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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 22:10

 Avec l’U.P.T.S ( Université Pour Tous du Sud), nous avons vécu une journée très riche. Chantal Schaefer, la présidente,  nous avait concocté un programme de choix : visite du Conseil Régional, la découverte de l’exposition  « La Pérouse »  et la découverte des arbres remarquables au Jardin d’Etat, puis une réception à la Préfecture.

Nous avons commencé par visiter le matin  le Conseil Régional, qu’on connaît ici sous le nom de « Pyramide Inversée ». En fait, cette instance siège dans un bâtiment blanc  qui a effectivement une forme renversante.

conseil régional st Denis 

conseil régional st Denis (2) 

Après avoir franchi le barreau (portail) où veillaient quatre agents de sécurité, les 40 sudistes ont gravi les marches pour entrer dans cette imposante bâtisse. Nous avons été accueillis par M. Lorion, vice-président du Conseil Régional, et membre actif de l’UPTS, qui nous a d’abord invités à prendre une collation.

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 Puis, il nous a demandé de monter au quatrième étage, soit par les 3 des 4 ascenseurs existants (le 4e accessible par un code est réservé au Président du Conseil de Région), soit par les escaliers en bois (en ébène et teck de Madagascar). La plupart d’entre nous ont préféré les marches en bois.

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Là, nous avons été guidés vers la cafétéria qui débouchait sur la terrasse. De là, on avait une vue magnifique sur les hauteurs de St Denis et sur la mosquée à la coupole de cuivre.

  conseil reg (2) conseil regional (8)

conseil reg (3)

Nous nous sommes étonnés de la présence d’un affreux bâtiment couvert de tags et  jouxtant la pyramide inversée. Et M. Lorion de nous expliquer qu’il s’agissait là d’un parking construit par une entreprise EDF en faillite, et qui a vu ses travaux arrêtés en raison du non-respect des plans initiaux. La région a donc racheté  ce bâtiment pour faire des parkings aux deux premiers étages et des bureaux aux étages supérieurs…

conseil regional (9)

Nous sommes retournés dans la fraîcheur bienfaisante de la pyramide, pour suivre notre guide dans la salle Daniel Pavageau (du nom du fondateur de la Semader, directeur de la Sodiac, directeur de l’Aménagement à la Région)

conseil regional (7) conseil regional (10)

Nous avons pris place autour de la table où siège chaque mardi matin, entre 9 heures et midi, la commission permanente composée de 27 élus. C’est ici qu’on prend toutes les décisions.

Deux autres salles accueillent des commissions sectorielles (économique, aménagement et développement durable, culture, enseignement…) Dans ces commissions, on peut décider ou non de présenter un dossier en commission permanente.

Nous avons rejoint l’hémicycle au 2e étage  réservé aux séances plénières, seules séances auxquelles la presse est conviée. Nous avons pris place dans cette rotonde, devant nos micros et nos chemises bleues remplies de feuilles vierges pour la prise de notes. Après le visionnement d’un film présentant les attributions du Conseil Régional et ses actions, quatre élus se sont succédé au micro. 4 à 5 réunions ont lieu par an, là tous les élus se retrouvent. Quand cela concerne des engagements financiers importants qui engagent sur plusieurs années, la décision est prise en séance plénière.conseil regional (11)

D’abord, M. Jean François Sita a parlé de la politique culturelle de l’île, et a évoqué les travaux de restauration au Musée du Volcan et au musée  Stella Matutina. Des questions ont fusé concernant le sort des petits musées et sites patrimoniaux à réhabiliter : notre interlocuteur a précisé que 150 sites attendaient cette réhabilitation. A la préoccupation des St Pierrois qui s'attristent de voir se dégarder le site de l'ancienne sucrerie de Pierrefonds, ils ont été rassurés en apprenant que  les bâtiments accueilleraient bientôt le Musée des Arts Décoratifs de l’Océan Indien…

Un élu responsable de l’Education, à la Région depuis 1997, nous a dressé un bilan des actions duconseil reg Conseil Régional en matière d’éducation. Comme il avait d’autres obligations à la fin de son topo, nous n’avons pu lui poser de questions, mais il est clair que malgré les moyens injectés, les résultats sont peu reluisants : 11% d’une génération sortent du système éducatif sans qualification. Moins de 60% de bacheliers, en 2009. Et nous savons que compte-tenu de la situation économique actuelle, on essaye par tous les moyens « d’exporter » les jeunes soit vers la métropole, soit vers l’Australie, le Canada… tous ne peuvent trouver du travail sur l’île.  Quelques chiffres : 129 millions d’euros de budget pour l'Education. 48 lycées publics, 4 privés. En 2010 on compte 41000 lycéens, 17000 étudiants. La collectivité débourse 1300 euros par lycéen et par an.

conseil regional conseil regional (12)

Puis M. Fournel a évoqué le dossier de la Route du littoral et nous a expliqué que le matin même avait lieu une rencontre des élus du conseil et la mairie de St Denis pour signer une convention (entre la Cinor, la commune et la région) concernant les travaux à prévoir à l’entrée du chef-lieu. Une autre convention devrait être signée entre la région et la municipalité de la Possession. Puis il  a passé le relais à David, un spécialiste, qui maîtrisait parfaitement le dossier de la nouvelle route de la corniche. Cet expert nous a présenté un diaporama clair et détaillé exposant avec précision les études réalisées (carottage des fonds marins, sondage pressio-métriques, essais en laboratoire), évaluation des  impacts possibles de la houle, il a évoqué les options étudiées et les choix retenus : le système retenu serait un viaduc de 5 km dans l’océan de Saint Denis à la Grande Chaloupe, et de la Chaloupe à la Possession, ce serait de « la route sur digue ». Les travaux ne démarreraient pas avant  fin 2013 et dureraient 6 à 7ans. Le coût estimé est de 1, 6 milliards d’euros.

Un porte-parole de l’Aménagement nous a parlé du S.A.R (Schéma d’Aménagement de la Région) Les grandes orientations prennent en compte l’évolution de la population, la préservation des terres agricoles et des grands espaces naturels. Et l’option retenue est de « densifier » la population urbaine. On construira des maisons plus hautes au lieu d’étendre la surface pour la construction. 4 micro-régions vont ainsi être appelées à se développer. Chaque micro-région doit aussi définir sa politique de traitements de déchets…

conseil regional (2)

A l’issue de ces quatre exposés, nous avons quitté l’hémicycle, avec un nombre impressionnant d’informations (qu’il est impossible de rapporter ici de façon complète) et le sentiment que cette collectivité territoriale a des compétences non négligeables et une énorme responsabilité. Nous avons aussi été ravis de l’accueil qui nous a été réservé.

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 19:41

 

 

cham0Au Lazaret de La Grande Chaloupe, nous avons pu voir des artisans montrer leur savoir-faire à l’occasion des Journées du Patrimoine. Depuis 2004 l’association intervient sur le site du Lazaret 1, situé sur la commune de la Possession sous la forme d’un chantier-école permanent, ce dernier pré-qualifie des adultes, résidant à proximité du site,  en insertion professionnelle.

Du 1er au 31 décembre 2009, les ouvriers ont réalisé le déblaiement, la maçonnerie de conservation, la taille des pierres, ils ont reconstitué le mur d’enceinte, appris les techniques de dé-jointoyage, re-jointoyage, utilisé enduits et badigeons...

Les murs de la longère (bâtiment long) ont été reconstruits, des encadrements en bois soulignent désormais toutes les ouvertures (portes et fenêtres).  

 

cham4 cham1

 

                                         cham7 cham5

 

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Le CHAM organise également des stages «  Monuments Historiques » qui associent des bénévoles et le public en insertion, stages  à partir de 17 ans, cotisation annuelle de 30 euros.

 

cham2

                    François a ainsi eu l'occasion de s'essayer à la technique du bosselage.

 

Leur site : http://www.cham.asso.fr

Contact cham@cham.asso.fr

Pour le Cham à la Réunion

Adresse : Délégation Océan Indien 25 rue Mahé 97438 Sainte Marie

Contact : cham-reunion@orange.fr

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 17:15

 

 

J’ai parcouru avec intérêt hier, 15 septembre, sur le site «  clicanoo », site internet d’un quotidien de l’île un article intitulé « La Réunion, un trésor à conserver » et j’ai bien ri d’un commentaire succint fait en créole par un lecteur anonyme. Voilà comme il résume l’île : «  Un bouteille lo rhum, un guidon l’auto, un ticket pmu ec loto, un sabre, un carte cmu a completer…pou nout trésor » Facile à traduire : «  Une bouteille de rhum, un volant de voiture, un ticket de PMU et de loto, un sabre, une carte CMU… » Une belle caricature pas très éloignée de la vérité.

 

 

caricature2

En effet, les Réunionnais sont complètement dingues de voitures ( d’ailleurs pouvoir s’acheter une voiture – même à crédit- est un signe de réussite !) ; ils adorent les jeux de hasard et d’autres jeux ( domino, batay coq), ; nombreux sont aussi ceux qui possèdent le sabre, cet outil indispensable pour couper les cannes ( et qui  hélas fait parfois des dégâts dans les chaumines après des soirées arrosées) et pour la carte CMU, il est vrai qu’une frange importante de la population sans emploi est réduite à recourir à ce système de soins. Pour la bouteille de rhum, eh oui, elle est toujours fort prisée, mais commence à être concurrencée par le whisky. L’alcool à la Réunion, un sujet qui mériterait plusieurs pages.

   

 

caricature1 caricature3

 

Mais la Réunion, ce n’est pas que ça… L'auteur de ce commentaire a –t-il voulu manier l’autodérision ou l’ironie ? Sa vision est évidemment quelque peu réductrice. Ont été volontairement occultés dans sa réflexion des aspects patrimoniaux positifs parmi lesquels le plaisir de danser, de chanter, de pique-niquer en famille, d’accueillir, de faire la fête, de randonner, de communiquer… des qualités que beaucoup de métropolitains pourraient leur envier.

 

 

 

 

 

 

 

 

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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 19:14

alain vitry3En montant à la Fenêtre des Makes, le mardi 3 août, nous nous sommes arrêtés près d’un champ de cannes pour photographier le paysage et les coupeurs au travail quand un habitant de la Rivière nous a gentiment invités à le suivre.

alain vitry0

 Il venait avec ses deux enfants travailler sur son terrain. Alain VITRY nous explique qu’il possède 8 ha de champs de cannes. Cela fait dix ans qu’il les exploite. Il coupe le haut des cannes pour le fourrage de ses animaux, et destine le reste de la canne à la Sucrerie du Gol : on lui donne 13 euros pour la tonne de bagasse.

alain vitry6 alain vitry 5

Quand nous lui demandons s’il n’a pas peur des lendemains compte- tenu des menaces qui pèsent sur l’exploitation de la canne, il nous répond qu’il exporte aussi des avocats (une quarantaine d’espèces). Il a également un gîte au Chemin Bleu à la Rivière Saint Louis. Une adresse à retenir ! Comme il s’aperçoit de mon intérêt pour les fleurs de canne, il m’en offre une de plus de deux mètres  qu’il faudra bien placer dans la voiture.

alain vitry1

Dans sa conversation, il nous glisse qu’il est content que la Réunion ait été classée ces jours-ci au Patrimoine Mondial de l’Unesco, mais avoue que l’île n’est pas prête : il trouve que tant que l’avion sera aussi cher, cela ne fera pas se développer le tourisme. D’ailleurs pourquoi quelques  compagnies ont-elles le monopole : Air Austral, Air Mauritius, Air France ? S’il y avait davantage de concurrence et  si le prix du billet était abordable, tout le monde sur l’île s’en porterait mieux, avis que je partage.

Nous aurions bien continué la conversation, mais les nuages commençaient à monter vers les Hauts et nous craignions de ne pas voir avec Elisabeth et Antoine le panorama sur le cirque de Cilaos...

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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 21:45

Ce couple, habitant à L’ Entre-Deux, nous a accueillis à deux reprises dans son petit domaine au pied du Dimitile. La première fois, nous étions en admiration devant les caféiers de la petite propriété, avec la tante et l’oncle de Marion, quand la dame nous a prié avec gentillesse d’entrer.

 Devant la case, par terre étaient étalés des grains de café qui séchaient au soleil. Julien qui était en train de trier des grains secs avec un grand "van" (plateau plat tressé) à l’ombre, devant le « magasin » (la remise) s’est levé de sa chaise pour nous faire la visite du propriétaire. Il nous a montré les différents caféiers qu’il avait taillés avec soin, et a précisé que les grains se cueillaient dès qu’ils se mettaient à jaunir, inutile d’attendre qu’ils soient rouges…

P1000686 P1000687

Mariés depuis 50 ans, ces deux sympathiques gramouns  vivent en harmonie dans leur petite case au milieu des plants de café.

Depuis belle lurette, ils cultivent cette plante : ils la plantent, la cultivent, la taillent, la soignent, récoltent les grains, les font sécher, les torréfient et les passent à la « roche », un vieux moulin en pierre, qui fonctionne toujours. Tout ça pour leur usage personnel. Le travail est pénible pour ces braves gens, mais ils continuent malgré tout à s’occuper de leurs plantations.

P1000691 - Copie P1000696

           le café séchant sur l'argamasse                                 "la roche" ou moulin

Et chaque fois lors de notre passage, notre hôtesse nous sert un bon petit café de son cru, dans de jolies tasses en porcelaine.

 P1000694

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 17:30

Travailler l’écaille de tortue…

... est une activité en voie de disparition à la Réunion et dans le monde. Depuis la loi de écailliste 2 zip1976 (Convention Internationale de Washington) interdisant la commercialisation de cet animal et de ses composantes, sous quelque forme que ce soit, Yves Riou a dû obtenir des dérogations pour écouler le stock des carapaces qu’il possédait. Les stocks d’écailles répertoriés et connus des douanes et des services vétérinaires sont les seuls à pouvoir être utilisés par les artisans d’art. Ecailliste de profession, Yves a été obligé de faire de multiples démarches pour avoir cette autorisation exceptionnelle et continuer à exercer son art.

Notre artisan qui maîtrise parfaitement ce savoir-faire peu commun, ne pourra transmettre son don à son fils, comme la profession est condamnée. Il est même impossible de se procurer des carapaces de tortues mortes de vieillesse, car elles sont broyées. C’est la écailliste 1 zip« tortue verte » qui lui permet de réaliser ses bijoux : il associe l’or, l’argent, la nacre, le corail avec cette écaille qui nécessite plusieurs polissages. Ces œuvres d’art sont toutes vendues avec des certificats qui protègent l’acheteur. Il faut savoir que les douanes ne font pas dans la dentelle quand on transporte des objets issus d’espèces menacées.

Tout est fait  la main, on polit avec un abrasif, puis on découpe avec une scie les formes souhaitées.  Yves réalise ainsi des motifs uniques de pailles en queue, hippocampes, tortues… un travail de patience qui demande précision et habileté.

Il nous raconte que l’idée de protéger cet animal relève du bon sens, mais on assisterait pour l’heure à une prolifération de cette espèce car le nombre de prédateurs n’est pas suffisant. Seuls les requins affectionnent « la tortue verte ».écailliste 3 zip

Vous trouverez ce personnage sympathique et ses réalisations au marché de Saint Pierre tous les samedi matin.

écailliste 4b zip

Lien avec l’atelier de l’écailliste

www.versionecaille.blog.fr

 

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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 14:07

 

faculté olympe 2Souvent l’amphithéâtre « Olympe de Gouges » de l’Université du Tampon accueille des conférenciers du monde entier, comme c’était le cas mardi dernier. L’amphi d'une capacité de 350 places, quasi rempli ce soir - là a eu droit à un programme de choix : 4 caricaturistes de  « Cartooning for Peace » y ont parlé de leur travail de dessinateurs de presse, un métier passionnant.

    faculté olympe

M. Lauret Payet, l’actuel maire du Tampon, installé dans les gradins, a pris la parole dans cet échange centré sur la Paix dans le Monde.  C’était pour dire  que la Femme méritait d’être reconnue et considérée et il a ajouté que c’était  d’ailleurs le nom d’une femme qui avait été retenu pour désigner en février 2008 l’ amphithéâtre du campus, à savoir « Olympe de Gouges. » Tiens pourquoi donc ?

faculté olympe 4

 

(Marie-)OLYMPE DE GOUGES

Qui est donc ce personnage ? Que représente-t-il pour les Réunionnais ?

Abolitionniste, révolutionnaire, cette femme est une figure marquante du XVIIIe siècle. Née le 7 mai 1748, elle a été guillotinée le 7 novembre 1793. De son vrai nom Marie Gouze, elle s'invente un nom à partir du prénom de sa mère « Olympe » et du patronyme « Gourgues »

Femmes de lettres, elle avait rédigé La Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne. Sa faculté marie olympepièce  Zamore et Mirza ou l’heureux naufrage  que les acteurs de la Comédie Française refusent de jouer en 1785 parce qu’elle critiquait le Code Noir en vigueur dans les colonies française et donnait la parole aux Noirs. Audacieuse, elle rebaptisera  cette pièce « L’Esclavage des Nègres » qui ne sera montée qu’en 1788. Elle intentera même un procès aux comédiens.
Dans le Journal Général de France, elle rédige plusieurs articles dont une Lettre au Peuple où elle exprime la nécessité de réformer politique, société et économie. Elle continuera à défendre la liberté d’expression, l’égalité des sexes, l’instauration du divorce, l’abolition de l’esclavage, la redistribution des richesses… de nombreuses idées qui seront entendues, pour la plupart,  au XXe siècle
Comme elle est accusée d’avoir insulté les représentants du peuple à l’occasion du pamphlet « Les Trois Urnes », - elle avait déjà critiqué Robespierre et Marat, qui participaient au règne de la Terreur - elle sera condamnée à la guillotine par les Révolutionnaires. Cela peut sembler paradoxal, qu’une novatrice qui a contribué à faire naître des idées révolutionnaires ait été condamnée par ceux qui pensaient comme elle !

Prolixe, elle laisse derrière elle environ 70 ouvrages ( pièces de théâtre, essais, romans,lettres…)

A l’occasion de l’inauguration de cet amphithéâtre en 2008 un groupe d’étudiant avait joué la pièce « L’Esclavage des Nègres »

 

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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 20:38

A la Médiathèque du Tampon se tient actuellement une exposition sur le Dessin de Presse. Elle est visible jusqu’au 16 mai de 12 heures à 18 heures. Des gens de tous âges  s’arrêtent devant les panneaux installés par l’Association « Cartooning for Peace » traduisez «  Dessins pour la Paix » : on rencontre là des étudiants, des retraités, des familles avec des enfants. Il faut y aller ! Mais l’éclairage  que nous avons eu lors de la conférence des "Amis de L'Université" le 27 avril était  très important pour mieux lire ces dessins et comprendre les conditions de leur création.

paix tampon

Les illustrations présentées ont été réalisées par des journalistes de cette association, paix plantu 3hommes et femmes de nationalités diverses : Plantu et Souch sont Français, Pov est Malgache, Caro est Suisse…  A noter que dans cette association  compte 76 dessinateurs de 24 nationalités et dispose de plus de 600 dessins de presse.  Au Tampon, c’est une petite partie de ces cartoons qui est exposée. Ces images frappantes qui ont la volonté d’éveiller les consciences ont été classées par thèmes : "les conflits, l’environnement, les violences faites aux femmes, politique nationale et internationale, la crise, les codes de Plantu, la transgression de l’interdit…"

Les émotions qu’on lit sur les visages des visiteurs de l’expo sont très diverses : là, un étudiant subjugué reste longuement devant la centaine de représentations de Sarkozy, puis devant une caricature des partis après la victoire des socialistes,  il les observe pour y dénicher un message ou peut-être pour les reproduire. Là,  une jeune Réunionnaise est en arrêt devant une Marianne émue à la vue d’une concitoyenne à l’œil « cocardé », dessin réalisé pour la Journée de la Femme  dénonçant  les violences.paix plantu 4 La barbarie de certains peuples qui refusent la liberté aux femmes est dénoncée par Plantu sur des dessins éloquents comme celui-ci !

 

 

 

 

 

 Plus loin, un enfant a l’air terrifié et ne peut détacher son regard d’un dessin cruel où un soldat au Sri Lanka  fait une brochette humaine pour tuer le Tigre. Trop jeune pour comprendre mais le dessin a fait son effet. Quand on ouvre un livre d'histoire, on constate que la guerre est omniprésente.   L'exposition nous rappelle qu'elle est toujours d'actualité dans de nombreux pays du globe, comme en témoigne ce dessin de Kroll, paru dans la revue "moustique" en Belgique

paix kroll

                   Kroll illustrant le conflit israélo-palestinien

Là encore, une personne a l’air gênée : la pédophilie des prêtres, elle aurait préféré qu’on ne la montre pas sous cet angle, ou tout simplement qu’on ne l’évoque pas du tout... N’oublions pas que la Réunion est très catholique et la profusion de dessins dénonçant les dérapages de l’église gêne profondément. En général, les Réunionnais sont très discrets, ceux qui n’aiment pas ou ne comprennent pas les messages en débattront chez eux, plutôt  qu’en public. Nombreux sont aussi les gens qui apprécient la dénonciation de l’intolérance religieuse :   les abus des extrémistes envoyant les kamikazes pour sauver le monde suscitent souvent des commentaires. Pour ma part, j’ai essayé de collecter le maximum d’images pour proposer une matière à  réflexion à mes jeunes collégiens. Et comme nous travaillons sur  la dégradation de l’environnement, les caricatures sont un support de choix. Les autres dessins seront également des supports pour nos débats en 3e

       paix caro paix plantu 1  

           dessin de Caro "Nature morte" publiée dans PME -    dessin de Plantu

 

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 22:17

Ce soir, à l’amphithéâtre de l’Université du Tampon, nous avons eu la chance d’assister à une conférence animée par quatre caricaturistes très populaires : PLANTU, SOUCH, POV et CARO.
plantu 0Les quatre dessinateurs de presse, caricatures  à l’appui, ont parlé de leur travail : de leur inspiration, de la provocation et de ses limites, des relations qu’ils entretenaient avec  les différents rédacteurs de presse, du choix des sujets, des pressions, de la nécessité de produire, de faire naître la prise de conscience et le débat autour de leur vision du monde, de la liberté d’expression, de la tolérance,

Dans ce lieu d’échange, où s’étaient retrouvés de nombreux passionnés du dessin de presse, nous avons assisté à une séance décontractée, organisée par les Amis de l’Université, séance au cours de laquelle les dessinateurs ont parlé le même langage avec une réelle complicité et dans la bonne humeur !

plantu 1

Souch, Pov, Caro et Plantu, unis dans un même combat !

Si Plantu n’est plus à présenter, ses comparses n’ont pas encore cette notoriété, du moins en France : Souch, est le dessinateur du Journal de l’île (JIR)et ses croquis sont toujours un régal pour nous, lecteurs de ce quotidien local ; Pov (William Ranaivoson) est un dessinateur de presse malgache croquant également des caricatures pour l’Express de Maurice ; Caro (Caroline Rutz) est dessinatrice du magazine économique  PME en Suisse et de l’hebdomadaire satirique "Vigousse". Tous les quatre font partie de l’Association CARTOONING for PEACE, créée par Plantu en 2006 avec le soutien de l’ONU.
Rappelons que pour ceux qui l’ignorent que Plantu, de son vrai nom Jean Plantureux,  était journaliste au « Monde Diplomatique », actuellement, il dessine pour « Le Monde » et « L’Express ». C’est un génie du crayon. Pendant la séance, il a illustré ses propos par une douzaine de  caricatures dessinées au pied levé sur un transparent, projeté sur l’écran de l’amphithéâtre : une imagination débridée, mais toujours efficace.

plantu 2  plantu 5

                          Caricatures commentées par Plantu

Pendant près de deux heures, où les auditeurs ont été invités à poser des questions, plantu 6 ils ont dit le bonheur et la difficulté d’être dessinateurs de presse. Il faut qu’une confiance réciproque existe entre rédacteur et dessinateur, parfois on peut essuyer des refus de parution : par exemple à la Réunion, les illustrations raillant la religion catholique ont "très mauvaise presse", à Maurice, il faut éviter de dessiner la nudité. D’autres fois, il faut changer un détail du dessin pour ne pas heurter les sensibilités : on ne fait pas de Martine Aubry un éléphant, on peut écorcher le président Sarkozy, lui donner les formes les plus fantasques, de la guitare, au bec de gaz,  mais toujours rester pudique. Pov raconte qu’ à Madagascar le dessin du Père Noël blanc offrant un 4X4 à des enfants noirs a été interprété comme un dessin raciste, donc interdit… Les journalistes sont soumis à des pressions tous les  jours, mais Plantu soutient l’idée qu’il faut se battre pour ses opinions et bousculer le « principe de précaution ». Une cinquantaine d’images créées par les artistes  présents, mais aussi par des caricaturistes israéliens, palestiniens… ont été projetées et commentées pendant cette rencontre fructueuse.

Une rencontre de qualité que nous prolongerons par la visite de la médiathèque du Tampon où se tient actuellement l’exposition de ces dessinateurs : une centaine de dessins à voir absolument !

Dire qu'il faut être à la Réunion pour faire la rencontre de personnages aussi mythiques que Plantu ! Une chance que nous n'aurions certainement pas eue en métropole, dans notre Lorraine natale.

 

 

 

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 20:44

Retour du Cap Bouteille : arrêt chez les tisaneurs 

 

En redescendant vers Cilaos par le GR, nous nous sommes arrêtés  près d’une boutique de fortune installée par les jeunes propriétaires des lieux : des piliers en bois, des murs en feuilles de chocas, un toit en tôle ondulée. Ce petit abri appartient à l'Association des Trois Salazes.

 

 

cap bouteille tisaneurs 1

 

Ils avaient là un comptoir pour servir la tisane, les gâteaux faits - maison. Le stand était aussi équipé d’un lavabo en inox, où arrivait de l’eau froide (eau captée à l’îlet) et de deux feux où bouillaient deux théières en aluminium.

  

cap bouteille tisaneurs 2 cap bouteille tisaneurs 5

                                  Lieu de convergence de randonneurs qui descendent et qui montent

 

Un jeune homme très sympathique nous a expliqué la nature et les vertus des 7 plantes qui étaient dans des coupelles : les fleurs jaunes, la menthe, la marjolaine, l’héliotrope, la cannelle, la citronnelle et le géranium. A tous les randonneurs qui passaient par là (montant vers le Taïbit  ou en revenant) il proposait deux sortes de tisanes : une stimulante (pour l'ascension) et une relaxante (pour la descente).

cap bouteille tisaneur ferdinand                                   Photo Ferdinand Benard   - Préparation des tisanes

Pour le breuvage stimulant, il combinait de la menthe, de la marjolaine et des fleurs jaunes. Et pour la boisson relaxante, il associait les fleurs jaunes, l’héliotrope, le géranium, la citronnelle et la cannelle. Il  nous a fait faire un petit détour dans leur  jardin aux plantes, un espace très soigné, des allées proprettes et des massifs bien entretenus. Un de ses copains apportait justement dans un goni des herbes destinées au paillage des plantes, paillage qu’on appelle « mulch » et qui empêche les mauvaises herbes de pousser.

cap bouteille tisaneurs 4

                                       Trois randonneurs de Jolis Pas devant les héliotropes

 

L’un des occupants des lieux m’a expliqué qu’ici vivaient en permanence douze  personnes et que souvent des bénévoles venaient leur prêter main forte pour leurs activités. Ils avaient un porc,  trois coqs…

 

Cet îlet encore habité vers 1950 par 140 personnes avait été abandonné. Il n’est plus en friche depuis qu’un convaincu, Yann, y a trouvé un intérêt et a réaménagé dès 1992 cette zone complètement érodée pour la rendre habitable. Aujourd’hui il y pousse toutes sortes d’arbres endémiques, des plantes aux vertus médicinales.

 cap bouteille tisaneurs 3

  Le jeune tisaneur a précisé les vertus des plantes contenues dans les 7 coupelles.

fleurs jaunes :prophylactique (contre les courbatures, les crampes) /menthe : régulation du foie /marjolaine : relaxant /  héliotrope : circulation  du sang / géranium rosat : voies respiratoires / citronnelle : vitamine C  /cannelle : sucre lent, dynamisant

J'ai trouvé sur le site internet du Monde un article  datant de 2006 très intéressant qui parle de l'îlet des Salazes et des tisaneurs (si vous souhaitez des compléments d'information.)

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3546,36-657728@51-656737,0.html

 

 

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