Hier soir, nous avons fait un petit détour au Gouffre. Quelle surprise de voir que l’on a sécurisé un peu partout. Barrières, panneaux, précèdent ce lieu touristique très couru au coucher du soleil.
Lieu superbe et dangereux, tout le monde le sait ! Des croix disséminées un peu partout rappellent les morts subites de gens avalés par l’océan. Les roches de basalte noires sont battues par des flots tumultueux, sauvages, bruyants.
Pourquoi toute cette nouvelle batterie de signalétique ? Le décès d’une jeune femme de 21 ans en 2024 a suscité des réactions et de vives critiques de la famille à l’encontre des autorités, raison pour laquelle vraisemblablement des dispositions ont été prises pour dissuader les curieux de se mettre en danger.
J’étais heureuse à l’idée de faire une visite de la CAHEB (Coopérative Agricole des Huiles Essentielles de Bourbon) au Tampon le 18 février. Nous sommes sept personnes à avoir eu la même idée et à nous présenter à 15 heures mais on nous fait remarquer qu’en raison de l’humidité (le sol était mouillé) ce ne serait pas possible.
J’en profite pour acheter quelques flacons d’huile essentielle, mais m’étonne de ne pas trouver de vétyver de la Réunion : le vétyver vient de Madagascar.
Comme on peut malgré tout visiter le jardin, je me promène et rencontre un boug très sympa : Stéphano. Il est employé de cette coopérative agricole.
Après 10 ans dans le bâtiment à construire des murs de moellons, il s’est reconverti, a passé un diplôme au lycée agricole et c’est ici à la CAHEB qu’il travaille désormais. Il me raconte photos à l’appui qu’il plante et récolte chez lui le vétyver, qu’il en fait de l’huile essentielle.
Il travaille sur 7 ha de terres situées à la Ligne Paradis et près du Pont de l’Entre Deux à la Ravine des Cabris. Les terrains sont occupés par des plants de géranium rosat, de basilic… Il produit aussi des mangues et vient de vendre un pied de letchis…
La terre donne mais elle contient de la roche. Après avoir passé le tracteur, il pose l’arrosage puis le film et à quarante centimètres de distances, il plante des géraniums. Travail dur sous la chaleur qui ne rapporte pas toujours. Pour récolter, ils ont une machine qu’ils testeront cette année.
Son emploi à la CAHEB lui plaît, il trouve toujours à s’occuper et n’aime pas rester les bras croisés. Ce jeune papa de quatre enfants m’a plu par sa perception de la Nature qu’il se refuse à dégrader, il ne traite pas ses manguiers ni ses plantations…
Avec le réchauffement climatique, on pourrait s’attendre à ce que les municipalités gardent des oasis de verdure et de fraîcheur au lieu de les détruire !
Le cas flagrant est celui de la place située à côté de l’ancienne gare ferroviaire de Saint Pierre : un dallage sombre qui attire la chaleur a remplacé une zone où poussaient il y a encore quelques années des arbres qui offraient de l’ombre à toute la population ! Cette place est impersonnelle, froide…ou plutôt très très chaude. Pas un pet d’ombre ! Les quelques palmiers qu’on a alignés là font triste figure. Jamais ils n’offriront l’ombre souhaitée…
Descartes qui disait « Le bon sens est la chose au monde la mieux partagée » lui qui croyait que la raison était supérieure, douterait aujourd’hui, comme bon nombre d’entre nous, de l’intelligence humaine !
Voilà le détail de l’enquête publique que peu de gens prennent le temps de lire :
« Les différents aménagements projetés sont les suivants :
La reconstruction et la prolongation de la digue marine existante en enrochements naturels sur une longueur de 170 m pour doubler quasiment l’actuelle zone de baignade avec une surface devant atteindre 6400 M2 (aménagement d’une piste d’accès provisoire dans le bassin
La création d’une fosse de natation creusée dans le bassin (déroctage d’une superficie de 650 m2 avec une profondeur maximale de 1,50m.
La mise en place d’une canalisation d’une longueur d’environ 120 m sous la plage et le platier de baignade pour dévier les eaux d’un talweg naturel et les rejeter dans un exutoire en mer hors de la zone de baignade
La construction d’un poste de secours MNS de 45 m2 sur le belvédère existant d’arrière- plage avec une partie réservée aux personnes à mobilité réduite PMR
La destruction partielle du mur du belvédère et son remplacement par un talus végétalisé.
L’enquête publique est terminée, depuis le 7 août 2024 mais Greenpeace appelle toujours à la mobilisation contre ce projet alléguant le fait que le récif corallien serait menacé. Et l’accroissement de la fréquentation n’est pas souhaitable dans ce site. Cf associations opposées au projet :
Voilà ce qu’on lisait dans la presse locale en septembre 2024
A Grande Anse, mobilisation contre l’extension du bassin de baignade
Pour les associations, les travaux d’extension du bassin de baignade impacteront fortement la biodiversité.
Ce sont principalement les travaux, et plus particulièrement leurs impacts sur la biodiversité marine, qui inquiètent les associations et les scientifiques. Car si des mesures sont effectivement prévues pour limiter les dégâts, des doutes persistent. Tant pour le récif que pour les habitants du bassin de baignade. Pour bien comprendre les enjeux, il faut savoir que Grande Anse abrite un récif corallien parmi les plus préservés de l’île. Un récif très sensible aux perturbations, en particulier à la turbidité de l’eau. Autrement dit, aux matières en suspension qui seront émises lors du chantier. Notamment lorsqu’il s’agira de creuser une fosse de natation au beau milieu du bassin ou de déplacer d’énormes blocs de basalte.
«Un pari très risqué»
« Le corail se nourrit principalement de lumière. Si le milieu s’opacifie, les coraux se retrouvent en stress alimentaire », explique Léo Broudic, en thèse de doctorat en écologie, en poste actuellement à l’association Arbre (Agence de recherche pour la biodiversité à La Réunion). Des mesures sont prévues pour limiter la turbidité, qu’il juge « un peu légères ».
En plus de cette turbidité générée par le chantier, Léo Broudic met le doigt sur un élément à ses yeux particulièrement problématique : le nouvel enrochement. Le «mur » extérieur du bassin, actuellement de trois mètres de large pour un mètre et demi de hauteur, fera au final dix de large et deux de haut. Une véritable « barrière physique » qui va modifier les conditions à l’intérieur du bassin. « Avec un tel enrochement, le renouvellement de l’eau se fera moins bien. Les paramètres vont fluctuer et la biodiversité récifale ne va pas apprécier ». Dommage, car le bassin contient une « biodiversité remarquable », comme des hippocampes.
« On peut avoir des doutes sur le maintien de la biodiversité dans le bassin et sur son retour. Le maire l’assure, mais il ne s’appuie sur aucune étude scientifique pour le dire. Il compare avec la création du bassin, en 1985, mais ce n’est pas pertinent», poursuit Léo Broudic.
Voilà une formation intéressante, proposée par le GEIR pour des randonneurs et/ou amateurs de la biodiversité de l’île. Inscription dès maintenant et au plus tard le 11 janvier 2025 au moyen de ce formulaire
Le programme en trois points : Le EEE de quoi s’agit-il ? Quel est leur mode de dispersion ? Quel est l’outil mis en place par le GEIR (Groupe Espèces Invasives de la Réunion) pour faire le signalement d’EEE sur un circuit de randonnée. Formation qui aura lieu le 18 janvier !
« Nos espèces endémiques sont, vous le savez, menacées, et les espèces invasives sont les principales causes de perte de biodiversité sur l'île. Sans l'effort conjugué de tous·tes les réunionnais·es, nous ne parviendrons pas à sauver la faune et la flore endémiques et indigènes qui sont le patrimoine de cette île, exceptionnelle à bien des égards.
Depuis plus de deux ans, votre CRPR (Comité de la Randonnée Pédestre de La Réunion) s'associe avec le CBNM (Conservatoire Botanique National Mascarin) et l'association AVE2M pour développer sur le terrain des actions de sensibilisation et de lutte contre les E.E.E. (Espèces Exotiques Envahissantes). Notre stratégie est d'allier votre vigilance et votre "permanence" sur les sentiers de randonnée pédestre pour assurer un rôle de vigie sur l'apparition d'EEE dans des zones jusqu'à présent indemnes.
En effet, comme certaines cellules cancéreuses dans un organisme vivant, c'est au moment de leur apparition dans des espaces naturels jusqu'alors préservés, que l'action d'éradication peut apporter les meilleurs résultats, au meilleur coût, la meilleure efficacité.
Vous avez le sens de l'observation, aiguisé par des années de pratique de la randonnée pédestre. Il y a parmi vous de grand·es amateurs·trices de botanique. Vous déplorez souvent de voir de magnifiques espaces naturels défigurés, rendus impraticables, leurs habitats rendus impropres à notre faune elle aussi indigène ou endémique, à cause de ces pestes végétales innommables : ajoncs d'Europe, lianes-papillon, arbre pieuvre, raisins marrons, etc. Nous avons besoin de votre coopération pour détecter leurs présences avant qu'il ne soit trop tard et beaucoup plus fastidieux pour stopper net leur propagation et sauver notre patrimoine naturel. »
C’est une plante herbacée vivace, originaire d’Amérique tropicale. On la trouve dans le jardin de Durga à Saint Joseph à la Réunion.
Plante haute d’un mètre, aux fleurs à sépales rouges et jaune. Elle contient un latex irritant et toxique, mais attire les papillons.
C’est d’ailleurs la plante-hôte du papillon monarque. Le problème est que le papillon monarque qui s’y arrête oublie sa migration… C’est un piège écologique. Mais pas à la Réunion ! Des monarques on en voit plutôt en Amérique…
Le gomphocarpus fructicosus, encore appelé « faux cotonnier » entrevu dans le jardin de Durga à Saint Joseph serait d’après elle, une source de nourriture pour les papillons.
De la famille des apocynaceae, originaire d’Afrique du Sud, cette plante aurait été introduite comme plante d’ornement. Elle est redevenue sauvage et se plaît près des cours d’eau.
Ses fruits sont des capsules gonflées de 4 à 6 cm avec des piquants souples.
Elle aurait des vertus abortives et servirait à soigner les dents…
Mais que se passe-t-il au Tampon ? Les immeubles poussent comme des champignons. La mairie exproprie des concitoyens, achète des terrains et les cède à des promoteurs qui élèvent des bâtiments qui vont rapporter, mais qui remplacent les zones herbacées et arborées.
On vous retorquera qu’il faut désormais construire en hauteur pour laisser vivre les terres agricoles.
C’est peut- être une des causes de cette prolifération inconsidérée d’immeubles. Mais en creusant on apprend que c’est de la rivalité entre Saint Pierre et le Tampon que naissent ces excroissances envahissantes, qui font de l’ombre (pas seulement de l’ombre) aux petites cases créoles..
En fait, il s’agit dans un proche avenir de décider de l’attribution du siège de la Communauté d’Agglomération du Sud. Or c’est au nombre d’habitants qu’on attribue ce siège. Avec toutes ces nouvelles constructions, le Tampon aurait déjà gagné : ce sont plus de 2000 personnes qui ont trouvé à se loger au Tampon et Saint Pierre est battu !
Une guéguerre de chefs pour obtenir une casquette de plus ! Les maires, Tien Ah Koon (Tampon) et Fontaine (Saint Pierre) se comportent ainsi pour des raisons financières et laisseront derrière eux des villes peu attrayantes. Après eux, le déluge ! Et personne ne réagit, comme toujours…
Je me pose une question : quel est l’intérêt de créer une Communauté d’agglomération ? Pour avoir davantage de fonctionnaires… qui comme d’habitude se tireront dans les pattes et vivront de l’argent du contribuable…?
La maison d’une de mes amies est infestée de geckos malgaches qui se reproduisent à une allure infernale. De guerre lasse, elle a décidé d’employer les grands moyens.
Même si les lézards ont une utilité pour nous débarrasser des moustiques, leur prolifération a de quoi agacer. Ils envahissent les jardins, les habitations…
J’imagine cependant les réactions des protecteurs de l’environnement. Mais les chasseurs n’ont-ils pas le droit et même le devoir d’éliminer les sangliers quand ils sont en surnombre ?
On lui a donc recommandé de mettre des feuilles de « bois de rempart » dans un peu de sirop et de poser ce liquide dans un endroit sûr car ce mélange serait très toxique.
« Une feuille de bois de rempart peut tuer un bœuf » dit-on à la Réunion