Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 19:18

M.Leveneur, conservateur du musée Dierx de St Denis était hier soir à la médiathèque du Tampon pour présenter un personnage marquant de l’île , Antoine ROUSSIN, dont les œuvres sont actuellement exposées au chef-lieu du département.

Né le 3 mars, comme notre Caroline, mais lui c’était en 1819, cet homme était « photographe de la Réunion » avant l’heure. Il s’est essayé à une multiplicité de genres : le tableau historique, le portrait, la scène de genre, des paysages, des natures mortes.
Ainsi, témoin de l’histoire du pays, il a réalisé des lithographies de scènes de liesse telles que« la fête de l’abolition de l’esclavage »  immortalisé des paysages de rêves  comme le Cirque de Salazie, Mafate, toutes les entrées maritimes de l’île, les industries sucrières. Les portraits de familles bourgeoises, de Lislet Geoffroy et d’autres ont aussi fait sa fortune. Quant aux scènes de genre, il a relaté par le dessin les cérémonies malbar, la chasse au tangue…

Enfin il a créé des planches remarquables sur la flore et la faune de l’île. Témoin de son temps, il a croqué des espaces aujourd’hui oubliés, comme les superbes ponts de chemins de fer, ainsi que des habitats qui ont été détruits… Il me fait penser à l’abbé Touba, qui en Lorraine a sillonné la campagne pour dessiner les moulins, les fermes et les châteaux.

Arrivé à la Réunion en 1942 il s’est épris d’une fille de Saint Benoît et de l’île. De 1846 à 1855 il publie un recueil de tableaux » Souvenirs » et «  Promenade à Salazie » Professeur de dessin au lycée de Saint Denis de 1855 à 1888, il continue à sillonner la Réunion  et publie « L’Album de l’Ile de la Réunion » qui aura un grand retentissement.

Antoine Roussin, professeur et artiste autodidacte,  était également un imprimeur, ce qui explique peut-être l’énorme publication d’œuvres, qui sont essentiellement des lithographies. (A se demander si elles sont vraiment toutes de son cru, car il me paraît invraisemblable qu’un homme seul ait pu être l’auteur de tant d’œuvres, parenthèse très personnelle !)

Partager cet article
Repost0
8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 21:08

JACE est un artiste local que tous ici connaissent pour les énormes fresques qu’il laisse derrière lui. Où qu’on aille, on trouve la marque de ses bombes. Ce « taggueur » hors- norme dessine sur les façades des maisons, les murets, les bâtiments publics, et même sur les rochers des sentiers de randonnée.  Il réalise des défis à l’occasion de la journée du patrimoine comme à Pierrefonds et ses réalisations sont de vrais chefs d’œuvre. Inédit, au Salon du Livre, je viens de trouver un livre illustré par Jace lui-même. Là, il n’a pas dû faire usage de ses bombes ! fresque de Jace sur une façade, près de l’église du Tampon.

Partager cet article
Repost0
25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 21:26

 Ce soir, nous sommes allés à une conférence organisée par Les Portes du Sud au théâtre de Pierefonds. Le conférencier Enis Rockel a présenté  Mme Debassayns, riche propriétaire de terres  et d'esclaves au 18e siècle. L’orateur a  expliqué la réussite des 9 descendants de la famille, liée aux voyages initiés par l’époux de Mme Debassayns en Angleterre et en France. Il a aussi parlé du rôle joué par un des fils dans le rattachement de la Réunion à la France – grâce à la maîtrise de la langue anglaise des enfants-. Il a évoqué l’introduction du premier piano et d’une harpe sur ‘île Bourbon, les premières constructions de maisons à dalles – savoir-faire rapporté de Pondichéry – , les machines à vapeur vues en Amérique et reproduites dans l’île, l’abandon du café au profit du coton…  On comprendra finalement que les voyages entrepris ont eu une influence considérable pour cette famille et par conséquent pour l’île où ils vivaient.

Son exposé a démenti des allégations fausses, notamment l’utilité des caves à vin de la maison, dont la destination aurait été de devenir des salles de torture ou des prisons pour esclaves, aucune preuve n’ayant été faite. Enis Rockel s’appuie sur des textes, des table, et refuse qu’on diabolise cette dame comme on le fait ici : elle aurait été nourrie au sein par une Africaine, aurait organisé des fêtes pour tous, maîtres et esclaves prenaient part, les classes se mélangeaient pour danser : loin de lui l’idée d’une grand- mère Kall qui provoquerait les foudres célestes ou le réveil de volcans. Si le cyclone s’est levé lors de son enterrement, c’était pure coïncidence… et non la malédiction. Selon le conférencier, il existe deux Mme Debassayns, la vraie et celle qu’on a voulu diaboliser après sa mort. Dans l’auditoire, certains étaient sceptiques : il est vrai que les premiers sites consultés sur le sujet sur internet ne font pas l’apologie de cette dame. Alors, où est le vrai ?

Partager cet article
Repost0
20 novembre 2008 4 20 /11 /novembre /2008 17:44

En descendant vers St Pierre, où se déroulait aujourd’hui la manifestation nationale contre les menaces qui pèsent sur l’éducation et le service public, nous avons pris la route de Terre Sainte.

Et là, dans un champ de cannes à sucre, deux hommes s’affairaient avec leurs machettes :  ils ont accepté d’être pris en photo. Ils accomplissent un travail éreintant par 32 °, tâche payée au rendement. On ne peut être qu’admiratif devant le courage de ces hommes qui n’ont peut- être pas d’autre choix. Ils habitent juste à côté de la plantation, je leur rapporterai des agrandissements pour les remercier.

La filière canne – sucre représente la deuxième source de revenus à l’exportation. Elle occupe 55% des surfaces agricoles et participe au revenu de 15000 familles (sources : Sucrerie du Gol- Saint Louis)

Partager cet article
Repost0
17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 20:43

Nous avons participé ce dimanche à un repas organisé par l’association humanitaire P.A.M  (Partage – Madagascar) qui apporte son soutien aux actions d’un missionnaire actif depuis vingt ans sur cette île, le Père Pedro, une figure emblématique des Mascareignes.

Son action est louable ! Avec son équipe, il a fait construire des villages pour les démunis, et tous ceux qui bénéficient de cette aide doivent en contrepartie travailler soit dans une carrière, soit dans la maçonnerie, à œuvrer pour le bien commun ; chacun des bénéficiaires s’engage aussi à  respecter ses engagements, à payer son loyer, son électricité. Enfin un homme qui a tout  compris : qu’aide n’est pas synonyme d’assistanat, et que la dignité s’acquiert par le travail. Dans le livre qu’il a dédicacé  à ses lecteurs et qu’il a intitulé « Journal de Combat » il raconte son quotidien et celui de ses amis de l’association « Akamasoa » -les bons amis- un quotidien fait d’abnégation, de courage et de passion. Une lutte qu’il faut reconduire chaque jour sans fléchir. Dans son ouvrage il exprime aussi sa révolte contre la démission des parents, l’égoïsme et l’indifférence des concitoyens et du monde. On a du mal à comprendre que des associations puissent se substituer à l’Etat, et on constate que les dirigeants ont aussi démissionné et se reposent sur les aides humanitaires dans le domaine de l’éducation, de la santé…

Partager cet article
Repost0