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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 14:31

Le verbe « gagner » doit être le verbe le plus utilisé sur l’île et il prête à confusion : ici on veut « gagner » son bac, « gagner » une bonne note. On n’a pas pu faire l’exercice la veille car on a « gagné » son anniversaire. Evidemment, on « gagne » ses 15 ans. Vous avez compris que « gagner » c’est « avoir, obtenir »
(entre parenthèses, les jeux de hasard sont très en vogue sur l'île, on veut" gagner" aussi dans ce domaine)

Amusante aussi la double négation !
« Madame, ma pas fait rien » pour dire « Madame, je n’ai rien fait ». Au début ma pas compris rien mais je m’y suis habituée.

Pour demander « Comment ça va ? » on dit ici « Comment il est ? » Et on répond tout naturellement « lé là » ce qui signifie, je détaille pour qu’on comprenne :« il est là, il est bien en vie, donc ça va ! » Comique cette distancisation à la 3e personne...

Et pour finir « Sa même » signifie « c’est ça ! »

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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 19:09

On parle souvent de « Mahavel »  lors de sorties culturelles et l’endroit de figure plus sur aucun panneau. Peu de gens savent situer ce lieu. En fait, Mahavel  signifie « pays des vivres » en malgache  et le village  de Mahavel était situé à la Ravine des Cabris, le long du Bras de la Plaine, non loin de l’église et du chemin Stéphane.

                                                                                         La Ravine des Cabris aujourd'hui, au fond l'océan

Le gibier, les cabris et les tortues y abondaient. Les premiers colons s’y sont fixés au XVIIIe siècle. Mais cette zone prospère devait s’étendre de Saint Louis à Saint Pierre. Et elle s’est développée grâce à l’aménagement du Port de Saint Pierre.

En descendant des Trois Mares par le Chemin Dassy, on aperçoit encore la cheminée de l’usine sucrière : la canne à sucre a fait la richesse du Sud. Encore aujourd’hui la zone qui longe la ravine jusqu’au village du Bras de Pontho est encore le domaine de la canne !

 

                                             La route, bordée de champs de cannes, qui descend de Pont d'Yves à l'ancienne usine sucrière

Il existe encore une région, près de Saint Joseph, dite le Bras de « Mahavel »  près de la Rivière des Remparts. Le village du même nom a été détruit par un éboulis en 1962.


Lien pour la carte de Mahavel : ville.gouv.fr/divbib/doc/cartesZUS/zus747.pdf

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29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 10:22

Le mot « cul » fait partie de nombreuses expressions, qui n’ont RIEN de grossier.

« J’ai peur » se dit « mon cul i serre », je m’affole , c’est « mon cul i batt carte ». Voilà l’exemple que nous a donné Georget, notre collègue,  pour illustrer cette expression : « Moins té à 140, quand moins la vu les gendarmes, la mon cul la batt carte là ! » (J’étais à 140 quand j’ai vu les gendarmes, là je me suis affolé !)  Entre nous, c’est un exploit de rouler à cette allure sur certaines routes de jour avec tous les bouchons…

Etre sans argent c’est «  être au cul ! » Attention aux idées mal placées… Quand un élève vous explique qu’il n’a pas d’argent pour payer un livre voilà ce que vous lui entendrez dire : « Madame, comment ou veu mi achete ce livre-là ? Moins lé au cul, moins ! » A vous de traduire…

« Un ver d’cul », c’est « un moins que rien ». Là, l’expression est moins jolie et ne prête pas à confusion !

 

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26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 18:05

Commençons par le B.A BA. Le présent !

On emploie mi + verbe, par exemple voilà ce que je fais du lundi au vendredi : « Mi lève 6 heures, mi goûte, mi prend ma douche, mi pars au boulot 7 heures, mi cass in blag avec les collègues, mi fait mon travail, mi rentre à la maison et mi mange … » c'est-à-dire « Je me lève à 7 heures… etc…» Casser un blag, c’est bavarder , se dire des blagues…

Quand un élève de 6e me répond : « Mi connais pas ! » il veut simplement dire « je ne sais pas ». Je rectifie et il reprend la phrase sans problème !

Pour les pronoms, « ou » signifie « tu » et « vous », donc rien d’étonnant à ce que les élèves vous tutoient. On corrige, mais on ne s’offusque pas quand un enfant vous dit : « Tu me donnes la clef pour taquer la porte ?»

Pour dire « dépêche –toi, ou dépêchez-vous » , c’est « dépêche a ou » !
Continuons avec les pronoms et la conjugaison du verbe s’habiller «  Mi met mon linge, ou met ot linge, lu met son linge, elle i met son linge, nous mette not linge, zot i mette zot linge ! » Révisez – bien et à la prochaine !

Ma fini asteur ! (j'ai fini maintenant !)

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