Une rue avant celle qui mène au Jardin des Senteurs, voilà la Rue Surcouf qui mène à une pépinière très organisée et pleine de surprises.
Nous avons téléphoné au +262 692 44 94 15 et Samuel, le gérant de cet endroit nous a dit de retrouver Marie -Lise à 15h30.
Bottée, les bras couverts,- présence de moustiques oblige- une petite dame nous accueille et aussitôt nous fait faire le tour d’un verger très particulier.
On y voit des arbres tropicaux bien connus comme l’arbre à pain, le manguier… mais aussi des arbres différents de ceux qu’on peut voir dans les jardins créoles : le safou, la sapote blanche…
Il est originaire de Californie et du Mexique et fait partie de l’espèce des Arécacées. On l’appelle aussi « palmier jupon ». Il peut paraître laid avec son tronc élancé et la base grise du feuillage rappelant un jupon.
Il n’empêche qu’ils ont l’air impressionnants dans cette allée du Parc des Palmiers ! Ils y ont trouvé des conditions de chaleur et de luminosité qui ont bien profité à leur croissance.
Encore un bois qui fait couleur locale. Tout le monde connaît la gaulette, cette ligne de 5 mètres que les pêcheurs réunionnais appelés « pêcheurs golet » utilisent encore pour pêcher sur le littoral.
C’est donc dans ce bois qu’on prélevait les « gaulettes ». La gaulette était aussi la mesure qui permettait de faire l’arpentage des terrains. Cette unité de mesure équivaut à 5, équivaut à 15 pieds de long (à savoir 4, 872 m… on arrondit le plus souvent à 5 mètres !)
Son bois très solide était utilisé pour confectionner de manches d’outils (pioches, haches, couteaux…) Il entrait aussi dans la confection des jougs pour les charrettes bœuf. Et les musiciens rechercheraient ce bois pour fabriquer des baguettes de tambour…
Le quartier de Terre « Sainte », berceau de la ville de Saint Pierre, lui doit son nom. En réalité le mot « sinte » désignait les arbustes, les bois de sinte, qui occupaient le terrain autrefois. C’est à l’occasion de la sortie botanique au Piton Montvert que j’ai pu voir cette espèce qui serait bien plus présente dans le Nord de l’île.
Scutia myrtina est son nom latin. C’est une rhamnacée. On l‘appelle aussi « « ronce pays », « bambara », « bois de ronce »
Le cossinia pinnata ou « bois de judas » est reconnaissable à son tronc orangé taché… C’est un arbre endémique de la Réunion qui croît dans les forêts de basse altitude. Nous en avons vu plusieurs sans la forêt de Piton Montvert.
Pourquoi !’avoir affublé du nom de Judas ? Tout simplement parce que des vendeurs malhonnêtes, de fieffés menteurs, vendaient autrefois ce bois comme étant du bois de fer. Ce dernier était très prisé pour sa résistance : on l’employait pour les charpentes, les mâts de navire…
Or le bois vendu ne tenait pas les mêmes promesses et se brisait vite. Par conséquent cet arbre est devenu l’arbre de Judas, du traître ! Il est quand
même surprenant que les acheteurs se soient fait berner car le poids de ces deux arbres n’ont rien de commun. Le bois de fer est très lourd comparé à celui du bois de judas…
A Petite Ile, dans les hauts, près du « parc poules » de Dauphin pousse un arbre aux fleurs surprenantes. Les branches en sont actuellement remplies.
Marie Ange m’explique que l’arbre, on l’appelle ici « abricot ». Le nôtre fleurit mais ne donne pas de fruits, précise-t-elle. Pour en savoir davantage je cherche et découvre qu’il s’agit d’un arbre appelé « Abricotier des Antilles » et qu’on peut en trouver des plants à la pépinière de St Philippe (Latitude Fruitière) Son nom latin serait « mammeea americana ».
Bien qu’on l’appelle « abricot pays » l’arbre n’a rien de commun avec l’abricotier, mais ses fruits ont une chair orange qui rappelle celle de l’abricot.
photo ci-dessous du site de la pépinière "latitude fruitière"
Cette semaine, au retour d’une promenade à Grand Bois, nous avons récupéré des pommes latanier que des propriétaires étaient en train de poser au bord du chemin avant le ramassage des déchets verts.
« On peut en faire un des meilleurs rhums arrangés », prétendent mes amis Brigitte et Yoland. Et ils expliquent aux gens qui s’en débarrassent comment procéder pour confectionner le breuvage.
Achat de rhum au passage et le travail commence en cuisine : pas facile ! Il faut couper les pommes en deux, extraire au couteau les morceaux de pulpe, gratter la peau rose qui les couvre pour ôter l’amertume. Il nous faut deux bonnes heures pour préparer les fruits qui comptent pour un tiers de la bouteille.
On ajoute du sucre de canne, ou du sirop da canne, une gousse de vanille, et évidemment du rhum blanc, et on entrepose à l’ombre pendant trois mois…
Nombreux sont les Réunionnais qui suivent l'évolution du cyclone sur les sites Windy ou Mtotec .Des bourrasques de vent annoncent déjà son arrivée ... et tous se demandent en rentrant les pots de fleurs et en révisant les fixations de volets si Batsirai passera sur l'île ou si on aura droit à sa queue ...et même dans ce dernier cas il faudra nous attendre à de belles trombes d'eau et à des rafales...en attendant la vigilance est de mise et les sorties - découvertes sont annulées...
Un soir, alors que nous nous promenons, nous apercevons non loin de la route un boug du Tampon et son fils en train de "casser" (cueillir) des mangues vertes avec un cueille-fruit. Comme les grappes sont haut perchées la récupération semble difficile.
Aussitôt notre ami Yoland grimpe comme un singe sur le manguier. Pieds nus, il progresse avec agilité. Je crains le pire quand il s’approche de branches plus fines. Mais il est à l’aise et compte bien participer à la cueillette.
Il récupère le cueille-fruit et attrape les mangues les moins accessibles. Tous sont ravis ! et le butin sera partagé. Du beau travail !
Emmanuel, le Tamponnais, va pouvoir en faire profiter 3 familles et Yoland lui aussi rêve déjà aux bons rougails qu’il va pouvoir préparer. Comme quoi, on sait encore partager et avoir du plaisir à grimper dans les arbres à la Réunion.
Dans la forêt de Piton Monvert pousse un arbrisseau aux propriété étonnantes.
Cet arbre aux feuilles vert foncé brillantes que le Créole appelle « bois de rongue ». Une déformation de l’expression « bois de ronde » ! On l’utilisait pour fabriquer les torches qui servaient à éclairer le chemin de ronde…
Les veilleurs pour faire leur ronde de nuit et surveiller les rues se munissaient de torches qui brûlaient bien : le bois est huileux ce qui explique son utilisation comme objet d’éclairage.
Ce bois porte le nom de « flambeau » à Maurice.
Son nom latin est « erythroxylum laurifolium ». Il aurait des vertus diurétiques, antispasmodiques ( lutte contre coliques néphrétiques, calculs urinaires) et son fruit serait purgatif.