Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 19:41

Il existe de nombreux types de « balais lontan », comprenez « balais qu’on utilisait il y a longtemps ». Parmi ceux-ci, le « balai soca » ou « balai chocas ».


Cet ustensile, confectionné à Terre Sainte par l’association AFEMAR avec les conseils judicieux de M. Gigan, est composé de chocas pour le manche, de lanières de latanier pour la brosse. Et pour « amarrer » (attacher) la brosse au manche, on prend du vacoa. Une technique qu'il convient de maîtriser...

Pour tester la résistance de l’objet, il faut tirer sur les deux extrémités. S’il résiste, on peut le vendre…

Un balai lontan
Repost 0
Published by Jacqueline Dallem - dans autrefois
commenter cet article
24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 13:36

Renée triant le riz dans un van

Le van (vann) est un plateau en bambou ou en vacoa tressé utilisé pour trier et vanner le riz.

On l’utilise aussi pour trier les "grains" (haricots, pois…), les brèdes…

 

« Fout’pas coup de pié dans out van de riz » est une expression qu’on traduirait « Ne donne pas de coup de pied dans ton van de riz » et elle signifie « Ne scie pas la branche sur laquelle tu es assis »

Repost 0
Published by Jacqueline Dallem - dans autrefois Quotidien
commenter cet article
20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 22:11

Avant qu’on ait des brosses sur l’île, l ‘heure était à l’écologie ! Pour frotter le linge, les Réunionnais utilisaient ce qu’ils appelaient un « Coton-Maï » (comprenez un « épi de maïs »). Le créole ne prononce pas la finale en « s » de la céréale.

On mangeait évidemment le grain et on réutilisait le fuseau blanc dégarni comme brosse ! Rien ne se perdait.

Le « coton maï »
Repost 0
3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 09:23

Alain ROBERT, natif de La Plaine des Palmistes, lors d'un pique nique familial organisé dans la forêt de Bebourg, dimanche dernier,  nous racontait des moments de son enfance.

"Autrefois, dans cette localité, desservie uniquement par des sentiers, les gens cultivaient le géranium. Ils bâtissaient des foyers avec une roche légère, rougeâtre, qu'on appelait ici "la roche molle" et on y installait des alambics pour distiller l'essence de géranium. Cette culture aurait été introduite à La Réunion par M. Bois Joli Potier et c'est à la Plaine des Palmistes qu'a démarré cette activité qui s'est très vite répandue dans de nombreuses régions de l'île.

Quand l'essence était distillée, on descendait avec nos bouteilles,  à pied, par le sentier qui menait à l'endroit nommé encore aujourd'hui "Pont Payet". Là, vivait un commerçant du nom de Payet, qui échangeait ces bouteilles contre des ustensiles ménagers, des bandèges, des fers blancs... nous n'avions pas d'argent. Nous pouvions vivre grâce à ce système de troc ."

alambic
alambic

alambic

Repost 0
Published by Jacqueline Dallem - dans autrefois
commenter cet article
4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 21:06

P1030020.jpg

 

Dans un précédent article, j’évoquais la fermeture d’une auberge située derrière l’église et exprimais le regret que le bâtiment ne soit pas restauré. 

 

Jacques  Bègue, un lecteur du blog, qui est passé par le Séminaire de Cilaos, m’a envoyé un commentaire très intéressant au sujet du passé de l’Auberge du Hameau qui faisait partie autrefois de cet établissement.

 

« Juste un mot pour signaler que l'Auberge du Hameau était le logement du Père Ritter (alsacien missionnaire à Madagascar puis à Cilaos et renvoyé en retraite finir sa vie en métropole) enseignant au petit séminaire dont le grande salle d'études (le gîte!!!) accueillait matin et soir toutes les classes rassemblées (devoirs, lecture et...angélus !) Il y aurait tant à dire (souvenirs ! souvenirs ! du bon et du moins bon...)

 

Merci à Jacques Bègue pour ce précieux témoignage !

Repost 0
Published by Jacqueline Dallem - dans autrefois
commenter cet article
24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 07:19

 

Loin de moi, l’idée de faire de la publicité pour un alcool quelconque. C’est l’aspect « patrimoine local » qui m’a incitée à écrire cet article.

 

 

En bavardant avec Michel Grondin, un de mes voisins, qui connaissait ma passion pour Grand-Bois,  nous en sommes venus à aborder le sujet des rhumeries. C’est là qu’il nous raconte quelques anecdotes sur le nettoyage des cuves de l’usine du Gol. 

Puis, très fier, il nous annonce qu’il possède encore une bouteille de rhum " Grand Bois" datant de 1975, époque où la sucrerie était encore en activité. 

Il nous présente la rescapée. Il ne doit plus y avoir beaucoup de congénères de cette cuvée sur l’île.


                Rhum-Grand-Bois-1975.jpg

L’étiquette se compose d’un fond gris blanc sur lequel se découpe un rectangle noir. Dans ce rectangle, on lit RHUM VIEUX, puis sur un fond rouge en écriture stylisée blanche apparaît le nom de son lieu de production «  Grand Bois ». En dessous la date 1975 se découpe dans un médaillon. 

Plus bas apparaît le logo « Chatel » et enfin on lit « Distillerie, Société J. Chatel Ile de la Réunion ». Dans le coin à gauche, est noté que le rhum titrait 49% d’alcool. C’est une jolie bouteille encore pleine d’un liquide ambré vieilli en fût de chêne.

Repost 0
Published by Jacqueline Dallem - dans autrefois
commenter cet article
20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 18:07

Le mercredi  17 octobre, un groupe d’ animatrices et de stagiaires de l’association « Pêcheurs Golet » ont répondu favorablement à l’invitation d’une banque de Saint Pierre et ce sont pas moins de 7 personnes qui se sont déplacées.  

Tous ces bénévoles ont exposé leurs travaux et proposé des animations sur les jeux lontan et le tressage du vacoa.

P1160842 P1160844

P1160856P1160858

Un stand était aussi consacré aux objets lontan et leur propriétaire a donné toutes le informations souhaitées aux clients de cette banque, agréablement surpris de trouver là une manifestation axée sur le Patrimoine local. 

Objets-JP-Abriel 0041

La banque avait même prévu une animation musicale : le fond sonore invitait au calme et les gens qui déambulaient là ou jouaient aux capsules  ou au kadoc semblaient sereins et enchantés par cette initiative. 

Pecheurs-Golet-CAgricole 0033

L’exposition est toujours d’actualité dans les locaux de cette banque. Une de mes voisines, cliente au Crédit Agricole , m’en a parlé hier.

Repost 0
Published by Jacqueline Dallem - dans autrefois
commenter cet article
14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 16:05

Quand on fait parler les Anciens de Grands-Bois sur le sujet, ils en savent un rayon, et pour cause : certains ont vécu dans ces bâtiments construits pour les populations venues travailler dans les sucreries, au lendemain de l’abolition de l’esclavage.

« Vivre dans des cases en dur était un privilège pour nous, les engagés, explique Marie Rose Perrine, les autres congénères d’ascendance modeste, étaient dans des cases en paille (en vétiver, en feuilles latanier…). Dans les calbanons, on était à l’abri des cyclones, des intempéries… »

Dans ces pièces exiguës, on trouvait un lit-piquets (cf. article du 13.10.2012) réservé aux parents, et des chaises de Gol, chaises en bois fabriquées à Saint Louis, avec des assises en joncs de l’Etang du Gol. Les familles aimaient à peindre ces chaises avec des couleurs vives, en bleu, en rouge…


chaise de gol

Les marmailles dormaient sur des paillasses en goni disposées par terre…

Des caisses en bois, caisses vides qui avaient transporté des morues, faisaient office de tables. Là, on posait la grègue (cafetière), les petites tasses à café en porcelaine, les verres, le fer-blanc avec lequel on charroyait l’eau… Parfois, on pouvait  trouver là un guéridon, ou une petite armoire en plastique.

Repost 0
Published by Jacqueline Dallem - dans autrefois
commenter cet article
13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 10:40

 

En dépit de ses modestes dimensions, le calbanon pouvait accueillir une famille ( parents et enfants).  Elle était équipée de façon rudimentaire. 

C’est surtout la nuit qu’on s’y réfugiait, le jour on travaillait à l’extérieur, dans les champs de canne, à la sucrerie…

Dans cette chambre, était installé un « lit  - piquets », aussi appelé « lit-court-pas » dans d'autres contrées de l'île, appellations dues au fait que les pieds du lit étaient enfoncés dans le sol en terre battue, et on ne pouvait plus le déplacer. 

Marie Rose Perrine raconte que ce lit était fabriqué à partir de caisses en bois ayant contenu de la morue. L’odeur n’y était plus… 

 

De quoi était composée la literie ? Pas de matelas comme il en existait dans les maisons bourgeoises… On découpait plusieurs gonis (sacs en toile de jute) et on les recousait pour en faire une couette.

 

Lit Grands Bois Fête du Patrimoine 013

photo JD 19 septembre 2010 : un lit à l'ancienne


P1130498

fabrication d'un matelas pour la Journée du Patrimoine 2012

 

On bourrait cette couette de  paille de canne. Dans d’autres régions de la Réunion on utilisait la paille –maï (paille de maïs) ou même les feuilles sèches de bananier ; on laissait une fente au milieu de ce matelas pour aérer la paille qui se tassait. Il fallait régulièrement changer cette paille. Pour les oreillers on utilisait aussi la toile de jute, mais dans les taies on mettait des flèrs canne (fleurs de canne) ou de la wette (ouate, provenant des fruits du kapokier) mais ces dernières avaient la fâcheuse habitude de retenir l’humidité, alors on leur préférait les fleurs de canne ou encore le duvet de canard. Lors de la Journée du Patrimoine,  des visiteuses du calbanons  venant de la Plaine des Grègues et de Cilaos m’ont expliqué qu’on utilisait chez elles les « fleurs roses ». 

On couvrait le lit et les oreillers  sur d ‘un drap blanc chez Marie Rose, notre Rodriguaise. Un tamoul quant à lui affirme que les Indiens ne choisissent pas le blanc parce qu’il est synonyme de deuil. 

 

tapisserie 2

 

Sous le lit-piquet on trouvait un «pot de chambre » qu’on vidait grand matin.

Si les parents dormaient dans ce lit-piquets, les enfants  quant à eux dormaient soit sur des paillasses reposant sur des caisses ou tout simplement à même le sol sur des gonis étalés là. Cela dépendait des familles. Le matin, on repliait le tout pour mieux circuler dans la pièce.

 

Repost 0
Published by Jacqueline Dallem - dans autrefois
commenter cet article
14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 14:22

Si le goni (sac en toile de jute) faisait office de contenant pour transporter autrefois des denrées comme le sucre ou le café, il trouvait aussi sa place comme porte ou tapis dans les demeures modestes de la Réunion lontan (c’est à dire encore dans les années 40-50) . On en faisait des matelas qu'on bourrait de paille canne. On l’utilisait aussi à d’autres fins qu’on connaît moins.

 

Ces formidables « bibliothèques « que sont les gentilles gramounes de Grands-Bois en connaissent un rayon sur ces usages.

 

Ginette Givin qui a vécu près du Sentier Pêcheurs  nous confie que dans son jeune âge, elle ne connaissait pas les « linges » qu’on porte aujourd’hui. Pas de tissu fin, de coton, de polyamide, de soie… On prenait un sac de jute, on découpait une encolure pour la tête, puis deux ouvertures pour les bras et on avait un vêtement.  Bonjour les démangeaisons…

 

Marie-Rose Perrine, qui habitait dans les calbanons de la Cafrine, poursuit en nous montrant comment on protégeait ses jambes pour travailler dans les champs de cannes : on découpait un  rectangle de goni pour l’enrouler autour de la jambe et du pied, on fixait le tout avec une corde de fibre d’agave ou de vacoa . Cela permettait de marcher dans les champs sans être piqué par les fourmis, et de  ne pas être incommodé par les couleuvres, et autres bestioles qui vivaient là…

 

P1130533

Marie Rose et la démonstration de la "botte - goni"

 

Puis Renée Mamosa, habitant à Bassin 18,  et les autres dames nous montrent comment on confectionnait un manteau pour se protéger de la pluie, du soleil  avec « sac à tout faire ». On tenait le sac puis on repliait un des coins vers l’intérieur et on obtenait ce qu’elles appellent « un capuchon ». 

 

P1130528

Ludovic expérimente le capuchon sous les yeux de Ginette.


Un système D qu’on voit encore quand on sillonne les routes de l’Inde de nos jours : les cantonnières qui travaillent au bord des chemins sous la pluie utilisent des sacs de cette manière mais ce sont des sacs en plastique en 2012.

 001 inde cantonnières

J’allais oublier : cela me fait penser aussi  à  cet article  que  j’avais consacré à la savate de Lucette, cette savate dont la semelle était en "empone" recouverte de goni.

 

Goni* mot d’origine malgache

Repost 0
Published by Jacqueline Dallem - dans autrefois
commenter cet article