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7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 10:00

Chaque fois que je vois disparaître une case créole, je suis attristée, voire indignée. Evidemment quand le ver est dans le bois, que le salpêtre est dans les murs et que la charpente menace de s’effondrer, on peut comprendre qu’on préfère arracher la masure et vendre le terrain pour y mettre un bâtiment neuf. 

 

case-rue-A-Leblond-2.JPG 

 

case rue A Leblond

 

case rue A Leblond 3

 

Mais ce qui me hérisse le poil est que la petite case souvent est remplacée par un immeuble impersonnel, sans cachet, qui n’a rien de créole ! Mes détracteurs diront qu’il faut rentabiliser à tout prix …

      P1030395.JPG

A Saint Pierre, c’est flagrant : en quelques années le front de mer a perdu un nombre impressionnant de petites cases au profit de constructions modernes. Dans le quartier Casabona en dessous du Boulevard Banks, les petites cases aussi ont fait place à des immeubles… Parfois, les maisons individuelles sont enfermées par un réseau de bâtiments à 4 étages. La pression foncière, me répondra-t-on…  Bientôt St Pierre ressemblera à toutes les villes. Des bâtiments classés n’ont toujours pas été restaurés et le temps aura aussi raison d’eux. Volonté politique peut-être ?

On attire des foules dans les milieux urbains, il faut des logements et on ne pense pas à tous les problèmes liés au stationnement, aux problèmes de circulation… Les petites cases qui font de la résistance n’ont plus de beaux jours devant elles, elles seront bientôt écrasées sous la botte des promoteurs…

Une maraîchère du Tampon, un jour, m’a confié qu’ il faudrait créer une association pour la sauvegarde des vieilles cases… Bonne idée !

 

On pourrait peut-être aussi injecter davantage d’argent dans l’aide à la restauration du patrimoine et inciter les propriétaires à rencontrer des architectes capables de les conseiller dans la réhabilitation intelligente de leur case. Et pourquoi pas imaginer une formation des jeunes dans ce domaine : un bon créneau qui donnerait du travail à ceux qui veulent travailler…

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 11:31

Un « calbanon », comprenez « case où vivaient les engagés* ». 

 

En fait, il s’agit d’une pièce de dimension très modeste, ( 3m X 4m environ ) faisant partie d’une longère (grand bâtiment rectangulaire, très long). Dans cette pièce vivait toute une famille. 

Pour la Journée du Patrimoine, cette année, l’Association Pêcheurs Golet a eu la bonne idée de recréer cet espace à la Cafrine. Pour ce faire, les murs ont été tapissés de prospectus publicitaires et journaux comme autrefois. Ce n’était pas une mince affaire parce que le papier glacé ne collait pas bien sur la pierre. 

tapisserie 2


Pendant que j’animais la visite de ce calbanon,  j’ai eu l’occasion de rencontrer des Réunionnais très émus : certains avaient une larme à l’œil en se rappelant la maison de leurs parents et grands-parents, des mamans amenaient là leurs enfants pour leur montrer cet aspect de leur vécu, pas si lointain que ça. Un monsieur du quartier, d’origine indienne,  est venu revoir la pièce, celle même où son grand-père avait habité.

tapisserie 1

Une dame de Cilaos m’a raconté que sa grand-mère préparait une bassine de colle (farine et eau) et les enfants avaient le droit de plonger le papier dans ce mélange pendant que les adultes tapissaient la case. Mais à Cilaos, sur les cases en tôle ce mélange froid faisait bien adhérer le papier. 

A Grands-Bois pour enduire les murs, il fallait préparer le même mélange, mais le chauffer avant de l’utiliser.

P1130506

Les gens qui visitaient le calbanon expliquaient que les anciens découpaient des feuilles dans les catalogues « Manufrance » «  La Redoute » ou prenaient des pages du Journal « Témoignages »…

Marie-Rose Perrine qui a grandi dans un de ces calbanons raconte que parfois le papier se boursouflait. Non pas à cause de l’humidité, mais à cause des souris qui se faufilaient derrière cette tapisserie pour grignoter la bonne colle, eh oui ces rongeurs sont friands de  farine… Et les marmailles s ‘amusaient à plaquer la main sur cette boursouflure, extrayaient la souris de là et la jetaient hors de la case.


tapisserie 0 P1130507

Nicole Abriel, initiatrice du projet,  à l'ouvrage


Bravo à Nicole, Jean –Paul, Karine, Josie, Ludovic, Patrick…  et tous les encolleurs qui ont redonné des couleurs et de la vie à ce calbanon.

Engagés : après l'abolition de l'esclavage (1848),pour pallier le manque de mai-d'oeuvre, on faisait venir des Indiens, Rodriguais, Malgaches... qui étaient engagés ; ils avaient un contrat de travail de 5 ans.
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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 15:57

P1120887b  La sortie de Saint Leu – vers Etang Salé- a changé de paysage, ou plutôt n’a plus de paysage du tout. La végétation a fait place au béton.  Des bâtiments à étages ont poussé comme des champignons sur la gauche. Il paraîtrait qu’il s’agit là de logements sociaux, mais aussi d’appartements destinés à être loués ou rachetés par des particuliers (nantis, cela va sans dire) 


P1120884

Que reste-t-il de la bande littorale arborée qu'un gouverneur de l'île prévoyant souhaitait large de 50 mètres ? 


 Et à droite, de la Nationale, il ne reste qu’une énorme plate-forme grise, destinée à accueillir des voitures, un énorme parking ! Les deux petits snacks-bars ont heureusement survécu, mais on hésite à s’arrêter là, rebuté par le caractère impersonnel de l’endroit.

 P1120888 

 

Je demande à un jeune homme de St Leu qui vend là des fraises de Montvert ce qu’il est advenu du Four à Chaux, il me dit en regardant le parking en chantier : « C’est ce qui reste, rien, tout a été rasé. »


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Comme je veux en avoir le cœur net, offusquée à l’idée qu’on peut ainsi impunément détruire un Monument Historique classé en 1996, je m'aventure sur le chantier désert ce jour-là. Coincé entre la RN et le parking en construction, un tas de pierres caché par quelques arbres attire mon regard. Je me fraye un passage dans les hautes herbes sèches et réalise que les bâtiments sont toujours là, on voit même un four,  mais dans quel état… difficile à imaginer, cela fera l’objet d’un prochain article. 

L’intérêt de cette zone pour certains Saint Leusiens est qu’ils peuvent, le dimanche, y amener les enfants pour faire du vélo par exemple… Mais pour l’attrait touristique, la copie est à revoir !


 P1120886

Si les Anciens revenaient, ils seraient scandalisés. Déjà en 1859, dans l’Album de l’île de la Réunion,  J.M. Raffray s’indignait de la destruction des forêts à Saint Leu : la plantation de la canne qui a suppléé celle des caféiers aurait été à l’origine de la disparition d’un biotope exceptionnel.

 

Voilà le texte de M. Raffray (dessinateur, collaborateur d’A. Roussin)


« La canne envahit de jour en jour d’une manière inquiétant pour l’avenir. Toutes ces campagnes si fraîches, si pleines d’ombrage et de parfums ; tous les vergers couverts d’arbres fruitiers, de bibassiers, de jam-rosa, d’orangers aux pommes d’or ; tous ces ravins ombreux et parfumés, tout cela est détruit. Le sol se dénude, et partout jusqu’où l’œil peut s’étendre, on n’aperçoit  que cette verdure uniforme de la canne. La campagne n’a plus d’ombre, plus de parfums, plus d’oiseaux, plus d’attraits, plus d’harmonies ! Rien que le bruissement inharmonieux des feuilles de ce roseau africain agitées par la brise, ou l’éternel écho des vagues qui frappent avec colère les coraux qu’elles arrachent à leur base et renvoient broyés sur la plage.

Quand on traverse Saint Leu, de même que tous ces terrains qui s’étendent entre Saint Paul et Saint Leu, on constate avec douleur les instincts dévastateurs des premiers colons, ainsi que ceux de nos industriels actuels, aussi aveugles et plus âpres encore que le premiers… »

  Ce dernier paragraphe pourrait bien s’appliquer à l’actualité… Aujourd’hui, c’est le béton qui remplace la Nature… et j’ajouterais qu’au bruit des vagues s’ajoute le bruit de la circulation… 

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 09:38

Rien à voir avec le “far” breton. Il est vrai que des créoles d’origine bretonne, il y en a pas mal sur l’île. Forcément, fallait être navigateur autrefois pour découvrir les terres lointaines perdues dans l’océan et s’y établir.

 Rien à voir non plus avec une orthographe fantaisiste du mot “phare”, parce que le far-far n’a pas vocation d’éclairer les côtes.

 Le far far est une étagère qui servait à entreposer les semences, le maïs, les vivres ; c’est une place aménagée au-dessus du feu. C’est aussi là que l’on enfumait les viandes, saucisses (on les boucanait)

 Le mot serait d’origine malgache. Il viendrait de ”farafara”  qui signifie “lit”  A Madagascar, cette claie en hauteur où on stockait  les céréales, le manioc...( à l’abri des rongeurs) était aussi utilisée comme lieu de couchage. Dans les demeures lontan à la Réunion, également cet endroit pouvait être utilisé à cette fin.

 P1140498 2

Photo prise dans le Domaine du Café Grillé à Pierrefonds :  une case en feuilles latanier, au premier plan une meule, au fond la cuisine lontan surmontée du far-far.

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22 août 2010 7 22 /08 /août /2010 10:58

Chaque troisième dimanche du mois, dans le zone 3 de Saint Pierre (Marché au Gros) a lieu un vaste marché aux puces.  Nous nous y sommes rendus aujourd’hui pour la première fois.

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On y trouve de tout : électroménager, mobilier, bouquins, jouets, équipement auto, bricolage, disques, vêtements, instruments de musique, fleurs… Stands de samoussas, bonbons-piments… également.

Un bon plan quand on déménage ou qu’on emménage ! le vendeur était le particulier  qui vidait son grenier  ou se débarrassait d’objets laissés par des amis partis en métropole, et l’acheteur était « monsieur tout le monde ».

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Nous étions à la recherche d’un siège-auto ou d’un rehausseur, il y en avait mais très usés déjà… Peut-être qu’il faut se lever de bonne heure pour avoir plus de choix et faire de bonnes affaires car à 10 heures il y avait déjà foule… Nous ne sommes pas repartis les mains vides : François a trouvé un perforateur Dewalt et moi un théâtre de marionnettes…

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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 18:24

 Eh oui, notre pêcher, derrière la maison, est tombé ! Trop de fruits, une branche trop fragile, très âgée et voilà le résultat. Hier, François a eu la peur de sa vie : un gros boum, comme si le cratère avait lancé une bombe sur le toit en tôle ! Quelques minutes plus tôt, il était sous l’arbre et se demandait s’il devait encore une fois traiter les fruits.

Comme nous sommes écolos purs et durs, on ne voulait pas se résoudre à employer les produits phytosanitaires, mais il paraît qu’ici si on ne traite pas, on ne récolte rien. Ainsi l’an passé j’ai dû jeter plus de 120 kilos de pêches abîmées. Cette année pas de récolte non plus. Le pêcher qui se trouve devant la maison a le même problème.

C’est une mouche qui détruit le fruit qui se met à suinter. La glu sur les bouteilles jaunes n’a pas empêché ces maudits ravageurs de pondre.
Et la protection « phytosanitaire » à laquelle on avait décidé de recourir était peut-être trop tardive. « Pech gehabt ! »

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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 18:23


                                         Les jardinières d'orchidées sur la varangue

Depuis notre installation à Trois Mares, nous avons déjà effectué de nombreux travaux de jardinage : nous avons planté un caféier, un citronnier, un frangipanier, deux hibiscus,  trois bougainvilliers, deux arbres de Paul et Virginie, et j’ai posé des jardinières sur la varangue.

Les orchidées et les bougainvilliers fleurissent, c’est un spectacle réjouissant. Le pêcher porte des fruits, ceux de l’oranger et du combava sont encore petits et verts.

                                                                                   le pêcher porte des fruits

Il n’avait pas plu depuis une éternité, l’herbe commençait à jaunir, on n’avait jamais vu ça au Tampon, et la tondeuse n’a pas été sortie depuis 6 semaines, un exploit ! Il avait fallu arroser tous les soirs .

Cette nuit et cet après –midi, nous avons quelques averses et la nature reverdit. La contrepartie c’est que les escargots sont revenus. On ne peut pas tout avoir ! On vit au rythme du soleil. On se lève avec le soleil et on petit déjeune au soleil (vers 7 heures) et on se couche  deux heures après le soleil ( vers 20h30)


Un des nombreux couchers de soleil d'octobre vus de notre maison

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14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 17:41

 Si on dit ça aujourd’hui à son jeune, c’est pour qu’il baisse le volume de sa sono ;  si on le disait à un Réunionnais on lui interdirait de « construire sa case » ! Ce n’est pas le moment… avec la crise du BTP…

Eh oui : le « boucan » à l’origine était une paillotte ! On retrouve ce mot dans le nom d’une ville jouxtant St Gilles. Tous les amateurs de baignade connaissent la plage de Boucan-Canot. Les locaux ont aussi coutume d’acheter du « boucané » une viande fumée salée, qu’il s’agit de bien dessaler avant cuisson. Le boucan doit avoir un rapport avec le feu, le fumoir, le foyer (tout simplement)

Découvrant un véritable eden, les premiers habitants de l’île (arrivés vers 1645)  fabriquent pour s’abriter des huttes sommaires « les boucans ». Elles sont construites avec de larges feuilles en éventail, celles des lataniers  rouges (latania lontaroïde) Cet arbre endémique de la Réunion disparaîtra progressivement en raison de l’extension des cultures. Les malgaches appellent ces habitats des « ajoupas ».
On cuisine à l’extérieur ! De nombreux créoles ont encore coutume de faire leur repas dans une cuisine lontan (cuisine d'autrefois) hors de la maison sur du feu de bois. Certaines associations reconstruisent « les boucans » pour faire connaître le patrimoine. Nous avons vu ce type d’habitat au Maïdo, à l’Ilet Alcide, et hier au Conservatoire Botanique.

  

                         Un boucan à l'îlet Alcide                                     Un boucan au Conservatoire Botanique

Plus tard ils bâtissent des maisons plus élaborées *en pay fatak. . Ils dorment à même le sol, ou bien sur des « gonies » (nom indien qui désigne la toile de jute) ou parfois sur des lits fixés qu’on appelle « lit court pas » : forcément... on ne peut le déplacer : les pieds sont des piquets enfichés dans la terre !

*La pay : ce sont des feuilles sèches généralement, de vétiver, de canne à sucre, de maïs...
* fatak : une graminée proche du roseau avec laquelle on fabrique aussi des balais.
 Finalement il doit s'agir tout simplement de tiges et de feuilles sèches.


                                             la hutte en pay fatak au Conservatoire Botanique

Ceux qui habitent la forêt réalisent des maisons ressemblant à celles des trappeurs, en gros madriers de bois rouge et de natte ;  ces habitats sont peu meublés, un coffre fait office d’armoire, et les réserves sont construites sur pilotis.

Les huttes ont fait place aux maisons en tôle en 1962. On en voit encore de nombreuses sur l'île, même dans les zones les plus huppées, comme St Gilles.  On se demande comment pendant les grandes chaleurs les gens peuvent vivre dans ces espaces . Parfois les conditions de vie précaires de leurs habitants, font la Une des quotidiens, comme c'était le cas le 8 septembre 2009 ! (voir lien)

http://www.jir.fr/index.php?id_article=221121&page=article

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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 15:11


Partis pour acheter des plantes qui devaient faire une séparation avec les voisins - vu que nous avons élagué le pêcher et tronçonné le vieil avocatier - nous sommes donc revenus de la pépinière de Pierrefonds avec deux plants de francisea "l'arbre de Paul et Virginie". Ils ne suffiront certainement pas pour nous protéger des regards indiscrets.
Mais nous avons aussi craqué devant les bougainvillées. Voilà qu'ils sont déjà en terre devant la maison, au pied des trois piliers, il suffit encore de les palisser pour les faire grimper... Reste à trouver une solution intelligente.
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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 14:59
Nous avons acheté à Basse Terre, dans un magasin d'artisanat, notre deuxième chaise malgache. Cette pièce de mobilier, venue de Madagascar, qui vaut entre 30 et 50 euros est originale et très pratique : elle est composée de  deux pièces de bois décorées, sculptées, qui s'emboîtent : aucun problème pour le transport et le rangement, et c'est joli !
 

deux pièces de bois

et voilà le résultat :
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