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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 22:53

Philippe, fidèle lecteur du blog et ami nous en dit un mot.

« Voilà une information essentielle de la semaine : la décision du Conseil Constitutionnel concernant les combats de coqs.

La législation interdit ces combats sauf dans les régions où ils correspondent à une tradition bien établie : le Nord Pas de Calais, les Antilles, la Guyane, la Polynésie et la Réunion. Dans ces régions, ils sont tolérés, mais il est interdit de créer de nouveaux gallodromes.

L'avocate de deux Réunionnais avait saisi le conseil constitutionnel en mettant en avant une rupture d'égalité entre les amoureux des combats de coqs et les inconditionnels de la tauromachie. Les corridas, comme les combats de coqs, ne sont autorisées que dans les régions où elles ont une tradition. Mais il n'est pas interdit de créer une nouvelle arène.

Inégalité, donc... Que nenni, ont décidé les Sages, qui ont décrété que le législateur avait ainsi décidé de favoriser l'extinction des combats de coqs.

Bien sûr, les réactions locales ne manquent pas de sel. J'ai relevé celle-ci qui m'a bien fait rire :

« Nout ciltir san va !*

Après un bon combat, les coqs tombés , étaient bon avec massalé mété ! Leur chair était tendre et savoureuse ...

Une bonne dégustation des perdants avec un ti rhum citron aigre, c'était pour que Dieu accueille leur âme auprès de lui ! »

Merci Philippe pour ce billet qui est bien d'actualité. Faudra tout simplement que les Réunionnais se contentent des "gallodromes" existants.

*Nout ciltir san va : notre culture s’en va

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Published by Jacqueline Dallem - dans tradition
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commentaires

Gerard Canabady 20/08/2015 19:56

Ma chère Jacqueline,
Ah les combats de coqs quel sujet difficile! Ça concentre tout l'intérêt et les malentendus de ce fait social. Entre tradition et légalité, entre identité et assimilation, entre sensibilité anthropomorphiste et violence exutoire, on peut voir la chose en soi (activité humaine ou cruauté animale) ou en relation avec la législation française (tradition locale et vision occidentale). En fait, les combats de coqs sont historiquement des dérivatifs de sociétés violentes (marqués par l'esclavage et les punitions corporelles) qui ont absorbé ces affrontements importés (on trouve des combats de coqs organisés en France depuis le Moyen-age). Bref, le débat est sans fin.
Personnellement, j'apprécie (et j'assume entièrement) les combats de coqs tant comme une tradition (comme la chasse aux guêpes) mais aussi en soi comme une expression d'un affrontement sanglant. C'est une part de l'Homme que de ressentir cette violence. Je ne pense pas qu'une société est plus "civilisée" parce qu'elle traite mieux les animaux. Je pense qu'il s'agit d'un "sensibilisme" d'occidentaux qui refusent de reconnaitre la prégnance de la violence dans la nature humaine (ex: on veut du poulet, mais on ne veut pas les VOIR tuer, alors on relègue les abattoirs loin très loin dans les zones industrielles, voire délocalisés dans d'autres pays). Bref, les combats de coq, comme la chasse (ou les sacrifices d'animaux) reflète d'une part l'impossibilité de fuir la nature humaine et d'autre part la nécessité de canaliser ce besoin de violence (ça vaut quand même mieux que les jeux du cirque romain où des hommes s'entretuaient pour le plaisir du public, quand je pense qu'on enseigne encoure le latin, la langue de ce peuple barbare...).
Pour finir, il est vrai que ces spectacles de combats de coqs produisent une mixité sociale rare. Nés sur les grands domaines agricoles où les enfants des ouvriers agricoles se mêlaient à ceux des maitres le dimanche après la messe, voire des compétitions entre coqs de différents domaines. Je me souviens jeune que les coqs gagnants étaient très recherchés pour les basse-cours (le repos du guerrier quoi). C'était notamment le cas à Mon Caprice à l'époque...
La seule chose qui me rassure, c'est qu'une culture n'a rien à foutre de jugement de Crétins à 10 000km, nous continuons les combats de coqs avec ou sans galliformes reconnus. Cette tradition est née et a vécu dans l'ombre et la répression, elle continuera tout simplement.

Jacqueline Dallem 07/09/2015 19:14

Merci Gérard pour ce formidable témoignage bien réunionnais…Amitiés ! Jacqueline

Gerard Canabady 20/08/2015 19:56

Ma chère Jacqueline,
Ah les combats de coqs quel sujet difficile! Ça concentre tout l'intérêt et les malentendus de ce fait social. Entre tradition et légalité, entre identité et assimilation, entre sensibilité anthropomorphiste et violence exutoire, on peut voir la chose en soi (activité humaine ou cruauté animale) ou en relation avec la législation française (tradition locale et vision occidentale). En fait, les combats de coqs sont historiquement des dérivatifs de sociétés violentes (marqués par l'esclavage et les punitions corporelles) qui ont absorbé ces affrontements importés (on trouve des combats de coqs organisés en France depuis le Moyen-age). Bref, le débat est sans fin.
Personnellement, j'apprécie (et j'assume entièrement) les combats de coqs tant comme une tradition (comme la chasse aux guêpes) mais aussi en soi comme une expression d'un affrontement sanglant. C'est une part de l'Homme que de ressentir cette violence. Je ne pense pas qu'une société est plus "civilisée" parce qu'elle traite mieux les animaux. Je pense qu'il s'agit d'un "sensibilisme" d'occidentaux qui refusent de reconnaitre la prégnance de la violence dans la nature humaine (ex: on veut du poulet, mais on ne veut pas les VOIR tuer, alors on relègue les abattoirs loin très loin dans les zones industrielles, voire délocalisés dans d'autres pays). Bref, les combats de coq, comme la chasse (ou les sacrifices d'animaux) reflète d'une part l'impossibilité de fuir la nature humaine et d'autre part la nécessité de canaliser ce besoin de violence (ça vaut quand même mieux que les jeux du cirque romain où des hommes s'entretuaient pour le plaisir du public, quand je pense qu'on enseigne encoure le latin, la langue de ce peuple barbare...).
Pour finir, il est vrai que ces spectacles de combats de coqs produisent une mixité sociale rare. Nés sur les grands domaines agricoles où les enfants des ouvriers agricoles se mêlaient à ceux des maitres le dimanche après la messe, voire des compétitions entre coqs de différents domaines. Je me souviens jeune que les coqs gagnants étaient très recherchés pour les basse-cours (le repos du guerrier quoi). C'était notamment le cas à Mon Caprice à l'époque...
La seule chose qui me rassure, c'est qu'une culture n'a rien à foutre de jugement de Crétins à 10 000km, nous continuons les combats de coqs avec ou sans galliformes reconnus. Cette tradition est née et a vécu dans l'ombre et la répression, elle continuera tout simplement.