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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 20:39

Du 15 au 18 mars 2010  Stage de broderie « Jours Anciens » à Cilaos.

 

Lundi 15 mars
En route vers Cilaos 

6h45 départ pour Cilaos. Le Ouaki  est toujours fermé, je passe par Saint Louis pour rejoindre le cirque. Peu de circulation à cette heure. Beaucoup d’eau dans le Bras de Cilaos, quelques roches sur la route, mais rien de bien méchant. Quand j’ai passé les rampes rocheuses, je me sens mieux. Les paysages sont toujours aussi étonnants et je peux m’arrêter quand je veux, la route est à moi. Je passe souvent la première, impossible de  conduire en troisième. J’en profite pour m’arrêter de temps en temps et photographier : d’abord  le rocher de Peter Both, puis  le hameau de Palmiste  Rouge. A la sortie du troisième tunnel, la vue est magnifique. En approchant de Cilaos, la chaussée est humide par endroits, même les tunnels sont humides. Je croise deux bus vers 8 heures du matin. Me voilà arrivée après 1h20 de route - quelques centaines de virages -

Broderie 1 broderie 2
                        Sur la RN3 en direction de Cilaos
broderie 3 broderie 5

Cilaos se situe à 1214 m d’altitude. Je gare la voiture devant la Maison de la Broderie, broderie 5bphotographie la ittoresque Maison de Justice, située juste à côté,  et vais faire un tour dans la rue principale. La poste est déjà ouverte, la gendarmerie aussi : j’en profite pour remplir la procuration pour le 2e tour des élections. Le gendarme craint que le courrier n’arrive pas en métropole en une semaine…  


STAGE DE BRODERIE : ma première journée


A 8h30, Suzanne Maillot est déjà dans l’atelier de broderie, elle m’accueille, c’est un petit bout de femme tout sourire…Je lui tends les carrés de cretonne que j’ai achetés, elle choisit ceux dont l’ourlet est le plus fin.
    
broderie 7bDans un carré de lin blanc elle me fait tirer des fils de contour pour faire la trame : des carrés et des piles.  Avant de fixer le tissu sur le tambour, il me faut coudre mes carrés de cretonne autour de ce lin blanc... Mon professeur me conseille d’ acheter un tambour sans vis dans la boutique de M. Ismael ; en broderie 8attendant elle me prête le sien.Ce tambour de 35 cm de diamètre est fabriqué à Bras Sec. Il est soit en bois de fleur jaune, soit en bois de margousier.
 Une fois le tissu tendu, je tire les fils intérieurs puis elle m’explique le point de petite grille, essentiellement des points noués, le travail demande concentration, minutie, on compte sans arrêt. Pendant la séance des touristes visitent le magasin et s’informent sur les points, les matériaux, le prix des réalisations.


broderie 7On y confectionne des mouchoirs, sous-verres ( objets les plus vendus ) broderie 9napperons,  chemins de table, nappes,  tabliers, robes de baptême, brassières…Ce qui est le plus vendu c'est les sous-verres, sûrement en raison du prix.
Il est vrai que ces ouvrages d'art ne peuvent être bradés : ainsi le  napperon ci-contre qui a demandé une semaine de travail (à raison de 6 heures par jour) se vend 95 euros.
 

 En général, les brodeuses travaillent le lin, parfois la soie. Une vingtaine de brodeuses s’activent chez elles pour l’Association, uniquement sur commande. Dans l’atelier, 4 salariées sont à l’oeuvre : Suzanne, Régine, Jacqueline et Dalida.
Les jeunes, hélas,  ne s’intéressent plus à ce travail.

broderie 6Suzanne Maillot explique que cette Association créée dans les années 83 rencontre actuellement des difficultés. Le chikungunya en 2007 a fait beaucoup de tort à l’atelier, qui voyait défiler avant cette épidémie une centaine de visiteurs par jour. Or le moustique n’a pas sévi à Cilaos. Avant la crise, la préfecture, les administrations commandaient des articles de broderie de Jours de Cilaos, mais rigueur oblige. Suzanne raconte aussi que le bâtiment prend l’eau et aurait besoin d’un coup de rénovation pour être plus engageant : la municipalité leur a mis ce local à disposition, mais n’assure pas régulièrement son entretien. : les néons clignotent et fatiguent les yeux. 
Ce qui attire le touriste, à Cilaos, c’est évidemment la broderie, et la randonnée, et une fois par an la Fête de la Lentille. Mais on délaisse l’artisanat : pas de subvention de la municipalité, ni du Conseil Général. Heureusement que les visiteurs payent 1 euro de prix d’entrée.

L'ex -  député du Tampon aurait bien aidé la Maison de la Broderie. Une femme de chef d'Etat aurait acheté sur ses deniers une nappe et des serviettes  pour une somme très importante, geste qui a marqué l’association.

En bavardant avec Suzanne Maillot, voilà ce que j'ai appris ce jour - là :


"A l’âge de 9 ans, elle a commencé à broder, sa maman et sa sœur brodaient déjà. Son père était cultivateur, il cultivait la lentille, mais avait aussi une basse-cour. Quand c’était la saison de la récolte, toute la famille était à pied d’œuvre. Et quand le voisin commençait à son tour, on prêtait aussi main forte.

Suzanne  s’ est mise très vite à la broderie. Plus tard, elle a formé les brodeuses de Cilaos. Grâce à son talent, elle a eu la chance de voyager. Elle est élevée au Grade de Chevalier dans l’Ordre National du Mérite en 1990 puis obtient le titre de Meilleur Ouvrier de France en 1993

Les gens ne restent pas à Cilaos, ils vendent leur maison. Ils préfèrent descendre avec les enfants et s’installer sur le littoral, bien qu’il y ait des écoles ici. Mais au village, le week-end on ne peut trouver aucun médecin. L’autre problème est la route : souvent elle est coupée et dangereuse et les gens en ont assez de faire  le trajet pour aller au travail. Cela n’empêche que bon nombre de Cilaossiens font la navette, ou restent absents cinq jours, ne rentrant qu’en fin de semaine."

Pause à midi, je vais manger au Randonneur, menu du jour pour 11,50 euros. La terrasse se remplit. Le serveur ne me fait pas payer le litre d’eau. Je retourne à l’atelier à 13 heures.

Je vais me présenter au gîte 1 épi  que j’ai réservé pour 3 nuits au 50 rue Saint Louis, et dépose ma valise. Ce doit être le premier gîte de Cilaos. Mme Gardebien, la propriétaire me montre les lieux.

L’après-midi, je continue à broder la petite grille qui borde le napperon. Pas question de faire d’erreur, sinon on défait l’ouvrage. Et pendant cette activité qui fait oublier le temps, nous continuons à bavarder. Il fait très chaud dans l’atelier, une chaleur peu habituelle pour la saison. On transpire à grosses gouttes.

 

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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 15:22

 Tous les habitants de St Pierre connaissent ce vieux  quartier autour duquel s’est développée la ville.

Dans les guides touristiques, on nous met l’eau à la bouche en parlant de « vieux village de pêcheurs » et quand on se promène le long de l’océan, on est déçu par les nouvelles constructions à étage, qui n’ont rien de pittoresque. Et là, les cases typiques se comptent sur les doigts de la main.

        Terre Sainte pêcheEt pour la pêche, les années fastes sont bien loin, c’était voilà 20 ans. Aujourd’hui ce sont quelques pêcheurs occasionnels qui y lancent leurs appâts. Guillaume, Paul et François y ont aussi déjà fait tremper leur ligne. Pas de barque de pêcheur visible dans cette rade… Sur le bord de mer, deux poissonniers sont livrés chaque jour, c’est bien tout !

Grâce à l'Association "Portes du Sud", avec Enis Rockel, nous avons fait un parcours à la découverte de ce quartier.

Il a retracé l’histoire du port de Saint Pierre qui est liée à celle de Terre Sainte. En 1686 Bernardin de Saint Pierre parle déjà d’un estuaire qu’il aurait découvert, estuaire où 10 bateaux de 50 tonneaux pourraient hiberner. Il faudra attendre quelque deux siècles pour que le port soit construit…

Notre guide  nous a conduits  d’abord vers le « Grand cabanon », puis vers la « Croix des pêcheurs », et enfin dans la « baie de Terre Sainte », avant de nous faire revenir à l’Office du Tourisme par la ruelle Charles Prince.

Terre Sainte vue  Terre Sainte escalier

Si on veut se faire une idée plus réaliste de ce qu’était le village avant, il suffit de s’aventurer dans les ruelles qui remontent et on est conquis : un vrai labyrinthe de chemins très étroits où ne passe aucune voiture, des maisons serrées les unes contre les autres. On croit même briser l’intimité des gens qui vivent ici, en passant devant leur cuisine, devant leur salle de séjour… Mais c’est toujours avec le sourire que les habitants nous saluent. Si autrefois toutes les cases étaient blanches (car blanchies à la chaux) aujourd’hui elles sont parfois de couleur vive. On affectionne beaucoup le bleu.

Le Grand Cabanon de Terre Sainte.


Terre Sainte cavanon 2  Terre Sainte cabanon 3Il en reste un énorme mur. Edifiée en 1853, cette immense bâtisse  abritait  130 ouvriers qui travaillaient à la construction du Port de Saint Pierre. Ces ouvriers ont dû, sur ordre du Gouverneur Hubert Delisle, arrêter le chantier de la RN3 – route des Plaines- pour prêter main forte aux autres ouvriers du port dont 497 prisonniers venus de Saint Denis. (Ces derniers eux étaient logés à la prison datant de 1843 situé derrière l’hôtel de ville)

La Croix des Pêcheurs

Terre Siante Chapelle vers Terre Sainte vers Chapelle 2

Terre Sainte Croix des Pêcheurs 2Au point culminant de Terre Sainte, les villageois avaient édifié une chapelle, où ils allaient prier avant de partir en mer.
A l’heure actuelle on y voit encore la grande croix et une petite chapelle dédiée à la Vierge Marie, et devant cet espace des bancs pour les fidèles. Cette croix -ci date de 1955


Vue plongeante vers l’océan et à main droite le port de St Pierre. Quand la Terre Sainte descentemunicipalité décide de  faire sauter à l’explosif cette petite montagne, la population s’indigne et on arrachera la roche tout autour  pour construire le Port et faire passer une voie ferrée ( sur laquelle passaient des wagonnets  de chantier , appelés « trucs », tirés par les chevaux. Enis Rockel raconte que la tempête Gamède a mis à jour une roue de ces wagonnets, à laquelle il conviendrait de donner une place… Nous descendons de ce tertre par un escalier étroit bordé de maisons, traversons la route du littoral et arrivons à la crique bordée de banians.

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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 21:06

Sur les hauteurs de Saint Louis

Après avoir fait quelques courses dans une mercerie et un magasin de tissu à Saint Louis, me voilà partie pour le Musée des Arts Décoratifs de l’Océan Indien, installé en amont de la ville, dans le monument historique de « Maison Rouge », ancienne maison de propriétaires terriens, domaine de 75 hectares.

Ai repéré la flèche bleue du Conseil Général indiquant « Maison Rouge » Je passe devant des cases en tôle, un ti bon dieu, et suis surprise par l’état de cette voie :  la route est défoncée par les dernières pluies, nombreux nids de poule, j’ai même l’impression d’avoir un pneu crevé…

Une équipe d’une dizaine de personnes s’affaire avec des débroussailleuses pour soigner les abords de ce chemin. On s’attend à trouver devant soi, au bout de cette route,  la bâtisse qui est reproduite sur tous les sites web avec ses grands escaliers quelque part. Rien de tout ça.

                        maison rouge 1

 
Alors on s’arrête à tout hasard pour questionner un homme devant un grand bâtiment rouge, bâtiment insignifiant sur le plan architectural, et on se renseigne. C’était bien là ! Je réalise que la petite inscription au dessus de l’entrée « MADOI » doit  signifier « Musée des Arts… » et que si les murs étaient peints en rouge il devait bien y avoir une raison
  maison rouge 2 maison rouge 3

Mais l’homme, c'était un agent de sécurité,  explique : « On ne visite pas, un toit s’est effondré, la maison est en travaux… la réouverture sera annoncée dans les journaux »  Alors bon ! on n’insiste pas. Bien curieuse de savoir ce qui se trouve derrière ces murs rouges … Faudra revenir.


Je pousse donc vers les hauteurs, où on discerne quelques habitations discrètes cachées dans la verdure, puis le chemin semble se perdre dans les cannes.

maison rouge 4


maison rouge 6Redescente ... et là, c’est magique : on prend conscience de la beauté du site : vue sur l’océan, et sur les maisons blanches de Saint Louis, dominées par l’église et le minaret de la mosquée.




maison rouge 5La route descend entre deux allées d’arbres splendides aux fleurs jaunes, qui dégagent un parfum enivrant. Impossible de trouver le nom de ces arbres…ni sur internet, ni dans les nombreux livres consultés.

Cela a l’air d’être une espèce d’acacia. Mais laquelle ?

 

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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 17:47

Un ouvrage à préserver et à regarder.

Il fait partie du paysage, mais on l’oublie. Parfois on passe à côté sans le voir. La preuve : aucun panneau ne signale son existence. Quel dommage que ces vestiges du patrimoine ne soient pas à l’honneur. On parle de « Maison des Civilisations » et on méconnaît les richesses de sa propre civilisation,  qu’on a à sa portée. Les jeunes habitants de St Louis savent –ils d’ailleurs de quoi il s’agit eux qui n'ont pas la chance de connaître ni le Pont du Gard, ni l'aqueduc de Gorze ou celui de Jouy aux Arches ?


Il est heureux qu’on n’ait pas encore détruit les piles de cet ouvrage presque bicentenaire, pour les réutiliser ailleurs… Si j’étais dans le conseil municipal de St Louis, je suggérerais l’achat de panneaux de signalisation (comme celui indiquant la direction de Maison Rouge)  pour  y guider les touristes, ou les écoliers,  je réaliserais un panneau d’information que je planterais sur une petite place arborée…

On aperçoit l'aqueduc en quittant la ville de Saint Louis pour rejoindre la sucrerie du Gol. Après le garage, un pont rouillé duquel on le voit à main droite. Pour faire la photo, je me suis aventurée sur l'allée piétonne de ce pont, tapissée de plaques de métal mangées par la rouille, branlantes et vraiment peu engageantes...
pont-sur-la-ravine-du-gol  aqueduc 1

Si on veut approcher l'aqueduc, il suffit de prendre la route qui monte à droite à l'intersection.

Les piliers maçonnés sont majestueux dans ce décor verdoyant et fleuri où coule une eau brune, venue des Hauts.

aqueduc 4


L’histoire des aqueducs de Saint Louis

Pour irriguer les plantations de canne à sucre dès la 1ère moitié du XIX e siècle, on a creusé des canaux sur  l’île. L’architecte Murat a créé « le canal du Gol » pour les frères Couve. Ce canal prend sa source au lieu-dit « le Gouvernail » dans la Rivière Saint Etienne, traverse St Louis, passe dans un aqueduc  datant de 1817 pour rejoindre la Ravine du Gol. La ville de Saint Louis s’est construite autour de ce canal, où  la population venait se ravitailler en eau. Une aubaine !


En 1835 on abandonne cet ouvrage pour en reconstruire un plus haut. Ce sont des piles de maçonnerie très hautes qui enjambent le lit de la Rivière, et ces piles supportent désormais le canal. Progressivement, on remplacera le canal en bois par un canal en métal.

aqueduc 3 aqueduc 5
La canalisation rejoint la sucrerie du Gol et alimente en eau les machines à vapeur.

En 1985, le canal est fermé, un autre système d’irrigation a pris sa place.

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 19:12

 Villas  créoles de Saint Denis, petit rajout !

Grâce à l’aimable autorisation de Nicolas Janberg, rédacteur de « Structurae »,dont le siège est à Ratingen en Allemagne,  je peux vous montrer le formidable travail de restauration accompli sur une des villas mentionnées dans un article précédent : la villa Carrère.

Trois années séparent ces deux photos :

Maison Carrere 2006

Photographie Jacques Mossot  2006  (tous droits réservés) www.structurae.de

Maison Carrere zip 1

                                                       Photo François Dallem -  février 2010

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 11:44

Toujours dans la rue de Paris, deux maisons très pittoresques, classées "monuments historiques", émerveillent le passant. Il s'agit de la maison Déramond Barre, et de la Maison du Général.

 

villa Deramond Barre zipLa Maison Déramond achevée en 1832 a vu naître le poète Léon Dierx en 1838 et l’Ancien Premier Ministre Raymond Barre en 1924. Le docteur Déramond né en 1906 est le grand-père de Raymond Barre. Cette demeure est située au 15 rue de Paris. Le Département y a installé son service « Architecture et Patrimoine ». La façade qui donne sur la rue Villa Deramond Barre 3 zi^pcontraste avec l’arrière de la maison, complètement couverte de bardeaux. Des travaux sont actuellement en cours dans le bâtiment abritant la salle de bain. La Drac vient d’ailleurs de projeter la restauration du mur de clôture, des grilles, des portails, du dallage et du guétali.

 


      La Maison du Général
, située 40 rue de Paris, a été construite dans les années 1840. Le Villa du Général zipterrain appartenant à Jules Bédier a accueilli cette construction commencée par Lucien Lebeau. Quatre familles de propriétaires se succéderont : M. Baret, Mme Champierre de Villeneuve, Jean Claude Barre, puis Gaston Caillé. En 1977 le Ministère de la Défense en fait l’acquisition. En 1999,elle est rachetée par la Région Réunion qui la restaure. Elle est classée « Monument Historique en 2005.C’est vers 1920 que les Champierre de Villeneuve ajoutent le balcon en fer forgé, style Art Déco.


Non loin de la Rue de Paris... 

villa Rontaunay       Le Palais Rontaunay, situé 5, rue Rontanay, a été construit de 1857 à 1865. Julien Gaultier de Rontaunay y avait installé son commerce. C’était un armateur fortuné, originaire de Maurice qui possédait 19 goëlettes et en affrétait une cinquantaine d’autres. Mais son commerce avec l’Inde et les Mascareignes a pris fin en raison de l’épidémie de variole. Le négociant meurt en 1863 et  lègue sa demeure  à ses héritiers naturels qui le vendent. Jusqu’en 1979, elle était occupée par le Conseil Général, elle est toujours propriété du département et abrite encore quelques services. Classée Monument Historique en 1997, c’est une grande bâtisse en bois sous tôle.

 

















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27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 17:10

A l'occasion d'une sortie organisée par la dynamique association "Université du Sud Pour Tous" une quarantaine de personnes ont pu découvrir les splendides villas créoles de Saint Denis situées pour la plupart dans la Rue de Paris.

Maison Carrere zip 1

Cette maison créole construite au début du XIXème siècle, n’avait qu’un rez de chaussée en 1820,  était construite en bois, et était couverte d’un toit à quatre pans percé de lucarnes. Au fond de cette parcelle qui appartenait à Ephémie Calvet se trouvaient des dépendances.
 

 Maison Carrere zip 4Elle change de propriétaire en 1827, 1840, 1844, 1868. Mais c’est à Raphaël Carrère, riche négociant en sucre,  qui en fait l’acquisition en 1905 qu’elle doit son nom actuel. M. Raphaël Carrère et son épouse Amélie la transforment, ajoutent un étage de facture classique avec des fenêtres séparées par des pilastres formant cinq travées.

En 1961, la maison est rachetée par le maire de Sainte Marie, M. Yves Bédier. Toute la propriété est inscrite en 1998 à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Depuis 2001, c’est la Cinor (Communauté Intercommunale du Nord de la Réunion) qui l’achète et y entreprend des travaux de restauration.

Un site intéressant pour voir l’état dans lequel était la maison avant restauration :

http://fr.structurae.de/photos/index.cfm?JS=72321

 Voilà deux mois que cette villa abrite l’Office de Tourisme Intercommunal du Nord de la Réunion.

Elle est ouverte au public de 9h à 17h30. Prix d’entrée 3 €. (visite guidée 4 €) S’y trouve une exposition permanente intitulée "La Rue de Paris : familles créoles entre jardins et arrière-cours"

maison carrere zip 10 maison carrere zip 11 maison carrere zip 13


maison carrere zip 14

Ces deux portes fermaient la salle à manger de l’ouest, les vitres étaient recouvertes de vitrophanies, dessins sur un film, collé sur la vitre, représentant les Quatre Saisons sous forme d’allégories Seules les figures du Printemps et de l’Eté ont pu être préservées.




Vitrophanie, Art Nouveau

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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 18:55

Ce mercredi, François a participé à une journée organisée par l’UPTS. Il a ainsi pu déambuler dans les salles de l’ancien hôtel de ville, situé au 14, Rue de Paris, non loin du monument aux morts.

Commandé en 1846, ce bâtiment est devenu opérationnel en avril 1860. L’architecte Pierre Emile Grenard a travaillé sur ce chantier. Depuis 1975, il est classé monument historique. Et de 1987 à 2001, on y entreprend  des travaux de restauration. En 1979 Jacques Chirac inaugure le Nouvel Hôtel de ville, une construction moderne. Mais certains services restent dans l’ancienne mairie.

st denis mairie ancienne

Elle est toujours ouverte au grand public.

On entre dans un vaste hall d’accueil carrelé de damiers noir et blanc. De hautes colonnes st denis mairie 1blanches soutiennent  le plafond. Dans  l‘aile droite, une porte donne sur les bureaux de l’Etat Civil. où  on peut se faire délivrer  passeports, cartes d’identité, légalisation, attestation d’accueil… Au fond, les Archives.

Dans l’aile gauche a été  aménagée une salle  destinée aux expositions temporaires.


Deux escaliers situés  entre ces deux salles conduisent à l’étage où  ils se rejoignent. Les salles de ce niveau  entourent une cour à arcades.

                st denis mairie 3



La plus grande est la Salle des Fêtes aux lustres dorés. avec son superbe parquet.
st denis mairie 2

On y découvre aussi la Salle des Mariages


st denis mairie 4 
Sur le mur une représentation de l’ancienne mairie au début du XIXe, d’après Roussin, entièrement  réalisée en fibres végétales

St denis mairie tableau 
Une Salle de Réunion
St denis mairie 5














.

 

 

 

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 21:21

...Puis nous avons contourné la demeure pour diriger nos pas vers un bâtiment où on produisait l’électricité.
Valentin Hoareau qui s'y est installé en 1909 a redonné vie à ces lieux dont les bâtiments menaçaient de tomber en ruines.  C'était un homme cultivé et ses deux fils ont également fait des études. L'un d'eux, Emmanuel a suivi une formation d'ingénieur - agronome à Grenoble et s'est intéressé à l'électricité. Fort de ce savoir, il en a fait profiter la maison. Ainsi, le domaine s'est équipé d'une petite usine électrique et fabriquait son propre courant. Cette mini-usine électrique, la première qui a vu le jour dans le Sud,  a fonctionné bien avant celle de Langevin.

maison vallée électricité  maison Vallée electricité 2

Dans la propriété coulait aussi une cascade. La fraîcheur des lieux était propice aux rencontres. Et très longtemps dans cette propriété on organisait des bals qui attiraient le beau monde.

En nous promenant, nous avons été séduits par les arbres à fleurs ornementales dont le cytise aux grappes dorées, et des arbres fruitiers peu communs comme le "mabolo" qui donne un fruit pourpre dont la peau a l'aspect du velours satiné. Nous avons terminé notre parcours sur la varangue de la maison. Nous avons respecté le souhait de Mme Hoareau en ne faisant pas de photos de la maison, en restant sagement dans la véranda. La maison ,datant de 1860,  un véritable musée, comme nous avons pu le constater depuis les fenêtres, regorge de merveilles : de meubles de luxe, de bibliothèques, de lustres... Le sol est revêtu de carreaux de marbre rouge et blanc …

maison vallée 2
Cette maison avait été construite par Anicet Orret, fils d’un grand bourgeois. La charpente est en bois de fer, les clous de marine fixant les planches auraient été forgés par d’anciens marins.  Les colonnes de la véranda étaient autrefois en bois de natte sculpté, mais il a fallu les ôter en raison des intempéries, et on les a remplacées par huit colonnes de fonte coulées sur le même modèle que les piliers d’origine. A noter aussi la présence d’arcades, éléments peu communs dans les cases créoles.

   maison Vallée varangue
Nous nous sommes installés dans les magnifiques fauteuils blancs et notre hôtesse nous a offert à boire et proposé de signer son livre d’or.

 

 

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 16:00
Toujours avec "les Portes du Sud", nous avons visité ce matin, à la Ravine des Cabris, à quelques kilomètres de St Pierre,  une demeure classée "Monument Historique"  Une superbe promenade dans le temps lontan...

maison vallée Jacqueline HoareauLa Maison Vallée ( ou de la Vallée)  était autrefois le domaine de propriétaires fortunés. Mme Jacqueline Hoareau,née Payet,  maîtresse actuelle des lieux, nous a gentiment reçus et nous a donné une foule de renseignements sur le passé de cette propriété nichée au fond d'un parc arboré, loin des regards indiscrets. C'est un trou de verdure "où ne chante plus la rivière" Hélas !
Autrefois un canal traversait Mahavel, "le Pays des Vivres" et cet endroit idyllique ; il  irriguait les plantations, faisait tourner les meules, mais le modernisme et les tuyaux ont eu raison de ce canal... Une autochtone m'a confié qu'en 1973, elle avait encore vu couler l'eau à ciel ouvert.

 Jacqueline Hoareau et Enis Rockel


Nous avons laissé nos véhicules à l'entrée du domaine où s'élèvent les ruines d'une maiosn vallée cheminéeancienne sucrerie. Une cheminée carrée qui servait  aussi de belvédère  s'élève toujours à l'angle sud-ouest.

Malgré l'échelle rouillée, il vaut mieux ne pas risquer l'ascension ; notre hôtesse elle - même de son vivant ne s'y est jamais hasardée. M. Enis Rockel, le guide -conférencier qui nous accompagnaiit nous a fait remarquer que dans le Sud toutes les anciennes cheminées des usines sucrières étaient carrées et non rondes...Et d'ajouter que ce belvédère permettait autrefois de guetter le retour du patron, de voir à quelle distance étaient les visiteurs qu'on attendait...
Le bâtiment qui date des années 1820 porte encore une date "1875" (vraisemblablement la date d'un ajout de murs) En se penchant, on remarque des fossés envahis par la végétation : des pithayas, des papayers et bien d'autres plantes ont colonisé les lieux.

maiosn Vallée chaudière sucrérieMme Hoareau nous a fait traverser le sous-bois pour nous faire faire le tour de la ruine, au fond, près de la cheminée, on voit encore l'ancienne chaudière.

Nous sommes repassés devant deux bâtiments, qui servaient autrefois d’abri pour les animaux, et devant on aperçoit encore les mangeoires et les abreuvoirs qui étaient alimentés par l’eau du canal.

maison Vallée abreuvoirs









Maison vallée ouvrièresPuis notre hôtesse nous a montré un bâtiment  où les ouvrières autrefois, vers 1920,  travaillaient l’aloès. Comme la plante acide abîmait les mains, on a eu l’idée ici de faire l’élevage de lapins pour récupérer leur fourrure et fabriquer des gants, gants qu’on nommait « lapex ». Les filles ont vu ainsi leur tâche facilitée. Cette maison  est couverte de bardeaux centenaires, bien ternis par le soleil  -le coût de la restauration serait trop important-. D’ailleurs, sur l’île un seul ouvrier travaille encore les bardeaux à l’ancienne.



Non loin de là, cachés sous les arbres, on aperçoit encore la meule qui servait à broyermaison vallée meule l’aloès et les canaux qui amenaient l’eau.

La maisonnette, couverte de bardeaux, située à l’entrée du domaine faisait office de Maison Vallée bureaubureau. Là, le maître des lieux donnait les instructions à ses ouvriers. Sa place surélevée se justifie par la raison qu’il fallait que le patron soit entendu et vu par la masse des employés, et Mme Horeau d’ajouter que les plantes étaient maison Vallée argamassebien moins hautes autrefois, et ainsi le maître pouvait voir très loin à quelles occupations vaquaient – ou ne vaquaient pas - les hommes.




Ensuite, nous avons été invités à découvrir l’argamasse, place où on séchait le café, l’aloès. La place est aujourd’hui occupée par un salon de jardin.

 

                   (à suivre)

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