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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 19:47

Un jour, à l’occasion d’une sortie en mer, on nous avait donné rendez-vous devant l’église de Saint Gilles, au port, en face de l’Aquarium.  Nous avions beau faire le tour de l’aquarium, pas d’église !  En réalité, cette église est située en face du port sur une hauteur. On la voit d’ailleurs très bien depuis l’embarcadère des bateaux de plaisance. On y accède facilement par des escaliers. C’est une énorme bâtisse de construction récente.

eglise st gilles0

Mais, avant d’arriver sur le parvis, sur la gauche, dans un cadre reposant, arboré, on remarque une petite chapelle blanche, qui est la vieille église de St Gilles. Elle passe presque inaperçue. Devant cette bâtisse, du haut de son socle blanc, une vierge regarde vers le Port.

eglise st gilles 

 eglise st gilles 3  eglise st gilels 2

En lisant « C’était Hier » le supplément qui paraît le dimanche dans le JIR, j’ai appris que cette pette église était à l’origine un hangar à sucre ! Le sucre produit dans les hauts de cette petite ville était acheminé là avant d’être chargé sur des chaloupes, au bout d’une digue qui était autrefois en « roches noires ». Un des fils de Mme Desbassyns aurait offert ce bâtiment à la paroisse.

saint gilles chapelle 001

                                           Carte postale de la collection Younouss Patel

Antoine Roussin, dans son  "Album de la  Réunion", p.362,  parle de sa descente éprouvante vers Saint Gilles en juin 1861.

« De distance en distance, quelques vieux troncs de cocotiers jetés sur la ravine, sont les moyens de communication entre les habitants des deux rives, qui passent comme de vrais acrobates, sur ces ponts vacillants. Pour moi, j’avoue, qu’au moment de franchir l’un de ces passages, j’ai hésité ; aussi craignant une chute au moins ridicule, et n’étant pas venu à Saint Gilles pour prendre un bain de rivière, j’ai bravement grimpé sur le dos d’un Cafre qui m’a déposé, sain et sauf sur la rive opposée. Il est assez curieux de voir, le  dimanche, les dames de la localité, traverser en grande toilette et d’un pied léger, ces passages difficiles où elles ont tout juste la place de poser un pied devant l’autre, pour se rendre à la modeste église que l’on voit sur la droite du dessin »  (complètement à droite derrière les arbres)                    

saint gilles chapelle 002

                                           Que de changements depuis 140 ans !

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7 août 2010 6 07 /08 /août /2010 21:06

cb00   5 août, nous revisitons le Conservatoire Botanique de Mascarin aux Colimaçons, sur les hauteurs de Saint Leu. Arrivons  pour la première visite guidée qui a lieu à 10 heures. L’entrée pour un adulte est de 7 euros.

Nous gravissons les nombreuses marches qui conduisent à la villa créole, autrefois demeure de M. de Chateauvieux. Là, nous prenons le temps de regarder les différentes pièces de la case, le mobilier et nous attardons un peu devant les expositions temporaires, axées sur la Nature.

Jérémie, notre guide, un jeune originaire du Pas-de – Calais, cb0nous  accueille sous la tonnelle à droite de la propriété, et après nous avoir retracé l’histoire du domaine et décrit les bâtiments et parcours qui le composent, il nous fait découvrir pendant une heure les différents étages de végétation de la côte Ouest de la Réunion, du littoral à la forêt semi-sèche.

A 10 et 14 heures la visite « Collection Réunion » est proposée, à 11 heures la visite est axée sur  la collection « Verger » et à 15 heures on peut découvrir « la Collection Plantes Lontan ». Nous nous contentons de la première visite guidée, très riche en infos pour flâner une heure dans tout le domaine.

La visite guidée « Collection Réunion ».

Les plantes endémiques de la côte Ouest

Les plantes que nous découvrons sur la plage de sable noir, plage reconstituée, sont « la patate à Durand » liane aux fleurs bleues qui rampe sur le sol et fixe le sable, une solanacée. A gauche, des buissons argentés, il s’agit du veloutier de bord de mer (heliotropium foertherianum), à droite des arbustes d’un vert prononcé, aux feuilles brillantes : le manioc marron.

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 cb benjoin cb2

                 le benjoin                                     le veloutier

Plus haut, nous nous arrêtons devant une plante maintes fois observée : c’est la salliette (psiadia retusa), un arbuste qui a la propriété de filtrer les embruns, ses feuilles retiennent le sel marin, d’où son utilisation culinaire. Nous passons sous un benjoin aux multiples propriétés.

  

Le bois de senteur blanc,(ruizia cordata)- qui ne sent pas du tout- et  et  dont il ne reste que de rares spécimens sur l’île, est fragilisé du fait de l’aspect coriace, très dur de ses graines que seuls tortues et perroquets pouvaient ouvrir et disséminer, or la disparition de ces espèces animales a eu cette conséquence fâcheuse

Notre guide sensibilise les visiteurs à la fragilité du biotope en montrant les liens importants existant entres les espèces végétales et animales. Ainsi un autre arbre est très menacé du fait de la disparition récente d’un papillon pollinisateur. En revanche, certaines plantes sont en danger du fait de la présence d’une faune dévastatrice (cabri, rongeurs)

Par terre une autre liane, la liane-savon, appelée ainsi parce qu’on l’écrasait pour obtenir une mousse destinée à savonner. Amusant aussi d’apprendre que le Bois de Judas doit son nom au fait que certains trichaient en vendant ce bois comme étant « le bois de fer »… Le Bois-Cassant  employé en pharmacopée doit son nom à sa faculté de se briser facilement, c’est aussi le bois des sorciers.

cb4 bois de judas cb bois de fer

               bois de judas                                                    bois de fer

Notre guide évoque ensuite le problème des pestes végétales – vigne marronne, longose... -qui sont responsables de l’extermination d’autres plantes. En proliférant, elles empêchent leurs congénères de se développer.

Dans ce secteur nous nous arrêtons aussi devant le bois d’ortie, le bois amer, le bois d'éponge, le bois de papaye...

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 14:05

Le château de Maison Rouge aujourd’hui

Un peu plus haut que le Musée des Arts Décoratifs de l’Océan Indien à Saint Louis, se situe l’ancien château du Domaine de Maison Rouge. Il suffit d’emprunter le premier chemin de terre à droite après le musée. Ce musée est lui-même une ancienne écurie de ce domaine. Deux bâtiments blancs à droite devaient être des dépendances de ce domaine.maison rouge 7

l'escalier monumental dont l'accès est actuellement interdit...

Devant l’escalier monumental qui mène à la propriété, un grillage, une grue et un panneau interdisant le passage.

Nous avons demandé l’autorisation d’accéder aux lieux à un « gardien » dont la maison se situait à proximité immédiate du domaine. Il nous a conseillé d’emprunter l’escalier à gauche qui traversait un verger et nous recommandé d’être prudents.

Nous avons donc gravi les marches d’un escalier latéral et avons débouché dans une cour arborée, dans laquelle avait été aménagée une fontaine. A gauche, une petite bâtisse couverte de bardeaux et face à ce bassin une construction précédée d’une immense terrasse de laquelle on a une vue plongeante sur Saint Louis et l’océan.

   maison rouge 1a

Derrière ce bâtiment, une cuisine d’été où sont encore installés une gazinière et un foyer traditionnel. maison rouge 4

Les vestiges de la cuisine à l'arrière à gauche

maison rouge 4b

La charpente est à vif, pas de torchis. Rachetée par le Conseil Général, la propriété devrait bientôt retrouver son cachet d’antan.

 maison rouge 1-copie-1

Ces constructions qui ont vu prospérer la plantation de café,(1725-1827) et connu l’ère des sucreries de 1823 à 1867 ( il reste les ruine de l’ancienne sucrerie qui a fonctionné jusqu’en 1896 sous les Nairac et Murat)et qui ont été administrées par Horeau Edevin un planteur de Saint Louis,  ont été cédées à la Région en 2008.

La maison - maîtresse est en piteux état, les poutres destinées à recevoir les planchers sont pleines de clous, d’où l’interdiction d’investir les lieux. La charpente est dénudée, il manque les cloisons. L’escalier mène toujours au premier étage. Au rez-de-chaussée on voit encore les lavabos , les WC.

maison rouge 5

l'intérieur du bâtiment principal

Devant cette belle bâtisse qu’il faudrait rénover sans en trahir l’authenticité, encore un bassin et des murets  donnant accès à des jardins, jardins envahis par les mauvaises herbes.

maison rouge 2maison rouge 5b maison rouge 3l

Les murets d'un ancien jardin                                              le parc arboré à l'arrière du bâtiment

 Derrière ces espaces certainement idylliques au 19e, un grand terrain arboré où poussent toutes sortes d’espèces endémiques. Certains arbres sont majestueux. Certains ont des fruits, d’autres des fleurs.  Parfois on voit des troncs coupés, troncs d’arbres morts. Là, on a commencé à réaménager l’espace. Espérons qu’on tiendra compte de la richesse locale des espèces et qu’on ne fera pas de coupe sombre ! Ce parc donne à droite sur une ravine… Méfiance !

maison rouge 6 

une dépendance et en contrebas les cuisines

Nous sommes revenus sur nos pas après voir contourné le bâtiment principal, par ce parc, et avons remarqué non loin des cuisines sur la droite une superbe allée cavalière, certainement l’allée principale du domaine…

maisonrouge 8

Sommes repartis, conquis par ce site, désolés de le voir encore à l’abandon , mais ravis de le savoir en bonnes mains… Classée monument historique en 2004, cette propriété mérite un ravalement dans les règles de l’art ! La réhabilitation est imminente. Pourvu qu’on respecte l’esprit de ces lieux, chargés d’histoire.

 

 

 

 

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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 07:42

Stage de broderie : 2e jour à Cilaos

broderie 17

Petit déjeuner avec deux randonneuses qui ont fait la veille Cilaos - le Taïbit - Marla (Aller-Retour) en 7 heures. Tartines à la confiture de papaye, café au lait. Bertha Gardebien, la propriétaire du gîte est déjà dans son jardin à nettoyer les platebandes de rosiers.

broderie 18Je descends à pied à la Maison de la Broderie  en faisant quelques photos de maisons, d’arbres.
Petit détour par le bureau de poste, où les gens font déjà la queue pour des opérations bancaires. J’achète des timbres pour le courrier international (Sénégal et Allemagne) 1 euro le timbre Marianne orange / Pour l’océan Indien, le tarif est plus bas certifie l’employé. Je poste mon courrier et arrive à l’atelier.

Mon professeur, Suzanne Maillot,  est déjà là. Elle fait déjà la poussière, ouvre les volets, aère ...
Suzanne Maillot, cheville ouvrière de l'Association des Brodeuses,  est née dans une famille de 12 enfants, dont deux sont morts en bas âge. Sa maman a connu Angèle Mac Auliffe, qui par ses talents a fait la renommée de Cilaos , elle qui avait introduit cet art qui a permis de faire vivre bien des familles pendant près d'un siècle. Angèle, dont la maman est morte à sa naissance, est enterrée à Saint Denis où elle a terminé ses jours, auprès de son frère, médecin. Mais leur père est enterré à Cilaos.

broderie 15aSuzanne était à l’école jusqu’en classe de 5e. Mais elle a suivi des cours du Greta pour compléter son éducation. De 16 ans à 20 ans elle était aux cours de broderie avec sœur Anastasie, avec une centaine d’élèves. Elle a ainsi préparé et obtenu son CAP de broderie. Ce qu’elle apprenait en formation , elle le restituait dans son foyer où sa maman et sa sœur reproduisaient les  points appris.  A l’époque il n’y avait guère d’autre possibilité pour les filles, soit elles  travaillaient aux champs, soit elles se lançaient dans la broderie, mais pendant leurs années de formation, elles ne gagnaient rien et ne pouvait rapporter aucun de leurs ouvrages, tout était vendu au profit de l’école. La brave soeur Anastasie racontait à qui voulait la croire qu’elle ne pouvait vivre que de la broderie, alors qu’elle était certainement subventionnée par plusieurs organismes.

Le matin avant le travail en atelier, il fallait réciter le chapelet, le silence était de rigueur – on entendait les mouches voler- dans la journée, on avait droit à 10 minutes de pause en tout et pour tout. Mais pendant ces trois années, Suzanne a appris toutes les techniques qu’elle possède désormais.

Pendant 18 ans, elle – même est devenue professeur dans l’école de broderie et en a vu passer des filles. Quarante ans de métier...
Qui prendra la relève à son départ en 2012 ?


Aujourd’hui elle travaille dans l’atelier avec Régine, Jacqueline et Dalida . Cette dernière  aurait dû s’appeler Danita, mais le secrétaire de mairie a mal orthographié son prénom- . C’est Dalida qui accueille les visiteurs et les guide, quand elle n’est pas assise à sa table avec son tambour à broder.

 broderie 14                              Régine et Jacqueline


Si Suzanne est là de 8h à 11h30 et de 13h à 16 heures, les trois autres brodeuses salariées quant à elles, sont là aux horaires d’ouverture au public, c'est-à-dire de 9 heures à 14 heures et de 14 heures à 17 heures. Au total chacune brode 6 heures par jour.

Je continue un peu la petite grille, quand Suzanne me dit d’arrêter vu que le point est maîtrisé. Aujourd’hui, on passe aux choses sérieuses, les fenêtres sont découpées, et les fils sont tirés, on évide aussi les piles.

broderie 10 broderie 11
                     découpe des fenêtres                          premiers lancers

Puis je fais  des surjets pour délimiter le tout, puis j’assemble  dans chaque pile 5 paquets de 4 fils. Puis on commence à faire des lancers avec du coton 50. Jusqu’à présent nous n’avions travaillé qu’avec du 100. Ce sont chaque fois 6 fils par côté.  

              broderie 12 
                             les fils lancés dans les fenêtres

A midi, je vais à la boulangerie et m’achète un sandwich pour 2,30 euros. Petit arrêt à l’Office du Tourisme, où je prends les horaires de bus Saint Louis- Cilaos, ainsi qu’un roman –Rouge  Cafrine -  pour meubler mes soirées.
Et je pars en direction de l’église et m’assieds sur les escaliers du jardin pour manger. Un papillon jaune vient me narguer. Je remonte vers l’usine de conditionnement d’eau de Cilaos, passe devant un ancien hôtel thermal toujours à l’abandon, puis descends des marches le long desquelles coulent deux petites cascades.

broderie 19  broderie 20
vue sur la rue commerçante depuis l'église           la petite cascade au pied de l'hôtel abandonné

En bas un espace de jeux pour les enfants. Je reviens au gîte pour chercher mes ciseaux et me rafraîchir (il fait très chaud, on transpire à grosses gouttes) puis trouve  un raccourci pour revenir au centre ville : un petite chemin de traverse goudronné avec des escaliers. Je passe devant l’arrêt de bus , la Maison de Chais de Cilaos, le collège Alsace Corré et me revoilà devant mon lieu de travail.

     L’après –midi on poursuit le travail de lancers, on fait les point de nœuds sur les fils broderie 13des piles, puis pour terminer on met un fil de bourrage pour délimiter les points de feston.

Attention au niveau des piles, il faut  remonter la pile, moins serrer le feston et faire un point plus grand, attention aussi au coin, bien veiller à faire un bel arrondi… Comme Suzanne part vers 16 heures je me fais conseiller par Régine.

 

Régine recouvre les tambours pour protéger la broderie des chiures de margouillats… Puis je rentre à pied au gîte de Mme Gardebien. 

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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 20:39

Du 15 au 18 mars 2010  Stage de broderie « Jours Anciens » à Cilaos.

 

Lundi 15 mars
En route vers Cilaos 

6h45 départ pour Cilaos. Le Ouaki  est toujours fermé, je passe par Saint Louis pour rejoindre le cirque. Peu de circulation à cette heure. Beaucoup d’eau dans le Bras de Cilaos, quelques roches sur la route, mais rien de bien méchant. Quand j’ai passé les rampes rocheuses, je me sens mieux. Les paysages sont toujours aussi étonnants et je peux m’arrêter quand je veux, la route est à moi. Je passe souvent la première, impossible de  conduire en troisième. J’en profite pour m’arrêter de temps en temps et photographier : d’abord  le rocher de Peter Both, puis  le hameau de Palmiste  Rouge. A la sortie du troisième tunnel, la vue est magnifique. En approchant de Cilaos, la chaussée est humide par endroits, même les tunnels sont humides. Je croise deux bus vers 8 heures du matin. Me voilà arrivée après 1h20 de route - quelques centaines de virages -

Broderie 1 broderie 2
                        Sur la RN3 en direction de Cilaos
broderie 3 broderie 5

Cilaos se situe à 1214 m d’altitude. Je gare la voiture devant la Maison de la Broderie, broderie 5bphotographie la ittoresque Maison de Justice, située juste à côté,  et vais faire un tour dans la rue principale. La poste est déjà ouverte, la gendarmerie aussi : j’en profite pour remplir la procuration pour le 2e tour des élections. Le gendarme craint que le courrier n’arrive pas en métropole en une semaine…  


STAGE DE BRODERIE : ma première journée


A 8h30, Suzanne Maillot est déjà dans l’atelier de broderie, elle m’accueille, c’est un petit bout de femme tout sourire…Je lui tends les carrés de cretonne que j’ai achetés, elle choisit ceux dont l’ourlet est le plus fin.
    
broderie 7bDans un carré de lin blanc elle me fait tirer des fils de contour pour faire la trame : des carrés et des piles.  Avant de fixer le tissu sur le tambour, il me faut coudre mes carrés de cretonne autour de ce lin blanc... Mon professeur me conseille d’ acheter un tambour sans vis dans la boutique de M. Ismael ; en broderie 8attendant elle me prête le sien.Ce tambour de 35 cm de diamètre est fabriqué à Bras Sec. Il est soit en bois de fleur jaune, soit en bois de margousier.
 Une fois le tissu tendu, je tire les fils intérieurs puis elle m’explique le point de petite grille, essentiellement des points noués, le travail demande concentration, minutie, on compte sans arrêt. Pendant la séance des touristes visitent le magasin et s’informent sur les points, les matériaux, le prix des réalisations.


broderie 7On y confectionne des mouchoirs, sous-verres ( objets les plus vendus ) broderie 9napperons,  chemins de table, nappes,  tabliers, robes de baptême, brassières…Ce qui est le plus vendu c'est les sous-verres, sûrement en raison du prix.
Il est vrai que ces ouvrages d'art ne peuvent être bradés : ainsi le  napperon ci-contre qui a demandé une semaine de travail (à raison de 6 heures par jour) se vend 95 euros.
 

 En général, les brodeuses travaillent le lin, parfois la soie. Une vingtaine de brodeuses s’activent chez elles pour l’Association, uniquement sur commande. Dans l’atelier, 4 salariées sont à l’oeuvre : Suzanne, Régine, Jacqueline et Dalida.
Les jeunes, hélas,  ne s’intéressent plus à ce travail.

broderie 6Suzanne Maillot explique que cette Association créée dans les années 83 rencontre actuellement des difficultés. Le chikungunya en 2007 a fait beaucoup de tort à l’atelier, qui voyait défiler avant cette épidémie une centaine de visiteurs par jour. Or le moustique n’a pas sévi à Cilaos. Avant la crise, la préfecture, les administrations commandaient des articles de broderie de Jours de Cilaos, mais rigueur oblige. Suzanne raconte aussi que le bâtiment prend l’eau et aurait besoin d’un coup de rénovation pour être plus engageant : la municipalité leur a mis ce local à disposition, mais n’assure pas régulièrement son entretien. : les néons clignotent et fatiguent les yeux. 
Ce qui attire le touriste, à Cilaos, c’est évidemment la broderie, et la randonnée, et une fois par an la Fête de la Lentille. Mais on délaisse l’artisanat : pas de subvention de la municipalité, ni du Conseil Général. Heureusement que les visiteurs payent 1 euro de prix d’entrée.

L'ex -  député du Tampon aurait bien aidé la Maison de la Broderie. Une femme de chef d'Etat aurait acheté sur ses deniers une nappe et des serviettes  pour une somme très importante, geste qui a marqué l’association.

En bavardant avec Suzanne Maillot, voilà ce que j'ai appris ce jour - là :


"A l’âge de 9 ans, elle a commencé à broder, sa maman et sa sœur brodaient déjà. Son père était cultivateur, il cultivait la lentille, mais avait aussi une basse-cour. Quand c’était la saison de la récolte, toute la famille était à pied d’œuvre. Et quand le voisin commençait à son tour, on prêtait aussi main forte.

Suzanne  s’ est mise très vite à la broderie. Plus tard, elle a formé les brodeuses de Cilaos. Grâce à son talent, elle a eu la chance de voyager. Elle est élevée au Grade de Chevalier dans l’Ordre National du Mérite en 1990 puis obtient le titre de Meilleur Ouvrier de France en 1993

Les gens ne restent pas à Cilaos, ils vendent leur maison. Ils préfèrent descendre avec les enfants et s’installer sur le littoral, bien qu’il y ait des écoles ici. Mais au village, le week-end on ne peut trouver aucun médecin. L’autre problème est la route : souvent elle est coupée et dangereuse et les gens en ont assez de faire  le trajet pour aller au travail. Cela n’empêche que bon nombre de Cilaossiens font la navette, ou restent absents cinq jours, ne rentrant qu’en fin de semaine."

Pause à midi, je vais manger au Randonneur, menu du jour pour 11,50 euros. La terrasse se remplit. Le serveur ne me fait pas payer le litre d’eau. Je retourne à l’atelier à 13 heures.

Je vais me présenter au gîte 1 épi  que j’ai réservé pour 3 nuits au 50 rue Saint Louis, et dépose ma valise. Ce doit être le premier gîte de Cilaos. Mme Gardebien, la propriétaire me montre les lieux.

L’après-midi, je continue à broder la petite grille qui borde le napperon. Pas question de faire d’erreur, sinon on défait l’ouvrage. Et pendant cette activité qui fait oublier le temps, nous continuons à bavarder. Il fait très chaud dans l’atelier, une chaleur peu habituelle pour la saison. On transpire à grosses gouttes.

 

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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 15:22

 Tous les habitants de St Pierre connaissent ce vieux  quartier autour duquel s’est développée la ville.

Dans les guides touristiques, on nous met l’eau à la bouche en parlant de « vieux village de pêcheurs » et quand on se promène le long de l’océan, on est déçu par les nouvelles constructions à étage, qui n’ont rien de pittoresque. Et là, les cases typiques se comptent sur les doigts de la main.

        Terre Sainte pêcheEt pour la pêche, les années fastes sont bien loin, c’était voilà 20 ans. Aujourd’hui ce sont quelques pêcheurs occasionnels qui y lancent leurs appâts. Guillaume, Paul et François y ont aussi déjà fait tremper leur ligne. Pas de barque de pêcheur visible dans cette rade… Sur le bord de mer, deux poissonniers sont livrés chaque jour, c’est bien tout !

Grâce à l'Association "Portes du Sud", avec Enis Rockel, nous avons fait un parcours à la découverte de ce quartier.

Il a retracé l’histoire du port de Saint Pierre qui est liée à celle de Terre Sainte. En 1686 Bernardin de Saint Pierre parle déjà d’un estuaire qu’il aurait découvert, estuaire où 10 bateaux de 50 tonneaux pourraient hiberner. Il faudra attendre quelque deux siècles pour que le port soit construit…

Notre guide  nous a conduits  d’abord vers le « Grand cabanon », puis vers la « Croix des pêcheurs », et enfin dans la « baie de Terre Sainte », avant de nous faire revenir à l’Office du Tourisme par la ruelle Charles Prince.

Terre Sainte vue  Terre Sainte escalier

Si on veut se faire une idée plus réaliste de ce qu’était le village avant, il suffit de s’aventurer dans les ruelles qui remontent et on est conquis : un vrai labyrinthe de chemins très étroits où ne passe aucune voiture, des maisons serrées les unes contre les autres. On croit même briser l’intimité des gens qui vivent ici, en passant devant leur cuisine, devant leur salle de séjour… Mais c’est toujours avec le sourire que les habitants nous saluent. Si autrefois toutes les cases étaient blanches (car blanchies à la chaux) aujourd’hui elles sont parfois de couleur vive. On affectionne beaucoup le bleu.

Le Grand Cabanon de Terre Sainte.


Terre Sainte cavanon 2  Terre Sainte cabanon 3Il en reste un énorme mur. Edifiée en 1853, cette immense bâtisse  abritait  130 ouvriers qui travaillaient à la construction du Port de Saint Pierre. Ces ouvriers ont dû, sur ordre du Gouverneur Hubert Delisle, arrêter le chantier de la RN3 – route des Plaines- pour prêter main forte aux autres ouvriers du port dont 497 prisonniers venus de Saint Denis. (Ces derniers eux étaient logés à la prison datant de 1843 situé derrière l’hôtel de ville)

La Croix des Pêcheurs

Terre Siante Chapelle vers Terre Sainte vers Chapelle 2

Terre Sainte Croix des Pêcheurs 2Au point culminant de Terre Sainte, les villageois avaient édifié une chapelle, où ils allaient prier avant de partir en mer.
A l’heure actuelle on y voit encore la grande croix et une petite chapelle dédiée à la Vierge Marie, et devant cet espace des bancs pour les fidèles. Cette croix -ci date de 1955


Vue plongeante vers l’océan et à main droite le port de St Pierre. Quand la Terre Sainte descentemunicipalité décide de  faire sauter à l’explosif cette petite montagne, la population s’indigne et on arrachera la roche tout autour  pour construire le Port et faire passer une voie ferrée ( sur laquelle passaient des wagonnets  de chantier , appelés « trucs », tirés par les chevaux. Enis Rockel raconte que la tempête Gamède a mis à jour une roue de ces wagonnets, à laquelle il conviendrait de donner une place… Nous descendons de ce tertre par un escalier étroit bordé de maisons, traversons la route du littoral et arrivons à la crique bordée de banians.

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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 21:06

Sur les hauteurs de Saint Louis

Après avoir fait quelques courses dans une mercerie et un magasin de tissu à Saint Louis, me voilà partie pour le Musée des Arts Décoratifs de l’Océan Indien, installé en amont de la ville, dans le monument historique de « Maison Rouge », ancienne maison de propriétaires terriens, domaine de 75 hectares.

Ai repéré la flèche bleue du Conseil Général indiquant « Maison Rouge » Je passe devant des cases en tôle, un ti bon dieu, et suis surprise par l’état de cette voie :  la route est défoncée par les dernières pluies, nombreux nids de poule, j’ai même l’impression d’avoir un pneu crevé…

Une équipe d’une dizaine de personnes s’affaire avec des débroussailleuses pour soigner les abords de ce chemin. On s’attend à trouver devant soi, au bout de cette route,  la bâtisse qui est reproduite sur tous les sites web avec ses grands escaliers quelque part. Rien de tout ça.

                        maison rouge 1

 
Alors on s’arrête à tout hasard pour questionner un homme devant un grand bâtiment rouge, bâtiment insignifiant sur le plan architectural, et on se renseigne. C’était bien là ! Je réalise que la petite inscription au dessus de l’entrée « MADOI » doit  signifier « Musée des Arts… » et que si les murs étaient peints en rouge il devait bien y avoir une raison
  maison rouge 2 maison rouge 3

Mais l’homme, c'était un agent de sécurité,  explique : « On ne visite pas, un toit s’est effondré, la maison est en travaux… la réouverture sera annoncée dans les journaux »  Alors bon ! on n’insiste pas. Bien curieuse de savoir ce qui se trouve derrière ces murs rouges … Faudra revenir.


Je pousse donc vers les hauteurs, où on discerne quelques habitations discrètes cachées dans la verdure, puis le chemin semble se perdre dans les cannes.

maison rouge 4


maison rouge 6Redescente ... et là, c’est magique : on prend conscience de la beauté du site : vue sur l’océan, et sur les maisons blanches de Saint Louis, dominées par l’église et le minaret de la mosquée.




maison rouge 5La route descend entre deux allées d’arbres splendides aux fleurs jaunes, qui dégagent un parfum enivrant. Impossible de trouver le nom de ces arbres…ni sur internet, ni dans les nombreux livres consultés.

Cela a l’air d’être une espèce d’acacia. Mais laquelle ?

 

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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 17:47

Un ouvrage à préserver et à regarder.

Il fait partie du paysage, mais on l’oublie. Parfois on passe à côté sans le voir. La preuve : aucun panneau ne signale son existence. Quel dommage que ces vestiges du patrimoine ne soient pas à l’honneur. On parle de « Maison des Civilisations » et on méconnaît les richesses de sa propre civilisation,  qu’on a à sa portée. Les jeunes habitants de St Louis savent –ils d’ailleurs de quoi il s’agit eux qui n'ont pas la chance de connaître ni le Pont du Gard, ni l'aqueduc de Gorze ou celui de Jouy aux Arches ?


Il est heureux qu’on n’ait pas encore détruit les piles de cet ouvrage presque bicentenaire, pour les réutiliser ailleurs… Si j’étais dans le conseil municipal de St Louis, je suggérerais l’achat de panneaux de signalisation (comme celui indiquant la direction de Maison Rouge)  pour  y guider les touristes, ou les écoliers,  je réaliserais un panneau d’information que je planterais sur une petite place arborée…

On aperçoit l'aqueduc en quittant la ville de Saint Louis pour rejoindre la sucrerie du Gol. Après le garage, un pont rouillé duquel on le voit à main droite. Pour faire la photo, je me suis aventurée sur l'allée piétonne de ce pont, tapissée de plaques de métal mangées par la rouille, branlantes et vraiment peu engageantes...
pont-sur-la-ravine-du-gol  aqueduc 1

Si on veut approcher l'aqueduc, il suffit de prendre la route qui monte à droite à l'intersection.

Les piliers maçonnés sont majestueux dans ce décor verdoyant et fleuri où coule une eau brune, venue des Hauts.

aqueduc 4


L’histoire des aqueducs de Saint Louis

Pour irriguer les plantations de canne à sucre dès la 1ère moitié du XIX e siècle, on a creusé des canaux sur  l’île. L’architecte Murat a créé « le canal du Gol » pour les frères Couve. Ce canal prend sa source au lieu-dit « le Gouvernail » dans la Rivière Saint Etienne, traverse St Louis, passe dans un aqueduc  datant de 1817 pour rejoindre la Ravine du Gol. La ville de Saint Louis s’est construite autour de ce canal, où  la population venait se ravitailler en eau. Une aubaine !


En 1835 on abandonne cet ouvrage pour en reconstruire un plus haut. Ce sont des piles de maçonnerie très hautes qui enjambent le lit de la Rivière, et ces piles supportent désormais le canal. Progressivement, on remplacera le canal en bois par un canal en métal.

aqueduc 3 aqueduc 5
La canalisation rejoint la sucrerie du Gol et alimente en eau les machines à vapeur.

En 1985, le canal est fermé, un autre système d’irrigation a pris sa place.

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 19:12

 Villas  créoles de Saint Denis, petit rajout !

Grâce à l’aimable autorisation de Nicolas Janberg, rédacteur de « Structurae »,dont le siège est à Ratingen en Allemagne,  je peux vous montrer le formidable travail de restauration accompli sur une des villas mentionnées dans un article précédent : la villa Carrère.

Trois années séparent ces deux photos :

Maison Carrere 2006

Photographie Jacques Mossot  2006  (tous droits réservés) www.structurae.de

Maison Carrere zip 1

                                                       Photo François Dallem -  février 2010

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 11:44

Toujours dans la rue de Paris, deux maisons très pittoresques, classées "monuments historiques", émerveillent le passant. Il s'agit de la maison Déramond Barre, et de la Maison du Général.

 

villa Deramond Barre zipLa Maison Déramond achevée en 1832 a vu naître le poète Léon Dierx en 1838 et l’Ancien Premier Ministre Raymond Barre en 1924. Le docteur Déramond né en 1906 est le grand-père de Raymond Barre. Cette demeure est située au 15 rue de Paris. Le Département y a installé son service « Architecture et Patrimoine ». La façade qui donne sur la rue Villa Deramond Barre 3 zi^pcontraste avec l’arrière de la maison, complètement couverte de bardeaux. Des travaux sont actuellement en cours dans le bâtiment abritant la salle de bain. La Drac vient d’ailleurs de projeter la restauration du mur de clôture, des grilles, des portails, du dallage et du guétali.

 


      La Maison du Général
, située 40 rue de Paris, a été construite dans les années 1840. Le Villa du Général zipterrain appartenant à Jules Bédier a accueilli cette construction commencée par Lucien Lebeau. Quatre familles de propriétaires se succéderont : M. Baret, Mme Champierre de Villeneuve, Jean Claude Barre, puis Gaston Caillé. En 1977 le Ministère de la Défense en fait l’acquisition. En 1999,elle est rachetée par la Région Réunion qui la restaure. Elle est classée « Monument Historique en 2005.C’est vers 1920 que les Champierre de Villeneuve ajoutent le balcon en fer forgé, style Art Déco.


Non loin de la Rue de Paris... 

villa Rontaunay       Le Palais Rontaunay, situé 5, rue Rontanay, a été construit de 1857 à 1865. Julien Gaultier de Rontaunay y avait installé son commerce. C’était un armateur fortuné, originaire de Maurice qui possédait 19 goëlettes et en affrétait une cinquantaine d’autres. Mais son commerce avec l’Inde et les Mascareignes a pris fin en raison de l’épidémie de variole. Le négociant meurt en 1863 et  lègue sa demeure  à ses héritiers naturels qui le vendent. Jusqu’en 1979, elle était occupée par le Conseil Général, elle est toujours propriété du département et abrite encore quelques services. Classée Monument Historique en 1997, c’est une grande bâtisse en bois sous tôle.

 

















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