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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 16:34

Expressions nées de malentendus...

Il y a pléthore de déformations de mots à La Réunion, soit parce qu'on a mal compris, soit mal entendu... ces méprises sont sources d'erreurs mais elles font sourire...

Ainsi, le "bassin 18" est une déformation de " Bassin des huit' "  c'est à dire " bassin des huîtres."

La Ville de "Terre Sainte" n'a aucune connotation religieuse... C'était sur cette terre que poussait le bois de " Sinte" ou Bois avec lequel on faisait des cint' ou cintres.

Les brèdes "paille à terre" résultent d'une déformation du mot"pariétaire".

L'Etang du GOL était autrefois l'Etang  du GOLFE... décidément ! le créole aime abréger...

Et récemment  sur un ouvrage écrit par une municipalité, j'ai lu un article où on parlait de La Chapelle des "300" hommes alors que tout le monde ici connaît les trois dames célibataires qui ont fait ériger ce sanctuaire, les demoiselles Payet qu'on appelait les " 3 sans hommes" 

Quand Dauphin me parle des "sapans" qui envahissaient les ravines et qui freinaient l'avancée des gamins, je pensais qu'il disait "serpents" . Non, il parlait de la vigne marronne, et comme la vigne "ça pend" l'explication "sapan" vient peut être de là''

Et la liste n'est pas finie...
 

Etang du Gol (autrefois du "Golfe")  près de Saint Louis

Etang du Gol (autrefois du "Golfe") près de Saint Louis

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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 13:32

Quand on est enveloppé, on s'expose parfois aux railleries des congénères, mais dans la langue créole, je n'ai pas encore entendu d'expressions imagées à ce sujet. 
Or, pour les gens sveltes, trop sveltes, on a de quoi faire : on dira d'une fille trop maigre qu'elle " est comme noyau de mangue sucé" ou encore "comme arête morue". 
Ma préférence va à la première...

 

Mots pour moucatter ...
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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 18:09

 

" li monte en bâton et part en couillons...." dit Anne Marie en regardant mon jardin. Je dresse l'oreille, forcément, parce moin lé zoreil, et mi pense que c'est bien vulgaire. Mais non. Pour expliquer par exemple que le papyrus pousse droit puis se termine  en gerbes , le créole utilise cette expression très imagée ; il en va de même quand il décrit l'agapanthe, l'epidendron, le feu d'artifice ou l'éruption du volcan... 
A propos Volcan, on parle d'une éruption imminente... ce qui signifierait que" li  sa va monte et part en couilles très bientôt."(voir info fournaise)

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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 07:17

Quand on parle de « Moufia » à la Réunion, on pense immédiatement à un quartier du même nom à Saint Denis… Mais très souvent on ignore ce qu’est « le moufia ».  J’en ai vu grandir un … au Parc des Palmiers au Tampon. Son stipe peut atteindre 10 mètres de haut.

C’est un palmier originaire de Madagascar, son nom latin est « Raphia manifera ». Tout simplement parce que le Moufia est l’arbre à raphia… Ses palmes d’un vert sombre sont immenses. Séchées les feuilles sont transformées en raphia, cette fibre végétale est utilisée dans l’artisanat…

Alors on comprend pourquoi ce quartier de St Denis porte ce nom : autrefois ce palmier devait pousser en nombre dans ces lieux !

Vous avez dit "moufia" ?
Vous avez dit "moufia" ?
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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 09:24

Chaque mercredi de 13h30 à 16h30 Nicole Abriel, membre active d’une association de Grands Bois, anime un atelier » langue créole ».

Native de St Pierre, passionnée de culture locale, elle intervient à la demande de l’Office de Tourisme de la ville.

Pendant cette séance, on découvre la subtilité des expressions créoles, des proverbes, on parle « langue » mais aussi « cuisine », « superstitions »… Une initiation qui peut intéresser les touristes de passage ou les personnes désireuses de s’imprégner du langage imagé  et des sonorités caractéristiques du « péi. »

 

Saint Pierre : langue créole à la Capitainerie
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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 10:20

Le cordon morès : une ceinture ? un poisson ? les deux ?

Dans le lagon de l’île, racontent les gramouns de Grands bois, on voit « des cordons morès… », nom qu’elles donnent à des poissons serpents de mer longs et fins.


Il faut d’abord expliquer le mot « morès » : ce mot désignerait selon Marie Rose et Renée une espèce de slip-bermuda en coton (souvent aux motifs vichy, ajoute Cécile) que les hommes portaient autrefois sous le pantalon. Et pour faire tenir ce sous-vêtement, on l’attachait à la taille avec un cordon long et fin.

Voilà pourquoi le poisson serpent longiligne aurait été doté de ce nom… Version très imagée.

En cherchant sur des sites internet, j’ai bien trouvé un « serpent de mer » appelé « serpent mauresque », d’où la confusion avec « morès » je suppose.

Le cordon mauresque ou cordon morès, est en fait le synapta aculata, un serpent de mer une holothurie qui ingère des particules de sédiments, elle assure le rôle de nettoyeur du lagon…

La première explication me plaît davantage même si elle n’a rien de scientifique. Je la trouve pus pittoresque.

le cordon morès (site de muscadet974.skyrock.com)

le cordon morès (site de muscadet974.skyrock.com)

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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 16:18

Il fallait y penser ! Michel Bussi a réussi à me captiver. On est immédiatement plongé dans l’atmosphère qui caractérise cette ’île merveilleuse. 

L’histoire qui commence à Saint Gilles, -ou  Zoreillland-, nous conduit sur la plage de l’Ermitage, dans les hauts à Carosse, dans le Jardin d’Eden, mais aussi au Tampon, au Bras de Pontho, à la Plaine de Sables,  à la Ravine Sèche, au cratère Commerson, à Piton Ste Rose, à l’Anse des Cascades…

 

L’auteur connaît bien l’île, il décrit à la perfection les lieux, les mentalités  et ose parfois des commentaires hardis qui ne relèvent pas de la fiction. Commentaires sur la circulation, les disparités de salaires, l’emploi, sur le caractère volage des hommes, l’immobilier, la violence, l’alcoolisme, le zamal, l’Iufm… Il se garde bien d’évoquer la corruption, allusion qui lui vaudrait certainement des tourments ou la censure. D’ailleurs ce genre de digression desservirait l’intrigue.  Les problèmes évoqués rapidement se noient dans l’intrigue policière, mais tout le monde aura compris que l’île paradisiaque connaît des problèmes qu’il conviendrait de régler.

 

Ces petits clins d’œil ne font pas oublier le fil de l’histoire, un récit émaillé de meurtres qu’une chef de brigade essaie de résoudre avec son comparse. L’écrivain nous fait entrer dans la psychologie du suspect, de sa fille mais aussi des enquêteurs… Et on ressent leurs émotions, leurs interrogations, leur passion, leur fusion avec l’environnement, on se déplace avec eux sur ce petit caillou, on patauge dans le lagon.  On entre de plain pied dans l’univers familial des nantis et des moins nantis.

Pour qui connaît l’île, inutile de lire les traductions des proverbes et expressions créoles qui émaillent le texte. On n’imagine pas écrire sur l’île sans faire allusion à ces images pittoresques de la langue créole.

 

 

Une invitation à la lecture ! Le roman a pour titre : « Ne lâche pas ma main ! »

 

                         Ne lâche pas ma main
                            Merci à Francine pour ce superbe cadeau !
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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 23:47

Je ne vous parlerai pas ici des gazettes locales « le Journal de l’Île » ou « le Quotidien », mais bien du « canard », un oiseau que les Réunionnais bichonnent et apprécient.

 

Nombreux sont encore les particuliers qui élèvent leurs canards en plein air pour les manger aux grandes occasions.  


canard-pour-civet-Yoland-.JPG

 

Dans les parcs poules, ils cohabitent avec des poules, des coqs, des pintades...

 

                                            canard-2.jpg

 

Des canards sauvages, il n’y en a guère, et même s’il devait y en avoir, ils seraient très vite exterminés. Autrefois on tuait les oiseaux pour se nourrir, puis les braconniers ont continué,  raison pour laquelle à l'heure actuelle les espèces d’oiseaux sont rares sur l’île. 

 

Comme le canard fait partie des familiers, il tient une grande place dans les proverbes et expressions créoles :

 

Allé baigne canard 

Dans zef dodo y sort pa ti canard

La chance ti poule lé pa la chance ti canard

Couve ti poules sort ti canards

Deux canards pou un poule

Mon canard lé noir

L’entracte canard

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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 11:54

La conjugaison, quelle galère pour le jeune Réunionnais qui baigne dans la langue maternelle, la plupart du temps "le créole" à la maison, et qui a coutume de parler le créole avec ses camarades dans la rue, à l’arrêt de bus et même dans la cour de récréation.

Le français, pour ces enfants-là, est "une langue étrangère". Ils sont logés à la même enseigne que certains petits Alsaciens ou certains petits Bretons qui découvrent la langue officielle une fois scolarisés. A la différence qu'en Bretagne, et en Alsace, le dialecte recule alors qu'à la Réunion, la langue "du péi" est encore parlée par 80% de la population (statistique à vérifier)...

 

D’ailleurs, quelle idée saugrenue de transformer l’auxiliaire « être » à chaque personne, alors qu’il serait tellement plus simple de garder le même mot.

 

Au lieu de dire : "je suis, tu es, il est, elle est, nous sommes, vous êtes, ils sont… » le créole utilisera invariablement le mot « lé » simplification orthographique de « l’est » et dira :

Moin (mi) lé

ou lé

lu lé

nou lé,

zot lé,

zot (banna) lé

 

Seuls les pronoms changent mais le verbe est invariable !

On peut vérifier avec le verbe « faire » qui reste à la forme « fé », on simplifie même l’orthographe.

 

Moin (mi) fé

ou fé

lu fé 

nou fé 

zot fé 

zot ( banna) fé

 

Vous pouvez vous amuser avec les verbes « dire «  (di) partir (par), appeler (apèl) chercher (rod). 

 

Attention, il faut d’abord se familiariser avec les pronoms personnels qui peuvent changer avec la localisation ( à Ste Suzanne, « tu » ne se dit pas « ou » mais « vi »). 

 

Amusez-vous bien !

      Changer la terminaison des verbes lé pas nécessaire !

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18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 20:29

Toute douceur ou sucrerie enrobée de pâte prend communément le nom de « bonbon » à la Réunion. Sur l’île, on apprécie le bonbon piment (pâte de pois du Cap au piment), le bonbon miel (petit gâteau au miel) le bonbon rouroute (petit gâteau à l’arrow-root), le bonbon coco (petit gâteau à la noix de coco), bonbon cravate (pâtisserie en forme de cravate)… Des spécialités qu’on aime … Mais il est un bonbon qu’on aime moins : le bonbon la fesse ! Non, ce n’est pas une friandise en forme de fesses…

 

Quand z ‘enfant lé malade y faut donne a li « un bonbon la fesse ». 

 

Image pittoresque pour désigner « le suppositoire ».

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