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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 14:22

Si le goni (sac en toile de jute) faisait office de contenant pour transporter autrefois des denrées comme le sucre ou le café, il trouvait aussi sa place comme porte ou tapis dans les demeures modestes de la Réunion lontan (c’est à dire encore dans les années 40-50) . On en faisait des matelas qu'on bourrait de paille canne. On l’utilisait aussi à d’autres fins qu’on connaît moins.

 

Ces formidables « bibliothèques « que sont les gentilles gramounes de Grands-Bois en connaissent un rayon sur ces usages.

 

Ginette Givin qui a vécu près du Sentier Pêcheurs  nous confie que dans son jeune âge, elle ne connaissait pas les « linges » qu’on porte aujourd’hui. Pas de tissu fin, de coton, de polyamide, de soie… On prenait un sac de jute, on découpait une encolure pour la tête, puis deux ouvertures pour les bras et on avait un vêtement.  Bonjour les démangeaisons…

 

Marie-Rose Perrine, qui habitait dans les calbanons de la Cafrine, poursuit en nous montrant comment on protégeait ses jambes pour travailler dans les champs de cannes : on découpait un  rectangle de goni pour l’enrouler autour de la jambe et du pied, on fixait le tout avec une corde de fibre d’agave ou de vacoa . Cela permettait de marcher dans les champs sans être piqué par les fourmis, et de  ne pas être incommodé par les couleuvres, et autres bestioles qui vivaient là…

 

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Marie Rose et la démonstration de la "botte - goni"

 

Puis Renée Mamosa, habitant à Bassin 18,  et les autres dames nous montrent comment on confectionnait un manteau pour se protéger de la pluie, du soleil  avec « sac à tout faire ». On tenait le sac puis on repliait un des coins vers l’intérieur et on obtenait ce qu’elles appellent « un capuchon ». 

 

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Ludovic expérimente le capuchon sous les yeux de Ginette.


Un système D qu’on voit encore quand on sillonne les routes de l’Inde de nos jours : les cantonnières qui travaillent au bord des chemins sous la pluie utilisent des sacs de cette manière mais ce sont des sacs en plastique en 2012.

 001 inde cantonnières

J’allais oublier : cela me fait penser aussi  à  cet article  que  j’avais consacré à la savate de Lucette, cette savate dont la semelle était en "empone" recouverte de goni.

 

Goni* mot d’origine malgache

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Published by Jacqueline Dallem - dans autrefois
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