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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 18:57

Ce samedi 30 avril, nous partons avec l’Association "Pêcheurs Golet" pique-niquer à Grand Coude. Suzy Laurent, la présidente, a affrété un bus qui en une heure nous emmène gaillardement vers les Hauts de St Joseph. C’est une expédition : chaque virage doit être négocié, notre chauffeur klaxonne, surveille les fossés, salue au passage des automobilistes complaisants … Nous continuons à monter à 1100 m d'altitude, et perdons bientôt de vue la capitale du Sud Sauvage.

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Après avoir visité  à Grand Coude « le labyrinthe en champ thé » ( qui sera le sujet du prochain article), nous redescendons et nous nous arrêtons au Petit Serré à proximité du belvédère qui donne sur la Rivière des Remparts, sur une aire de pique-nique aménagée dans un sous bois, où dominent les goyaviers à fruits jaunes. Pendant que les uns vident la soute du car, les autres vont chercher un emplacement.

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On sort les nattes, les bâches qu’on pose sur le sol ou on déplie sa chaise de camping. La table en dur que Jacqueline couvre d’un tissu, est aussitôt envahie par les réchauds à gaz, les gamelles, les  bouteilles, les bacs à glaçons.

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Chacun a rapporté sa timbale, son assiette et ses couverts. MIchel fait des envieux avec son nécessaire à pique-nique.

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On commence par l’apéro ! au choix, le punch au litchis, le rhum complété par du sucre de canne et du citron péi, Gewürtztraminer d’Afrique du Sud, les jus de fruits… Tous portent un toast à l’association, même les marmailles…

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Plusieurs carris sont réchauffés : carri pattes cochon, carry boucané… On peut aussi manger de la viande froide et des achards, du pâté… Tout a été mis en commun et chacun se sert ! On plaisante, on fait connaissance, on joue aux cartes… une journée intergénérationnelle qu’il fait plaisir à vivre !

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Les desserts sont variés : gâteau chemin de fer de Judith, pâté créole de Ginette, gâteaux aux pommes … Noéline a prévu du raisin et du melon. Comme elle fête ses trente ans toute l’équipe entonne « Joyeux Anniversaire !... »

Nous allons faire un tour au belvédère où Michel s’amuse à s’accrocher à une branche de goyaviers pour que Sarah et les enfants puissent cueillir quelques fruits.

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Le temps passe vite, à 16 heures, il nous faut repartir ! La vue sur le littoral et St Joseph est superbe.

P1080966On descend au milieu de champs de cannes, parfois on voit des zones cultivées d’oignons verts, ananas, choux.  Jean Paul, notre musicien qui joue avec Binje Maya à Saint Jo, est débarqué près du stade. Pour José qui descend à l’arrêt Parc Cabris, on frappe dans les mains, ce qui étonne et ravit le chauffeur qui n’est plus habitué à cette méthode pour signaler qu’on demande l’arrêt.  A 17h, nous sommes de retour devant la mairie de Grands Bois. C’était une belle journée !

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 18:48

 … L’Association "Pêcheurs Golet" de Grands Bois  s’y emploie avec passion. Si les bénévoles aiment faire partager leur savoir-faire en matière de cuisine créole, ils savent aussi s’intéresser à leur passé, c’était le cas hier, mercredi 27 avril, aux Calbanons. P1080753

 

Quand Enis Rockel, le conférencier, mandaté par le « Pôle Valorisation du Patrimoine »  a posé sur la table les gros livres de comptes du Comte Choppy, registres de 1912  et de 1909 qui lui ont été aimablement prêtés par Mme Lucette Adam de Villiers (parente des anciens propriétaires de l’usine de Grands Bois), certains ont pris plaisir à feuilleter ces témoins d’un temps révolu, ces chiffres et textes écrits à la plume. Tout ce qui concernait les achats, les dépenses des usines de La Cafrine-Mont-Vert, Manapany, Anse, Grand Bois, Terre Rouge, y étaient scrupuleusement consignés.

  registre

  Enis avait aussi apporté des photographies des personnes ayant été aux commandes de l’usine jusqu’à sa fermeture en 1991… et des  reproductions de tableaux peints par l’une des propriétaires.

  Pendant que les visiteurs parcouraient les pièces des calbanons, toute l’équipe,en tenue traditionnelle,  s’occupait de la décoration, de l’installation d’une sono diffusant des airs de bal lontan, et de la mise en place des ateliers- cuisine.

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                une équipe organisée                préparation du "rougail tomates cerises"

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                                     Sous la "salle verte"

A leur retour, on a invité les hôtes à assister à la préparation d'un carri canard et d’un carri espadon. Puis tous ont mis la main à la pâte dans les ateliers : bonbons-piments, samoussas-thon, et achards n’ont plus de secret pour eux !

 

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 Avant de passer à table, Marie Rose Perrine, qui a vécu autrefois aux Calbanons, a lu avec émotion un texte qu’elle avait écrit et dans lequel elle évoquait la vie d’antan de part et d’autre du Canal St Etienne, ce petit canal qui animait la vie des Calbanons de la Cafrine.  

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Puis tous ont partagé le repas et continué à échanger : un moment convivial très apprécié. 

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                                                       riz -maïs, carri canard, achards

 

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 19:10

La responsable de « Tress ek nou » de Grands Bois,  a invité tous les animateurs bénévoles des ateliers, à participer à une Journée – Découverte à Cilaos.  

Ils ont ainsi pu entrer dans le fief de la broderie de ce charmant village de montagne. Dans la "Maison de la Broderie", Dalida, une brodeuse très active,  leur a expliqué la technique des Jours de Cilaos et les a invités à parcourir l’exposition. Puis le groupe est monté à l’étage où ils ont pu voir Régine et Olivia en train de broder avec minutie et professionnalisme des napperons de toute beauté.

 

Broderie Cilaos Broderie cilaos 2

 La petite troupe a ensuite pris le chemin de l’Office du Tourisme, et là dans une salle d’exposition, tous ont fait le tour de la « chaise à porteurs » fabriquée par M. Séry, le dernier porteur, décédé en 2006 à l'âge de 102 ans … Le sujet de la « chaise » vaut à lui seul un article !  Cilaos chaise

                                        "les lanières en goni,ça gratte..." Cilaos achats

  Tous ont ensuite investi la rue principale pour faire quelques achats, dont les « lentilles de Cilaos » (12 euros le kilo) et du vin de Cilaos (6,50€).

Certaines ont fait un tour au marché couvert pour acheter des grains ( pois de Kerveguen, coco-péi…)

 

Cilaos achats chez IsmaëlPendant ce temps d’autres ont fait une incursion dans la boutique pittoresque de M. Ismaël ( un bric-à-brac, comme on n’en voit plus guère de nos jours, on y trouve de tout !, du tambour à broder en bois de fleurs jaunes, aux sandalettes en plastique en passant par le tissu, le thermomètre…)

 

Chez M. Ismaël

 Nous avons ensuite pris le chemin du restaurant « Les Sentiers » où nous avons bien Cilaos porc lentillesdéjeuné, nous avions le choix des plats, très bien préparés (porc aux lentilles, cabri massalé, bœuf-haricots…) Pendant le repas, Gisla,Ginette et Renée, les anciennes nous parlaient de leur passé avec enthousiasme.

 

                                                porc aux lentilles de Cilaos

Cilaos les Sentiers 2  Cilaos les Sentiers

                         les moins jeunes                                                                                 les plus jeunes

Dominique Doomé, de Saint Joseph, un musicien ambulant accompagné d’un enfant, nous a joué des airs lontan, dont « Roulez avirons » que tout le monde a repris en chœur.

   Cilaos chanson  Dominique Doomé à la guitare

Enfin, tous sont remontés le long de l’église vers les thermes en longeant l’ancien séminaire – qui n’en finit pas de se délabrer-  et l’usine qui conditionne l’eau gazeuse de Cilaos.

Et là, ce sont 15 personnes qui ont pu se familiariser avec les bains de ces thermes très réputés. Pendant que les enfants s’adonnaient au plaisir de la baignade dans un jacuzzi, les adultes ont pris la formule "hydromassant"

Cilaos thermes

                                L' équipe dynamique de l'Association "Pêcheurs Golet" à la sortie des bains.

Vers 17 heures, le groupe est reparti en bus vers Saint Louis. Une journée bien remplie et très riche ! Merci à Jacqueline G, la gentille organisatrice et à l’association Pêcheurs Golet !

 

 

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 08:02

 Cette semaine, j’ai eu l’occasion de découvrir le lieu de rendez-vous hebdomadaire des Anciens de Grands Bois. C'était au "Case" Centre culturel et social de la localité, dans les locaux de la mairie. 

Chaque mardi après-midi, quelque trente membres du «  club des Lataniers » se retrouvent dans deux salles. Certains font un loto quine, d’autres jouent aux dominos, d’autres encore sont là tout simplement pour bavarder sur la varangue.

dominos à Grands Bois

C’est à la table des joueurs de dominos que je me suis attardée avec Nicole, et tous ont accepté d’être photographiés et de nous livrer leurs expressions. L’un d’entre eux a expliqué que ces expressions pouvaient varier d’un village à l’autre : ainsi à Petite Ile, on n’utilise pas forcément les mêmes mots pour désigner les chiffres.

Voilà ce que j’ai appris sur les 6 chiffres et leur appellation locale :  quand on pose le chiffre 1, on l’appelle « ail », le 2 « baguettes (jazz)», le 3 « trèfle », le 4 « ulma ou catherine », le 5 « tintin », le 6 « ciseaux » et quand on pose un blanc, on dit « cassi ».

On peut s’interroger sur l’origine de ces appellations :  pour baguettes jazz, on voit bien qu’il s’agit de 2 baguettes ; le trèfle fait allusion aux trois feuilles ;  dans Catherine on entend le début de « quatre » ; dans le mot ciseaux, on retrouve la phonie « siz » ; pour cassi peut-être la déformation de « Blanche de Castille » ? Reste à creuser pour ail, tintin et ulma…

Un grand merci à cette charmante équipe qui nous a autorisées à nous immiscer dans son jeu et qui nous a fait partager son savoir.

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 19:23

L’association « Pêcheurs Golet » est en effervescence. Le pôle culturel de St Pierre « Valorisation du Patrimoine » (anciennement Les Portes du Sud) a annoncé un nombre  suffisant de participants à la journée : « Visite des Calbanons – initiation à la cuisine créole et repas ».

Nicole a battu le rappel des troupes et depuis mardi l'équipe est à pied d'oeuvre. Les organisatrices sont arrivées la veille du grand jour, le coffre rempli de provisions. Les tâches ont été distribuées : Jacqueline, Martine, Sarah, Laurence  coupaient les oignons verts, écrasaient l’ail, faisaient tremper les pois,  Jacqueline G pressait les citrons verts, Jacqueline D préparait le jus de tamarin… Il fallait rapporter des tables depuis la mairie vers les Calbanons, charge dont Nicole s’est fort bien acquittée...

  repas creole Rockel

Aujourd’hui jour J, mercredi 23 février,  pendant que les « touristes » visitaient les calbanons sous la conduite du conférencier Enis Rockel, les membres de l’association en tenue locale, coiffés de leur chapeau attendaient, rejoints par les anciennes Ginette et Renée, toujours fidèles au poste. Christine avait préparé  avec bonheur la décoration des tables.

 

repas créole Calbanons 1 repas créole Calbanons 0

Les invités sont entrés dans la cuisine où la présidente de « Tress’ek nous » et Renée leur ont montré comment préparer du boucané-bringelles, et où Jean –Paul a expliqué en joignant le geste à la parole, la préparation du rougail-morue.

atelier cuisine calbanons 0

Ensuite, tous les participants ont pu faire le tour des ateliers et mettre la main à la pâte.

Dans un des calbanons, Sarah et Christine ont initié les convives à la confection de bonbons-millet et bonbons –sésame ; dans le deuxième calbanon Martine et Marie-Pierre leur ont appris à confectionner de samoussas au thon, et tous se sont essayés au pliage de la pâte. Dans une autre pièce, Laurence leur a appris à faire des bonbons-piments.

atelier cuisine calbanons 1 atelier cuisine calbanons 2

                                              les ateliers

atelier cuisine calbanons 3 atelier cuisine calbanons 4

Puis, tous ont pris l’apéritif (jus de tamarin, jus de citron, jus de mangue, punch –goyave) et dégusté les bonbons-piments et les samoussas tout frais.

 repas créole Calbanons 2a repas créole calbanons apéritif 2

repas créole calbanons apéritif

 Chacun a pris son assiette pour être servi en riz, grain, rougail-morue et boucané-bringelles.

repas créole Calbanons 3 repas créole Calbanons 4

repas créole Calbanons 2

Une ambiance festive sous un soleil généreux, à l’ombre d’une pergola. L’occasion d’échanger sur les traditions, la langue créole, le passé et de faire connaissance avec des gens qui partagent tous la passion de la cuisine traditionnelle.

A l'issue du repas, à chaque participant l'association des Pêcheurs Golet a offert des porte-serviettes en vacoa tressé, et un dépliant des cinq recettes réalisées.  Grâce à une  organisation sans faille et au bénévolat de cette équipe dynamique très soudée, la journée était un succès !

Si le pôle culturel de St Pierre reconduit cette action, n'oubliez pas de vous inscrire ! 

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 14:28

 Roseline, responsable de la bibliothèque de L'Entre Deux, avait invité Ti Yab et Tit Cafrine  à cette journée de la langue créole. Et ces derniers nous avaient demandé de nous joindre à eux.

 lang kréolNous sommes arrivés sur la place de la manifestation vers 11 heures. Je pensais qu’il y aurait davantage de monde, mais c’était dans la bibliothèque que la plupart des gens étaient installés.

 J’ai d'abord échangé quelques mots avec un musicien qui était en train de monter une corde en nylon sur son bobre. Il s’agit d’un instrument composé d’un bois de goyavier, d’une calebasse et d’une corde. Je lui ai demandé si les aigus étaient en haut ou en bas, il m’a dit que ce n’était que la position de la calebasse qui donnait la sonorité. En éloignant ou en rapprochant la calebasse du corps, on change le son de l’instrument.

 

 

lang kréol (3)Cela m’a permis de bavarder avec Daniel Waro, militant inconditionnel de l’apprentissage de la langue créole à l’école, conversation qui à elle seule vaut un article !

 

 

 

 

Puis, je suis entrée dans la bibliothèque où une conteuse racontait en créole l’histoire du volcan en faisant participer les enfants.

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La salle était remplie d’auditeurs de tous âges qui buvaient les paroles de la conteuse : elle savait captiver l’auditoire par son langage imagé, sa douceur et son sujet. Il s’agissait de « in séans kont » comprénez « une séance de contes ». Anne Cheynet, une autre conteuse a pris le relais, mais je ne suis pas restée parce que je voulais voir les autres stands.

lang kréol 2 (2) lang kréol 2

Il y avait là aussi « in stand pou bann lédision kréol » (K’A, Epsilon edition, Tikouti, Surya edition) avec des ouvrages illustrés pour enfants, des B.D, des contes, des textes de Leconte de Lisle…. J’ai fait un petit tour au stand de promotion de la langue créole où on essayait de convaincre les visiteurs de l’importance d’étudier le créole à l’école. Ce stand concernait « linformasion pou ésplik sak i fé dann lékol èk lévolision la lang ».  J'ai pris note des arguments pour développer l’enseignement de la langue créole, sans être réellement convaincue par tous… De jolis dessins d'enfants légendés en créole ont retenu mon attention. Je ne m’y suis pas attardée, craignant d'engager une conversation stérile.

J’estime que cette complémentarité est importante, mais fixer une langue n’est pas une mince affaire et on voit bien que les enfants déjà en difficulté en orthographe en CE2 risquent d’être encore plus perturbés par l’écriture phonétique (pas harmonisée d’ailleurs, parce que chacun y va de sa graphie) et je suis bien placée pour savoir que les mots mal fixés dans l’enfance, on a du mal à les corriger, quelle que soit la langue qu'on enseigne ! Si en plus du langage SMS, on les fait écrire dès les premières années de primaire en créole (en autorisant 4 graphies pour le même mot), c’est l’illettrisme garanti ! Cela n’a rien de sécurisant et risque de porter préjudice aux enfants.

 

Le stand qui m’a vraiment séduite était sans conteste celui où il fallait reconnaître des plantes locales à partir de définitions en créole, d’observations de planches, et de graines. Dominique, une animatrice, très compétente, maîtrisait parfaitement son sujet et savait faire partager sa passion.

 

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L’après-midi, nous sommes revenus sur la place où se tenait « in ronn kabar ». Au programme : Slam association Cœur de café, la mïzik ansanm A.Dijoux... Dans le kiosque à musique les groupes locaux jouaient et chantaient du maloya. Sur la place toujours peu de monde : des touristes écoutent puis passent, les plus jeunes préfèrent généralement sortir à la nuit tombée, ce qui explique peut-être cette désaffection.

 

 Une journée très instructive, avec des rencontres sympas de gens passionnés par leur langue et leur pays. Nous sommes contents d’avoir pu nous plonger ces quelques heures dans la culture et la langue créoles.

 

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 13:45

 veille mortuaireA l’occasion de la disparition d’un proche, la plupart des Réunionnais poursuivent la tradition. Le corps est exposé à la maison, dans un cercueil. Souvent, une ouverture vitrée dans ce cercueil permet de revoir  le défunt. Pendant la nuit, et le matin qui précèdent l’enterrement, les proches, les amis, les voisins passent  le barreau (portail) paré d’une tenture mortuaire (un drap en velours pourpre ou mauve) et entrent dans la maison. Dans la salle où repose la dépouille, on a installé des chaises le long des murs et les visiteurs s’y installent pour tenir compagnie à la famille et la soutenir dans ce moment difficile. Certains viennent les bras chargés de fleurs, d’autres avec des mots de consolation, ou des gestes de tendresse.

Puis le cercueil prend la direction du cimetière. C’est à pied, en cortège, que tous les proches se déplacent vers le lieu de l’inhumation, parfois on met plus d’une demi-heure à couvrir ce trajet, par la route... Si beaucoup de Réunionnais emportent le corps à l’église, pour la messe de requiem, il en est aussi qui se passent de l’intervention du prêtre. Ainsi, chez Marie-Rose dont le fils Mickael vient de décéder, on a décidé que les membres de la famille liraient des prières à la maison avant d’emmener le corps à sa dernière demeure. Aujourd’hui à 16h30, le cortège partira donc de la maison des Perrine pour atteindre le cimetière de Grands Bois vers 17 heures.

Une particularité de la Réunion : la radio « RFO », diffuse chaque jour, et ce toutes les deux heures, les annonces mortuaires, les heures de départ des cortèges et les lieux de l’inhumation en présentant les condoléances aux familles. Impensable en métropole !

A noter que la veillée mortuaire a tendance à disparaître en ville, en raison de l'exiguité des appartements, on préfèrera la morgue. Et les cortèges funèbres s'y raréfient à cause des problèmes de circulation...

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 12:08

 vacoa prepOn peut ramasser des feuilles de vacoa sèches, mais il faut veiller à ce qu’elles soient belles, sans tache de moisi ; pour les feuilles encore vertes, c’est très réglementé :  sans l’autorisation des gardes de l’ONF, de la commune ou des propriétaires, on risque l’amende.

Marie Rose explique : « s’il y a tous ces interdits, c’est à cause de ces personnes qui font n’importe quoi, mutilent l’arbre, ne laissant que le chou. Fallait bien en arriver là ! »

 ci-contre Jacqueline, Christine et Renée cueillant des feuilles sèches

 

 Pour préparer les feuilles de vacoa, il faut des gants, un couteau ou de grands ciseaux. vacoa prép 3D’abord, il s’agit d’éliminer les épines de la  nervure centrale et des bords, un coup de main à apprendre ! Pour les feuilles vertes débarrassées de leurs aiguilles, il faut ensuite les faire sécher au soleil, à plat. On peut aussi faire des gerbes « qu’on amarre » (qu’on noue),  et qu’on accroche sur une branche d’arbre, en veillant à ce que les feuilles  soient bien à plat. Enfin, on pourra les découper en fines (ou moins fines)  lanières, selon l’objet qu’on veut fabriquer.

 

vacoa prép 4-copie-1 vacoa prep 4

Marie Rose ôte les aiguilles des feuilles sèches -                   Ginette ôte celles des feuilles vertes

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 15:15

 Une petite route ? un mot bégayé ? Ce n’est ni l’un, ni l’autre … alors ?

 

En  nous promenant dans la rue Delisle à Cilaos dimanche, nous avons bavardé avec une dame qui vendait des produits locaux sur le trottoir. Elle proposait des produits confectionnés par son époux : gâteau- banane, gâteau-patates, gâteau ti-son, gâteau « chemin de fer lontan ».

Nous avons commencé par lui demander l’origine de cette expression « gâteau chemin de fer », elle n’a pas su nous l’expliquer, mais tout le monde à la Réunion appelle ainsi ce biscuit roulé - J’ai ma petite idée : peut-être en raison des lignes  parallèles qui marbrent ce gâteau roulé et qui rappellent les voies ferrées…. –

 

arrow-root 3

Puis elle nous a fait goûter des bonbons « rouroute », des petits gâteaux ronds, secs.  Et là, elle a pu satisfaire notre curiosité.

En fait « rouroute » est une déformation du mot « arrow-root », une plante  médicinale aux mille vertus qu’on cultive dans les jardins à la Réunion. Le bonbon était fait à partir de  la fécule de cette racine.

Et là, nous avons remarqué qu’elle vendait aussi de la poudre de « rouroute ». Sa grand-mère utilisait cette poudre blanche pour calmer les douleurs des fesses irritées des bébés (un peu comme un talc anesthésiant), et qu’elle en mettait une cuillerée dans l’eau pour faire des breuvages calmant les douleurs intestinales. Il faut, dit-elle, ne pas en abuser. Séduits, nous  avons acheté un petit pot de cette « poudre miracle » pour 4 euros les 100 g.

Nous avons revu ce produit quelques minutes plus tard, au marché couvert de Cilaos, exposé dans une corbeille tressée, mais vendu au prix de 5 euros les 50 g !

arrow-root 2

De retour à la case, j’ai consulté l’ouvrage « Des Plantes et des Hommes, plantesarrow-root 1 aromatiques et médicinales de la Réunion », et je n’ai pas regretté l’ achat de cette fécule d’arrow-root.  

On apprend dans ce livre remarquable, qu’on peut utiliser la feuille et la tubercule de cette plante, qu’elle a des propriétés multiples : elle aide à la digestion, est anti-vomitive, anti-diarrhéique et cicatrisante. On l’utilisait en voie externe (cataplasmes et compresses) pour cicatriser des blessures. En tisane, elle agit comme un anti-inflammatoire, combat les nausées. On mettait la décoction de racines dans le « richauffé »(riz réchauffé)  pour combattre les coliques.

ci-contre : plant d'arrow-root déc 2009  Jardin de la CAHEB Tampon (J.D)                                                                                                

Origine de ce nom.

Le nom latin de l’arrow-root est « maranta arundinacea » .  arrow signifie « racine » root « flèche » arundinacea « semblable au roseau ». Les feuilles de cette plante ressemblent à celle du curcuma, mais sont moins allongées.

 

 

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 13:59

 Nous quittons Munnar pour rejoindre Pujarani situé à 40 minutes de notre hôtel. La nuit commence à tomber, notre bus semble connaître tous les lacets de cette route étroite qui grimpe dans la montagne. Nous sommes curieux de savoir à quoi ressemble un spectacle de KATHAKALI.

 

Pour nous familiariser avec cet art keralais, datant du 17e siècle, dont quelques éléments religieux remontent au 2ème  siècle, nous sommes arrivés à la séance de maquillage. Cela fait partie du spectacle. Pendant près d'une heure, on assiste à la lente métamorphose des acteurs, destinés à figurer des héros ou des dieux : les acteurs sont maquillés sur scène. Cette préparation est très codifiée.

 

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Au début de la représentation, la salle est plongée dans l'obscurité. Un membre de la troupe allume des flammes., d'abord sur un support en cuivre, puis sur des petits supports alignés le long de la scène. Puis les percussionistes entrent. Leur jeu est tout aussi important que celui des comédiens, car  ils soulignent les gestes des acteurs.

  Un maître dans les coulisses explique au fur et à mesure (en anglais)  toutes les expressions que prendra le comédien : la peur, la colère, la moquerie, la joie… Et l’acteur accentue les mimiques (faciales et gestuelles), accompagné dans son jeu par les percussions.

  Les personnages invitent quelques spectateurs à les rejoindre sur la scène pour mimer des situations improvisées.

 

munnar 17La deuxième partie est celle qui raconte une épopée hindoue (épopée du Ramayana,du Mahabharata ou des Purana )

On joue sur l’opposition  guerre -paix , pauvreté-richesse, vertu-vice...

Mais ce n’est qu’une version abrégée de ce spectacle que nous verrons, traditionnellement les kathakalis  se déroulaient dans les temples de 20h du soir à l’aube.

Les trois percussionnistes continuent à accompagner les acteurs, et le chant raconte l'histoire.

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                                      VIDEO  (extrait de la fin du spectacle)

 

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