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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 19:23

 .... il reste d’autres possibilités pour avoir l’impression de fouler le sol volcanique… parce que la randonnée vers le Cratère Dolomieu reste interdite par arrêté préfectoral en raison de nombreux effondrements liés à l’activité sismique.

 Par exemple, faites donc une petite promenade au Piton Chisny, qui se situe à droite de la route en quittant la Plaine des Sables en direction du Pas de Bellecombe. C’est un ancien cratère très actif (autrefois !)et dont la lave s’est dirigée vers la Rivière des Remparts. Il faut savoir qu’avant la Fournaise, c’était le Chisny  qui était le point névralgique des éruptions avant que ce point ne se déplace.


En escaladant cette pente assez escarpée (qu’on peut gravir soit par un petit sentier en lacets, délimité par des pierres blanches, soit en prenant la transversale) on glisse sur des scories qui crissent sous les chaussures. De temps  à autre, on voit une touffe de fleurs jaunes ou blanches, adaptées à ce type de sol, espèces à protéger absolument comme le myosotis de bourbon, l’ambaville ou la psiadia calocéphalée.


 

Au cours de cette promenade, il faut se baisser et observer les pierres qui composent la pente, une foule de bombes de diverses formes y sont encore visibles ( en fuseau, en croûtes de pain, en forme de chou-fleur), et découvrir des olivines, roches vert-olive (roches à cristaux), parfois, il suffit de casser une dunite pour se rendre compte qu’on est en présence d’olivine. Une dunite est composée à 90% d’olivine et de petites quantités de pyroxène et de chromite.

Parfois en soulevant une roche (une bombe)  qui devrait être légère vu sa composition on est surpris de son poids, c’est qu’elle contient une autre roche plus lourde (c’est ce qu’on appelle des roches xénolithiques)Après une montée au sommet qui culmine à 2430 m – montée facile de 30 minutes - les efforts sont récompensés, car on a une vue plongeante sur la Plaine des Sables, ainsi que sur le Piton de la Fournaise.

 

A nos pieds, datant de 1000 à 2000 ans, une coulée grise, impressionnante, des plaques grises, des remous de roches basaltiques pétrifiées ; c’est l’ancienne coulée de lave qui a marqué l’endroit de son empreinte à la manière d’un torrent.

Vers le Nord-Ouest l’immense Plaine de Sables, caldera de plusieurs kilomètres de circonférence (âgée de 65000 ans) dont les zones  rougeâtres sont formées de lapillis* scoriacés,  projections  qui sont arrivées solides au sol et ont été oxydées par les fumerolles - les roches grises, quant à elles  étaient à l’état liquide.) Par temps dégagé on peut voir au loin le Piton des Neiges et le Grand Bénard.

 

En redescendant, on rencontre des graminées aux noms pittoresques, comme la queue de mimite ou le fendule du bourbon (pennisetum caffrum)

 
TRES IMPORTANT : crème solaire et chapeau indispensables. Parfois on ne voit pas le soleil, mais il est bien là !


Lapilli* : projection volcanique de taille comprises entre 2 et 64 mm

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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 14:41

 1er arrêt : à la Rivière des Remparts

Olivier, notre guide -péi , mandaté par l’association « Université pour tous »,  nous explique avec une maquette le déplacement des plaques tectoniques. La Réunion fait partie d’un chapelet d’îles  appartenant à la plaque indienne. Elle est la dernière île volcanique née du déplacement de cette plaque…

 


2e arrêt : au Cratère Commerson

Les cailloux semés entre les bruyères sont en fait des résidus d’une explosion volcanique.



On apprend aussi que le bassin de lave de ce cratère, profond de 100 mètres, s’est vidé d’un coup et la coulée est sortie par le Trou Fanfaron poursuivant sa course vers les Trous Blancs puis vers l’océan. Ce sont les dernières plaques accrochées sur la falaise  (plaques résiduelles de la surface du lac) qui témoignent de la présence de ce lac de lave.

 

3e arrêt : au Piton Chisny dans la Plaine des Sables.

En gravissant le Piton Chisny (en arrière plan de la photo ) qui culmine à plus de 2440 m, tous ramassent des roches pour les identifier.  Depuis le sommet de  cette montagne, une vue imprenable sur la Plaine des Sables, la coulée de lave et le Piton de la Fournaise.

 

4e arrêt : pause dans une zone "potentielle" de forage géothermique

Sur cette jolie place ombragée où nous avons pique – niqué, notre guide nos a parlé du projet « geothermie » actuellement en standby, car il suscite de nombreuses interrogations, ses détracteurs craignant une dégradation du site.



5e arrêt : au Pas de Bellecombe.

Explication de la naissance de cette immense Caldera qu’est l’enclos Fouquet :  la chambre magmatique située sous la mer se serait vidée et aurait généré cet effondrement spectaculaire. Pour descendre dans l’enclos (fermé pour l’heure pour des raisons de sécurité) on a actuellement un dénivelé de 150 mètres.

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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 10:15

Sortie géologique (suite)

Disparition des espèces endémiques.

Nous sommes sur des pentes anciennes, recoupées par des coulées successives : la coulée du   Dugain  qui s’est dirigée voilà 20000 ans  vers la Ravine des Cabris et la Coulée des Trous Blancs qui a rejoint  St Pierre et la Pointe du Diable il y a  à peine 6000 ans. Sur ces pentes poussait autrefois la forêt hétérogène (des tamarinaies et des bois comme le mahot ou d’autres bois endémiques) une  forêt qui a disparu et fait place aux pâturages, cultures et habitations.

 

La transformation en pâture des terrains a entraîné une érosion importante des sols, qui ont été littéralement décapés – à certains endroits la roche affleure-  Conscients de l’importance du boisement, les forestiers ont  replanté des arbres  après la guerre de 39-45 et ce sont des cryptomérias -un bois du japon- qui ont remplacé les anciennes forêts. Mais on s’est vite aperçu de l’intérêt moindre de cette espèce - en ébénisterie notamment il n’a pas tenu ses promesses-.


 
La forêt de cryptomérias

D’autres espèces ont également colonisé les pentes comme le bringellier marron, le troene, les ajoncs (d’Europe),et  le mimosa qui a été introduit en liaison avec le géranium : on l’employait comme bois de chauffe). Et ces espèces sont considérées actuellement comme des « pestes végétales ». De temps à autre on voit encore au milieu des pâturages un tamarin des Hauts esseulé ! 

 

  
                             deux pestes végétales : les ajoncs -péi et le bringelier sauvage

les espèces endémiques qui nous restent...

Plus on prend de l’altitude, plus on a de chances de rencontrer des espèces endémiques. Ainsi au belvédère de la Rivière des Remparts, on rencontre de la végétation indigène comme « le bois de fleurs jaunes " ci-contre et  "le petit tamarin des hauts »
 ci-dessous
 

 
fleurs du petit tamarin des hauts


En regardant bien on peut aussi apercevoir les petites clochettes roses d'une fleur endémique appelée "bois de rempart" dont les feuilles, paraît-il seraient toxiques.





En montant  davantage, on  remarque que la végétation est plus basse : nous sommes en présence de « branles », les branles blancs, les branles verts (qui sont des bruyères.)
 

                    Les branles près du Cratère Commerson

 
Cette taille réduite s’explique par la température, au Pas de Bellecombe la température maximale est de 18° , la température moyenne seulement de 12 °. Il y gèle 5 jours par an et là la température avoisine les – 5°

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28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 21:22

Une association forte d’une centaine de membres siégeant à Saint Pierre et présidée par Chantal Schaeffer,  organise régulièrement des sorties culturelles. Nous avons eu une chance inouïe de participer ce samedi 28 novembre, avec 38 membres de cette association, à une sortie géologique au volcan, journée animée par Olivier Hoareau.

Olivier, professeur de Science et Vie de la Terre, nous a concocté un parcours très intéressant et chaque arrêt a été l’occasion d’observations  sur le terrain et de commentaires très détaillés.

De Saint Pierre à la Plaine des Cafres

Partis de Saint Pierre en  bus, nous sommes remontés par la quatre-voies en direction du Tampon et là déjà au niveau du Quartier Casabona, il nous a fait remarquer à droite les couches géologiques de basalte qui appartiennent à une coulée de lave. La moitié de la ville de Saint Pierre se situe  sur ce soubassement de roches volcaniques, issues des coulées descendues des Trous Blancs,  voilà à peine 6000 ans. Il s’agit d’un terrain jeune ayant une pente à 15%. Même si le risque est faible, une éruption dans cette zone est toujours possible !

Nous sommes montés vers la Plaine des Cafres et avons pris un raccourci passant par une ravine. Là, Olivier nous a expliqué que ces ravines– là étaient peu creusées, et que lors de pluies importantes l’eau s’infiltrait dans le basalte. Mais sous ces coulées poreuses il existait un manteau imperméable. Et les ravines débordent : le risque hydrologique donne du fil à retordre aux communes du Tampon et de Saint Pierre ! Les communes sont donc amenées à faire des plans de prévention pour résoudre ce problème  d’écoulement. On comprend mieux l’importance de grands fossés le long des routes…

En revanche les canyons du massif du Dimitile étant plus âgés, sont plus profonds et absorbent mieux ces pluies diluviennes.

                      

Sur notre parcours, nous avons aussi vu plusieurs pitons dont le Piton de Montvert, le Piton Hyacinthe, le Piton de la Ravine Blanche. Notre guide en a profité pour expliquer qu’un piton était issu du volcanisme effusif : la coulée est fluide, a une faible teneur en gaz et les projections peuvent atteindre 200 voire 300 mètres. A l’origine le piton est un cratère dont les coulées se sont solidifiées en formant un triangle : leur pente est de 45%. Pour rassurer les habitants du Piton de Montvert  présents, le jeune animateur a expliqué que la lave ne sortait pas deux fois au même piton.

                       
                                                        Piton Hyacinthe

Edmond Grangaud, professeur retraité de SVT lui aussi, passionné de  botanique, en a profité pour expliquer qu’autrefois, voilà 200 ans, toute cette région était couverte de forêts,(forêts de tamarins et forêts de bois variés)  comme il en existe encore aujourd’hui  à 1300 m au Piton Bébour, à 1700 m à Notre Dame de la Paix. Comme l’exploitation sur ces pitons était difficile en raison des pentes, certaines espèces endémiques ont pu être sauvées. La végétation est encore bien conservée au Piton Marabout.
          
                                                Pitons de la Plaine des Cafres

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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 17:54
Pour en savoir plus, pas un instant d'hésitation, allez sur ce lien.

http://www.fournaise.info/index.php
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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 20:25


              Instruments de mesure sur le Piton de la Fournaise (photo août 2009)


 
L’année écoulée j’avais envoyé  ma classe faire des enquêtes pour rédiger des articles de presse. Parmi ces jeunes reporters de la classe de 6e4  figurait Thomas, 10 ans. Il avait écrit ce texte pour présenter le métier de son papa.

 

Volcanologue, un métier passionnant !

« M. Kowalski, volcanologue à la Plaine des Cafres, nous parle de son métier passionnant.

Le métier de M. Kowalski consiste à assurer la protection de la population réunionnaise 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Cela peut être dérangeant car il peut devoir aller travailler la nuit, le week-end, il a même dû travailler il y a quelques années la nuit du 31 décembre ! Pour accéder à ce poste, il a suivi une formation qui lui a permis d’obtenir un diplôme d’ingénieur en informatique et il a acquis tout  ce qu’il sait à présent sur la volcanologie en travaillant 20 ans sur le Piton de la Fournaise. Il ne va pas tous les jours sur le volcan, comme on pourrait le croire.  Une partie de son activité peut se faire à distance, grâce à des liaisons – radio.

Travailler sur le volcan est difficile pour la raison qu’on ne peut pas y avoir tout le confort qu’on a dans un bureau, c'est-à-dire un outillage important, le courant, le mobilier… Et qui dit extérieur, dit aussi météo capricieuse…
Pour les activités en plein air, notre volcanologue travaille toujours en équipe pour des raisons de sécurité : les risques sont nombreux (lave en fusion, isolement par rapport au centre de secours…) »

 

Lien utile pour mieux comprendre le travail de ces volcanologues de l'Observatoire.  http://www.fournaise.info/observatoire.php


François au bord du cratère avant la fermeture de l'enclos, décidée par arrêté préfectoral récemment.

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 14:57

Lien utile- infos en direct

http://www.fournaise.info

On ne parle que de ça. Un garagiste de St Philippe ne s'affole pas, :rassuré, il me dit "En général  ça sort de l'autre côté, vers l'Est. D'autres comme le restaurateur du Restaurant des Mascarins au Baril raconte que si la canne à sucre était menacée, l'immobilier ne percerait pas dans la région à cause du volcan. Les avis divergent... Faut dire que dans cette zone la lave est descendue en 1986, le souvenir n'est pas dans l'esprit des plus jeunes, la végétation a pratiquement recouvert le basalte.
Et pourquoi la lave descendrait-elle de nouveau au Tremblet comme en 2007 ! Seuls les scientifiques actuellement sur le terrain  peuvent être plus précis.  N'empêche qu'on se demande quand l'accès au Pas de Bellecombe sera vraiment interdit ! Geneviève qui travaille chez les pompiers de St Pierre affirme que des cars de vacanciers montent toujours la route forestière du volcan... Comment les pompiers pourront-ils accéder en toute quiétude sur les lieux si les touristes continuent à affluer ? Paraît que lors de la dernière éruption, en avril 2007,  une connaissance de François avait mis 12 heures à redescendre de la montagne avec sa voiture au lieu d'une heure, tant la circulation était dense ( c'était le rendez-vous de tous les curieux...)
Pour l'instant tous les sentiers de rando sont fermés. Quand la route sera-t-elle bloquée ? Au préfet de décider.

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