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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 10:39

 A Grands Bois, en face de l’usine sucrière, il est une place qu’on appelle ici «  Terrain Paddock ». Le terme n’a rien de créole et ne désigne pas une personne, comme c’est très souvent le cas à la Réunion. Un « paddock » est une piste d’entraînement et d’échauffement pour les chevaux.

terrain paddock (3)

Les témoignages des anciens confirment ! Là, se trouvaient autrefois les écuries du domaine sucrier. C’était là aussi qu’on entraînait et faisait courir les chevaux.

situation terrain paddock 001

Une belle place plane, bordée à droite,  côté océan, par les énormes banians aux racines aériennes et à gauche par la route et l’ancienne usine.

terrain paddock  terrain paddock 1

terrain paddock (2)

Ce mot « paddock » qui anglais signifie « enclos », je le connaissais avec une autre acception : quand en colonie de vacances, on nous demandait d’aller au lit, on nous disait « Ouste, au paddock ! » Le sens de « lit » m’était bien plus familier. C’est le cas de le dire… (l'expression est très familière!) la place serait idéale comme terrain de camping : pourquoi pas planter sa tente sous les banians et s’endormir au son du ressac des vagues sur les rochers ? 

Oté ! loin de moi cette idée saugrenue, il vaut mieux que le terrain paddock  reste un lieu de rassemblement pour les Grands Boisiens qui s’y retrouvent pour le pique-nique dominical ou pour des manifestations de grande envergure ! Tout est d’ailleurs aménagé dans cet esprit : on y trouve des sanitaires, des kiosques, des bancs, une aire de jeux pour enfants, une estrade…

 

NB. La photo aérienne qui permet de situer le terrain par rapport à la sucrerie est en exposition dans le musée des calbanons de la Cafrine...

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 12:42

Il sonne joliment ce mot, on pourrait penser qu’il s’agit là d’un jeu de société ou d’une course aboutissant sur un coup de frein brusque, mais que nenni ! Il s’agit là... d’une plante indispensable dans la cuisine indienne.

On en trouve dans les jardins réunionnais - peut-être depuis l'arrivée des engagés icaloupiléndiens après l'abolition de l'esclavage-  : c’est un arbrisseau aux petites feuilles lancéolées d’un vert luisant. Celles-ci dégagent une odeur particulière qui parfume le carry massalé et bien d’autres plats. Cette plante serait originaire d’Asie s’appelle «murraya » et pourrait atteindre 5 mètres.

Kaloupilé le pilonPour l’origine du mot « caloupilé » j’ai eu une réponse assez vraisemblable : il s’agirait de l’association de deux termes « caillou et pilé » car on utilise parfois le pilon au caillou pour écraser la feuille.

 

 

Si on s’appuie sur son origine indienne : « karrivipilai » où karri signifie « plat en sauce » et « ilai » herbe ou feuille, je déduirais que « caloupilé » serait une déformation de cette expression et signifierait alors « feuille pour plat en sauce ».

En étymologie, restons humbles, on sait que les interprétations peuvent être farfelues, mais l’idée d’une « feuille pilée au caillou » et d’une « feuille pour sauce » me semblent dignes d’intérêt, bien que j’aie une préférence pour la première !

Grâce à Valérie qui m’en a offert un plant, je peux désormais cuisiner du cabri massalé comme il se doit !

Cette plante a bien d'autres propriétés que celles d'aromatiser les plats. Voilà un  lien intéressant pour compléter l'information :

http://www.aujardin.info/plantes/murraya-koenigii.php

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 19:40

Ou... le parler lontan dans un jeu de société

loto quine 2Au Club des Lataniers, ce mardi, son  président, M.José Lebreton,  a bien voulu nous révéler les expressions utilisées par les gens de Grands Bois à l’occasion d’un jeu très fédérateur : le Loto-Quine !

Les 16  joueurs attablés ont apporté leurs pions personnels : les uns ont de petits cailloux, d’autres des pièces de monnaie, d’autres encore jouent avec de petites pierres taillées. Chacun a deux cartons devant soi.

 Et le maître de cérémonie, appelé « dentiste » pour la circonstance, agite la boîte qui renferme les précieux chiffres. Déjà, pourquoi l’appelle-t-on « dentiste » ? Tout simplement parce qu’il « tire et remet des dents », allusion au geste de celui qui « tire les chiffres et les remet plus tard» dans la boîte.

Pour ce qui est du récipient, il s’agit en fait d’un vase tressé, et on l’appelle ici « la boîte d’amour ».

Passons maintenant aux expressions annoncées à l’encan et qui désignent un nombre. Le langage est très imagé et le langage de Grands Bois n’est pas forcément celui de Petite Ile , même si certaines  expressions peuvent être identiques. Impossible aux joueurs de nous livrer la définition de chaque nombre : une quarantaine a été lancée pendant le jeu. Ce n’est pas mal !

Il y a d’abord les nombres qui rappellent des dates ; le 24 c’est « la veille Noël », le 25 « le jour Noël », le 31 « la fin du mois », le 26 « lendemain Noël »,le 48 fait référence à l’histoire , et correspond au mot « la guerre », « moitié de 100 », c’est évidemment 50, « quart de cent » 25 bien sûr. Voilà pour les plus faciles !

Alors pourquoi le 15 a-t-il pour nom « la bringue » ? Peut-être parce que les ouvriers étaient payés à la quinzaine et faisaient la bringue ce jour-là … Plusloto quine 1 compliqué quand on annonce « mariage chinois » pour le 55, on a du mal et pour cause : le nombre est la date du mariage d’un Chinois qui jouait dans le club. Idem pour le 60 qui a pour nom « Anita » parce qu’une fille connue des Grands Boisiens était née en 1960, et portait ce prénom ! Et 86 me direz-vous ? Eh bien c’est « Cyclone Firinga » et la date de son passage sur l’île.

Ensuite il y a des nombres qui ont des sonorités qui riment avec les expressions : « carry carapate » correspond à… 44, « bout d’zassiette » à 17, « Famille des Payet » à 77, « Ma tante Thérèse » à 73, »bon bœuf »à 19

Certaines expressions sont en rapport avec des produits de consommation locale : ainsi on trouve  « kilo saucisses »pour 66… « la bouteille » pour le nombre 20, « le pastis » pour 51 « Bière Bourbon pour 33… ou avec des objets de la vie courante : 4 se nomme « tabouret », 32 « ti couteau »

D’autres  renvoient aussi à la géographie : « Parisien » correspond à 75 ; « Le Haut Tampon » est le 27 (C'est-à-dire le 27e kilomètre). 45 est la déclivité  de « la pente »Et « barreau la geôle » désigne le 59, non, pas le département du Nord, c’est tout simplement… et ça tout le monde le sait  bien que...le 59 est le numéro de la boîte aux lettres du Pénitencier de St Denis.

Amusantes aussi sont les images relatives à des personnes ou au corps humain : 11,c’est « deux jambes Ti Charles » « , « oreille gauche de Patel », 10 « Platini »  (petit cocorico lorrain pour notre joueur de Nancy !), 22 « les flics », 5 « la pleine main »

Parfois, elles sont coquines comme le 2  appelé « parties mâles », le 9 « journée de la poule », le 6 « journée du coq », le 69 … à vous d’imaginer !

 

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 09:04

Quand on sait que 90% des enfants de la Réunion s’expriment en créole dans leurs familles, c’est dire le caractère vivant de cette langue.  Mais le créole n’est pas une langue fixée à l’écrit et vouloir la fixer relève du défi.

Tout simplement parce qu’il n’existe pas un seul créole. Un collègue tamponnais me confiait que son créole n’était pas celui de son fils, encore moins de son petit –fils (car chaque génération y ajoute ses mots ou en enlève) et il m’assurait que le créole du Tampon, n’était pas celui de St Pierre, encore moins celui de St Philippe ou de St André. Tous les créoles se comprennent mais il existe de nombreuses différences dans leur langage. Vouloir uniformiser la langue est irrationnel et même relève de l’autoritarisme. Comme je l’ai expliqué à Daniel Waro, poète, chansonnier, rencontré à l’Entre-Deux, et qui aimerait qu’on le considère comme un linguiste, on ne peut créer une méthode de créole sans léser certains parlers. Ainsi en Lorraine, dans la région où je suis née chaque village avait un parler francique différent et ne garder que les traces du parler d’un village pour l’ériger en vérité, c’était trahir les autres.

créole 2De toute façon pour comprendre les transcriptions du créole, comme celles de l’alsacien ou du lorrain francique, il faut lire le texte à voix haute. Alors pourquoi ne pas laisser le soin à chaque village de créer une banque sonore : suffit de mobiliser les jeunes et de les envoyer avec des enregistreurs sur le terrain, et à partir de là, chaque parler peut être reconnu et ne pas tomber dans l’oubli. Et là, les linguistes auraient de la matière pour écrire une multitude de petits ouvrages sur chaque spécificité locale.

 

 

Vouloir enseigner le créole à l’école primaire, c’est une bonne idée, à condition de selang kréol 2 contenter de l’oral les trois premières années, par le biais des contes, des jeux, des chansons. Pourquoi ? Si on veut fixer l’écrit créole, on va droit dans le mur. Parce qu’il y a  une variété incroyable de graphies pour le même mot. Quand on voit la transcription de Daniel Waro et celle d’autres Réunionnais, on voit bien qu’il n’y a pas d’harmonie.

Et l’écriture est déroutante. L’enfant doit avoir des repères et le laisser écrire n’importe comment, c’est ne pas lui rendre service : déjà sur les légendes des dessins, on voit bien que l’un écrit « in » pour l’article indéfini « un » et l’autre écrit « inn ». On croit progresser et donner des chances à l’enfant alors qu’on installe de la confusion dans la tête des petits.

créole

Comment lirait-on « dann » ? (je prononcerais «ann, or le créole nasalise le « a » et ajoute le n, comme les Marseillais) C’est la prononciation qui avait cours au Moyen-Age en France. Il faudrait ajouter un tilde sur le a (ãn). Pourquoi ne pas choisir tout simplement l’écriture phonétique officielle qui figure dans tous les dictionnaires ? et ce à partir du CM2 seulement pour éviter les confusions avec la langue française ? Si là-dessus on rajoute le langage texto, bonjour les chances de réussite aux examens, qui jusqu’à présent, sont bien en langue française.

 

créole 5

Quelques questions :

1) L'écriture phonétique  ici a été adoptée pour le "j", ce qui n'empêche qu'on prononce "z", pourquoi ?

2) l'article indéfini n'a pas été nasalisé pourquoi ?

3) Pourquoi l'enfant a -t-il ajouté le M de "Manmzèl" ? A-t-il eu des doutes ?

4) Pourquoi l'enfant a-t-il écrit "y apel Julie" et non "i apel Julie" ? alors que dans les proverbes ci-dessous, le pronom s'écrit 'i" ?

 5) Sous l'image de la "torti bon dië" pourquoi les trémas dans "moin la vü un torti bon dié" ? Et pourquoi orthographié "dië" dans le titre le mot devient -il "dié" dans la légende ?

créole 4

 Notre poète a essayé de me convaincre qu’il fallait écrire « ali » au lieu de « a li », « azot » au lieu d’ « a zot » en prétextant que le pronom remplaçait une personne. J’ai pu constater que dans ses convictions, il cherchait  l’originalité : ainsi, il écrit « nanmsin » au lieu de « lanmsin », ce que lui a fait remarquer Rose, une créole d’ici. On sait bien que le« gâteau ti-son » préparé à base de fécule de maïs, la majorité des Réunionnais l’appellent « lan-sim ». Il est vrai que la deuxième écriture possible est « namsin ». Et notre chansonnier a préféré garder « nanm » parce qu’on fait référence au fait de « manger, namn = manger ».

lang kréol (3)

Chers amis lorrains, du Bassin Houiller, que diriez-vous si «  la Fidderdier »  (porte d’entrée) de Folkling se faisait détrôner par la « Fillerdier » d’Alsting ? Si les « Wuazle » (carottes) étaient jetées au rebut au profit des « Moatte » ou des « Gelleriwe » ? Si la « Tach » de Forbach (sac) devenait la « Toch » de Sarreguemines ?

J’admire ceux et celles qui se battent pour défendre une langue. Je pense que le créole a encore beaucoup de beaux jours devant lui, et que rien pour l’heure ne le menace, vu  le pourcentage important de jeunes qui le parlent.

Que les linguistes, dignes de ce nom, restent humbles, honnêtes et surtout respectent la diversité de tous les parlers créoles !

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 18:43

"Le Bato la Liberté"

bateau liberté 2

Dans le défilé du 19 décembre à St Pierre, ce bateau n’a pu échapper au regard des spectateurs. Il a été construit et décoré par une Association de Terre Sainte, ce quartier situé autour de la Rivière d'Abord, quartier qui est en réalité « le Vieux Saint Pierre ».

Ce rafiot noir et blanc était intéressant parce qu’il transportait les esclaves de la reconstitution historique.  Très intéressant aussi par les phrases inscrites sur les pailles en queue représentés sur la coque ! Je vous en livre quelques – unes :

-          Kaf’chinois’ zarab, yab, malbar chacun na son tradition, nout’ tout’ lé rényoné ensamb alon bateau libertédone la main

-          Nout zanset’ lété gaulois, arrêt ek sa !

-          Alon rest en paix pou que nout ti  baba i connaît la liberté

-          Respect nout prochain si nou veut être respecté

-          La lang i  perd  ou sa i lé nout identité

-          Chant’ la vie pour le monde entier

-          Rassamb pou un meilleur lendemain

-          Nwar ou blan nout san lé même koulèr

-          Z’enfan’ oubli pas nout tradition

-          Oubli pas ou sa nou sort... 

 

bateau liberté4

 

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 07:48

 

vacoa prép 3Gérard qui a lu très attentivement le dernier article sur la préparation de la feuille de vacoa, me  livre ici un commentaire fort intéressant, très couleur locale !

 

  Une métaphore réunionnaise évoque la feuille de vacoa et son double tranchant. On dit d’une personne indigne de confiance, et qui retourne sans cesse sa veste, qu’elle est « pire qu’une feuille de vacoa ». Les traîtres et les opportunistes coupent de trois côtés alors que la feuille du vacoa, qui, elle,  ne coupe QUE de deux côtés. 

 

D’accord Gérard, l’image est très parlante, mais je t’assure que je me suis déjà écorché les doigts avec les épines de la nervure centrale, ça fait bien trois lignes tranchantes. Faudrait changer l’expression. « Etre comme une feuille de vacoa » suffirait déjà pour désigner ce type de personnage peu fréquentable …

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 19:30

 La Réunion est une île où les superstitions  sont encore bien vivaces. Et le diable a bon dos… On retrouve Lucifer dans les noms de lieux qui intriguent et effrayent : le Bassin du Diable au Brûlé à Saint  Denis, Le Trou du Diable, la Pointe du Diable à Saint Pierre.

diable 4

En Lorraine, on accusait des filles et jeunes gens de pactiser avec le diable dans des forêts, près des étangs, des lieux maudits - et on les jugeait pour  sorcellerie au 17e siècle -… alors qu’ils ne faisaient que s’y rencontrer. La Pointe du Diable, située à l'entrée de Saint Pierre, à l’heure actuelle, n’a pas une vocation différente, mais ce n’est pas cette situation qui est à l’origine du nom de la Pointe. Ces rencontres  ont d'ailleurs été interrompues, ou plutôt interdites, lors du passage de notre Président, cela dérangeait...

Diable 2

La Pointe n'est qu'une coulée de lave battue par les flots et s’y aventurer peut être dangereux, d'où la référence au Diable. Les requins aussi aiment s'y retrouver.

Le diable est partout, cette incarnation du mal a encore de l’effet sur les braves gens de cette île. Certains  font même appel au malin pour jeter un sort au voisin détesté.

Rien d’étonnant non plus à ce que la dame du « Cap Méchant », désormais surnommée « la Folle du Cap Méchant » soit obsédée par le démon. Elle accoste les touristes et les accuse d’être « complices du diable », s’ils n’écoutent pas son prêche. L’endroit s’y prête bien. Les vents y sont violents et les vagues se jettent contre la roche noire avec fracas.

Le diable, emblème de la boutique « Pardon » quant à lui, est plus une provocation.  Aucun effet dissuasif sur les acheteurs…

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17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 08:11

Sully Fontaine, lecteur du blog,  vient de m’envoyer un commentaire très intéressant suite à mon "reportage" sur la matinée "risofé" mise en place par l'équipe du Sakifo.

« En fait, beaucoup de gens (de "vrais" réunionnais, plusieurs milliers même ) prononcent "richauffé"."Risofé" étant plutôt prononcé par les cafres ou autres malbars et "richauffé" par les yabs dont je fais partie.

Par ailleurs, l'expression la plus populaire (du moins dans les hauts de la Rivière Saint-Louis) reste "dînéchauffé" ( même s'il est fait allusion au "manger" du matin).

0n pourrait beaucoup écrire sur les différences de prononciation (et parfois de sens) d'un même mot d'un côté à l'autre de l'île. »

 

Merci à lui !

Jacqueline

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 22:41

 Si en métropole, il y a pléthore de Martin et Dupont, ici ce n’est pas le cas ! Les patronymes les plus fréquents sont HOAREAU (HOARAU-WARO) DIJOUX, TECHER,  PAYET (Prononcez Payette !)  Puis arrivent les FONTAINE, ROBERT, RIVIERE...

Petite anecdote sur la prononciation des noms terminés par ET. Premier  jour de classe, je fais connaissance avec ma classe.
J’apostrophe l’élève HUET (en prononçant Huais)… Tous se mettent à rire ! Non, madame, on dit « Huette ». D’accord, le message est entendu.  Je lis  Payet (que je prononce Paillais) Non, Madame, on dit «  Payette ». Bon, ça va, j’ai compris … Quand j’interroge l’élève MALET, je ne tombe plus dans le piège, et je dis « MALETTE » Fou rire général ! Ah non madame ! Là, on dit Malais (sinon on confond avec la malette où se trouve le cahier de texte de la classe). Là, j’abandonne…

J’apprends aussi aujourd’hui  que  l’Etat Civil exige que les enfants nés HOARAU aient deux prénoms, pour éviter les confusions. C’est dire le nombre de Hoareau qui naissent sur l’île !

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 11:25

Plus d’un lecteur de ce blog sera surpris d’apprendre que le quartier « Terre Sainte » de Saint Pierre dont il est question ne doit pas son nom à la dévotion de ses habitants.

A l’endroit où ont été bâties les premières demeures poussaient autrefois des arbustes épineux appelés « bois de sinte », des bois servant à faire « cintres ». Les habitants vivaient dans un « karo boidsint »

 On voit aisément l’évolution phonétique du mot « cintre » devenu « cint » puis orthographié par la suite « sainte ». Ce bois souple permettait de faire des hameçons, des canevas, du treillis pour les constructions…
L’appellation « Terre de Sinte » date de la fin du XVIIIe siècle, elle a perdu sa préposition pour devenir « Terre Sainte »

  bois de sinte dos d'âne

Le bois de sinte, on le trouve encore dans les Hauts,  à Dos d'Âne par exemple...

Raymond Lucas dans son  ouvrage  remarquable « Cent plantes endémiques et indigènes de la Réunion », en fait une description intéressante. En résumé, ce bois existait sur l’île avant l’arrivée de l’homme, il vit dans les sous-bois humides à l’état de lianes et en zone exposée sous forme de buisson. Les petites feuilles lisses et brillantes font penser à celles du troène ou de la myrte. Cette plante est malheureusement menacée de disparition en raison de la progression de l’urbanisme et de l’agriculture. Pour sauver l’espèce, il suffit de semer les graines recueillies sur le bois de sinte !

Pour les férus de botanique : le bois de sinte « scutia myrtina » appartient à la famille des Rhamnacées.

terre sainte bois de sainte

lien intéressant
http://www.mi-aime-a-ou.com/bois_de_sinte.php

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