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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 11:31

Un « calbanon », comprenez « case où vivaient les engagés* ». 

 

En fait, il s’agit d’une pièce de dimension très modeste, ( 3m X 4m environ ) faisant partie d’une longère (grand bâtiment rectangulaire, très long). Dans cette pièce vivait toute une famille. 

Pour la Journée du Patrimoine, cette année, l’Association Pêcheurs Golet a eu la bonne idée de recréer cet espace à la Cafrine. Pour ce faire, les murs ont été tapissés de prospectus publicitaires et journaux comme autrefois. Ce n’était pas une mince affaire parce que le papier glacé ne collait pas bien sur la pierre. 

tapisserie 2


Pendant que j’animais la visite de ce calbanon,  j’ai eu l’occasion de rencontrer des Réunionnais très émus : certains avaient une larme à l’œil en se rappelant la maison de leurs parents et grands-parents, des mamans amenaient là leurs enfants pour leur montrer cet aspect de leur vécu, pas si lointain que ça. Un monsieur du quartier, d’origine indienne,  est venu revoir la pièce, celle même où son grand-père avait habité.

tapisserie 1

Une dame de Cilaos m’a raconté que sa grand-mère préparait une bassine de colle (farine et eau) et les enfants avaient le droit de plonger le papier dans ce mélange pendant que les adultes tapissaient la case. Mais à Cilaos, sur les cases en tôle ce mélange froid faisait bien adhérer le papier. 

A Grands-Bois pour enduire les murs, il fallait préparer le même mélange, mais le chauffer avant de l’utiliser.

P1130506

Les gens qui visitaient le calbanon expliquaient que les anciens découpaient des feuilles dans les catalogues « Manufrance » «  La Redoute » ou prenaient des pages du Journal « Témoignages »…

Marie-Rose Perrine qui a grandi dans un de ces calbanons raconte que parfois le papier se boursouflait. Non pas à cause de l’humidité, mais à cause des souris qui se faufilaient derrière cette tapisserie pour grignoter la bonne colle, eh oui ces rongeurs sont friands de  farine… Et les marmailles s ‘amusaient à plaquer la main sur cette boursouflure, extrayaient la souris de là et la jetaient hors de la case.


tapisserie 0 P1130507

Nicole Abriel, initiatrice du projet,  à l'ouvrage


Bravo à Nicole, Jean –Paul, Karine, Josie, Ludovic, Patrick…  et tous les encolleurs qui ont redonné des couleurs et de la vie à ce calbanon.

Engagés : après l'abolition de l'esclavage (1848),pour pallier le manque de mai-d'oeuvre, on faisait venir des Indiens, Rodriguais, Malgaches... qui étaient engagés ; ils avaient un contrat de travail de 5 ans.

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Published by Jacqueline Dallem - dans logement
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