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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 10:40

 

En dépit de ses modestes dimensions, le calbanon pouvait accueillir une famille ( parents et enfants).  Elle était équipée de façon rudimentaire. 

C’est surtout la nuit qu’on s’y réfugiait, le jour on travaillait à l’extérieur, dans les champs de canne, à la sucrerie…

Dans cette chambre, était installé un « lit  - piquets », aussi appelé « lit-court-pas » dans d'autres contrées de l'île, appellations dues au fait que les pieds du lit étaient enfoncés dans le sol en terre battue, et on ne pouvait plus le déplacer. 

Marie Rose Perrine raconte que ce lit était fabriqué à partir de caisses en bois ayant contenu de la morue. L’odeur n’y était plus… 

 

De quoi était composée la literie ? Pas de matelas comme il en existait dans les maisons bourgeoises… On découpait plusieurs gonis (sacs en toile de jute) et on les recousait pour en faire une couette.

 

Lit Grands Bois Fête du Patrimoine 013

photo JD 19 septembre 2010 : un lit à l'ancienne


P1130498

fabrication d'un matelas pour la Journée du Patrimoine 2012

 

On bourrait cette couette de  paille de canne. Dans d’autres régions de la Réunion on utilisait la paille –maï (paille de maïs) ou même les feuilles sèches de bananier ; on laissait une fente au milieu de ce matelas pour aérer la paille qui se tassait. Il fallait régulièrement changer cette paille. Pour les oreillers on utilisait aussi la toile de jute, mais dans les taies on mettait des flèrs canne (fleurs de canne) ou de la wette (ouate, provenant des fruits du kapokier) mais ces dernières avaient la fâcheuse habitude de retenir l’humidité, alors on leur préférait les fleurs de canne ou encore le duvet de canard. Lors de la Journée du Patrimoine,  des visiteuses du calbanons  venant de la Plaine des Grègues et de Cilaos m’ont expliqué qu’on utilisait chez elles les « fleurs roses ». 

On couvrait le lit et les oreillers  sur d ‘un drap blanc chez Marie Rose, notre Rodriguaise. Un tamoul quant à lui affirme que les Indiens ne choisissent pas le blanc parce qu’il est synonyme de deuil. 

 

tapisserie 2

 

Sous le lit-piquet on trouvait un «pot de chambre » qu’on vidait grand matin.

Si les parents dormaient dans ce lit-piquets, les enfants  quant à eux dormaient soit sur des paillasses reposant sur des caisses ou tout simplement à même le sol sur des gonis étalés là. Cela dépendait des familles. Le matin, on repliait le tout pour mieux circuler dans la pièce.

 

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Published by Jacqueline Dallem - dans autrefois
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