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20 février 2022 7 20 /02 /février /2022 08:29

En me promenant avec Armande dans les ruelles de Terre Sainte, j’ai remarqué un « boug » à vélo qui vendait des « pistaches » (c'est ainsi qu'on appelle ici les arachides, ou si vous préférez "les cacahuètes").

Il avait dû les récolter et les faire griller, comme c’est l’usage ici. C’est dans des cornets en papier journal qu’il les présentait aux passants.

IL me confie qu’autrefois, il passait avec son grand panier posé sur la tête.  Désormais il prend sa bicyclette. Moins pittoresque, mais plus rapide certainement.

En buvant un jus de fruit à la Terrasse, nous avons fait un sort à ces pistaches et notre serveur nous a même proposé un récipient pour y jeter les enveloppes….

 

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11 février 2022 5 11 /02 /février /2022 08:08

Dans un article précédent, j’évoquais la présence des gouzous au musée Stella Matutina. Un deuxième article sur le sujet s’impose : l’artiste a profité de cette vitrine intéressante qu’est le musée pour illustrer les expressions créoles.

Il y expose ses dessins ou croquis ainsi que les œuvres achevées. 

On y trouve les expressions que connaissent bien les Réunionnais comme « ti hache i coupe Gros Bois » (petite hache coupe le gros bois), « foutan y angrès cosson » (la paresse engraisse le cochon, ou l’oisiveté est la mère de tous les vices) « dan blan, kèr noir » (dents blanches cœur noir, ou se méfier du sourire qui cache la noirceur), «  kass l’armwar » (casser l’armoire, ou se mettre sur son trente et un )…

Une belle contribution de Jace à la diffusion de la langue créole, quand on sait que le musée est un incontournable, souvent au programme de tous les touristes venus découvrir l’île…

Jace et les proverbes et expressions de la RéunionJace et les proverbes et expressions de la Réunion
Jace et les proverbes et expressions de la RéunionJace et les proverbes et expressions de la Réunion
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15 janvier 2022 6 15 /01 /janvier /2022 11:53

Au marché de Saint Pierre, les stands de produits artisanaux pullulent. Parmi ceux-ci, il en est un, à l’entrée, non loin du parking, où on fait toujours des affaires.

On ne résiste pas à l’envie d’acheter un panier pour ses courses ou pour en faire cadeau à des amis de métropole. Comme mon amie Annette m’a commandé une « tente », c’est ainsi qu’on appelle à la Réunion les cabas pour les courses, j’en ai choisi une parmi les belles pièces exposées et Jacqueline, la vendeuse, m’a consenti un ti rabais sur le prix annoncé…

Même si ces objets sont fabriqués à Madagascar, on n’hésite pas à les acheter pour leurs coloris et leur robustesse.

 

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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 08:14

On désigne par ce terme une longue canne à pêche d’une bonne longueur (environ 5 mètres). C’est une tige de bambou (de « calumet ») à laquelle est fixé un fil de nylon prolongé par un hameçon.

gaulette 1

Son avantage est que la matière première se trouve dans la nature, (bien que certains Grandboisiens prétendent qu’on a de plus en plus de mal à trouver du bambou dans ce secteur.)

 Autres avantages : elle est facile à fabriquer ; son coût est ridiculement bas ; elle est légère et biodégradable.

Encore faut-il habiter à proximité de l’océan, pour ne pas avoir à la transporter dans une voiture (ce doit être problématique.) Elle est souple, mais non rétractable.

Le pêcheur golet ( ou pêcheur équipé d’une gaulette) est une espèce en voie d’extinction.  Quel dommage ! Quelques rares exceptions taquinent encore le lappiat  dans les criques sauvages de Grands Bois. Le 16 juillet, j'en ai aperçu deux, en contrebas du Sentier des Pêcheurs. L'un pêchait assis sur la roche, l'autre avait les pieds dans l'eau. 

gaulette 4 

gaulette 2 gaulette 3

Ce mot désignait également  à la Réunion une unité de mesure agraire qu’on utilisait encore jusque vers la fin du XXe.

« Le sort des colons, notamment ceux qui mettent en valeur moins de 1000 gaulettes n’est pas supérieur à celui des salariés.  Ils doivent aux planteurs le tiers de leur récolte »

 « Le colon reçoit du propriétaire (…) la jouissance d’un jardin de cinq gaulettes carrées pour ses cultures vivrières… »

La Réunion : problèmes démographiques, économiques et sociaux -1953 (Hildebert Isnard) 

Les premiers écrits où on trouve le mot "gaulette" datent de 1713 . Cette gaulette peut désigner une longueur mais aussi une surface. Un terrain de 5 gaulettes correspond à environ 600 m2

Quelle est la dimension de la gaulette ? selon  les lieux la gaulette mesurait soit 12 pieds (3,898 m), soit 15 pieds (4872 m)Le conseil provincial de février 1734 imposa à tous les habitants de mesurer les terrains avec une gaulette de 4,872 m. Mais à Ste Marie on continuait de mesurer avec des gaulettes de 3, 898 m

 


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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 21:04

La semaine dernière, au Marché Forain du Tampon, sur un étal j’ai remarqué de petits légumes verts lisses  de la taille des gros piments.

 Le maraîcher, qui descend chaque semaine du Grand Tampon vendre ses courges, pommes de terre, fraises… m’explique que ces petits légumes verts (3,50 euros le kilo) sont des « margozes de laine ».

margozes-de-laine.JPG 

Je crois avoir mal entendu et il me répète «de laine », tout en ajoutant que ça vient de « l’inde ». D’accord : encore un glissement de sens, comme il en existe pléthore à la Réunion : « de l’Inde » mal prononcé est devenu « de laine » !


Il paraît que ces légumes n’ont pas l’amertume des gros (ou grosses) margozes. On peut les ajouter au cari thon ; ils accompagnent bien les caris poissons…

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 21:10

 Amusant ce nom de fruit !  Amusante aussi  l’origine de ce nom. Rien à voir avec le Jaque ( ou Jacque) fruit du jaquier. Ce n’est pas nom plus le fruit du diablotin appelé “Jacot”. Ce fruit pousse  tout simplement à l’arbre appelé “pommier d’accot”

 Cette fois encore, nos Réunionnais sont passés par là et ont fixé une phonétique qu’ils ont retranscrite comme bon leur semblait. “Pomme d’accot” est devenu “pomme jacot” ou “pomme jacquot”

pomme jacot

 Le pommier d’accot appartient à la famille des sapotaceae. Son nom latin est "mimusops coriacea."  Il peut atteindre 7 à 8 m de hauteur. L’arbre se serait naturalisé à la Réunion de St Benoît à Ste Anne ( c’est à Sainte Rose que j’ai vu cet arbre pour la première fois, c'était lors de notre rando vers l'Anse des Cascades)

pomme jacot 2

 Le fruit sphérique d’un diamètre de 4 cm est âcre avant maturité. On l’appelle aussi “coing de Chine”. Quand il est jaune, il est mûr et là sa chair est farineuse et sucrée. On ne trouve pas cette pomme sur les marchés de la Réunion : on ne doit pas l’apprécier.

pomme jacot 3

 On utilise l’arbre comme brise-vent et son bois est utilisé en ébénisterie

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 18:45

Mwin la cassé nout mangues

Quand  Jocelyne, une de mes voisines me souffle qu’il faut “casser” les mangues vertes de mon "pied" (arbre), c’est qu’elle me suggère de cueillir les fruits. Figurez- vous qu’à la Réunion, on ne cueille pas, on casse !!!

L’explication en est toute simple : la plupart des fruits sont accrochés aux branches, comme les letchis, les longanis, les mangues. Alors on craque les rameaux pour récolter les fruits. D’ailleurs même les goyaviers, les pêches, les oranges, on les “casse”. Là, pas de craquement.

Pour les fleurs, il en va aussi ainsi : on casse la rose de porcelaine, l' iris marron, l'hibiscus, l' héliconias, le bougainvillée… 

Casser… On casse aussi les fruits et les fleurs en Lorraine, notamment dans le Bassin ( qui fut) Houiller. Dans notre dialecte francique, on dit bien “ Kirsche un Blume brechen…” (brechen = casser, en allemand) On brise les fleurs. Amusant. C’est vrai qu’une fois cassée, on ne peut plus la replanter, la tulipe.

Pour en revenir aux mangues, à la Réunion, on les cueille, pardon, on les “casse” vertes pour en faire du rougail.  Il est aussi usuel de prélever les bananes vertes et de les laisser mûrir. Comme la mouche du fruit abîme souvent les oranges, et mangues du verger, je vais essayer de suivre  ce conseil avisé et laisser se colorer les fruits après “la casse”

P1150638

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 14:59

La première fois que j’ai entendu cette expression, c’était à l’occasion d’un jeu de société, une partie de loto quine jouée  au Club des Lataniers à Grand Bois : chaque nombre annoncé par le “dentiste” était désigné par une expression imagée : deux jambes ti Charles(pour 11) , ti couteau ( pour 32)…

Oté ! Ou coné pas kossa il lé le "ti  32" ?

 En fait ce couteau connu de tous les anciens accompagnait les coupeurs de canne à sucre. On le vend encore aujourd’hui dans les quincailleries de l’île.

 J’en ai fait l’acquisition pour couper mes feuilles de vacoa et récemment, je l’ai utlilisé pour râper et fendre les tiges d’agapanthes. La lame coupe comme tous les diables, j’en garde déjà quelques traces…

                     outils 0007

Dans la boîte contenant ce couteau, on voit son histoire et la photo de son créateur.

ti 32

Voilà ce texte :32 Trente deux

                          Dumas Ainé

   En 1908, mon grand-père Paul Rousselon, lors d’un voyage professionnel à la Réunion, fit découvrir le couteau de poche qui ne le quittait jamais aux coupeurs de canne à sucre qu’ll croisait. Cet objet rencontra un tel engouement de la part des Réunionnais qu’ils l’adoptèrent et le surnommèrent le “P’tit 32”  texte signé par la petite fille de Paul Rousselon, Pascale Sol-Bruchon

 Quelles sont donc les caractéristiques de ce couteau de poche ? 

Il a une lame de 8 cm en inox, le manche est en bois bubinga, avec une mitre en inox (prix 22 euros sur internet) Il existe aussi un modèle avec lame et tire-bouchon.

Sur le site www.rousselon.fr on présente cette coutellerie française encore en activité ( eh oui, ça existe encore des entreprises qui produisent en France, cocorico !) , mais on n’y trouve plus le couteau de poche. L’entreprise s’est diversifiée et destine ses produits à des professionnels de la boulangerie, de la boucherie….

 J’aurais aimé connaître l’origine du nombre 32. Il doit s’agir du tampon ou poinçon qui était autrefois apposé sur la lame du couteau pour pouvoir l’identifier. On peut émettre des hypothèses  : 3,2 cm = longueur d’un pouce. Ce serait une possibilité…

Faites plusieurs quincailleries pour trouver le meilleur prix, car les différences peuvent être très importantes.

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 08:44

Avant l’arrivée de la « Fée Electricité », les Réunionnais avaient coutume de s’éclairer à l’aide de lampes de fortune : on prenait par exemple une bouteille dans laquelle on versait du pétrole, puis on y trempait une mèche qui passait dans un système posé sur le goulot, système qu’on appelait « bobèche ». On disait qu’on s’éclairait à la bobèche*… 

                        P1060578 

Comme le pétrole était cher, les familles dînaient avant le coucher du soleil (économie oblige...). On faisait ses devoirs à la lueur de ce maigre filet de lumière. La combustion du pétrole qui émettait une fumée puante, noircissait les murs, les plafonds, et le matin quand on se mouchait, c’était « noir » aussi, explique Jean Paul Abriel.

Félicia Payet, une habitante de l’Entre-Deux m’a confié hier après-midi, que dans sa jeunesse, elle s’était abîmé les yeux en brodant « les jours de Cilaos »  à la lueur de ces bobèches.

 * Là encore, on assiste à un glissement de sens. En réalité « la bobèche » était un disque qui récupère la  cire des bougies, mais aussi ce morceau de tube cylindrique  par lequel on passe la mèche et qui est cerné par un disque plat.

 

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 07:19

Le gabier ? Tout le monde sait ce qu’est le gabier à la Réunion. C’est ce nous appellerions en métropole « le distributeur de billets ». Ici, il fonctionne de la même façon et distribue évidemment des euros comme en métropole. 

Depuis peu, une « Banque de la Réunion » a été construite dans le quartier. L’originalité de son gabier est que vous pouvez y lire les consignes en créole.

 


- Mette out carte dans l’appareil

- Patiente un ti peu si ou plaît

- Compose out code en misouk

- Après tape sur valide

- Est-ce que ou veut un ticket ?

- Retrape out carte

- Trape out l’argent

 

Si vous ne comprenez pas vous pouvez toujours lire les consignes en français qui accompagnent ces messages en créole.

Jolie l’expression « en misouk » pour dire « en cachette ».

 

A propos de gabier, le sens que nous lui connaissons est : « matelot chargé de manœuvrer les  voiles d’un navire , gabie signifiant demi-hune ».

 

En créole un gabier est aussi  « un gars costaud et futé ».

 

Quel est donc le rapport avec l’automate qui vous offre des billets de banque ?P1130981

 

Un jeu de mots «  gabe – billets » ?« gaber » signifie en ancien français « se moquer ». Se moquer des billets ? Non, ça ne doit pas être ça …

Et voilà, en poursuivant mes investigations,   ce matin, j’ai trouvé la clé de l’énigme : GAB signifie « Guichet Automatique de Billets » Donc GAB + Billets = GABIER.  Fallait le trouver…

 

 

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