Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 14:30

 Où se trouve donc ce vestige ? Il paraît qu’il est encore visible en montant vers les Calbanons.  Nouscheminée Cafrine avons mis le temps pour le localiser, mais nous avons enfin découvert ce témoin du passé.

Pour ceux qui aimeraient la voir de plus près, c’est finalement assez facile. En sortant de St Pierre, en direction de St Joseph, au rond-point direction Mont-vert - la Cafrine, il suffit de prendre la montée sur une cinquantaine de mètres, puis la première à droite et là, on tourne dans la troisième rue à droite.

La cheminée est dissimulée sous de hautes herbes, des bringelliers marron, à main gauche. L’endroit mériterait qu’on le mette en valeur, ne serait-ce que pour honorer ce lieu qui a donné du travail à de nombreux Grandboisiens.

  cheminée cafrine 3

 En 1857 dix terrains d’habitation appartenant au Domaine de Grand Bois avaient été mis aux enchères et achetés par Germeuil Chaulmet et les frères Choppy, comme l’atteste le jugement d’adjudication consultable aux Archives Départementales.

  Sur le terrain N°2 d’une superficie de 125 ha se trouvaient alors une sucrerie, deux bâtiments servant de magasins, trois bâtiments en bois et en pierre servant d’ateliers, un bâtiment en pierres où logeaient les engagés et leur famille, un bâtiment servant de cabanon et un bâtiment ayant la fonction d’hôpital. C'était le domaine de la Cafrine.

cheminée cafrine 2

                                                                                      Ce qui reste de la cheminée ...

Partager cet article
Repost0
12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 15:37

  Ils ont toujours un pincement au cœur, les Réunionnais qui  pendant des décennies, ont vécu l’aventure de la canne, une canne qui a permis aux familles de rester au pays, à d’autres de s’installer et de gagner leur pain. Cette masse laborieuse a, hélas, vu se fermer toutes les sucreries  sur l’île, à l’exception de celle du Gol et de Bois Rouge.

En 1991, c’était au tour de celle de Grands Bois de fermer ses portes, Grands Bois qui avait déjà absorbé les ouvriers et concentré les cannes des sucreries de Terre Rouge, La Cafrine, Manapany, et Grande Anse.

 Sucrerie Grands Bois (6)Il resterait bien sûr dans les mémoires l’expression « zéro calebasse la fumée Grands Bois » pour dire « rien du tout » et les ruines des bâtiments, mais comment les jeunes se représenteraient-ils l'usine de leurs ancêtres ? 

Je me demandais toujours, en passant devant le site, si on allait aussi s’attaquer aux vieilles pierres, comme trop souvent on a coutume de le faire dans ce département. Actuellement, la région injecte de fortes sommes dans deux musées "Stella Matutina et le Musée du Volcan" alors que 150 sites mériteraient qu'on s'intéresse à eux.

Sucrerie Grands Bois

                                                                La sucrerie en mai 2009

Ces ruines majestueuses s’élevaient voilà quelques mois  au bord de cette route qui en a vu passer des gens et des véhicules (ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, le trafic ayant été délesté par la nouvelle route située en amont). De ces ruines, à la plage bordée d’immenses banians et de vacoas, il n’y a qu’un pas. L’endroit invite à la rêverie.

Il est heureux que le bulldozer n’ait pas impitoyablement rasé ces vestiges du passé. La cheminée est toujours là, ainsi que la façade du bâtiment principal.

Sucrerie Grands Bois (5)

                                        la sucrerie en mars 2011

Des grues s’activent actuellement pour réhabiliter les lieux, des murs s’élèvent derrière la superbe Sucrerie Grands Bois (2)façade : ces constructions devraient accueillir des logements, des bureaux, une crèche et même une médiathèque… une action de sauvegarde  qu’on peut saluer !

Bravo à ceux qui ont œuvré pour le sauvetage de ce symbole cher aux Grands Boisiens.

Ci-contre photo prise le 9 mars 2011

 

 

 

 

Plusieurs photos de Jean Legros figurant p.172 du Volume 2 de « C’était Hier » de Daniel Vaxelaire permettent de se faire une idée très précise de l’animation qui y régnait avant sa fermeture.

*( Pour le premier, je ne vois pas ce qu'on avait à lui reprocher, il était superbe, quelle idée de le réhabiliter ! un choix ..pour évincer et remplacer des personnels n'ayant pas la même "sensibilité politique" et nommés par l'équipe précédente? et quelle idée de fermer ces musées, juste au moment où la Réunion, classée au Patrimoine Mondial de l'Unesco, attire des foules ! )

Partager cet article
Repost0
2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 21:57

 

Préfecture St Denis

Notre visite de la  Préfecture a bien failli être compromise : à l’heure où on était censé rencontrer le préfet, celui-ci était retenu par ses obligations : des délégations syndicales, excédés par la dégradation du service public,  avaient une entrevue avec M. Michel Lalande, représentant de la nation.

 

  Grâce à Philippe Schaefer, sous-préfet de St Pierre – à la retraite – qui a demandé à ce qu’on honore les engagements pris, nous avons pu investir les lieux un quart d’heure plus tard, sous la conduite de M. Hajemi, attaché du préfet.

Nous avons gravi les marches de cette imposante bâtisse, classée Monument Historique,  située non loin du Barachois, derrière un écrin de verdure. On nous a fait remarquer que nous étions des visiteurs privilégiés, car la Préfecture n’ouvrait ses portes qu’à l’occasion de la Journée du Patrimoine, et là ce sont des groupes qui défilent toutes les vingt minutes. Seules sont autorisées, le reste de l’année, les visites pédagogiques organisées par la Drac.  Les étudiants en Histoire ont aussi accès aux salles.

Le bâtiment était en 1669 la maison du Gouverneur (Regnault) du temps de la Compagnie des Indes, un magasin à café : on y entreposait le café et on séchait les grains sur l’argamasse au-dessus du bâtiment.

Préfecture de St Denis (5)Nous entrons dans le hall, dont le revêtement en damier noir et blanc est en marbre de carrare, puis nous empruntons les escaliers qui mènent au premier étage. Des salles spacieuses se succèdent , ce sont des salles de réception richement meublées ( certains meubles datent de la Compagnie des Indes). De là, on peut rejoindre la terrasse depuis laquelle on a une vue sur l'océan. Des lustres gigantesques, qui paraissent même trop grands pour l'endroit, ornent le plafond.

 

photo : Colette Gioan

 

Préfecture de St Denis (8)

                                                           photo : Colette Gioan

 Ce n'est pas la demeure du préfet. Les personnalités telles que le ministre de l'Outre-Mer y ont leurs quartiers lors de leur venue sur l'île : Mme Penchard est la dernière a être venue ici, mais elle s'y attarde rarement contrairement à son prédecesseur Yves Jego. C'est aussi le lieu de rencontre régulier des sous-préfets de l'île et du préfet de la Réunion.

 

 

Préfecture de St Denis (2) Préfecture de St Denis (3)

  ls salons                                      photos : Colette GioanPréfecture de St Denis                                                photo : Colette Gioan

 

 Préfecture de St Denis (4)  Préfecture de St Denis (9)

                                                         photos : Colette Gioan

 

 Dans une aile, l'appartement privé, avec lits à baldaquin, coin toilettes, écritoire.

 

                                          Les chambres à coucher

 

Préfecture de St Denis (6) Préfecture de St Denis (7)

                                                                                 photos : Colette Gioan

 

  On nous a autorisé à monter à l'étage supérieur, pour admirer une charpente remarquable, remarquable est unique parce qu'elle est construite comme la coque d'un navire. Elle m'a également fait penser aux installations qu'on rencontre ("rencontrait" serait plus juste) dans les galeries minières du Bassin Houiller de Lorraine.

Préfecture de St Denis (10)

                                                                                         photo : Colette Gioan

Partager cet article
Repost0
24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 20:17

Si les rues fourmillent de touristes le dimanche matin, il n'en est pas de même à partir de 15h : tous ont hâte de redescendre avant que les nuages ne s'accumulent dans le cirque ou que la nuit ne tombe.

 

Cilaos village WH7 Cilaos village WH5

A midi, au Petit Randonneur, au menu pour notre quatuor d'amis, un plat de lentilles  de Cilaos aux saucisses, Après avoir déjeuné , nous avons remonté la rue Delisle, la rue principale où se trouvent le seul distributeur du hameau (à la Poste), une gendarmerie, un cabinet d'infirmiers, une boulangerie, une pharmacie ( mais tous les rideaux sont baissés) Nous dirigeons nos pas vers le petit marché couvert, et y avons droit à une dégustation de vins de Cilaos.

 

CIlaos village WH6 Cilaos village WH

 

Cilaos village WH8Comme la Maison de la Broderie est fermée ( elle n'ouvre que le dimanche matin), nous faisons un

tour dans la boutique "le Magnolia" où je trouve un tambour à broder en bois de fleurs jaunes - la boutique d'Ismaël était fermée -

Devant ce petit magasin pousse un arbre énorme aux grosses fleurs blanches... arbre centenaire qui n'est autre qu'un ...magnolia. Géant !

 

 

Nous remontons vers le parking, et en profitons pour faire un petit tour dans l'église. Nous avions déjà entendu son long carillon à notre retour de randonnée. Sur la place de l'église, la tombe du Père Paul Boiteau,  celui qu'on appelle ici "Saint Popaul" Ce personnage local était prêtre de la paroisse de 1933 à 1947, et  Supérieur du Petit Séminaire de Cilaos. Ce Petit Séminaire pourrait aussi devenir le sujet d'un prochain article...

 

Cilaos village WH2 Cilaos village WH3

 

Je ne peux m'empêcher de longer l'église par la gauche, pour revoir une maison de contesCilaos village WH4 de fées qui se délabre au fil du temps : il s'agit d'un restaurant - qui était encore opérationnel voilà 5 ans, aux dire d'une habitante des lieux- Mais l'établissement "L'Auberge du Hameau " a dû fermer car il n'était plus aux normes et la rénovation de ce bâtiment représentait un coût que les propriétaires ne pouvaient supporter. Et la longue bâtisse vide derrière ce logis accueillait autrefois des touristes, c'était un gîte... Quel dommage ! L'endroit est stratégique, non loin du sentier des porteurs, et les tourelles couvertes de bardeaux sont très pittoresques ! Pourvu qu'on ne détruise pas ce patrimoine ...

 

Partager cet article
Repost0
17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 18:40

Depuis que je suis membre de l’Association "Pêcheurs Golets" de Grands Bois, j’ai une activité régulière qui me passionne : le tressage de vacoa.

Une poignée de charmantes dames désintéressées (bénévoles !), qui viennent là pour le plaisir de se rencontrer et participer à la vie associative, me donnent des rudiments de tressage.

P1030163

  Chaque mercredi de 14h 15 à 16h30, dans une pièce des Calbanons de Grands Bois, je retrouve Jacqueline, la gestionnaire de la section, Ginette, Renée, Lucette la doyenne âgée de 83 ans, et Christine. Deux d’entres elles habitent Bassin Plat, les autres sont de Grands Bois les Hauts, Grands Bois,  Bassin 18…  Marie-Claire, une "zoreille" de Petite- Ile nous rejoint aussi ce jour-là.

P1030159 P1030178

     Lucette                                       Lucette, Renée et Christine

Depuis que j’y vais, je commence à maîtriser la tresse « plate », la tresse « à dents » ;  j’ai un peu plus de mal avec la tresse « coquille »… mais ça viendra. Renée m’explique : « si ou conné plus ou dégrenne » (si tu ne sais plus, tu défais….)

 P1030171 P1030185

la tresse "plate" à 4 brins                                                                      la tresse "à dents"

 P1030169 P1030177

la tresse "coquille" à 4 brins                                               tresse "coquille" à 6 brins

Aujourd’hui, cette dernière a inventé un autre type de tresse coquille à 6 brins du plus bel effet, Christine a réalisé un petit bracelet en tresse plate pour un enfant, Jacqueline a commencé à faire un tressage simple pour confectionner un petit sac en vacoa.

 P1030164 P1030166

                      Jacqueline                                                                        Ginette

Lucette a rapporté cinq chapeaux  et une casquette qu’elle avait confectionnés à la maison avec des feuilles de « datte »… Ginette a fait des tresses avec du latanier blanc. Pendant cette activité, toutes bavardent en créole, et c’est un plaisir de les écouter même si on ne comprend pas toujours tout !

 

Partager cet article
Repost0
21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 17:53

Calbanons GB1Non loin de la Ravine des Cafres, se trouve le quartier de la Cafrine : ces deux lieux-dits font partie de Grands-Bois. Le dimanche 19 septembre, nous nous y sommes rendus à l’occasion des Journées du Patrimoine.

La fête avait lieu autour des « calbanons ». Il s’agit là de maisons d’ouvriers qui ont été construites pour héberger les « engagés » et leur famille, vers le milieu du XIXe siècle. Plusieurs associations de Grand(s) Bois et la ville de Saint Pierre s’étaient retrouvées pour animer cette journée.  

Calbanons GB8

                                                     Association : "tress ek nou"

Dans les pièces d’un des  calbanons, des ateliers nous ont permis de dialoguer avec des couturières, une tisaneuse, un monsieur du terroir, des tresseuses de vacoa…  

Calbanons GB4 Calbanons8

couturières                                                                                                tisaneuse

Calbanons GB0

tresseurs de vacoa

L’intérieur d’une cabane a été reconstitué en plein air : des râpes à manioc et un bertel (sac à bretelles en vacoa tressé) étaient accrochées sur l’armature de la cahute ; « un lit  court-pas » (fixé dans le sol) couvert d’une paillasse en goni (toile de jute) et d’une ouverture en tissu très colorée, avait trouvé sa place dans un angle. Au pied de cette couche, une bassine en fer blanc. Plus loin une table et une chaise. Sur la table, la traditionnelle « lampe à pétrole » qui éclairait faiblement et noircissait l’intérieur des narines, des récipients en fer-blanc, une vieille bouteille de dodo. Par terre un chapeau de paille et deux bouteilles de rhum vides, un fourneau rudimentaire.

Calbanons GB7 Calbanons GB6

Sur une autre table devant cet abri de fortune, une dame très souriante avait installé les accessoires dont on faisait usage autrefois : brosse-coco ( pour lustrer les parquets), coton-maïs ( pour frotter « les linges »), bouteille pour écraser les grains de café. Elle nous a fait deviner le nom de fruits contenus dans son van : les vavangues, grenades, papayes, fruit à pain, cerises péi, cœur de bœuf.

calbanons GB5Dans la cour, une machine à griller le café, un engin mu par la main de l’homme, une machine qu’on pourrait étiqueter « développement durable » et sous un arbre étaient assises deux femmes qui préparaient le repas, l’une coupait des mangues vertes, l’autre découpait minutieusement les feuilles de brèdes.  Une autre dame triait les grains de riz dans un "van"(plateau tressé). Plus loin un homme écorçait le manioc et le râpait…Là aussi, tout avec de l’huile de coude, aucun recours à l’électricité.

 

machine à torréfier le café 

Calabanons 6 Calabnons GC7

râpage du manioc                                                            tri du riz

calbanons GB3 calbanons GB2

         l'effeuillage des brèdes                                        hachage des mangues vertes

Une cour très animée par les bavardages des habitants. Il ne manquait que le chant du coq et le caquètement des poules…( à suivre)

 

Partager cet article
Repost0
25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 19:47

Un jour, à l’occasion d’une sortie en mer, on nous avait donné rendez-vous devant l’église de Saint Gilles, au port, en face de l’Aquarium.  Nous avions beau faire le tour de l’aquarium, pas d’église !  En réalité, cette église est située en face du port sur une hauteur. On la voit d’ailleurs très bien depuis l’embarcadère des bateaux de plaisance. On y accède facilement par des escaliers. C’est une énorme bâtisse de construction récente.

eglise st gilles0

Mais, avant d’arriver sur le parvis, sur la gauche, dans un cadre reposant, arboré, on remarque une petite chapelle blanche, qui est la vieille église de St Gilles. Elle passe presque inaperçue. Devant cette bâtisse, du haut de son socle blanc, une vierge regarde vers le Port.

eglise st gilles 

 eglise st gilles 3  eglise st gilels 2

En lisant « C’était Hier » le supplément qui paraît le dimanche dans le JIR, j’ai appris que cette pette église était à l’origine un hangar à sucre ! Le sucre produit dans les hauts de cette petite ville était acheminé là avant d’être chargé sur des chaloupes, au bout d’une digue qui était autrefois en « roches noires ». Un des fils de Mme Desbassyns aurait offert ce bâtiment à la paroisse.

saint gilles chapelle 001

                                           Carte postale de la collection Younouss Patel

Antoine Roussin, dans son  "Album de la  Réunion", p.362,  parle de sa descente éprouvante vers Saint Gilles en juin 1861.

« De distance en distance, quelques vieux troncs de cocotiers jetés sur la ravine, sont les moyens de communication entre les habitants des deux rives, qui passent comme de vrais acrobates, sur ces ponts vacillants. Pour moi, j’avoue, qu’au moment de franchir l’un de ces passages, j’ai hésité ; aussi craignant une chute au moins ridicule, et n’étant pas venu à Saint Gilles pour prendre un bain de rivière, j’ai bravement grimpé sur le dos d’un Cafre qui m’a déposé, sain et sauf sur la rive opposée. Il est assez curieux de voir, le  dimanche, les dames de la localité, traverser en grande toilette et d’un pied léger, ces passages difficiles où elles ont tout juste la place de poser un pied devant l’autre, pour se rendre à la modeste église que l’on voit sur la droite du dessin »  (complètement à droite derrière les arbres)                    

saint gilles chapelle 002

                                           Que de changements depuis 140 ans !

Partager cet article
Repost0
7 août 2010 6 07 /08 /août /2010 21:06

cb00   5 août, nous revisitons le Conservatoire Botanique de Mascarin aux Colimaçons, sur les hauteurs de Saint Leu. Arrivons  pour la première visite guidée qui a lieu à 10 heures. L’entrée pour un adulte est de 7 euros.

Nous gravissons les nombreuses marches qui conduisent à la villa créole, autrefois demeure de M. de Chateauvieux. Là, nous prenons le temps de regarder les différentes pièces de la case, le mobilier et nous attardons un peu devant les expositions temporaires, axées sur la Nature.

Jérémie, notre guide, un jeune originaire du Pas-de – Calais, cb0nous  accueille sous la tonnelle à droite de la propriété, et après nous avoir retracé l’histoire du domaine et décrit les bâtiments et parcours qui le composent, il nous fait découvrir pendant une heure les différents étages de végétation de la côte Ouest de la Réunion, du littoral à la forêt semi-sèche.

A 10 et 14 heures la visite « Collection Réunion » est proposée, à 11 heures la visite est axée sur  la collection « Verger » et à 15 heures on peut découvrir « la Collection Plantes Lontan ». Nous nous contentons de la première visite guidée, très riche en infos pour flâner une heure dans tout le domaine.

La visite guidée « Collection Réunion ».

Les plantes endémiques de la côte Ouest

Les plantes que nous découvrons sur la plage de sable noir, plage reconstituée, sont « la patate à Durand » liane aux fleurs bleues qui rampe sur le sol et fixe le sable, une solanacée. A gauche, des buissons argentés, il s’agit du veloutier de bord de mer (heliotropium foertherianum), à droite des arbustes d’un vert prononcé, aux feuilles brillantes : le manioc marron.

cb1

 cb benjoin cb2

                 le benjoin                                     le veloutier

Plus haut, nous nous arrêtons devant une plante maintes fois observée : c’est la salliette (psiadia retusa), un arbuste qui a la propriété de filtrer les embruns, ses feuilles retiennent le sel marin, d’où son utilisation culinaire. Nous passons sous un benjoin aux multiples propriétés.

  

Le bois de senteur blanc,(ruizia cordata)- qui ne sent pas du tout- et  et  dont il ne reste que de rares spécimens sur l’île, est fragilisé du fait de l’aspect coriace, très dur de ses graines que seuls tortues et perroquets pouvaient ouvrir et disséminer, or la disparition de ces espèces animales a eu cette conséquence fâcheuse

Notre guide sensibilise les visiteurs à la fragilité du biotope en montrant les liens importants existant entres les espèces végétales et animales. Ainsi un autre arbre est très menacé du fait de la disparition récente d’un papillon pollinisateur. En revanche, certaines plantes sont en danger du fait de la présence d’une faune dévastatrice (cabri, rongeurs)

Par terre une autre liane, la liane-savon, appelée ainsi parce qu’on l’écrasait pour obtenir une mousse destinée à savonner. Amusant aussi d’apprendre que le Bois de Judas doit son nom au fait que certains trichaient en vendant ce bois comme étant « le bois de fer »… Le Bois-Cassant  employé en pharmacopée doit son nom à sa faculté de se briser facilement, c’est aussi le bois des sorciers.

cb4 bois de judas cb bois de fer

               bois de judas                                                    bois de fer

Notre guide évoque ensuite le problème des pestes végétales – vigne marronne, longose... -qui sont responsables de l’extermination d’autres plantes. En proliférant, elles empêchent leurs congénères de se développer.

Dans ce secteur nous nous arrêtons aussi devant le bois d’ortie, le bois amer, le bois d'éponge, le bois de papaye...

Partager cet article
Repost0
7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 14:05

Le château de Maison Rouge aujourd’hui

Un peu plus haut que le Musée des Arts Décoratifs de l’Océan Indien à Saint Louis, se situe l’ancien château du Domaine de Maison Rouge. Il suffit d’emprunter le premier chemin de terre à droite après le musée. Ce musée est lui-même une ancienne écurie de ce domaine. Deux bâtiments blancs à droite devaient être des dépendances de ce domaine.maison rouge 7

l'escalier monumental dont l'accès est actuellement interdit...

Devant l’escalier monumental qui mène à la propriété, un grillage, une grue et un panneau interdisant le passage.

Nous avons demandé l’autorisation d’accéder aux lieux à un « gardien » dont la maison se situait à proximité immédiate du domaine. Il nous a conseillé d’emprunter l’escalier à gauche qui traversait un verger et nous recommandé d’être prudents.

Nous avons donc gravi les marches d’un escalier latéral et avons débouché dans une cour arborée, dans laquelle avait été aménagée une fontaine. A gauche, une petite bâtisse couverte de bardeaux et face à ce bassin une construction précédée d’une immense terrasse de laquelle on a une vue plongeante sur Saint Louis et l’océan.

   maison rouge 1a

Derrière ce bâtiment, une cuisine d’été où sont encore installés une gazinière et un foyer traditionnel. maison rouge 4

Les vestiges de la cuisine à l'arrière à gauche

maison rouge 4b

La charpente est à vif, pas de torchis. Rachetée par le Conseil Général, la propriété devrait bientôt retrouver son cachet d’antan.

 maison rouge 1-copie-1

Ces constructions qui ont vu prospérer la plantation de café,(1725-1827) et connu l’ère des sucreries de 1823 à 1867 ( il reste les ruine de l’ancienne sucrerie qui a fonctionné jusqu’en 1896 sous les Nairac et Murat)et qui ont été administrées par Horeau Edevin un planteur de Saint Louis,  ont été cédées à la Région en 2008.

La maison - maîtresse est en piteux état, les poutres destinées à recevoir les planchers sont pleines de clous, d’où l’interdiction d’investir les lieux. La charpente est dénudée, il manque les cloisons. L’escalier mène toujours au premier étage. Au rez-de-chaussée on voit encore les lavabos , les WC.

maison rouge 5

l'intérieur du bâtiment principal

Devant cette belle bâtisse qu’il faudrait rénover sans en trahir l’authenticité, encore un bassin et des murets  donnant accès à des jardins, jardins envahis par les mauvaises herbes.

maison rouge 2maison rouge 5b maison rouge 3l

Les murets d'un ancien jardin                                              le parc arboré à l'arrière du bâtiment

 Derrière ces espaces certainement idylliques au 19e, un grand terrain arboré où poussent toutes sortes d’espèces endémiques. Certains arbres sont majestueux. Certains ont des fruits, d’autres des fleurs.  Parfois on voit des troncs coupés, troncs d’arbres morts. Là, on a commencé à réaménager l’espace. Espérons qu’on tiendra compte de la richesse locale des espèces et qu’on ne fera pas de coupe sombre ! Ce parc donne à droite sur une ravine… Méfiance !

maison rouge 6 

une dépendance et en contrebas les cuisines

Nous sommes revenus sur nos pas après voir contourné le bâtiment principal, par ce parc, et avons remarqué non loin des cuisines sur la droite une superbe allée cavalière, certainement l’allée principale du domaine…

maisonrouge 8

Sommes repartis, conquis par ce site, désolés de le voir encore à l’abandon , mais ravis de le savoir en bonnes mains… Classée monument historique en 2004, cette propriété mérite un ravalement dans les règles de l’art ! La réhabilitation est imminente. Pourvu qu’on respecte l’esprit de ces lieux, chargés d’histoire.

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 07:42

Stage de broderie : 2e jour à Cilaos

broderie 17

Petit déjeuner avec deux randonneuses qui ont fait la veille Cilaos - le Taïbit - Marla (Aller-Retour) en 7 heures. Tartines à la confiture de papaye, café au lait. Bertha Gardebien, la propriétaire du gîte est déjà dans son jardin à nettoyer les platebandes de rosiers.

broderie 18Je descends à pied à la Maison de la Broderie  en faisant quelques photos de maisons, d’arbres.
Petit détour par le bureau de poste, où les gens font déjà la queue pour des opérations bancaires. J’achète des timbres pour le courrier international (Sénégal et Allemagne) 1 euro le timbre Marianne orange / Pour l’océan Indien, le tarif est plus bas certifie l’employé. Je poste mon courrier et arrive à l’atelier.

Mon professeur, Suzanne Maillot,  est déjà là. Elle fait déjà la poussière, ouvre les volets, aère ...
Suzanne Maillot, cheville ouvrière de l'Association des Brodeuses,  est née dans une famille de 12 enfants, dont deux sont morts en bas âge. Sa maman a connu Angèle Mac Auliffe, qui par ses talents a fait la renommée de Cilaos , elle qui avait introduit cet art qui a permis de faire vivre bien des familles pendant près d'un siècle. Angèle, dont la maman est morte à sa naissance, est enterrée à Saint Denis où elle a terminé ses jours, auprès de son frère, médecin. Mais leur père est enterré à Cilaos.

broderie 15aSuzanne était à l’école jusqu’en classe de 5e. Mais elle a suivi des cours du Greta pour compléter son éducation. De 16 ans à 20 ans elle était aux cours de broderie avec sœur Anastasie, avec une centaine d’élèves. Elle a ainsi préparé et obtenu son CAP de broderie. Ce qu’elle apprenait en formation , elle le restituait dans son foyer où sa maman et sa sœur reproduisaient les  points appris.  A l’époque il n’y avait guère d’autre possibilité pour les filles, soit elles  travaillaient aux champs, soit elles se lançaient dans la broderie, mais pendant leurs années de formation, elles ne gagnaient rien et ne pouvait rapporter aucun de leurs ouvrages, tout était vendu au profit de l’école. La brave soeur Anastasie racontait à qui voulait la croire qu’elle ne pouvait vivre que de la broderie, alors qu’elle était certainement subventionnée par plusieurs organismes.

Le matin avant le travail en atelier, il fallait réciter le chapelet, le silence était de rigueur – on entendait les mouches voler- dans la journée, on avait droit à 10 minutes de pause en tout et pour tout. Mais pendant ces trois années, Suzanne a appris toutes les techniques qu’elle possède désormais.

Pendant 18 ans, elle – même est devenue professeur dans l’école de broderie et en a vu passer des filles. Quarante ans de métier...
Qui prendra la relève à son départ en 2012 ?


Aujourd’hui elle travaille dans l’atelier avec Régine, Jacqueline et Dalida . Cette dernière  aurait dû s’appeler Danita, mais le secrétaire de mairie a mal orthographié son prénom- . C’est Dalida qui accueille les visiteurs et les guide, quand elle n’est pas assise à sa table avec son tambour à broder.

 broderie 14                              Régine et Jacqueline


Si Suzanne est là de 8h à 11h30 et de 13h à 16 heures, les trois autres brodeuses salariées quant à elles, sont là aux horaires d’ouverture au public, c'est-à-dire de 9 heures à 14 heures et de 14 heures à 17 heures. Au total chacune brode 6 heures par jour.

Je continue un peu la petite grille, quand Suzanne me dit d’arrêter vu que le point est maîtrisé. Aujourd’hui, on passe aux choses sérieuses, les fenêtres sont découpées, et les fils sont tirés, on évide aussi les piles.

broderie 10 broderie 11
                     découpe des fenêtres                          premiers lancers

Puis je fais  des surjets pour délimiter le tout, puis j’assemble  dans chaque pile 5 paquets de 4 fils. Puis on commence à faire des lancers avec du coton 50. Jusqu’à présent nous n’avions travaillé qu’avec du 100. Ce sont chaque fois 6 fils par côté.  

              broderie 12 
                             les fils lancés dans les fenêtres

A midi, je vais à la boulangerie et m’achète un sandwich pour 2,30 euros. Petit arrêt à l’Office du Tourisme, où je prends les horaires de bus Saint Louis- Cilaos, ainsi qu’un roman –Rouge  Cafrine -  pour meubler mes soirées.
Et je pars en direction de l’église et m’assieds sur les escaliers du jardin pour manger. Un papillon jaune vient me narguer. Je remonte vers l’usine de conditionnement d’eau de Cilaos, passe devant un ancien hôtel thermal toujours à l’abandon, puis descends des marches le long desquelles coulent deux petites cascades.

broderie 19  broderie 20
vue sur la rue commerçante depuis l'église           la petite cascade au pied de l'hôtel abandonné

En bas un espace de jeux pour les enfants. Je reviens au gîte pour chercher mes ciseaux et me rafraîchir (il fait très chaud, on transpire à grosses gouttes) puis trouve  un raccourci pour revenir au centre ville : un petite chemin de traverse goudronné avec des escaliers. Je passe devant l’arrêt de bus , la Maison de Chais de Cilaos, le collège Alsace Corré et me revoilà devant mon lieu de travail.

     L’après –midi on poursuit le travail de lancers, on fait les point de nœuds sur les fils broderie 13des piles, puis pour terminer on met un fil de bourrage pour délimiter les points de feston.

Attention au niveau des piles, il faut  remonter la pile, moins serrer le feston et faire un point plus grand, attention aussi au coin, bien veiller à faire un bel arrondi… Comme Suzanne part vers 16 heures je me fais conseiller par Régine.

 

Régine recouvre les tambours pour protéger la broderie des chiures de margouillats… Puis je rentre à pied au gîte de Mme Gardebien. 

Partager cet article
Repost0