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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 15:49

 

La noix de coco pousse évidemment sur l’île ! On apprécie son fruit pour le lait qui entre dans la composition de certains plats, et sa pulpe râpée est utilisée en pâtisserie pour la confection de bonbons coco.

On appelait au début du XVIIe siècle le fruit « coco », ce sont les Portugais qui l’auraient nommé « noix de coco »

 

coco noix

 

Et dans le parler local  réunionnais ce fruit tient également une place de choix. 

 

« Coco » signifie « la tête ». 

Quand on dit à quelqu’un « casse pas ton coco », cela signifie qu’il ne doit pas se casser la tête, ne pas se tracasser. 

Quand il fait chaud, le marmaille dira « Soleil y tape su mon coco »

Un moringueur qui fait des acrobaties spectaculaires est appelé « Coco dur »

 

On retrouve « coco » dans la comptine « Casse coco » à l’issue de laquelle on cogne les deux têtes des deux joueurs ensemble

 

             « Alon joué casse coco

              Casse coco casse coco

              Casse coco pou bwar do lo"

 

Dans certaines citations et proverbes, il figure aussi :

Dire comme in fromaz coco lo mort 

Y peut pas empécher un pied coco pousse torde

 

Dans la chanson : Mon « coco »

« Mon coco si ou pense’ a moin, 

saut' la riviér, et embrasse a moin »

il a le sens de « mon chéri »

Et en métropole existe aussi un sens figuré de "coco" pour désigner des personnages atypiques : les drôles de cocos ! 
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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 21:45

Quand un Réunionnais parle de « confiture », il ne s’agit pas forcément de la préparation de fruits (en bouillie) qu’on fait chauffer et qu’on sucre abondamment avant de les mettre en bocaux…

 

Pour le créole "la confiture", ce sont des fruits « confits » au sucre, ce qu’on aurait coutume d’appeler « pâtes de fruits » en métropole.

 

Par exemple…

 

Dans de nombreuses familles réunionnaises, on prépare « la confiture de papaye » de la manière suivante.

 

Il faut deux papayes vertes, 1kg de sucre roux, le jus d’un demi-citron et une gousse de vanille.

 

Les papayes sont pelées et coupées dans le sens de la longueur, on les ébouillante une dizaine de minutes.  Puis on prend une casserole pour y déposer les morceaux de papaye, on ajoute le sucre, la vanille fendue en deux, de jus de citron et une tasse d’eau. Le fruit cuit pendant 30 minutes à feu moyen. Quand le sirop a entièrement séché, les tranches de papaye sont confites… On peut aussi sortir les fruits du sirop et les laisser sécher au soleil.

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23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 16:15

Manger du « poisson péi » (ou pays) à la Réunion, c’est tout simplement se régaler !

Les produits de la pêche locale sont extras. C’est leur fraîcheur et leur goût qui nous plaisent. Quand nous mangeons du poisson en métropole, nous n’avons pas les mêmes sensations.

Pour les variétés, elles sont nombreuses : thon germon, thon rouge, thon banane, Madame Tombée, vivaneau,  capitaine, dorade coryphène, bourgeois, rouge, espadon, carangue, requin, sardines, l’ombrine ocellée, aigrette…

 

poissonnerie capitaine et rouge poissonnerie cabot et rougepoissonnerie dorade bourgeois

 

Manger du poisson cru (comme le thon ou la dorade coryphène), mariné dans le citron avec un soupçon de sauce huître et de sel, est une délicatesse.

L’espadon frit a la consistance de « la côte de veau » ; le capitaine ou le bourgeois cuits au beurre, saupoudrés de zeste de combava ou de feuilles de combava hachées, sont un délice ! 

La chair de requin plus fade ne nous séduit pas vraiment, et nous n’avons pas encore goûté aux bichiques, ces alevins que le Réunionnais porte aux nues. D’ailleurs manger ces petits poissons ne nous semble pas être une bonne idée, à nous qui sommes conscients de la nécessaire protection des espèces de notre planète.

 

Les poissonneries en bord de mer sont encore d’actualité, et les étals des grandes surfaces, toujours bien approvisionnés eux aussi,  ne leur ont pas volé la vedette et n’ont d'ailleurs  pas réussi à les faire disparaître. Saint Pierre en possède trois sur le front de mer, une également à Saint Leu et Saint Gilles…

 

poissonnerie Léonce poissonnerie Léonce 2

 

 

 

 

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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 22:29

S'il est un auteur réunionnais dont j'ai dévoré les livres, c'est Henri MURAT. Le premier ouvrage que j'ai lu de cet homme, né au Tampon en mars 1933, était le recueil "Nouvelles du Bon Temps Longtemps" que j'avais emprunté à la bibliothèque de Trois Mares.

Depuis, j'ai découvert "les Echos du Passé", et plus tard "Allons battre carré". Ces textes nous plongent dans la vie à la Réunion à une époque où les voitures n'étaient pas encore une calamité, où on se déplaçait à pied et où les gens cultivaient leurs terres pour subvenir à leurs besoins. Tous ces souvenirs racontés dans des écrits courts et denses ont une saveur particulière.

Heureusement que j'ai eu des rudiments de langue créole avec mes amis de Grands Bois. J'étais parée pour la lecture du recueil de nouvelles "Allons battre carré- Souvenirs de l'Île de la Réunion et d'aillleurs". Du bonheur ! 

                             Allons-batt--carre.JPG

Il me reste à lire les deux autres dont l'un est aussi écrit en créole :  "Z'histoires longtemps, hymne aux métiers de jadis, aujourd'hui oubliés." et "le Z'embrocale".

Le patronyme MURAT... 

"MURAT" un nom qui rappelle le nom d'un village de la Plaine des Cafres "Bourg-Murat". C'est en fait le papa d'Henri Murat qui a donné son nom à ce bourg. Auguste Murat a fondé ce village situé au 27e Kilomètre. Auguste avait quinze enfants, et Henri, l'auteur de tous ces ouvrages, est l'avant-dernier enfant de cette famille très nombreuse !

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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 01:27

J’ai appris avec consternation sur Clicanoo la disparition de Sudel Fuma, et aujourd'hui sur France Ô j'ai regardé un court reportage qui lui était consacré.

J’avais rencontré ce « personnage » une seule fois. Et ce moment était marquant. C’était  il y a deux ans et demi, à la Fête du Bicentenaire de la révolte de St Leu. J’étais en quête d’ouvrages sur les sucreries  ou les engagés de la Réunion , mais les tables du hall d’exposition où étaient exposés des livres sur le patrimoine de la Réunion s’étaient déjà vidées de leurs ouvrages. A tout hasard, j’ai demandé à savoir comment me les procurer…

C’est là qu’un monsieur, tout de blanc vêtu, à l’allure sportive, teint basané, cheveux noir, queue de cheval, a volé à mon secours et a récupéré des livres qui étaient déjà rangés dans le coffre d’une voiture.

Et j’ai compris qu’il s’agissait de Sudel Fuma. J’étais agréablement surprise par sa disponibilité alors qu’il avait sûrement d’autres priorités à ce moment-là. A cette époque, je me disais déjà qu’il était important que des Réunionnais fassent revivre la leur histoire. Je ne pense pas me tromper en prétendant  que Sudel Fuma, cet homme avenant et passionné par le sujet,  était « un « personnage », un acteur important de l’Histoire réunionnaise.

 

Je viens de rouvrir le livre  « Les lazarets à la Réunion » qu’il a écrit avec Prosper Eve. Je ne me souvenais plus qu’il avait trouvé  ce jour-là le temps de me le dédicacer. Voilà les quelques mots manuscrits qu’il y a laissés les 8 novembre 2011 : « A Jacqueline, Pour l’intérêt que vous avez pour notre Histoire. Merci. » Sudel Fuma.

 

Merci à VOUS Sudel Fuma d’avoir consacré de riches heures de travail à l’histoire de cette île merveilleuse ! 

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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 10:43

La première fois que j’ai vu ce nom de cascade, ça m’a fait sourire. Je me demandais si l’appellation avait un rapport avec le « biberon ». 

Et quand nous avons voulu nous y rendre à pied depuis la route qui passe à la route des Palmistes, - c’était en 2008-  nous avons été contraints de rebrousser chemin parce que le sentier était très boueux, et que nos chaussures s’enfonçaient dans la fange…Seul notre fiston plus téméraire a relevé le défi avec ses "deux-doigts" qu'il a quittés pour marcher "les pieds par terre" à certains endroits, mais le temps n'était pas à la baignade ! Il est revenu, satisfait d’avoir pu arriver au bassin qui accueillait les eaux de la cascade.

                          cascade Biberon

Mais depuis cette époque, le balisage depuis la Plaine des Palmistes a gagné en efficacité et il paraît que le sentier est très praticable. Nombreux sont les touristes et autochtones qui l’empruntent. 

Pour en revenir à « Biberon », c’est en fait le nom d’un Palmiplainois M. Biberon qui avait des terres dans la zone où l’eau dévalait de la falaise, « du rempart », comme on dit sur l’île. 

 

Aujourd’hui, le mot Cascade « Biberon » prête moins à sourire : des éboulements de roches ont tué et grièvement blessé des touristes. La nature est imprévisible ! A la Réunion, on sait qu’après de fortes pluies, la roche se détache des parois et tombe… le tout est de ne pas passer à ce moment-là ! 

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Published by Jacqueline Dallem - dans sites et paysages
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7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 10:00

Chaque fois que je vois disparaître une case créole, je suis attristée, voire indignée. Evidemment quand le ver est dans le bois, que le salpêtre est dans les murs et que la charpente menace de s’effondrer, on peut comprendre qu’on préfère arracher la masure et vendre le terrain pour y mettre un bâtiment neuf. 

 

case-rue-A-Leblond-2.JPG 

 

case rue A Leblond

 

case rue A Leblond 3

 

Mais ce qui me hérisse le poil est que la petite case souvent est remplacée par un immeuble impersonnel, sans cachet, qui n’a rien de créole ! Mes détracteurs diront qu’il faut rentabiliser à tout prix …

      P1030395.JPG

A Saint Pierre, c’est flagrant : en quelques années le front de mer a perdu un nombre impressionnant de petites cases au profit de constructions modernes. Dans le quartier Casabona en dessous du Boulevard Banks, les petites cases aussi ont fait place à des immeubles… Parfois, les maisons individuelles sont enfermées par un réseau de bâtiments à 4 étages. La pression foncière, me répondra-t-on…  Bientôt St Pierre ressemblera à toutes les villes. Des bâtiments classés n’ont toujours pas été restaurés et le temps aura aussi raison d’eux. Volonté politique peut-être ?

On attire des foules dans les milieux urbains, il faut des logements et on ne pense pas à tous les problèmes liés au stationnement, aux problèmes de circulation… Les petites cases qui font de la résistance n’ont plus de beaux jours devant elles, elles seront bientôt écrasées sous la botte des promoteurs…

Une maraîchère du Tampon, un jour, m’a confié qu’ il faudrait créer une association pour la sauvegarde des vieilles cases… Bonne idée !

 

On pourrait peut-être aussi injecter davantage d’argent dans l’aide à la restauration du patrimoine et inciter les propriétaires à rencontrer des architectes capables de les conseiller dans la réhabilitation intelligente de leur case. Et pourquoi pas imaginer une formation des jeunes dans ce domaine : un bon créneau qui donnerait du travail à ceux qui veulent travailler…

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Published by Jacqueline Dallem - dans logement
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7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 00:15

Nos amis Martine et Michel aiment Madagascar. Le couple y va régulièrement, il a même créé une association pour aider les habitants du village natal de Michel, situé sur la côte ouest. 

 

Tous deux aiment recevoir les amis dans leur petite case de Grand Bois à la Réunion. Un jour, ils nous  ont invités à dîner avec  les tresseuses de Pêcheurs Golet, ces gramounettes exceptionnelles qui répondent toujours « présentes » quand on a besoin d’elles aux calbanons  de la Cafrine pour les animations de quartier. Mme Abriel, la doyenne de Grand Bois était aussi des nôtres ce soir-là !

 

Chez Michel

Ce soir-là, nos hôtes nous ont préparé deux plats traditionnels malgaches : le ravitoto, prononcez « ravitout » ( littéralement feuilles pilées). On le prépare avec des feuilles de manioc auxquelles on ajoute de la viande de porc ou de zébu. Pour le zébu à la Réunion, on oublie. Michel nous explique que c’est un plat qu’on préparait et qu’on emportait dans les champs où on travaillait : ce plat se mange froid.

ravitoto

Sur la table du riz blanc et du romazava, prononcez « roumazav ». C’est un ragout délicieux à base de brèdes mafanes, feuilles qui piquent sur la langue en la paralysant un peu. Dans ce bouillon de feuilles on ajoute en général du bœuf qui mijote longtemps. Chaque roumazav a un goût différent en fonction du bouillon. 

 

romazava

 

Nous avons passé un très bon moment avec ces formidables Grandboisiens : c’est toujours un plaisir de se retrouver que ce soit autour d’une table pour tresser du vacoa, ou pour manger, pour écouter des histoires lontan ou chanter…

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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 12:37

Combien de fois n’entend –t-on pas cette expression, que ce soit au Journal Télévisé, dans la cour de récréation, on la retrouve souvent dans la rubrique des faits-divers des quotidiens… Un « râlé poussé » c’est une bagarre, un affrontement, une dispute violente dans laquelle on en vient aux coups.

Je me suis toujours interrogée sur le sens de cette expression. Pour le mot « poussé » on comprend aisément ! mais pour «  râlé » c’est une autre affaire. Ce dernier n’a rien à voir avec l’expression qu’on lui connaît en métropole à savoir « ronchonner, se plaindre ». Ici à la Réunion, le mot « râlé » vient du verbe « haler » (« tirer » dans le langage marin). Là on voit mieux : « haler-pousser » c’est "tirer- pousser", on réalise mieux les gestes de la bagarre…

 

 

Mais il existerait aussi une autre définition de cette expression : « le râlé-poussé » serait l’autre nom de l’accordéon diatonique (on tire et on pousse le soufflet pour faire du vent pour que chante l’instrument), ou encore de la musique que joue l'accordéon.  Mais qui connaît encore aujourd’hui ce sens ? L’accordéon anime encore les fêtes et rassemble les gens. Si l’expression était davantage employée dans ce sens, cela signifierait que « la musique serait en passe d’adoucir les mœurs » et que la violence battrait en retraite à la Réunion. On peut toujours rêver !

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Published by Jacqueline Dallem - dans Langue
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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 16:26

Le samedi 30 mai, le Pôle Culturel de la Ville de Saint Pierre propose une visite que j’ai déjà eu l’occasion de faire lors de la Journée  du Patrimoine. Mais chaque fois, on en apprend davantage …

 

« Les villas créoles » racontées par Rachel CARDENAS, guide conférencière, est un sujet qu’elle maîtrise parfaitement ! 

                       

                 Rendez-vous à 9 heures devant l'Hôtel de Ville

 

Si certaines cases ont été magnifiquement restaurées, comme la maison Adam de Villiers, ou la maison Orré, d’autres font peine à voir, comme la maison Canonville, ou l’école St Charles, et ce malgré leur classement en « monuments historiques ».

 

Quelques  cases restaurées :

 

La Maison Vasseur, maison du sous-préfet,rue Ary Leblond

 

                        P1130552

 

La Maison Loupy, rue Archambeaud

 

                     maison-Loupy.JPG

 

La Maison Adam de Villiers, rue Ary Leblond

 

                       Maison-A-de-Villiers-3.JPG

 

 

 Rachel sait nous faire comprendre la chronologie de leur construction, leurs caractéristiques… 

 

RDV : Hôtel de ville

Durée : environ 1h30 

Tarif : 3 € pour les étudiants, demandeurs d’emploi

et enfants de moins de 12 ans, 5 € pour les adultes.

Gratuit pour les enfants de moins de 6 ans.

 

Réservations obligatoires au 0262 96 29 10 ou par mail à

valorisation.patrimoine@saintpierre.re

 

Maison abandonnée : Maison Canonville, rue Babet

      maison Canonville 4

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