Le Piton Monvert est un formidable terrain d’exploration pour les amateurs de botanique. Nicole a proposé ce dimanche à une bande d’amis de découvrir l’endroit géré par l’Omdar.
Que de changements depuis que le site a été reconnu d’intérêt public !
Les plantes endémiques ont prospéré grâce aux semis ; les plantes invasives comme les goyaviers ont été coupées, les vues sur le littoral sont désormais imprenables grâce à l’éclaircissement de la futaie, et les endroits pour s’asseoir en bois de goyavier jalonnent le parcours. Les trois chemins qui y montent sont bien entretenus.
Nicole nous a fait goûter des fleurs de zépis bleus, découvrir les vertus médicinales de l’avocat marron, observer les feuilles composées du bois de gaulette, les fruits du natte que nous avons redonnés à la nature.
Elle nous a expliqué la nature de trois lianes, fait identifier les troncs du bois de judas, du bois de rempart, du change-écorce… et surtout repérer l’orchidée Camaron qui pousse à l’abri des regards et que malheureusement des individus braconnent…
Elle en a profité pour nous montrer comment on aide à la fécondation de la fleur.
Une belle sortie ! Merci à cette passionnée qui sait faire partager son amour de la Nature !
À la Ravine des Cabris, à l’entrée du quartier du Vieux Domaine, fleurissent actuellement six cytises indiens. Des grappes de fleurs jaune citron couvrent les branchages. On peut les photographier avec comme fond les crêtes du Grand Benard auréolées de nuage
Cet arbre le « cassia fistula » a pour nom « casse fistuleuse ». A la Réunion, on l’appelle aussi cassier, faux séné, faux caroubier, douche d’or, averse dorée… C'est effectivement une pluie d'or. Sous le soleil, c'est une merveille !
Le matin et le soir de multitudes d’oiseaux s’y cachent et y cherchent une petite pitance. Si je n’ai pu immortaliser le zoizo blanc qui s’accroche de mille façons aux branches et disparaît très vite, j’ai pu fixer le « cardinal rouge » au milieu des grappes dorées.
Il est originaire de Californie et du Mexique et fait partie de l’espèce des Arécacées. On l’appelle aussi « palmier jupon ». Il peut paraître laid avec son tronc élancé et la base grise du feuillage rappelant un jupon.
Il n’empêche qu’ils ont l’air impressionnants dans cette allée du Parc des Palmiers ! Ils y ont trouvé des conditions de chaleur et de luminosité qui ont bien profité à leur croissance.
En déambulant dans l’allée principale du Cimetière du Père Lafosse à Saint Louis, j’aperçois un arbuste très vert dont je ne reconnais pas le fruit. Ce sont des fruits ronds assez gros et verts.
Le gardien des lieux m’explique qu’il s’agit là de « vavangues ». Elles ne sont pas encore mûres. C’est alors qu’il avise un fruit à terre qui doit être là depuis un certain temps. Il nous l’ouvre pour nous en montrer la chair. On la consomme quand la chair est juteuse. Certains en font du rhum arrangé ou encore transforment la pulpe en compote.
L’expression créole « faire vavangue » n’a plus cours aujourd’hui. Elle date de « lontan ». Autrefois, elle signifiait « faire l’école buissonnière ». Parce que les enfants qui avaient fui les bancs de l’école, allaient dans la Nature et cueillaient les fruits de cet arbuste…
Le titre de cette émission correspond très bien à ce qui se passe actuellement sur la plage de Grand Bois.
Les palmiers et les raisiniers plantés sur la plage Ti Sable poussent dans un silence peu habituel.
Deux pêcheurs à la gaulette taquinent le poisson, deux ou trois promeneurs s’approchent des rochers, et de rares locaux sont installés sous les kiosques. Cette interdiction de se retrouver pour manger dissuade les gens de venir s’installer à l’abri de ces structures …
Comme si le fait de manger ensemble à bonne distance menaçait la santé publique… Alors voilà : une équipe d’ouvriers n’aurait pas le droit de se retrouver pour manger le cari ou le sandwich à la pause méridienne alors qu’ensemble ils manient les débroussailleuses, et râteaux de longues heures ?
On ferait mieux d’avertir les organisateurs de festivités qui réunissent une cinquantaine de convives à l’intérieur pour leurs noces et les participants aux cérémonies religieuses qui ne respectent pas les distances.
Quelqu’un me racontait récemment qu'un couple était le seul à porter le masque à un vin d’honneur qui réunissait 60 personnes.
Les mesures de prévention sont disproportionnées et les contrôles pas toujours faits comme on s’y attendrait. Oui à la prévention mais qu’on arrête de culpabiliser ceux qui veulent tout simplement prendre l’air sans gêner leurs concitoyens.
En quelques années, le quartier de Ravine Blanche a subi une métamorphose incroyable. De nombreux logements sociaux y ont été construits, et les trottoirs ont été arborés.
Si les petites cases ont toujours un cachet local, les grandes barres impersonnelles malgré les balcons aux paravents illustrés de feuilles de bambou, emportent moins mon adhésion. La cohabitation doit y être plus difficile. Un habitant a mis de la musique ethnique de son pays pour tout le voisinage.
C’est à cet endroit que le médecin de mon amie a installé son cabinet. Juste à côté un cabinet infirmier, une crèche…Les vieux habitats ont été rasés faisant ainsi place à un quartier qui ne garde aucune trace du passé.
Comme je redoute les salles d’attente en cette période de covid, j’en ai profité pour arpenter les trottoirs de la rue Mahatma Gandhi pour observer les arbustes et arbres, les photographier ou encore récolter des graines. Encore un joli travail d’identification en perspective. J’ai également fait une petite provision de vétiver pour le tresser.
Je me suis assise sur un muret pour regarder passer les mémés créoles avec leurs jolis habits colorés, leur capeline (chapeau) et leurs tongs. Avec leur tente (cabas), elles prennent le chemin de la ville pour faire leurs courses. Jamais avares de sourires qu’on devinait derrière leur masque.
Que faire de tous ces fruits ? Le Réunionnais en ferait des rougails succulents.
Pour ma part, je vais essayer d’en faire une confiture, ou plutôt une « marmelade » car sur l’île le mot « confiture » est un faux-ami, il désigne les fruits qu’on confit pour obtenir une espèce de « pâte de fruits ».
Après avoir épluché quelques fruits, je les épépine, coupe la chair en petits morceaux que j’écrase. Puis j’ajoute le sucre et fais cuire le tout ! Voilà ma confiture prête ! Un régal !
Ce qui est remarquable à la Reunion, c’est que sur le même arbre on peut voir au même moment la fleur, la graine et même le fruit.
Ce matin, sur l’ylang ylang qui embaume tout le jardin était perché un cardinal rouge vif. En m’approchant de l’oiseau, je remarque des branches avec des graines bleues de la taille de raisins, et des branches fleuries...
Cette profusion de graines sur l’arbre argenté (sophora denutada Bory) est du plus bel effet. Cela fait plaisir de voir que l’arbre est encore là, et a résisté à la déforestation liée au développement des pâturages.
Ce sont aussi les boisements de cryptomérias qui ont participé à la disparition de nombreux arbres endémiques.
On peut toujours rêver et se dire que certains agriculteurs des Hauts auront à cœur de planter des haies de tamarins autour de leurs plantations ou leurs prés…
La prise de conscience est bien là et le CIRAD publie un document intéressant sur la culture du petit tamarin des hauts, notamment sur la multiplication de ses gousses… Les graines se récoltent en juin juillet, les gousses doivent être décortiquées pour libérer les graines.
Un lien intéressant pour qui souhaite participer à la sauvegarde de cet arbre endémique.
On trouve cet arbre original dans quelques jardins créoles. Certains l’appellent aussi « arbre chocolat » ou « bambou noir » à la Réunion, peut-être en raison de la couleur de son tronc et de ses branches. Les feuilles sont également sombres. Il porte de jolies fleurs rouges en cette saison.
En fait, il s’agit d’une « leea ». On en compte 70 espèces. Celle-ci est appelée leea rubra (leea rouge) On l’a appelée ainsi du nom de James Lee, pépiniériste écossais basé à Hammersmith, Londres, lequel a introduit de nouvelles plantes découvertes à la fin du 18e siècle.
L’arbre présente un intérêt ornemental certain : ses branches et ses feuilles sont rouge foncé, et ses fleurs sont originales.
Et, sans conteste, il joue un rôle dans la protection de l’environnement en attirant les butineuses. Pour qui aime la Nature, son acquisition est utile car cette plante attire les pollinisateurs comme les mouches, guêpes, abeilles, papillons et coléoptères.