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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 17:30

Travailler l’écaille de tortue…

... est une activité en voie de disparition à la Réunion et dans le monde. Depuis la loi de écailliste 2 zip1976 (Convention Internationale de Washington) interdisant la commercialisation de cet animal et de ses composantes, sous quelque forme que ce soit, Yves Riou a dû obtenir des dérogations pour écouler le stock des carapaces qu’il possédait. Les stocks d’écailles répertoriés et connus des douanes et des services vétérinaires sont les seuls à pouvoir être utilisés par les artisans d’art. Ecailliste de profession, Yves a été obligé de faire de multiples démarches pour avoir cette autorisation exceptionnelle et continuer à exercer son art.

Notre artisan qui maîtrise parfaitement ce savoir-faire peu commun, ne pourra transmettre son don à son fils, comme la profession est condamnée. Il est même impossible de se procurer des carapaces de tortues mortes de vieillesse, car elles sont broyées. C’est la écailliste 1 zip« tortue verte » qui lui permet de réaliser ses bijoux : il associe l’or, l’argent, la nacre, le corail avec cette écaille qui nécessite plusieurs polissages. Ces œuvres d’art sont toutes vendues avec des certificats qui protègent l’acheteur. Il faut savoir que les douanes ne font pas dans la dentelle quand on transporte des objets issus d’espèces menacées.

Tout est fait  la main, on polit avec un abrasif, puis on découpe avec une scie les formes souhaitées.  Yves réalise ainsi des motifs uniques de pailles en queue, hippocampes, tortues… un travail de patience qui demande précision et habileté.

Il nous raconte que l’idée de protéger cet animal relève du bon sens, mais on assisterait pour l’heure à une prolifération de cette espèce car le nombre de prédateurs n’est pas suffisant. Seuls les requins affectionnent « la tortue verte ».écailliste 3 zip

Vous trouverez ce personnage sympathique et ses réalisations au marché de Saint Pierre tous les samedi matin.

écailliste 4b zip

Lien avec l’atelier de l’écailliste

www.versionecaille.blog.fr

 

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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 14:07

 

faculté olympe 2Souvent l’amphithéâtre « Olympe de Gouges » de l’Université du Tampon accueille des conférenciers du monde entier, comme c’était le cas mardi dernier. L’amphi d'une capacité de 350 places, quasi rempli ce soir - là a eu droit à un programme de choix : 4 caricaturistes de  « Cartooning for Peace » y ont parlé de leur travail de dessinateurs de presse, un métier passionnant.

    faculté olympe

M. Lauret Payet, l’actuel maire du Tampon, installé dans les gradins, a pris la parole dans cet échange centré sur la Paix dans le Monde.  C’était pour dire  que la Femme méritait d’être reconnue et considérée et il a ajouté que c’était  d’ailleurs le nom d’une femme qui avait été retenu pour désigner en février 2008 l’ amphithéâtre du campus, à savoir « Olympe de Gouges. » Tiens pourquoi donc ?

faculté olympe 4

 

(Marie-)OLYMPE DE GOUGES

Qui est donc ce personnage ? Que représente-t-il pour les Réunionnais ?

Abolitionniste, révolutionnaire, cette femme est une figure marquante du XVIIIe siècle. Née le 7 mai 1748, elle a été guillotinée le 7 novembre 1793. De son vrai nom Marie Gouze, elle s'invente un nom à partir du prénom de sa mère « Olympe » et du patronyme « Gourgues »

Femmes de lettres, elle avait rédigé La Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne. Sa faculté marie olympepièce  Zamore et Mirza ou l’heureux naufrage  que les acteurs de la Comédie Française refusent de jouer en 1785 parce qu’elle critiquait le Code Noir en vigueur dans les colonies française et donnait la parole aux Noirs. Audacieuse, elle rebaptisera  cette pièce « L’Esclavage des Nègres » qui ne sera montée qu’en 1788. Elle intentera même un procès aux comédiens.
Dans le Journal Général de France, elle rédige plusieurs articles dont une Lettre au Peuple où elle exprime la nécessité de réformer politique, société et économie. Elle continuera à défendre la liberté d’expression, l’égalité des sexes, l’instauration du divorce, l’abolition de l’esclavage, la redistribution des richesses… de nombreuses idées qui seront entendues, pour la plupart,  au XXe siècle
Comme elle est accusée d’avoir insulté les représentants du peuple à l’occasion du pamphlet « Les Trois Urnes », - elle avait déjà critiqué Robespierre et Marat, qui participaient au règne de la Terreur - elle sera condamnée à la guillotine par les Révolutionnaires. Cela peut sembler paradoxal, qu’une novatrice qui a contribué à faire naître des idées révolutionnaires ait été condamnée par ceux qui pensaient comme elle !

Prolixe, elle laisse derrière elle environ 70 ouvrages ( pièces de théâtre, essais, romans,lettres…)

A l’occasion de l’inauguration de cet amphithéâtre en 2008 un groupe d’étudiant avait joué la pièce « L’Esclavage des Nègres »

 

.

 

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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 20:38

A la Médiathèque du Tampon se tient actuellement une exposition sur le Dessin de Presse. Elle est visible jusqu’au 16 mai de 12 heures à 18 heures. Des gens de tous âges  s’arrêtent devant les panneaux installés par l’Association « Cartooning for Peace » traduisez «  Dessins pour la Paix » : on rencontre là des étudiants, des retraités, des familles avec des enfants. Il faut y aller ! Mais l’éclairage  que nous avons eu lors de la conférence des "Amis de L'Université" le 27 avril était  très important pour mieux lire ces dessins et comprendre les conditions de leur création.

paix tampon

Les illustrations présentées ont été réalisées par des journalistes de cette association, paix plantu 3hommes et femmes de nationalités diverses : Plantu et Souch sont Français, Pov est Malgache, Caro est Suisse…  A noter que dans cette association  compte 76 dessinateurs de 24 nationalités et dispose de plus de 600 dessins de presse.  Au Tampon, c’est une petite partie de ces cartoons qui est exposée. Ces images frappantes qui ont la volonté d’éveiller les consciences ont été classées par thèmes : "les conflits, l’environnement, les violences faites aux femmes, politique nationale et internationale, la crise, les codes de Plantu, la transgression de l’interdit…"

Les émotions qu’on lit sur les visages des visiteurs de l’expo sont très diverses : là, un étudiant subjugué reste longuement devant la centaine de représentations de Sarkozy, puis devant une caricature des partis après la victoire des socialistes,  il les observe pour y dénicher un message ou peut-être pour les reproduire. Là,  une jeune Réunionnaise est en arrêt devant une Marianne émue à la vue d’une concitoyenne à l’œil « cocardé », dessin réalisé pour la Journée de la Femme  dénonçant  les violences.paix plantu 4 La barbarie de certains peuples qui refusent la liberté aux femmes est dénoncée par Plantu sur des dessins éloquents comme celui-ci !

 

 

 

 

 

 Plus loin, un enfant a l’air terrifié et ne peut détacher son regard d’un dessin cruel où un soldat au Sri Lanka  fait une brochette humaine pour tuer le Tigre. Trop jeune pour comprendre mais le dessin a fait son effet. Quand on ouvre un livre d'histoire, on constate que la guerre est omniprésente.   L'exposition nous rappelle qu'elle est toujours d'actualité dans de nombreux pays du globe, comme en témoigne ce dessin de Kroll, paru dans la revue "moustique" en Belgique

paix kroll

                   Kroll illustrant le conflit israélo-palestinien

Là encore, une personne a l’air gênée : la pédophilie des prêtres, elle aurait préféré qu’on ne la montre pas sous cet angle, ou tout simplement qu’on ne l’évoque pas du tout... N’oublions pas que la Réunion est très catholique et la profusion de dessins dénonçant les dérapages de l’église gêne profondément. En général, les Réunionnais sont très discrets, ceux qui n’aiment pas ou ne comprennent pas les messages en débattront chez eux, plutôt  qu’en public. Nombreux sont aussi les gens qui apprécient la dénonciation de l’intolérance religieuse :   les abus des extrémistes envoyant les kamikazes pour sauver le monde suscitent souvent des commentaires. Pour ma part, j’ai essayé de collecter le maximum d’images pour proposer une matière à  réflexion à mes jeunes collégiens. Et comme nous travaillons sur  la dégradation de l’environnement, les caricatures sont un support de choix. Les autres dessins seront également des supports pour nos débats en 3e

       paix caro paix plantu 1  

           dessin de Caro "Nature morte" publiée dans PME -    dessin de Plantu

 

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 22:17

Ce soir, à l’amphithéâtre de l’Université du Tampon, nous avons eu la chance d’assister à une conférence animée par quatre caricaturistes très populaires : PLANTU, SOUCH, POV et CARO.
plantu 0Les quatre dessinateurs de presse, caricatures  à l’appui, ont parlé de leur travail : de leur inspiration, de la provocation et de ses limites, des relations qu’ils entretenaient avec  les différents rédacteurs de presse, du choix des sujets, des pressions, de la nécessité de produire, de faire naître la prise de conscience et le débat autour de leur vision du monde, de la liberté d’expression, de la tolérance,

Dans ce lieu d’échange, où s’étaient retrouvés de nombreux passionnés du dessin de presse, nous avons assisté à une séance décontractée, organisée par les Amis de l’Université, séance au cours de laquelle les dessinateurs ont parlé le même langage avec une réelle complicité et dans la bonne humeur !

plantu 1

Souch, Pov, Caro et Plantu, unis dans un même combat !

Si Plantu n’est plus à présenter, ses comparses n’ont pas encore cette notoriété, du moins en France : Souch, est le dessinateur du Journal de l’île (JIR)et ses croquis sont toujours un régal pour nous, lecteurs de ce quotidien local ; Pov (William Ranaivoson) est un dessinateur de presse malgache croquant également des caricatures pour l’Express de Maurice ; Caro (Caroline Rutz) est dessinatrice du magazine économique  PME en Suisse et de l’hebdomadaire satirique "Vigousse". Tous les quatre font partie de l’Association CARTOONING for PEACE, créée par Plantu en 2006 avec le soutien de l’ONU.
Rappelons que pour ceux qui l’ignorent que Plantu, de son vrai nom Jean Plantureux,  était journaliste au « Monde Diplomatique », actuellement, il dessine pour « Le Monde » et « L’Express ». C’est un génie du crayon. Pendant la séance, il a illustré ses propos par une douzaine de  caricatures dessinées au pied levé sur un transparent, projeté sur l’écran de l’amphithéâtre : une imagination débridée, mais toujours efficace.

plantu 2  plantu 5

                          Caricatures commentées par Plantu

Pendant près de deux heures, où les auditeurs ont été invités à poser des questions, plantu 6 ils ont dit le bonheur et la difficulté d’être dessinateurs de presse. Il faut qu’une confiance réciproque existe entre rédacteur et dessinateur, parfois on peut essuyer des refus de parution : par exemple à la Réunion, les illustrations raillant la religion catholique ont "très mauvaise presse", à Maurice, il faut éviter de dessiner la nudité. D’autres fois, il faut changer un détail du dessin pour ne pas heurter les sensibilités : on ne fait pas de Martine Aubry un éléphant, on peut écorcher le président Sarkozy, lui donner les formes les plus fantasques, de la guitare, au bec de gaz,  mais toujours rester pudique. Pov raconte qu’ à Madagascar le dessin du Père Noël blanc offrant un 4X4 à des enfants noirs a été interprété comme un dessin raciste, donc interdit… Les journalistes sont soumis à des pressions tous les  jours, mais Plantu soutient l’idée qu’il faut se battre pour ses opinions et bousculer le « principe de précaution ». Une cinquantaine d’images créées par les artistes  présents, mais aussi par des caricaturistes israéliens, palestiniens… ont été projetées et commentées pendant cette rencontre fructueuse.

Une rencontre de qualité que nous prolongerons par la visite de la médiathèque du Tampon où se tient actuellement l’exposition de ces dessinateurs : une centaine de dessins à voir absolument !

Dire qu'il faut être à la Réunion pour faire la rencontre de personnages aussi mythiques que Plantu ! Une chance que nous n'aurions certainement pas eue en métropole, dans notre Lorraine natale.

 

 

 

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 20:44

Retour du Cap Bouteille : arrêt chez les tisaneurs 

 

En redescendant vers Cilaos par le GR, nous nous sommes arrêtés  près d’une boutique de fortune installée par les jeunes propriétaires des lieux : des piliers en bois, des murs en feuilles de chocas, un toit en tôle ondulée. Ce petit abri appartient à l'Association des Trois Salazes.

 

 

cap bouteille tisaneurs 1

 

Ils avaient là un comptoir pour servir la tisane, les gâteaux faits - maison. Le stand était aussi équipé d’un lavabo en inox, où arrivait de l’eau froide (eau captée à l’îlet) et de deux feux où bouillaient deux théières en aluminium.

  

cap bouteille tisaneurs 2 cap bouteille tisaneurs 5

                                  Lieu de convergence de randonneurs qui descendent et qui montent

 

Un jeune homme très sympathique nous a expliqué la nature et les vertus des 7 plantes qui étaient dans des coupelles : les fleurs jaunes, la menthe, la marjolaine, l’héliotrope, la cannelle, la citronnelle et le géranium. A tous les randonneurs qui passaient par là (montant vers le Taïbit  ou en revenant) il proposait deux sortes de tisanes : une stimulante (pour l'ascension) et une relaxante (pour la descente).

cap bouteille tisaneur ferdinand                                   Photo Ferdinand Benard   - Préparation des tisanes

Pour le breuvage stimulant, il combinait de la menthe, de la marjolaine et des fleurs jaunes. Et pour la boisson relaxante, il associait les fleurs jaunes, l’héliotrope, le géranium, la citronnelle et la cannelle. Il  nous a fait faire un petit détour dans leur  jardin aux plantes, un espace très soigné, des allées proprettes et des massifs bien entretenus. Un de ses copains apportait justement dans un goni des herbes destinées au paillage des plantes, paillage qu’on appelle « mulch » et qui empêche les mauvaises herbes de pousser.

cap bouteille tisaneurs 4

                                       Trois randonneurs de Jolis Pas devant les héliotropes

 

L’un des occupants des lieux m’a expliqué qu’ici vivaient en permanence douze  personnes et que souvent des bénévoles venaient leur prêter main forte pour leurs activités. Ils avaient un porc,  trois coqs…

 

Cet îlet encore habité vers 1950 par 140 personnes avait été abandonné. Il n’est plus en friche depuis qu’un convaincu, Yann, y a trouvé un intérêt et a réaménagé dès 1992 cette zone complètement érodée pour la rendre habitable. Aujourd’hui il y pousse toutes sortes d’arbres endémiques, des plantes aux vertus médicinales.

 cap bouteille tisaneurs 3

  Le jeune tisaneur a précisé les vertus des plantes contenues dans les 7 coupelles.

fleurs jaunes :prophylactique (contre les courbatures, les crampes) /menthe : régulation du foie /marjolaine : relaxant /  héliotrope : circulation  du sang / géranium rosat : voies respiratoires / citronnelle : vitamine C  /cannelle : sucre lent, dynamisant

J'ai trouvé sur le site internet du Monde un article  datant de 2006 très intéressant qui parle de l'îlet des Salazes et des tisaneurs (si vous souhaitez des compléments d'information.)

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3546,36-657728@51-656737,0.html

 

 

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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 19:48

Il est dix-sept  heures ! après 7 heures de broderie, je rentre au gîte de Mme Bertha Gardebien.

broderie 21  Devant la maison un curiste de 73 ans fait des broderie 22mots fléchés, un couple avec une fillette rentrent de promenade, arrivent deux randonneuses parties la veille du Maïdo . Elles avaient dormi dans un gîte à Marla avant de passer le Taïbit pour descendre à Cilaos. La plus jeune était infirmière à Mayotte et sa maman l’avait rejointe et toutes deux venaient faire un séjour  de  10 jours à la Réunion.

L’histoire de ma logeuse

Cette petite dame souvent vêtue d’une robe mauve  a accroché dans l’entrée un diplôme attestant qu’elle avait bien été au Cap Nord. Alors, je lui ai demandé si elle voyageait souvent et si elle parlait l’anglais. Elle m’a dit tout de go : «  Moi, je suis une illettrée, je n’étais à l’école que jusqu’à l’âge de 9 ans. » A Ilet à Cordes, où elle est née, elle devait aider aux champs, semer et récolter les lentilles, pour la famille puis aider le voisinage pour les mêmes tâches. Sa maman brodait pour avoir un petit appoint. Ils élevaient aussi leur volaille.

Son époux travaillait dans le bâtiment : il partait deux semaines et ne rentrait qu’un week-end sur deux. Pendant ce temps, elle élevait ses enfants, tenait la maison. Puis elle a géré le gîte toute seule. Et grâce à cette activité, elle a pu participer à de nombreux voyages organisés : au Brésil, aux Etats – Unis, en Espagne. Celui qui lui a le plus plu était celui qui l’avait conduite au Canada, au Québec ! Son époux n’avait pas le temps de voyager, mais il l’a accompagné les dernières années. Aujourd’hui, elle vit seule dans le gîte mais accueille souvent ses enfants et ses petits enfants.

Il paraît qu’elle était une de premières habitantes de Cilaos à gérer un gîte. Aujourd’hui il en existe une dizaine (en comptant Bras Sec et Ilet à Cordes)

Capacité de ce "gîte de France 1 épi"
Il peut accueillir trois couples et une personne seule. La salle de bain et les toilettes sont communes. Les chambres sont étroites mais les sanitaires sont très propres.

broderie 24 broderie 23
Jardin et varangue

Il est situé à deux pas du centre ville, au n°50 rue Saint Louis. Un arrêt de bus de trouve devant maison et dans la rue parallèle. En face le snack "Chez Nénesse" où on peut manger à condition de réserver. Vue sur le Grand Bénard, le Piton ds Neiges,


broderie 26   broderie 25
                      devant le gîte

Un dîner d’échanges intéressant

Nous avons tous mangé ensemble le soir et Mma Gardebien née Tossam nous avait préparé un dîner succulent : gratin de potiron puis carry de bœuf et tarte aux pommes. Le tout arrosé d’un bordeaux. Punch en apéro et rhum arrangé au faham et écorce d’orange ou rhum arrangé aux fraises de bois.
Le monsieur âgé qui faisait sa cure nous a raconté qu’il était veuf depuis 40 ans, qu’il était retraité de la boulangerie depuis 15 ans et qu’il était originaire de Saint André. Habitant actuellement à Sainte Marie, il est venu en VSL à Cilaos et fait une cure de 3  semaines (de 8 heures à 10 heures du matin) Fatigué, il a quitté la table vers  19 heures.

             Nous autres avons encore discuté jusqu’à 22 heures. Ainsi j’ai appris par la jeune randonneuse, infirmière à Mayotte, qu’il  valait mieux visiter Mayotte en avril – mai, parce qu’en juillet et août soufflent les alizées.  Le couple de Saint Denis qui avait réservé le gîte pour une semaine regrette de devoir habiter le chef-lieu qui n’est pas très attractif. L’homme est pédopsychiatre et travaille en relation avec l’hôpital de Saint Paul et son épouse travaille pour la prévention et de la sécurité dans le domaine commercial  : elle en connaissait un rayon sur la taille des entreprises et le lobby automobile. Selon elle, il n’existe sur l’île que trois grosses entreprises : Ravatte, Caillé et les Chinois (ces derniers ne donnent pas le nom à leur entreprise) . La Réunion est le troisième département en ce concerne l’impôt sur les grandes fortunes.
             La maman de la jeune randonneuse a raconté le désenchantement de sa deuxième fille , responsable chez Manpower. Elle avait été formatée pour trouver des CDI aux demandeurs d’emplois et elle gagnait plus de 2500 euros et depuis la crise, à cause de délocalisation, son salaire est tombé à 1500 euros (elle ne touche plus de primes car elle n’arrive plus à placer les candidats au travail.) Pourtant sa mère l’avait mise en garde sur les limites du système capitaliste enseigné dans les écoles de commerce.

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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 17:51

Près du Barachois, à Saint Denis, un ancien bâtiment de la Marine, qui a aussi servi d’écurie, abrite toujours les studios de RFO. L’équipe a hâte de quitter la rue Jean Châtel pour s’installer dans de nouveaux locaux.

Benoît Saudeau, le directeur régional de RFO "Réunion" a accueilli les adhérents de L’UPTS. Cet homme de contact, routard du service public, qui a déjà œuvré en Nouvelle Calédonie, à Mayotte est passionné par son travail. Après avoir présenté l’entreprise et évoqué le destin de cette dernière, il s’est prêté aux questions de ses interlocuteurs.

       rfo 1Impossible de recopier ici toutes les informations recueillies. Je vais essayer d’en rapporter quelques unes : RFO émet dans tout l’Océan Indien, on peut suivre cette chaîne à Maurice, Madagascar, Mayotte.

M. Saudeau explique que le présentateur du JT doit avoir bien préparé son journal avant de le lire sur le prompteur, pour pouvoir le cas échéant – en cas d’événement majeur-  interrompre et  reprendre le fil de son texte… Il faut qu’il en maîtrise parfaitement le contenu. Le plateau nécessite la présence d’une quinzaine de personnes pour le journal télévisé et la météo.

rfo 2Pour la TNT il faudra avoir le décodeur MP4, et non le MP2 comme c’est le cas en métropole. Il y aura un jonglage permanent avec les décalages horaires. 10 chaînes gratuites seront disponibles à la Réunion dont Arte version française, et ce dès décembre 2010.

7% du budget était fourni par la publicité qui est vouée à la disparition du fait que RFO est une chaîne publique. A la question « et si la pub revenait sur vos chaînes… ? » Le président ne tient pas trop au retour de la pub car ne pas en avoir donne une certaine liberté d’expression. Dans la conjoncture actuelle RFO sera dans l’obligation de produire davantage en se satisfaisant du personnel existant.

Parmi les rencontres qui l’ont marqué, M.Saudeau cite celles de Monseigneur Danielou et rfo 3de Lech Valessa.

Les visiteurs enchantés ont ensuite découvert les deux studios, et la salle de montage. Une visite très intéressante.

Lien utile:

http://reunion.rfo.fr/tout-savoir/

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27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 10:07

Visite dans trois services de pointe de St Pierre


CHRS 1
Le Centre Hospitalier de Saint Pierre.

Cette fois encore grâce à l'UPTS (Université Pour Tous  Sud), j'ai découvert le CHRS de la Réunion. M. Chopin, administrateur de ce centre hospitalier depuis 2008, a présenté le CHR de l'île qui se compose du CHR Félix Guyon de St Denis, de celui de Saint Pierre. Ils oeuvrent ensemble.  Font également partie du CHRS des structures situées à Cilaos, Saint Louis, Le Tampon et St Joseph. "Si les plombiers sont au Nord, les électriciens sont au Sud" voilà comment on résume la complémentarité des deux CHR !
 Actuellement un nouveau pôle mère-enfant est en construction au CHRS de St Pierre pour un coût de  63 millions d'euros. Il devrait être complètement opérationnel en avril 2011, mais certains services y emménageront avant.

Sur les 12 pôles existant au Sud, nous avons eu la chance d'en découvrir trois :  la neuro-radiologie,  la radiothérapie -oncologie et  la médecine d'urgence ( hyperbare). Trois médecins, passionnés, très pédagogues, avaient préparé, à notre intention, des exposés  fort intéressants
D'abord, le Dr Gautier Pascale  a expliqué le fonctionnement du service de radio-neurologie  et toutes les techniques utilisées en imagerie médicale ; le Dr Khélif David après avoir parlé de l'historique de son service a démontré l'importance de la concertation disciplinaire dans les domaines de la radiothérapie, de la curiethérapie, de la radio-chimio thérapie.. Le Dr Jean Dirk Harms, spécialiste en médecine hyperbare, a ravivé nos cours de physique en parlant de la lois de Boyle - Mariotte, de la loi Henry et de la loi de Dalton , à connaître absolument quand on veut soigner des accidentés de la plongée, des personnes intoxiquées par des gaz de combustion... Puis nos trois guides nous ont fait découvrir chacun leur domaine.
J'ai suivi le Dr Harms, de l'unité d'Hyperbarie, curieuse de voir à quoi ressemblait CHRS 7un caisson hyperbare. En entrant dans cette zone on est supris par la petite taille des locaux. A l'entrée, un couloir dessert une salle de soins, à gauche un couloir avec plusieurs portes ( douches et vestiaires)- des étagères où sont rangées des tenues spéciales pour les patients-, une petite salle de réunion, plus loin la salle des machines, où sont installés deux énormes compresseurs, un ballon d'eau, des bouteilles d'oxyène, des bouteilles hélium- oxygène, des bouteilles air - oxygène.

CHSR 2Enfin la salle du caisson de décompression. Ce dernier occupe plus de la moitié de la pièce, c'est dire l'exiguïté du local. Au fond à droite, un tableau de commande où s'intalle le "caisson master" pendant le traitement. On entre à six dans ce caisson et une séance de décompression  dure environ deux heures : 3 séances de 25 minutes et deux interruptions. Les patients sont accompagnés par un personnel soignant, CHRS 3aparfois on s'entraide, les habitués expliquent aux nouveaux ce qu'il faut faire. Dans le caisson, des monitorings, des casques anti-bruit, des hublots par lesquels on introduit des médicaments. Le médecin à l'extérieur entend ce qui se dit dans le caisson, on peut communiquer depuis le caisson.
L'équipe qui travaille ici se compose du médecin titulaire ( le Dr Harms) interviennent aussi, se relayant, 5 médecins vacataires titulaires du diplôme de "Médecine Hyperbare", et huit personnels soignants formés, .
CHSR 3On travaille aussi avec le service de radiothérapie : certains patients soignés pour un cancer passent par le caisson avant d 'être soignés en radiothérapie. Le passage au caisson contribue aussi à la cicatrisation des gangrènes liées au diabète, à l'écrasement... Trop long de détailler les vertus de la médecine hyperbare. Mais voilà, pour nos gouvernants  "c'est une médecine non rentable !" heureusement  que sur l'île, on plonge, Et c'est un moyen de justifier l'existence de ce caisson.



Merci à Pierre de me corriger si j'ai mal compris, ou mal transmis...

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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 20:41

 

 

La coupe de la canne, un phénomène culturel.

 

  Suite de l'article envoyé par Gérard


               
« Les volets économiques et politiques sont intrinsèquement liés aux deux autres ( social et culturel) . Notre culture exprime souvent une situation sociale tout en montrant une implication politique (quelle qu'elle soit).

 

Le début de la coupe est le moment de cérémonies souvent symboliques (baptêmes de couteaux) et parfois religieux (bénédictions catholiques ou hindoues). La fin de la coupe est plus marquée, notamment pour l'hindouisme. Si le catholicisme rythme indiscutablement la fin de la coupe par deux moments forts: Noël et le Nouvel An (Le calendrier est grégorien), l'hindouisme s'exprime fortement du fait même de la fin de la campagne sucrière. Religion essentiellement agraire, les "marches sur le feu", cérémonies diverses aux défunts, fête de la moisson (Pongol) cadrent parfaitement avec  la saison.


               
Dernière venue mais ô combien méritée, la fin de la coupe ces 30 dernières années est ponctuée de la célébration de l'abolition de l'esclavage. Le 20 décembre n'a pas été choisie par hasard. Le gouverneur de l'époque, le célèbre Sarda Garriga, a dû lui même attendre la fin de la coupe de 1848 pour proclamer l'abolition de l'esclavage... Le 20 décembre est sans nul la célébration de la dignité humaine retrouvée et dont les ancêtres de beaucoup des Réunionnais avaient été cruellement privée. 

2008 Fête de la Liberté 023  2008 Fête de la Liberté 040
                                             Archives J.Dallem 2008 Fête de la Liberté au Tampon (Trois Mares)

               
Les anciens profitent de ces fêtes pour transmettre leurs mémoires et discuter des résultats des récoltes, évoquer les plus mauvaises ou les meilleures et rappeler que les cyclones sont toujours un danger. Les dictons, sagesses populaires, maximes se transmettent à ce moment.

                La plupart des fêtes et musiques, séga et maloya, issues notre culture réunionnaise dépendent de la coupe.

                               2008 Fête de la Liberté 049
Les cayambes sont faits à bases de tiges de fleurs de cannes. Beaucoup d'espèces variétales aujourd'hui ne donnent plus de fleurs, aussi les musiciens se tournent-ils vers d'autres matériaux. Quant aux puristes, il leur faut chercher plus longuement les champs où ont été plantées des cannes à fleurs. En général les planteurs laissent un ou deux carreaux de cannes à fleur pour la tradition.


                      
P1050396 fleurs de cannes


Les fêtes avec tambours et feux, caractéristiques du 20 décembre, ont lieu pour marquer la fin de la coupe. Historiquement, ces fêtes  avaient lieu aussi à cette date parce que les risques d'incendies étaient moindres (plus de risque de "feu dans la paille canne" selon l'expression créole...). Finalement la tradition des pétards est bien postérieure et leur interdiction n'est qu'une répétition de l'Histoire...

 

                Voici rapidement tracées quelques lignes sur l'importance de la coupe pour notre pays. Un dernier point, la fin de la coupe est ponctuée aussi des klaxons des derniers cachalots* convoyant leur dernier voyage... C'est le signe pour nous autres planteurs que chaque tâche que nous effectuerons désormais comptera pour la prochaine campagne. Que Dieu nous garde. »   Gérard M.

 

cachalots* : gros camions transportant la canne vers les sucreries.

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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 20:41

 Comment ne pas parler de la Fin de la Coupe qui est un moment crucial à la Réunion ? Gérard Moutien, un des lecteurs du blog, très bien renseigné sur le sujet, a bien voulu en parler ici…

 Voilà donc l’éclairage  du spécialiste, qui, dans  le texte suivant, démontre que le rythme agricole cannier a un impact sur la vie économique, politique et socio-culturelle de l'île.

 canne coupe

Coupe de la canne à la Ravine des Cabris  près du  Chemin Stéphane

"Sur le plan économique…

                La coupe dure 6 mois. C'est la seule période où un planteur reçoit un revenu de son exploitation cannière. Le début ou la fin de la coupe sont donc des moments cruciaux sur le plan financier. Les échéances des prêts, taxes et cotisations sont calculées sur ce calendrier.

                Au-delà des aspects logistiques des exploitations (salaires des coupeurs et journaliers, engrais, herbicides, gas-oil,...) c'est surtout une entrée financière après six mois à vide.

                Concernant les aides agricoles cannières, les dates de démarrage et de fin de coupe sont déterminantes. Elles sont les compteurs qui décideront du rythme des versements des aides. Les aides économiques et les aides à la production sont versées par tranches justement déterminées par lesdites dates (le nombre de semaines de coupe effective a son importance dans le calcul). Les échéances de contrats saisonniers (conducteurs d'engins agricoles, cachalots, ou postes ouvriers dans les usines du Gol et Bois-Rouge) dépendent de ces dates. Elles sont décidées par des Commissions Mixtes d'Usines où siègent à égalité planteurs et usiniers. Autrefois, c'était un bras de fer. Actuellement, les usiniers décident bien souvent unilatéralement avant de convoquer la commission.


canne coupeurs                                                    Coupe de la canne près de Terre Sainte

Sur le plan politique….

                La fin de la coupe rythme aussi la vie politique de notre pays. Le réseau agricole planteur est l'un des mieux constitués et des plus actifs. Il est particulièrement sollicité en inter-campagne (au sens agricole et électoral du mot). Evidemment, les grandes lignes sont visibles: CGPER (Jean-Yves Minatchy) est plutôt à gauche et la FDSEA (Frédéric Vienne)/ Jeunes Agriculteurs sont plutôt à droite. Mais depuis une dizaine d'années les lignes de partage migrent fortement, il y a de plus en plus de préoccupations sociales à la FDSEA/JA et de plus en plus d'approches économiques à la CGPER. Le tout s'explique par un accroissement de la taille moyenne des exploitations et simultanément la baisse du nombre de planteurs. Finalement, on se dirige vers une paysannerie moyenne que tous les syndicats et partis font de leur mieux pour défendre. L'apparition d'une paysannerie (comme corps social, politique et économique) est une nouveauté à La Réunion, historiquement le monde agricole était essentiellement partagé entre très petites exploitations (souvent également ouvriers agricoles) et grands domaines.

                Grosso modo, la fin de la coupe est propice au début des meetings électoraux (comme l'a montré ce dimanche 13 un certain nombre de partis politiques pour les élections régionales). "

 

Le prochain article sera consacré au plan culturel et social de la coupe… toujours grâce aux informations de Gérard.

 

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