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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 18:04

Chez Julia Robert à la Plaine des Palmistes (1)

Brigitte, la fille de Julia, nous a fait rencontrer sa maman.  J’ai eu la chance d'être invitée chez cette dernière, samedi, dans sa petite case de la rue Richard Adolphe. Julia Robert est une dame 90 ans encore très alerte et très heureuse de partager son savoir-faire.

J’ai ainsi pu apprendre une technique en voie de disparition : le travail de la tige d'agapanthe. Comment travailler cette plante pour en confectionner une capeline ?

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D'abord, se procurer le matériel...

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 En passant par la Plaine des Cafres, où  pousse l'agapanthe, cette fleur à la hampe florale bleue ou blanche ( un peu comme la fleur de l'ail), j’ai  coupé une trentaine de tiges. Quand floraison se termine, il est bon de couper ces tiges à la base pour une meilleure repousse.

J’ai conservé les tiges seules et me suis rendue à la Plaine des Palmistes. La cueillette a été déposée devant la case de Julia, qui s’est installée sur un petit tabouret à l’ombre. La gramoune a posé un chiffon humide sur l’un de ses genoux, a saisi une tige et nous a expliqué la technique pour prélever des lanières de cette plante.

Avec un couteau, il faut d’abord frotter ce “bâton jour de l'An” (comme on l’appelle ici). Une fois que toutes les fibres vertes ont été enlevées, on obtient un bâtonnet nu, blanc .  Il s’agit de le fendre  en deux sur toute la longueur.

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Et là, commence le travail le plus fastidieux : on pose la moitié de bâtonnet à plat sur le genou et en maintenant le couteau à la même place, on fait glisser l’intérieur de la tige de bas en haut : on râpe les fibres internes, mais pas trop, juste ce qu’il faut.

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Ensuite, on dédouble cette demi-tige en veillant à bien placer les pouces pour ne pas déchirer la lanière externe qui est très fine, c’est cette dernière qui servira à confectionner les tresses. Il faut qu’elle soit blanche et lisse.

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Inutile de laisser sécher, comme on le fait pour le vacoa. On peut l’utiliser tout de suite. Mais l’apprentissage de cette technique du “dédoublement” est vraiment complexe. Il faut s’armer de patience. Comme dit Julia “C’est en forgeant qu’on devient forgeron”. Pendant cette séance, elle  aussi trouvé le temps de nous a jouer des airs lontan à l'harmonica et de nous chanter des chansons.

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Nous étions 8 élèves à être initiés par Julia : Brigitte, sa fille, Yoland son gendre, Monique, et des amies de Brigitte : Marie Thérèse, Marie Hélène, Laurence, Monique et moi. Huit personnes prêtes désormais à perpétuer la tradition,...disons plutôt prêts à se perfectionner pour pouvoir la perpétuer. 

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Un grand merci à cette adorable gramoune qui a consacré toute une après midi à nous dispenser cette technique et qui a hâte de nous enseigner le tressage et l'assemblage du chapeau.

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Published by Jacqueline Dallem - dans autrefois
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MARIE 09/02/2015 10:02

Je suis passée sur votre blog! J'adore lire ce genre d'article qui fait honneur à la tradition réunionnaise. Et c'est aussi un grand hommage à une dame de talent.
J'aimerai également participer à ce genre d'initiation? Es-ce possible?

Jacqueline Dallem 09/02/2015 11:59

Bonjour, je pense qu'il faut faire une démarche personnelle. Si vous connaissez ou allez à la rencontre de gramounes qui vivent dans votre quartiers ou dans des zones où pousse l'agapanthe, elles seront disposées à faire partager leurs savoirs. Si ce n'est pas le savoir de tresser, ça peut être dans le domaine de la couture, de la cuisine… Prenez le bus, parlez avec les gens, montrez que vous vous intéressez à eux...

Anaïs 05/03/2012 14:31


PS : J'ai oublié aussi, à la Plaine des Palmistes on ne dit pas "Bâton boule de Noël" mais "Bâton jour de l'an".

Encore Anaïs !

Jacqueline Dallem 06/03/2012 09:11



OK, c'est rectifié.



Anaïs 05/03/2012 14:19


Bonjour Jacqueline !

Je suis la petite-fille de Julia, j'ai 17 ans, je tiens à vous remercier pour votre article très bien détaillé, félicitation pour votre attention.

Je veux juste vous signaler deux petites maladresses dans votre article.
A savoir :
Ce n'est pas "la rue des Pourpiers" mais "la rue Richard Adolphe".
Aussi, ce n'est pas "la Ravine des Cafres" mais "la Plaine des Cafres" !

Encore merci de faire partager les traditions lontan à travers votre blog.
Mamie est très ravie, je lui ai montré l'article et elle est prête à poursuivre l'aventure !

Continuez ainsi, c'est une bonne entreprise !

Anaïs, Plaine des Palmistes. 

Jacqueline Dallem 06/03/2012 09:07



Merci  Anaïs, j'ai rectifié mes erreurs, la prochaine fois je te soumettrai mon article avant de le publier. Amitiés à ta grand-mère.