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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 22:14

Nous avons passé  plusieurs heures en compagnie de nos amis des "Jolis Pas" qui adorent recevoir.
Après les beignets aux crevettes, nous avons mangé le roumazaf (voir l’article précédent) et des pois de terre au porc. Après le dessert -une salade de fruits- notre hôtesse nous a initiés à l’afindrafindrao.

l'Afindrafindrao (ou "pas à pas") est la musique de danse traditionnelle d’introduction de toutes les fêtes malgaches. Les couples dansent à la queue leu leu, en formant une chaîne symbolique. La danse aurait été inspirée par les menuets de la cour du Roi Soleil. Ti Cafrine l’appelle aussi le quadrille…

fete malgache 1 fete malgache 2

Parmi les autres danses malgaches figurent le wadraha, le mandihiza rahitsitsika (danse des aigles), l’En Imérina et la danse sakalave.


Nous avons passé  une longue après-midi en bonne compagnie à découvrir une culture que de nombreux descendants de malgaches perpétuent à la Réunion. Non contente de faire connaître les us et coutumes de ses ascendants, notre hôtesse est aussi une ambassadrice de la musique française dans les îles voisines : ainsi elle chante avec brio tout le répertoire de Piaf.

 

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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 09:04

    expliquées par notre ami Gérard Canabady ...

        "
Le grand moment restait le passage de l'année. Ici les rituels familiaux (familles riches ou des classes moyennes) étaient très importants. Chaque chef de famille emmenait sa famille visiter les aînés et réciproquement. Aussi, chaque visite était ponctuée de repas interminables familiaux avec nombre de convives. Il s'agissait de déjeuners qui s'achevaient d'un seul trait en dîner. Le trait marquant est l'omniprésence de la viande, signe de richesse et de réussite. D'une manière ou d'une autre, le porc était central, ou bien on tuait le cochon pour l'année, ou bien on le vendait pour acheter les produits pour fêter l'année. Souvent, on faisait les deux. On tuait un cochon et en vendait un autre ou bien une partie était destinée à la consommation et l'autre à la vente. Chaque famille et surtout chef de famille, montrait sa spécialité au moment du repas. Un tel préparait du fromage de tête, un autre le boudin, un autre le graton, un tel les saucisses, voire le saucisson à l'ail,  un autre les côtelettes et rôtis, mais le clou était le PÂTÉ CRÉOLE. Le meilleur pâté assurait à son cuisinier une réputation qui devait dépasser les générations...

            Evidemment, les volailles avaient aussi leur place sur les tables. Progressivement, des plats de luxe locaux trouvèrent leur place, notamment le palmiste et les galantines (plutôt pour les mariages, baptême ou communions). Le plat de roi était la salade finement "triée" à la main, en général les plus jeunes apprenaient comment faire avec les anciens (euh ça restait tout de même une corvée...). L'alcool qui marquait cette saison de l'année était la "Marie Brisard" dégustée pure et sans glaçon. Le petit verre de liqueur de Marie Brisard dans lequel on pouvait tremper son petit morceau de pâte créole était un plaisir attendu longuement. D'autant plus longuement, qu'il fallait là aussi, respecter une tradition immuable. Une fois la liqueur et le pâté distribués, tout le monde se levait pour se souhaiter une bonne année dans un ordre strict : les plus jeunes vont vers les plus anciens. Une fois les sermons prononcés, les vœux dits, et parfois quelques étrennes distribuées (un petit billet en général pour les plus jeunes), on pouvait apprécier le pâté. Une précision, la plupart du temps on jauge le pâté en main, on le hume, on le repose sur la table et ON EN PARLE... Après seulement, on le mange...

            Une fois le repas terminé, la famille qui rendait visite rentre chez elle et attend les visites des membres de la famille, notamment la famille qui a été visitée. Evidemment, on repartait pour un autre repas que chacun voulait encore plus fastueux et riche en viande... Progressivement, les basse-cours ont eu des volailles. D'abord ce furent des poulets et canards, puis pintades, oies et dindes. Je vous laisse imaginer comment les tables se sont garnies en conséquence en civet (à l'Ile Maurice, l'ancien nom français salmis a été gardé) et rôtis. Précisons que les rôtis n'avaient que peu de choses en commun avec leurs homonymes européens. Les rôtis n'étaient finalement pas rôtis au four (car beaucoup n'avaient pas de four) mais cuits à la marmite et délicieusement farcis d'épices (ail, girofles, muscade, thym,...). Le fin du fin était leur sauce, notamment le fond de sauce que nommé "la marc" (comme le marc de café). A propos de café, il était inévitable, cueilli sur la propriété ou dans le fond de la cour, et grillé souvent par une vieille tante. Il était coulé précieusement et dûment sucré (pour montrer que la récolte avait été bonne).
                        café noel

            Les carris étant plutôt des plats ordinaires, aussi eurent-ils un temps d'absence lors de ces fêtes qui se voulaient une rupture avec le quotidien. Mais ces plats surent quand même se faire une place, notamment l'authentique "carri canard". Evidemment, ces animaux étaient sélectionnés de longue date en avance, on les soignait avec amour et on les dégustait avec non moins...d'amour. Le bien-être animal, cher aux environnementalistes, était apprécié au fond de...l'estomac. Souvent, c'était aussi l'occasion d'un petit pécule puisque plusieurs mois à l'avance les gens (de la ville) venaient choisir leurs animaux et les achetaient au moment des fêtes, une fois bien engraissés (au maïs évidemment et non au rabatto !)

            canard 1  canard 2

           
Toutefois, ces traditions pleines de saveur variaient en fonction du culte de chaque famille. Beaucoup de familles chinoises travaillaient en début d'année car elles se réservaient pour le Nouvel An de leur calendrier. En outre, travailler le 1er de l'An était perçu comme un signe de bon augure et de prospérité. D'autres comme les Hindous choisissaient de laisser passer la première semaine de l'année avant d'ouvrir ces visites festives. Un certain nombre de cérémonies religieuses exigeaient un strict carême incompatible avec cette cascade de victuailles. Leurs repas se trouvaient finalement  enrichis de cabris préparés sous diverse forme. bref, une occasion supplémentaire d'enrichir la table en viande...
          Les desserts traditionnellement sucrés y avaient encore plus droit de tablée, notamment les silnis (connus sous le nom de "bonbons de miel" ou ""bonbons casse-contour"). C'est un beignet en forme de serpentin trempé dans 3 à 5 litres de sirop de sucre (et non miel comme son nom ne l'indique pas) aromatisé de cardamome et d'une gousse de vanille.
                                     noel silnis

            Autant de souvenirs savoureux illustrant les délices des repas traditionnels réunionnais qui ont marqué notre enfance..."

            Amicalement,

                        Gérard Canabady

           

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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 22:13

P1120047 noel                   

 

 

 

Chère Jacqueline,

 

            Voici une description de nos repas et moments traditionnels de fêtes de fin d'année. Evidemment, il sera difficile de ne pas tomber dans la nostalgie du bon vieux temps, néanmoins beaucoup de ces traditions ont finalement assez bien perduré.

 

            Encore une fois, partons de l'agriculture. La "fin de la coupe "marquait la clôture d'une période de travail pénible et intense, mais elle signifiait aussi un revenu déterminant dans les budgets familiaux. Laissons à part les aspects économiques évidents pour se concentrer sur les rythmes familiaux festifs.

            Le tissu socio-ethnique de notre île marque évidemment la façon de vivre les fêtes de fin d'année, toutefois des traits communs sont perceptibles comme la dimension religieuse. Il y a deux ou trois générations, le moment marquant était la période de décembre-janvier et plus précisément de Noël aux deux premières semaines de janvier.  En fonction des religions suivies, la façon de fêter était différente, par exemple les Tamouls de confession hindoue marquaient une période de carême juste à ce moment.

            Noël est longtemps resté une fête religieuse avec pour point d'orgue la messe de minuit. Pour plusieurs raisons, le repas n'était pas celui du réveillon mais celui du lendemain midi. Historiquement, les repas de Noël étaient surtout fêtés par les responsables administratifs de la Colonie qui avaient la nostalgie de leur pays. La tradition de la dinde en est directement issue, tout comme celle du sapin et de la crèche. Mais il ne faut se tromper sur l'impact que cela suppose pour la population locale. Immédiatement, la volonté d'adopter ce modèle est venue et ça a été bien vécu. Le seul obstacle était d'ordre financier, la plupart des familles ne pouvaient se permettre deux fêtes aussi onéreuses en une période aussi courte (Noël et jour de l'An).

            Toutefois, les familles de la bourgeoisie commerciale urbaine et des grandes propriétés cannières ont d'emblée adopté cette tradition du repas de Noël. C'était une occasion de réunir la famille, de faire les comptes et bilans et de distribuer les bénéfices comptables. Les entreprises étant familiales, ça faisait un tout avec l'opportunité d'un repas pantagruélique.

            Les repas étaient particulièrement riches et combinaient les plats locaux et français: salade de palmistes issues des propriétés, galantine de porcs et volailles, dinde et/ou poissons (parfois bichiques, mais surtout les beaux "rouges" pays), desserts à base de sucre (n'oublions pas que les grandes familles en produisaient avec leurs usines) et bien sûr le vin fraîchement importé par bateau pour l'occasion. 

        les "rouges pays"         et le "palmiste" dont on faisait la salade"
 repas de noel 2 repas de noel 1
              


Cette opulence marquait les esprits des familles plus modestes (pas forcément pauvres mais n'appartenant pas à l'aristocratie foncière locale). Le souvenir sera gardé pour des temps plus riches où ce modèle sera reproduit. Ces familles moyennes économisaient donc sur Noël pour fêter quelques jours plus tard le jour de l'an. Voici l'explication de repas traditionnel frugaux de Noël..

Amicalement 
                                             Gérard Canabady 

 




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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 18:48
Voilà une toupie d'autrefois, très jolie et qu'on peut fabriquer soi-même en 4 secondes ! On coupe un noyau de letchi en deux, on y pique un cure-dent ou une allumette, puis "le tour est joué"...Elle fait des rotations d'enfer. Il paraît que les enfants autrefois rivalisaient à qui mieux mieux : certains, les plus habiles, nous racontait Gérard, savaient la faire tourner de la paume vers le dos de la main. Nous avons testé son équilibre sur une assiette et avons été surpris par la durée des tours ! Un jeu pour les enfants mais aussi pour les grands !

                                       P1120042

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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 17:25

  Suite à l’article publié hier, voilà quelques précisions très intéressantes apportées par Gérard, randonneur et webmaster des «Jolis Pas ». Merci à lui !

 

 

« En effet les letchis sont synonymes de Noël et Jour de l'An. Après la messe de Noël et le repas qui suit, c'est un vrai régal de finir avec un plateau de letchis. Une petite info, les derniers letchis de l'Ile sont ceux de la commune de l'Entre-Deux.

          Autrefois, on faisait des toupies avec le grain coupé en deux et dans lequel était fiché un bâton d'allumette. Les plus habiles les faisaient tourner successivement au creux de la paume et sur le dos de la main. Quant aux plus taquins, ils faisaient sentir la peau des letchis aux plus jeunes.... »

 

Noël c’est  la saison des litchis mais aussi  celle des mangues.(le prix au kilo des letchis est passé ce matin à 3,50 euros)

Et le sapin de Noël ?
Eh oui, comme en métropole, le Père Noël dépose les jouets des enfants sous l'Arbre de Noël qui n'est ni un épicéa, ni un sapin. C'est soit un filaos soit un cryptoméria. Il existe aussi des sapins artificiels qui sont moins jolis et hors de prix ! Parfois on achète seulement des branches de ces résineux. La crèche n’est pas oubliée.

Le 24 décembre au soir après la messe de minuit, qui est célébrée dans la plupart des églises, la famille se réunit pour partager un repas de fête : litchis, mangues, bûche de Noël. Certaines familles créoles optent pour les traditions du Noël réunionnais « lontan » avec au menu : riz, cari et rougail suivis de litchis, d’autres préfèrent la dinde.

 

               

   Filaos du Puits Arabe et  cryptomérias sur la roue du Volcan.

                                             


 

Et le Père Noël ? Bien sûr qu'il passe. Il doit certainement prendre le bateau. Je n'ai jamais vu de rennes dans un Airbus !
On voit donc notre Papa Noël avant les fêtes, déambulant dans les villes, dans sa tenue rouge bordée de fourrure, le visage rougeaud dissimulé derrière sa barbe blanche.
Pauvre bonhomme ! Par 34 ° il doit se promener dans les allées des supermarchés ou dans les rues et prendre les commandes des marmailles.

 

    

 

                         


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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 20:11
 
Quand on parle aux Réunionnais de leur enfance et de Noël, ils associent cette fête aux flamboyants, à la messe de minuit, à la dinde, et aux letchis - nom local des "litchis"- ! Début décembre ces fruits commencent à rougir sur les arbres. On les trouve aujourd’hui à 4 euros le kilo, mais les prix baissent très vite à l’approche du réveillon. Les gens s’installent au bord de la route avec leurs gros sacs en vacoa remplis de fruits et attendent le chaland. Sur le pied qui pousse dans notre jardin, ils sont encore verts (cf photo ci-dessus)


Dans quelques semaines, nous pourrons les déguster.

Ce fruit, originaire de Chine a été introduit sur l'île en 1764 par un dénommé Cossigny. L'arbre peut atteindre 10 m de hauteur, le feuillage abondant est persistant. Les abeilles apprécient le nectar des fleurs de litchis. Les grappes pendantes portent de 2 à 20 fruits.
C'est l'une des toutes premières productions fruitières de la Réunion. On estime cette année que la production ne sera que de  3500 tonnes. Les litchis sont riches en vitamine C et en glucides.
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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 18:20

Il s’agit là d’une technique de broderie qui a été introduite dans l’île et plus précisément dans le Cirque de Cilaos par une jeune anglaise, Angèle Mac Auliffe, fille d’un médecin de la Marine, au début du siècle dernier.  Née à Hell-Bourg, dans le cirque de Salazie,  en 1877, Angèle avait accompagné son père à Cilaos.(Elle était le cinquième enfant de la famille et sa maman était décédée à sa naissance.) Et là, pour occuper ses longues journées dans ce décor de rêve, elle a initié les jeunes filles et femmes du village à cette technique des « jours » dans un pavillon derrière la maison de son père. Elle avait appris à faire des broderies ajourées en métropole où elle achetait toujours son coton. Angèle s'inspirait de la technique des brodeuses de Ténériffe (îles Canaries)



En 1905 son atelier comptait une vingtaine de brodeuses. Trois ans plus tard, elle meurt de la rougeole. Mais son savoir-faire a été transmis par les dentellières et aujourd’hui une association de Cilaos continue à faire vivre cette tradition. Mais les brodeuses sont de moins en moins nombreuses !

Cette technique consiste à réaliser des dessins de fils dans une toile de lin : on tire les fils du tissu et on fait passer l’aiguille dans ces fils pour en réaliser des motifs. C’est minutieux et long ! Dommage que nos grand-mères ne nous aient pas transmis cette technique, elles qui savaient si bien broder "des jours" dans les draps, les mouchoirs, les brassières… J’ai encore le souvenir de ces étoffes joliment décorées qui faisaient partie du trousseau des futures épousées. Il est aussi vrai que les longues soirées d’hiver les jeunes filles et femmes d’aujourd’hui se passent le plus souvent devant un écran !

 


Témoignage d'une enfant de Cilaos


Mariette P., née en 1942, qui est la grand-mère de Laure, une de mes élèves de 3e,  a raconté à sa petite-fille son enfance à Cilaos. En voilà un extrait :

« Je travaillais du lundi au dimanche. J‘étais obligée de faire « les jours de Cilaos ». C’est de la broderie. A la case, il n’y avait ni eau, ni électricité. Je cousais la nuit à la lueur d’une lampe à pétrole et j’allais chercher de l’eau au robinet public, à environ un kilomètre »
 

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 14:11

Sur l’île on ne peut se passer de savate deux doigts, traduisez « semelle qui se glisse entre deux doigts de pied », ou tout simplement « tong ». Autrefois on marchait les pieds « parterre »  , l'expression trouvée dans une copie d'élève m'a fait sourire- Elle signifie en créole "on marchait pieds nus" . Mais on a fait des progrès depuis en adoptant  la savate.

Ce qui m’a surpris en allant à l’école, c’est que seules les filles mettaient  des sandalettes. Les garçons n’ont jamais les orteils à l’air : un collégien m’a expliqué que « ça ne se faisait pas » ! En fait cela doit relever du prestige, peut-être témoigner de l’ascension sociale : par conséquent les adolescents chausseront des baskets, ou d’autres chaussures, mais toujours des chaussures fermées !

Quelle variété aussi dans les savates deux doigts ! On en voit de toutes les couleurs, de toutes les matières, avec des paillettes, des dorures, des ornements… et à tous les prix.

A plusieurs reprises j’ai vu des filles en grande difficulté parce que l’une des savates s’était cassée : la première victime est rentrée chez elle, pieds nus, la seconde je l’ai envoyée chez un agent du collège qui lui a rafistolé et collé la chaussure.

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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 20:52


Cela peut paraître anachronique, à une époque où le transport de la canne se fait par cachalot de voir une charrette attelée de bœufs dans la zone artisanale de St Pierre. Une idée originale pour découvrir le patrimoine
Sandi, un jeune Réunionnais, âgé de 26 ans, a bénéficié du savoir – faire de son grand-père, c’est à dire maîtriser un attelage, et fort de cette science, il propose à tous ceux qui aiment l’île de découvrir de nombreux aspects de la vie lontan (du passé).



 Avec lui, on se familiarise avec les cris du bouvier qui dirige ses bêtes, avec la culture de la canne à sucre, dont il connaît tous les secrets ( préparation du terrain, plantation des boutures, entretien dépaillage et désherbage, récolte, variété des espèces…) Il explique aussi qu'ici des rochers délimitent les terrains. En passant près d’un verger il nous fait observer les fleurs de papayers pour distinguer le pied mâle du pied femelle, nous montre les combavas, des mandariniers, des abricotiers…



 L’évolution de l’irrigation est aussi abordée : autrefois la région de St Pierre était irriguée par l’eau du canal qui n’existe plus aujourd’hui, désormais la grosse conduite descendant de la montagne distribue l’eau et dans tous les champs sont posés des tuyaux. 

                         

Des aspects techniques ont aussi été abordés, comme la confection des jougs, la nature des bois utilisés ( en l’occurrence le bois d’olive), le système de freinage, les trois phases de dressage des taureaux à marcher ensemble. Très proche de ses animaux, il sait les soins qu’il faut leur apporter, la nourriture qu’on peut leur donner ( pour ne pas les suralimenter et les rendre inopérationnels ) Il nous parle aussi de la fixation des fers sous les sabots qui peut s’avérer très délicate (un seul forgeron maîtrise la technique sur l’île !)

             

En mélangeant avec bonheur le créole et le français, ce jeune passionné, très souriant, répond à toutes nos questions. On sent qu’il aime son terroir. Il prévoit de peaufiner ce circuit en ajoutant des dégustations de carrys faits de façon traditionnelle dehors au feu de bois. Et il projette la réalisation d’un livret pour divulguer ses connaissances. Une idée formidable !
Pendant ce parcours, qui dure plus d’une heure, il arrête son attelage pour partir dans les champs de canne et couper une canne aves con sabre, l’écorcer avec son opinel et en couper des morceaux pour les faire goûter aux passagers de la charrette.

                     

Un peu de pub pour ce charmant guide, il le vaut bien...
www.charretteboeufreunion.com
0693047910




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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 18:28

C'est la "vavangue", un joli nom qui peut aussi devenir un verbe !
On la trouve souvent sur les éboulis des ravines, entre 0 et 600 mètres. Ce fruit rond de la taille d’une balle de ping- pong pousse sur des arbrisseaux au feuillage caduc (il paraît que les feuilles sont très larges). Si nous avons pu voir les fruits, c’est que les feuilles étaient tombées, eh oui c’est encore un peu l’hiver ! bien que le thermomètre affiche 26°

Quand les enfants autrefois « vavanguaient, filaient dans les vavangues, ou vanguaient »  , c’est qu’ils n’allaient pas à l’école, c’était une expression pour désigner « l’école buissonnière ». Pas compliquée la conjugaison : mi vavangue, ou vavangue, li vavangue…C’est Huguette Payet, une enseignante réunionnaise, joueuse de banjo dans le groupe instrumental « Vavangue » qui un jour m’a expliqué cette origine.




Alix nous a fait découvrir ce fruit pendant la randonnée


C’est actuellement la période de fructification, elle a lieu de septembre à décembre. Le fruit doit être marron et de consistance molle. Par temps sec, il se dessèche et la pulpe devient spongieuse. Mûr il a un goût acidulé, un  goût  de la compote de pomme. On l’utilise aussi  en raison de sa richesse en tanin, en médecine traditionnelle contre les dysenteries, les hémorroïdes, les diarrhées...


 
la vavangue en septembre, sur le Chemin des Anglais

Aujourd'hui on ne "vavangue" plus, on "bâche" ... mais c'est la même chose !

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