école et son tableau : le dicton de la semaine "l'Union fait la Force"
Deux citernes pour alimenter le village en eau ont été construites, l’une sur une hauteur, l’autre près d’une source. Seule, la première fonctionne - avec des ratés parfois – mais AAHL a des projets à court terme pour améliorer le pompage.
les deux citernes de Lokaro
Un groupe électrogène fonctionne occasionnellement, pour faire un éclairage public à l'occasion des fêtes, comme celle du Nouvel An, et pour faire fonctionner des machines (perceuse, scie, pompe…)
Pour cuisiner, chaque foyer dispose de braseros appelés ici « fatapers », ce sont des réceptacles de charbon de bois ou de bois, en métal.
Pour laver le linge, les femmes ont à leur disposition un lavoir – avec eau courante- installé à proximité des habitations. Cette construction est aussi équipée d’une douche et d’un WC .
Olivenette au lavoir
Deux pirogues appartenant à la communauté assurent le transbordement des marchandises sur l’autre rive ainsi que le transport des passagers. Les gens de Vaturuk et de Vitaper passent aussi par là. Ces embarcations sont aussi utilisées pour la pêche, ressource essentielle du village.
Lokaro n’est pas un village d’agriculteurs et le problème est que l’on y cultive essentiellement le manioc (qui demande peu d’entretien), on se nourrit parfois de brèdes, et souvent de fruits du natte.
Raled dans le champ de manioc
Le riz, qu’on cultive dans le village voisin, ou qu’on fait venir de Fort Dauphin, fait aussi partie de
l’alimentation, mais il est cher !
Depuis peu, on y a introduit des arbres fruitiers (papayers, goyaviers, bananiers, letchis…) On incite les habitants à semer des salades, des carottes, des tomates, mais ce n’est pas encore gagné, il faut changer des habitudes séculaires et comme il n’existe pas d’arrosage automatique, il arrive parfois qu’on oublie de donner de l’eau à ces plants…
Pendant notre séjour, avec les enfants, j’ai semé des haricots rouges (salamach) : chacun a semé en poquet trois graines, a refermé le trou puis arrosé sa plantation… Christian, passionné de jardinage, et qui nous a rejoints ici, continuera cette œuvre au mois de février…
D’autres constructions complètent le tableau : deux bungalows ronds en dur et deux cases traditionnelles dont l’une est équipée d’une petite cuisine. C’est là que vivent les membres de l’AAHL qui viennent y travailler.
N’oublions pas la réalisation d’importance du moment : la Case-Santé qui est en voie d’achèvement (à suivre)
Deux heures trente de piste et quelques minutes épiques de pirogue...
Comme la voiture d’Yves, n’est plus en état de marche pour des raisons qui seraient trop longues à expliquer ici - nous faisons appel à ses proches pour être véhiculés, transfert payant évidemment ( mais la réduction est intéressante)
Ainsi, Jacques, le frère d’Yves, nous emmène à Lokaro avec un 4X4, prêté par Mireille. Les vivres et les valises sont chargés dans le coffre, et nous nous serrons à 4 sur la banquette – arrière (pas de ceinture). Nous faisons le plein à la station où Yves achète aussi des plants.
Au loin, se découpe déjà le Pic Saint Louis, qui domine Fort Dauphin. Quelques kilomètres sur un revêtement louable, nous passons devant une cité nouvelle – anachronique- où vivent des employés de l’entreprise canadienne (bâtiments en dur, couverts de toits verts) puis la RN (que d’anciennes bornes jalonnent) devient une piste. Puis voilà les villages...
On croise une foule de gens qui viennent ou repartent de la ville à pied, chargés de lourds paniers se balançant aux deux extrémités d’un bâton, posé sur les épaules, ou bien simplement posés sur la tête. Femmes et enfants, ainsi chargés avancent pieds nus dans le sable, les flaques d’eau…
Des camions où s’accrochent d’innombrables mains bringuebalent sur ce chemin défoncé.
A notre gauche, à flanc de montagne une carrière, où paraît-il les autochtones travaillent très dur dans des conditions indescriptibles. Ils vivent dans des huttes dans un village qui jouxte la RN. Plus loin, un village où on travaille le sisal. Plus loin encore la réserve de Nahampoana que nous irons visiter à la fin de notre séjour.
Bientôt on aperçoit des rizières. Malgré la pénibilité du travail, les gens nous sourient.
Plus tard, la route est moins inégale et plus droite, la perspective vaut la photo. Sur les bas-côtés et dans les creux de la route, de l'eau...
route inondée népenthès (plantes carnivores)
A l’entrée de Mandromandromatra, (prononcez Manjungdjung) des plantations d’ananas et quelques ruches. Au village, nous achetons un sac de charbon de bois et une main de bananes.
Puis dans les bois, des rochers plats se dressent comme des menhirs, ce sont les stèles des ancêtres, certaines sont surmontées de crânes de zébus. Cette zone est « fadi » c'est-à-dire « tabou » gare à quiconque ose s’y aventurer, cela déclenche la colère des populations qui habitent là.
Le chemin traverse de zones humides, on voit bien le tracé des rivières grâce à la présence des ravenales ( un peu comme les saules dans nos régions tempérées).
Le chemin est étroit, inégal, il grimpe, redescend, se perd au fond d’une énorme cuvette d’eau… Bientôt à notre droite des « népenthès », plantes carnivores. Nous atteignons le village d’Evatra (prononcez « Evatcha ») village de pêcheurs. A pied, on met environ trois heures pour aller d’Evatra à Lokaro.
Parfois, on s'extasie devant la variété des pigments (ocre-jaune-rouge...) de la terre qui affleure sur le bas-côté.
La piste parfois se divise, mais les chemins se rejoignent, il s’agit d’opter pour l’itinéraire le moins pénible pour ne pas patiner dans le sable ou risquer de verser. Notre 4X4 avance maintenant dans un sous-bois sur un chemin qui longe l’océan.
Il est obligé de s’aventurer sur la plage et tout à coup, la forêt est finie et devant nous une étendue bleue nous empêche de progresse : c’est le lac qu’il faut traverser pour atteindre la presqu’île où se trouve Lokaro,(prononcez « loukar ») notre destination. Nous apercevons devant nous les petites huttes de ce coquet village de pêcheurs.
chargement de la pirogue avant la traversée
Les habitants qui avaient envoyé des pirogues ( non motorisées) pour nous faire faire la traversée, sont descendus à notre rencontre. Deux hommes fins et musclés, Gervais et Bruno, pagayent en cadence, mais nous sommes trop lourds et à plusieurs reprises nous manquons de chavirer dans cette coque étroite et instable. Jean Michel ferme les yeux et jure, François essaye tant bien que mal de rétablir l’équilibre de l’embarcation. Ouf, nous sommes arrivés ! Les femmes et les enfants ont mis leurs beaux habits pour nous accueillir. Tous s’y mettent pour porter les provisions qui nous ont suivis dans la deuxième pirogue.
l'arrivée à Lokaro
On a l’impression en se promenant dans cette ville qu’elle est la « laissée pour compte ».
Pourtant elle a un charme qui ne demande qu’à être mis en valeur. Il faudrait déjà pour commencer en favoriser l’accès . Les routes qui y mènent ou en partent sont des pistes défoncées. Ainsi la RN qui mène à Lokaro n’a plus rien d’une route, et n’a plus aucune prétention « nationale », c’est une piste de sable et quand il pleut, de boue ! Seuls les taxi-brousse et les 4X4 peuvent l’emprunter.
Et ce qui surprend c’est que parallèlement à cette route existe une « autoroute » réservée à une entreprise canadienne, spécialisée dans l’extraction de l’ilménite, cette voie est interdite à la population locale. Un employé de la réserve de Nahampoana nous expliquera que les locaux ne savaient pas se plier à la réglementation qui concernait cette voie et elle a par conséquent été fermée aux milliers de Malgaches qui gagneraient plus d’une heure sur le trajet qu’ils sont désormais contraints d’effectuer sur la piste. Deux mondes parallèles !!!
Son port est un cimetière d’épaves rouillées. Seule la plage de Libanona est fréquentée par les touristes. De nombreuses ruines de maisons datant de l’occupation française. Le centre administratif jure par rapport aux habitations modestes des Tolagnarais.
Les bâtiments publics :
Hôtel de Ville Palais de Justice
Bureau des douanes
Commissariat de police Office du Tourisme
Prison
Le petit musée du « Fort Flacourt » n’attire plus personne alors qu’il mérite le détour.
Quand je m’étonnais de voir l’hôpital fermé, j’ai appris que suite à des plaintes de patients contre le chef de service, ce dernier a tout simplement décidé de fermer l’hôpital du samedi 18 h au lundi matin ! Impensable dans un monde civilisé où l’accès aux soins est chose nécessaire.
Difficile à croire... Pas étonnant que MSF ait décidé de se retirer de ce pays, où la santé n'est pas l'affaire des gouvernants. Nous aurons le loisir de constater cette carence de visu pendant les 3 semaines passées avec l'association AAHL.
les lieux de culte :
Vestiges d'un passé florissant... promenade dans un vieux quartier , le long du port.
Le port