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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 08:14

On désigne par ce terme une longue canne à pêche d’une bonne longueur (environ 5 mètres). C’est une tige de bambou (de « calumet ») à laquelle est fixé un fil de nylon prolongé par un hameçon.

gaulette 1

Son avantage est que la matière première se trouve dans la nature, (bien que certains Grandboisiens prétendent qu’on a de plus en plus de mal à trouver du bambou dans ce secteur.)

 Autres avantages : elle est facile à fabriquer ; son coût est ridiculement bas ; elle est légère et biodégradable.

Encore faut-il habiter à proximité de l’océan, pour ne pas avoir à la transporter dans une voiture (ce doit être problématique.) Elle est souple, mais non rétractable.

Le pêcheur golet ( ou pêcheur équipé d’une gaulette) est une espèce en voie d’extinction.  Quel dommage ! Quelques rares exceptions taquinent encore le lappiat  dans les criques sauvages de Grands Bois. Le 16 juillet, j'en ai aperçu deux, en contrebas du Sentier des Pêcheurs. L'un pêchait assis sur la roche, l'autre avait les pieds dans l'eau. 

gaulette 4 

gaulette 2 gaulette 3

Ce mot désignait également  à la Réunion une unité de mesure agraire qu’on utilisait encore jusque vers la fin du XXe.

« Le sort des colons, notamment ceux qui mettent en valeur moins de 1000 gaulettes n’est pas supérieur à celui des salariés.  Ils doivent aux planteurs le tiers de leur récolte »

 « Le colon reçoit du propriétaire (…) la jouissance d’un jardin de cinq gaulettes carrées pour ses cultures vivrières… »

La Réunion : problèmes démographiques, économiques et sociaux -1953 (Hildebert Isnard) 

Les premiers écrits où on trouve le mot "gaulette" datent de 1713 . Cette gaulette peut désigner une longueur mais aussi une surface. Un terrain de 5 gaulettes correspond à environ 600 m2

Quelle est la dimension de la gaulette ? selon  les lieux la gaulette mesurait soit 12 pieds (3,898 m), soit 15 pieds (4872 m)Le conseil provincial de février 1734 imposa à tous les habitants de mesurer les terrains avec une gaulette de 4,872 m. Mais à Ste Marie on continuait de mesurer avec des gaulettes de 3, 898 m

 


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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 21:04

La semaine dernière, au Marché Forain du Tampon, sur un étal j’ai remarqué de petits légumes verts lisses  de la taille des gros piments.

 Le maraîcher, qui descend chaque semaine du Grand Tampon vendre ses courges, pommes de terre, fraises… m’explique que ces petits légumes verts (3,50 euros le kilo) sont des « margozes de laine ».

margozes-de-laine.JPG 

Je crois avoir mal entendu et il me répète «de laine », tout en ajoutant que ça vient de « l’inde ». D’accord : encore un glissement de sens, comme il en existe pléthore à la Réunion : « de l’Inde » mal prononcé est devenu « de laine » !


Il paraît que ces légumes n’ont pas l’amertume des gros (ou grosses) margozes. On peut les ajouter au cari thon ; ils accompagnent bien les caris poissons…

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 21:10

 Amusant ce nom de fruit !  Amusante aussi  l’origine de ce nom. Rien à voir avec le Jaque ( ou Jacque) fruit du jaquier. Ce n’est pas nom plus le fruit du diablotin appelé “Jacot”. Ce fruit pousse  tout simplement à l’arbre appelé “pommier d’accot”

 Cette fois encore, nos Réunionnais sont passés par là et ont fixé une phonétique qu’ils ont retranscrite comme bon leur semblait. “Pomme d’accot” est devenu “pomme jacot” ou “pomme jacquot”

pomme jacot

 Le pommier d’accot appartient à la famille des sapotaceae. Son nom latin est "mimusops coriacea."  Il peut atteindre 7 à 8 m de hauteur. L’arbre se serait naturalisé à la Réunion de St Benoît à Ste Anne ( c’est à Sainte Rose que j’ai vu cet arbre pour la première fois, c'était lors de notre rando vers l'Anse des Cascades)

pomme jacot 2

 Le fruit sphérique d’un diamètre de 4 cm est âcre avant maturité. On l’appelle aussi “coing de Chine”. Quand il est jaune, il est mûr et là sa chair est farineuse et sucrée. On ne trouve pas cette pomme sur les marchés de la Réunion : on ne doit pas l’apprécier.

pomme jacot 3

 On utilise l’arbre comme brise-vent et son bois est utilisé en ébénisterie

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 18:45

Mwin la cassé nout mangues

Quand  Jocelyne, une de mes voisines me souffle qu’il faut “casser” les mangues vertes de mon "pied" (arbre), c’est qu’elle me suggère de cueillir les fruits. Figurez- vous qu’à la Réunion, on ne cueille pas, on casse !!!

L’explication en est toute simple : la plupart des fruits sont accrochés aux branches, comme les letchis, les longanis, les mangues. Alors on craque les rameaux pour récolter les fruits. D’ailleurs même les goyaviers, les pêches, les oranges, on les “casse”. Là, pas de craquement.

Pour les fleurs, il en va aussi ainsi : on casse la rose de porcelaine, l' iris marron, l'hibiscus, l' héliconias, le bougainvillée… 

Casser… On casse aussi les fruits et les fleurs en Lorraine, notamment dans le Bassin ( qui fut) Houiller. Dans notre dialecte francique, on dit bien “ Kirsche un Blume brechen…” (brechen = casser, en allemand) On brise les fleurs. Amusant. C’est vrai qu’une fois cassée, on ne peut plus la replanter, la tulipe.

Pour en revenir aux mangues, à la Réunion, on les cueille, pardon, on les “casse” vertes pour en faire du rougail.  Il est aussi usuel de prélever les bananes vertes et de les laisser mûrir. Comme la mouche du fruit abîme souvent les oranges, et mangues du verger, je vais essayer de suivre  ce conseil avisé et laisser se colorer les fruits après “la casse”

P1150638

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 14:59

La première fois que j’ai entendu cette expression, c’était à l’occasion d’un jeu de société, une partie de loto quine jouée  au Club des Lataniers à Grand Bois : chaque nombre annoncé par le “dentiste” était désigné par une expression imagée : deux jambes ti Charles(pour 11) , ti couteau ( pour 32)…

Oté ! Ou coné pas kossa il lé le "ti  32" ?

 En fait ce couteau connu de tous les anciens accompagnait les coupeurs de canne à sucre. On le vend encore aujourd’hui dans les quincailleries de l’île.

 J’en ai fait l’acquisition pour couper mes feuilles de vacoa et récemment, je l’ai utlilisé pour râper et fendre les tiges d’agapanthes. La lame coupe comme tous les diables, j’en garde déjà quelques traces…

                     outils 0007

Dans la boîte contenant ce couteau, on voit son histoire et la photo de son créateur.

ti 32

Voilà ce texte :32 Trente deux

                          Dumas Ainé

   En 1908, mon grand-père Paul Rousselon, lors d’un voyage professionnel à la Réunion, fit découvrir le couteau de poche qui ne le quittait jamais aux coupeurs de canne à sucre qu’ll croisait. Cet objet rencontra un tel engouement de la part des Réunionnais qu’ils l’adoptèrent et le surnommèrent le “P’tit 32”  texte signé par la petite fille de Paul Rousselon, Pascale Sol-Bruchon

 Quelles sont donc les caractéristiques de ce couteau de poche ? 

Il a une lame de 8 cm en inox, le manche est en bois bubinga, avec une mitre en inox (prix 22 euros sur internet) Il existe aussi un modèle avec lame et tire-bouchon.

Sur le site www.rousselon.fr on présente cette coutellerie française encore en activité ( eh oui, ça existe encore des entreprises qui produisent en France, cocorico !) , mais on n’y trouve plus le couteau de poche. L’entreprise s’est diversifiée et destine ses produits à des professionnels de la boulangerie, de la boucherie….

 J’aurais aimé connaître l’origine du nombre 32. Il doit s’agir du tampon ou poinçon qui était autrefois apposé sur la lame du couteau pour pouvoir l’identifier. On peut émettre des hypothèses  : 3,2 cm = longueur d’un pouce. Ce serait une possibilité…

Faites plusieurs quincailleries pour trouver le meilleur prix, car les différences peuvent être très importantes.

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 08:44

Avant l’arrivée de la « Fée Electricité », les Réunionnais avaient coutume de s’éclairer à l’aide de lampes de fortune : on prenait par exemple une bouteille dans laquelle on versait du pétrole, puis on y trempait une mèche qui passait dans un système posé sur le goulot, système qu’on appelait « bobèche ». On disait qu’on s’éclairait à la bobèche*… 

                        P1060578 

Comme le pétrole était cher, les familles dînaient avant le coucher du soleil (économie oblige...). On faisait ses devoirs à la lueur de ce maigre filet de lumière. La combustion du pétrole qui émettait une fumée puante, noircissait les murs, les plafonds, et le matin quand on se mouchait, c’était « noir » aussi, explique Jean Paul Abriel.

Félicia Payet, une habitante de l’Entre-Deux m’a confié hier après-midi, que dans sa jeunesse, elle s’était abîmé les yeux en brodant « les jours de Cilaos »  à la lueur de ces bobèches.

 * Là encore, on assiste à un glissement de sens. En réalité « la bobèche » était un disque qui récupère la  cire des bougies, mais aussi ce morceau de tube cylindrique  par lequel on passe la mèche et qui est cerné par un disque plat.

 

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 07:19

Le gabier ? Tout le monde sait ce qu’est le gabier à la Réunion. C’est ce nous appellerions en métropole « le distributeur de billets ». Ici, il fonctionne de la même façon et distribue évidemment des euros comme en métropole. 

Depuis peu, une « Banque de la Réunion » a été construite dans le quartier. L’originalité de son gabier est que vous pouvez y lire les consignes en créole.

 


- Mette out carte dans l’appareil

- Patiente un ti peu si ou plaît

- Compose out code en misouk

- Après tape sur valide

- Est-ce que ou veut un ticket ?

- Retrape out carte

- Trape out l’argent

 

Si vous ne comprenez pas vous pouvez toujours lire les consignes en français qui accompagnent ces messages en créole.

Jolie l’expression « en misouk » pour dire « en cachette ».

 

A propos de gabier, le sens que nous lui connaissons est : « matelot chargé de manœuvrer les  voiles d’un navire , gabie signifiant demi-hune ».

 

En créole un gabier est aussi  « un gars costaud et futé ».

 

Quel est donc le rapport avec l’automate qui vous offre des billets de banque ?P1130981

 

Un jeu de mots «  gabe – billets » ?« gaber » signifie en ancien français « se moquer ». Se moquer des billets ? Non, ça ne doit pas être ça …

Et voilà, en poursuivant mes investigations,   ce matin, j’ai trouvé la clé de l’énigme : GAB signifie « Guichet Automatique de Billets » Donc GAB + Billets = GABIER.  Fallait le trouver…

 

 

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 10:39

 A Grands Bois, en face de l’usine sucrière, il est une place qu’on appelle ici «  Terrain Paddock ». Le terme n’a rien de créole et ne désigne pas une personne, comme c’est très souvent le cas à la Réunion. Un « paddock » est une piste d’entraînement et d’échauffement pour les chevaux.

terrain paddock (3)

Les témoignages des anciens confirment ! Là, se trouvaient autrefois les écuries du domaine sucrier. C’était là aussi qu’on entraînait et faisait courir les chevaux.

situation terrain paddock 001

Une belle place plane, bordée à droite,  côté océan, par les énormes banians aux racines aériennes et à gauche par la route et l’ancienne usine.

terrain paddock  terrain paddock 1

terrain paddock (2)

Ce mot « paddock » qui anglais signifie « enclos », je le connaissais avec une autre acception : quand en colonie de vacances, on nous demandait d’aller au lit, on nous disait « Ouste, au paddock ! » Le sens de « lit » m’était bien plus familier. C’est le cas de le dire… (l'expression est très familière!) la place serait idéale comme terrain de camping : pourquoi pas planter sa tente sous les banians et s’endormir au son du ressac des vagues sur les rochers ? 

Oté ! loin de moi cette idée saugrenue, il vaut mieux que le terrain paddock  reste un lieu de rassemblement pour les Grands Boisiens qui s’y retrouvent pour le pique-nique dominical ou pour des manifestations de grande envergure ! Tout est d’ailleurs aménagé dans cet esprit : on y trouve des sanitaires, des kiosques, des bancs, une aire de jeux pour enfants, une estrade…

 

NB. La photo aérienne qui permet de situer le terrain par rapport à la sucrerie est en exposition dans le musée des calbanons de la Cafrine...

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 12:42

Il sonne joliment ce mot, on pourrait penser qu’il s’agit là d’un jeu de société ou d’une course aboutissant sur un coup de frein brusque, mais que nenni ! Il s’agit là... d’une plante indispensable dans la cuisine indienne.

On en trouve dans les jardins réunionnais - peut-être depuis l'arrivée des engagés icaloupiléndiens après l'abolition de l'esclavage-  : c’est un arbrisseau aux petites feuilles lancéolées d’un vert luisant. Celles-ci dégagent une odeur particulière qui parfume le carry massalé et bien d’autres plats. Cette plante serait originaire d’Asie s’appelle «murraya » et pourrait atteindre 5 mètres.

Kaloupilé le pilonPour l’origine du mot « caloupilé » j’ai eu une réponse assez vraisemblable : il s’agirait de l’association de deux termes « caillou et pilé » car on utilise parfois le pilon au caillou pour écraser la feuille.

 

 

Si on s’appuie sur son origine indienne : « karrivipilai » où karri signifie « plat en sauce » et « ilai » herbe ou feuille, je déduirais que « caloupilé » serait une déformation de cette expression et signifierait alors « feuille pour plat en sauce ».

En étymologie, restons humbles, on sait que les interprétations peuvent être farfelues, mais l’idée d’une « feuille pilée au caillou » et d’une « feuille pour sauce » me semblent dignes d’intérêt, bien que j’aie une préférence pour la première !

Grâce à Valérie qui m’en a offert un plant, je peux désormais cuisiner du cabri massalé comme il se doit !

Cette plante a bien d'autres propriétés que celles d'aromatiser les plats. Voilà un  lien intéressant pour compléter l'information :

http://www.aujardin.info/plantes/murraya-koenigii.php

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 19:40

Ou... le parler lontan dans un jeu de société

loto quine 2Au Club des Lataniers, ce mardi, son  président, M.José Lebreton,  a bien voulu nous révéler les expressions utilisées par les gens de Grands Bois à l’occasion d’un jeu très fédérateur : le Loto-Quine !

Les 16  joueurs attablés ont apporté leurs pions personnels : les uns ont de petits cailloux, d’autres des pièces de monnaie, d’autres encore jouent avec de petites pierres taillées. Chacun a deux cartons devant soi.

 Et le maître de cérémonie, appelé « dentiste » pour la circonstance, agite la boîte qui renferme les précieux chiffres. Déjà, pourquoi l’appelle-t-on « dentiste » ? Tout simplement parce qu’il « tire et remet des dents », allusion au geste de celui qui « tire les chiffres et les remet plus tard» dans la boîte.

Pour ce qui est du récipient, il s’agit en fait d’un vase tressé, et on l’appelle ici « la boîte d’amour ».

Passons maintenant aux expressions annoncées à l’encan et qui désignent un nombre. Le langage est très imagé et le langage de Grands Bois n’est pas forcément celui de Petite Ile , même si certaines  expressions peuvent être identiques. Impossible aux joueurs de nous livrer la définition de chaque nombre : une quarantaine a été lancée pendant le jeu. Ce n’est pas mal !

Il y a d’abord les nombres qui rappellent des dates ; le 24 c’est « la veille Noël », le 25 « le jour Noël », le 31 « la fin du mois », le 26 « lendemain Noël »,le 48 fait référence à l’histoire , et correspond au mot « la guerre », « moitié de 100 », c’est évidemment 50, « quart de cent » 25 bien sûr. Voilà pour les plus faciles !

Alors pourquoi le 15 a-t-il pour nom « la bringue » ? Peut-être parce que les ouvriers étaient payés à la quinzaine et faisaient la bringue ce jour-là … Plusloto quine 1 compliqué quand on annonce « mariage chinois » pour le 55, on a du mal et pour cause : le nombre est la date du mariage d’un Chinois qui jouait dans le club. Idem pour le 60 qui a pour nom « Anita » parce qu’une fille connue des Grands Boisiens était née en 1960, et portait ce prénom ! Et 86 me direz-vous ? Eh bien c’est « Cyclone Firinga » et la date de son passage sur l’île.

Ensuite il y a des nombres qui ont des sonorités qui riment avec les expressions : « carry carapate » correspond à… 44, « bout d’zassiette » à 17, « Famille des Payet » à 77, « Ma tante Thérèse » à 73, »bon bœuf »à 19

Certaines expressions sont en rapport avec des produits de consommation locale : ainsi on trouve  « kilo saucisses »pour 66… « la bouteille » pour le nombre 20, « le pastis » pour 51 « Bière Bourbon pour 33… ou avec des objets de la vie courante : 4 se nomme « tabouret », 32 « ti couteau »

D’autres  renvoient aussi à la géographie : « Parisien » correspond à 75 ; « Le Haut Tampon » est le 27 (C'est-à-dire le 27e kilomètre). 45 est la déclivité  de « la pente »Et « barreau la geôle » désigne le 59, non, pas le département du Nord, c’est tout simplement… et ça tout le monde le sait  bien que...le 59 est le numéro de la boîte aux lettres du Pénitencier de St Denis.

Amusantes aussi sont les images relatives à des personnes ou au corps humain : 11,c’est « deux jambes Ti Charles » « , « oreille gauche de Patel », 10 « Platini »  (petit cocorico lorrain pour notre joueur de Nancy !), 22 « les flics », 5 « la pleine main »

Parfois, elles sont coquines comme le 2  appelé « parties mâles », le 9 « journée de la poule », le 6 « journée du coq », le 69 … à vous d’imaginer !

 

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